L'Ukraine, «priorité de la France» malgré la crise au Proche-Orient

Le nouveau ministre des Affaires étrangères français, Stéphane Séjourné et le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba se serrent la main lors de leur réunion au ministère ukrainien des Affaires étrangères, dans le centre-ville de Kiev, le 13 janvier 2024 (Photo d'Anatolii STEPANOV / AFP).
Le nouveau ministre des Affaires étrangères français, Stéphane Séjourné et le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba se serrent la main lors de leur réunion au ministère ukrainien des Affaires étrangères, dans le centre-ville de Kiev, le 13 janvier 2024 (Photo d'Anatolii STEPANOV / AFP).
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Publié le Samedi 13 janvier 2024

L'Ukraine, «priorité de la France» malgré la crise au Proche-Orient

  • Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, en février 2022, la France a soutenu Kiev tant sur le plan militaire que diplomatique, mais a parfois été accusée de ne pas en faire assez
  • Le chef de la diplomatie française, nommé jeudi soir et qui a remplacé au pied levé sa prédécesseure Catherine Colonna dans ce voyage, a par ailleurs renouvelé le soutien de Paris à la candidature de Kiev dans l'UE

KIEV: Le chef de la diplomatie française a promis samedi à Kiev que l'Ukraine resterait "la priorité de la France", quelques heures après des frappes russes sur l'Ukraine, promettant son soutien sans faille "en dépit de la multiplication des crises".

"C'est en Ukraine que se joue la défense des principes fondamentaux du droit international, des valeurs de l'Europe mais aussi des intérêts de la sécurité des Français", a estimé Stéphane Séjourné lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue ukrainien Dmytro Kuleba.

"La Russie espère que l'Ukraine et ses soutiens se lasseront avant elle. Nous ne faiblirons pas, notre détermination est intacte", a insisté le tout nouveau ministre français des Affaires étrangères, relevant que choisir Kiev pour sa première visite officielle était en soi un "message adressé aux Ukrainiens".

Sa visite réaffirme la pérennité de l'engagement français alors que la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas menace la stabilité de l'ensemble du Proche-Orient et mobilise les efforts diplomatiques des chancelleries occidentales.

Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, en février 2022, la France a soutenu Kiev tant sur le plan militaire que diplomatique, mais a parfois été accusée de ne pas en faire assez.

Cette visite intervient à un mois du deuxième anniversaire de l'invasion russe et alors que la contre-offensive des forces ukrainiennes ces derniers mois a échoué à produire les effets escomptés.

L'armée de l'air ukrainienne a accusé samedi matin la Russie d'avoir lancé des dizaines de missiles et de drones sur l'Ukraine dans la nuit. Elle affirme que huit missiles ont été détruits et que 20 engins n'ont "pas atteint leur cible, détournés par des "contre-mesures électroniques", sur un total de 40 projectiles.

L'armée russe a pour sa part revendiqué avoir frappé des usines d'armement, assurant avoir touché, avec des missiles hypersoniques Kinjal, "toutes" ses cibles parmi des installations "du complexe militaro-industriel" ukrainien fabricant obus, drones et poudre à canon.

"La Russie continue à cibler volontairement et frapper les infrastructures civiles au mépris du droit international" et à "se rendre coupable de crimes de guerre", a dénoncé Stéphane Séjourné.

Production locale d'armements

"Nous avons fourni aux forces armées ukrainiennes de l'artillerie" ainsi que "de la défense antiaérienne" par le passé, a-t-il fait valoir. "Nous entrons dans une phase nouvelle de la coopération de défense", avec en particulier pour objectif de "renforcer la capacité ukrainienne de produire sur son sol" les armes dont elle a besoin.

Le chef de la diplomatie française, nommé jeudi soir et qui a remplacé au pied levé sa prédécesseure Catherine Colonna dans ce voyage, a par ailleurs renouvelé le soutien de Paris à la candidature de Kiev dans l'UE.

"L'avenir de l'Ukraine est au sein de l'Union européenne", a-t-il assuré, promettant par ailleurs que la France pèserait "de tout son poids" pour que le pays obtienne une enveloppe d'aide européenne de 50 milliards d'euros, pour l'instant bloquée par le veto de la Hongrie.

Dmytro Kuleba a confirmé pour sa part des discussions pour "la création des conditions les plus favorables à l'interaction entre nos entreprises de défense", à commencer par les aspects juridiques. Une coopération engagée au niveau bilatéral, puis entre l'Ukraine et l'UE, a-t-il précisé.

"Les possibilités de cette coopération sont bien plus grandes", a-t-il martelé, envisageant en particulier une "production conjointe" de capacités militaires sur le sol ukrainien.

"Dans le contexte des bombardements de la nuit, je voudrais rappeler que beaucoup de composants occidentaux ont déjà été trouvés dans des missiles russes qui volent au dessus des têtes des Ukrainiens", a-t-il aussi relevé, réitérant un point déjà plusieurs fois soulevé par Kiev.

M. Kuleba a aussi appelé de ses voeux la mise en place "d'étapes concrètes" au premier semestre 2024 pour engager l'Ukraine sur la voie d'une adhésion à l'EU.

La visite du chef de la diplomatie française suit celle à Kiev vendredi du Premier ministre britannique. Rishi Sunak a annoncé la signature d'un accord de sécurité d'une durée de dix ans entre son pays et l'Ukraine, salué comme "sans précédent" par le président Volodymyr Zelensky.

Après l'Ukraine, le chef de la diplomatie française est attendu en Allemagne et en Pologne.


Dialoguer avec l'Algérie est «une nécessité», selon l'ambassadeur de France à Alger

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport d'Alger, le 27 août 2022. Emmanuel Macron effectuait une visite de trois jours en Algérie dans le but de renouer des liens avec l'ancienne colonie française, qui célèbre cette année le 60e anniversaire de son indépendance. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s'entretient avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l'aéroport d'Alger, le 27 août 2022. Emmanuel Macron effectuait une visite de trois jours en Algérie dans le but de renouer des liens avec l'ancienne colonie française, qui célèbre cette année le 60e anniversaire de son indépendance. (AFP)
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  • "Discuter avec l'Algérie, ce n'est pas faire preuve de faiblesse, c'est une nécessité (...) On sait que c'est difficile, on sait que c'est exigeant, mais ce n'est pas abdiquer"
  • "On discute avec plein d'autres pays et lorsqu'on discute, on n'est pas accusé de faiblesse"

PARIS: Dialoguer avec l'Algérie "est une nécessité", a estimé lundi l'ambassadeur de France Stéphane Romatet, tout en appelant au "respect" mutuel entre les deux pays, qui ont amorcé un rapprochement après près de deux années de profonde crise diplomatique.

"Discuter avec l'Algérie, ce n'est pas faire preuve de faiblesse, c'est une nécessité (...) On sait que c'est difficile, on sait que c'est exigeant, mais ce n'est pas abdiquer", a affirmé sur France Inter le diplomate, qui a fait son retour à Alger le 8 mai, près d'un an après avoir été rappelé par le président Emmanuel Macron.

"On discute avec plein d'autres pays et lorsqu'on discute, on n'est pas accusé de faiblesse", a-t-il poursuivi, en référence aux critiques souvent émises par la droite et l'extrême droite françaises.

Interrogé sur le sort du journaliste français Christophe Gleizes détenu depuis bientôt un an, M. Romatet a estimé que "si on stigmatise, si on jette l'anathème sur ce pays, on n'y arrivera pas. Reprendre cette relation avec Alger (...) c'est aussi aider Christophe à revenir le plus tôt possible en France".

Arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie, Christophe Gleizes a été condamné en appel début décembre à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

L'ambassadeur a toutefois fustigé des propos "inacceptables" publiés par le quotidien El Watan visant le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui s'est rendu au Maroc le 20 mai. Le journal évoquait une "vassalisation" à Rabat et multipliait les attaques personnelles contre le ministre, qualifié notamment de "technicien sans relief" et de "ministre de paille".

"De part et d'autre (...) il faut faire preuve de respect. Nous attendons du respect de la part de l'Algérie", a affirmé M. Romatet.

Une crise profonde avait éclaté à l'été 2024 lorsque Paris a apporté son soutien à un plan d'autonomie sous "souveraineté marocaine" pour le territoire disputé du Sahara occidental. L'Algérie, qui soutient les indépendantistes du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur en France.

La crise s'était aggravée avec l'arrestation en novembre 2024 de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal (gracié en novembre 2025), puis la mise en examen en avril 2025 d'un agent consulaire algérien accusé d'être impliqué dans l'enlèvement en France d'un influenceur algérien, Amir DZ. Cette affaire avait conduit à l'expulsion réciproque d'une douzaine de diplomates et agents consulaires et au rappel de l'ambassadeur Romatet.

Un dégel a été amorcé depuis février, marqué par les visites de trois ministres français à Alger. "D'autres visites sont programmées de ministres algériens en France, de hauts responsables français en Algérie dans les semaines qui viennent", a ajouté M. Romatet.


Chaleur: Météo-France étend la vigilance jaune à 18 départements dont Paris et petite couronne

Cette photo montre une affiche de santé publique française sur laquelle on peut lire « N'attendez pas les premiers effets de la forte chaleur, protégez-vous, restez au frais et buvez de l'eau », à la mairie de Noisy-le-Sec le 14 août 2025, alors qu'une vague de chaleur sévit en Europe. (AFP)
Cette photo montre une affiche de santé publique française sur laquelle on peut lire « N'attendez pas les premiers effets de la forte chaleur, protégez-vous, restez au frais et buvez de l'eau », à la mairie de Noisy-le-Sec le 14 août 2025, alors qu'une vague de chaleur sévit en Europe. (AFP)
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  • Il s'agit d'un "épisode de chaleur précoce et remarquable, concernant l'ouest du pays et Paris intra-muros"
  • "Les maximales restent très élevées pour la saison, la chaleur s'étend encore plus au nord, avec quasiment partout plus de 30°C, excepté au bord de la Manche et sur les plages de Méditerranée"

PARIS: La vigilance jaune canicule a été étendue à 18 départements jusqu'à mardi, Paris et la petite couronne ainsi que la Manche basculant lundi à ce niveau d'alerte, a annoncé Météo-France dans son dernier bulletin.

Il s'agit d'un "épisode de chaleur précoce et remarquable, concernant l'ouest du pays et Paris intra-muros", a indiqué l'établissement public dans son bulletin publié à 06H00.

Les départements concernés sont le Finistère, le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine, la Mayenne, Le Maine-et-Loire, la Sarthe, la Loire-Atlantique, la Vendée, la Charente, les Deux-Sèvres, la Vienne, le Loir-et-Cher, l'Indre-et-Loire, le Finistère, suivis à partir de midi par la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et Paris.

"Les maximales restent très élevées pour la saison, la chaleur s'étend encore plus au nord, avec quasiment partout plus de 30°C, excepté au bord de la Manche et sur les plages de Méditerranée. Il fait 30°C à 35°C sur la moitié Nord. Dans le Sud-Ouest, le mercure atteint 32°C à 36°C, tout comme dans la vallée du Rhône. Sur le reste du Sud-Est, on attend 29 à 32°C", a écrit Météo-France.

Le pays est la proie d'un "dôme de chaleur" depuis dimanche qui agit comme un couvercle. L'air chaud en provenance du Maroc transite par la péninsule ibérique et se retrouve piégé sous les hautes pressions d'un puissant anticyclone.

Les climatologues ont montré que les canicules à répétition étaient un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion des énergies fossiles. Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier, s'allonger et s'intensifier.

 


A Paris, blessés et gardes à vues après des bagarres impliquant des supporters niçois

Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
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  • Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP
  • Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués

PARIS: Soixante-cinq personnes ont été placées en garde à vue après des incidents jeudi soir à Paris, impliquant des supporters de l'OGC Nice, qui ont fait six blessés, dont un grièvement.

Une centaine de supporters de Nice, qui affronte Lens en finale de la Coupe de France de football vendredi à 21H00 au Stade de France, se sont réunis vers 23H30 dans le Xe arrondissement, dans l'est de la capitale, "cherchant manifestement à en découdre", selon la Préfecture de police à l'AFP.

Ces supporters niçois ont déambulé le long du Canal Saint-Martin et une importante rixe a éclaté quai de Valmy "pour un motif ignoré à ce stade". Six personnes ont été blessées, dont une grièvement.

Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP.

Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués.

Selon une autre source policière, un couteau à pain avec une lame de 20 cm et des traces de sang ont été également découverts au sol dans une rue du Xe arrondissement. Toujours selon cette source, certaines victimes n'auraient aucun lien avec le milieu du supporterisme, il s'agirait de simples badauds.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos amateurs montrent des personnes masquées s'en prenant à un bar du quartier, L'Atmosphère, jetant notamment des chaises contre la devanture.

"Tout ce qu'on n'aime pas" 

"Ce sont des groupes certainement marginaux car l'essentiel des supporters niçois doit arriver aujourd'hui à Paris", a assuré le président de la Fédération française de football Philippe Diallo sur France Info. "On est dans tout ce qu'on n'aime pas dans le football, c'est-à-dire de la violence, alors même qu'une finale de Coupe de France, c'est la fête...".

Le maire du XIe arrondissement, David Belliard, a dénoncé sur son compte X "un cortège de militants d'extrême droite en plein Paris, qui se battent et sont violents".

"Ces gens n'ont rien à faire là. Nous ne voulons ni d'eux, ni de leur idéologie raciste ici", a ajouté l'élu écologiste.

Classée à risque en raison de l'animosité entre les supporters de Nice et ceux du PSG, cette finale de Coupe de France fait l'objet d'un important dispositif, avec plus de 2.000 policiers prévus.

La préfecture de Seine-Saint-Denis a également décidé d'interdire la vente de boissons alcoolisées sur place et aux abords immédiats du Stade de France, ainsi que leur consommation sur la voie publique.

Le RC Lens, qui a terminé 2e du championnat derrière le Paris Saint-Germain, peut écrire l'une des plus belles pages de son histoire en remportant sa première Coupe de France.

De son côté, Nice tentera avant tout de reprendre confiance quelques jours avant des barrages décisifs pour son maintien en Ligue 1, contre Saint-Etienne.