La Corée du Nord dissout les agences oeuvrant pour la réunification avec le Sud

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a menacé Séoul d'entrer en guerre pour toute violation "ne serait-ce que de 0,001 mm" du territoire de la Corée du Nord (Photo, AFP/KCNA VIA KNS).
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a menacé Séoul d'entrer en guerre pour toute violation "ne serait-ce que de 0,001 mm" du territoire de la Corée du Nord (Photo, AFP/KCNA VIA KNS).
Short Url
Publié le Mardi 16 janvier 2024

La Corée du Nord dissout les agences oeuvrant pour la réunification avec le Sud

  • Kim Jong Un a souligné que son pays ne reconnaîtrait pas la frontière maritime de facto entre les deux pays, la Ligne de limite du Nord
  • Cette escalade verbale suit une détérioration des relations entre les deux Corées, au plus bas depuis des décennies

SEOUL: Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a menacé Séoul d'entrer en guerre pour toute violation "ne serait-ce que de 0,001 mm" du territoire de la Corée du Nord, selon un média officiel, après avoir annoncé la dissolution des agences en charge de la réunification avec la Corée du Sud.

Le dirigeant nord-coréen a souligné que son pays ne reconnaîtrait pas la frontière maritime de facto entre les deux pays, la Ligne de limite du Nord, et a appelé à des changements constitutionnels permettant à Pyongyang d'"occuper" la Corée du Sud en cas de guerre, a indiqué l'agence de presse nord-coréenne KCNA.

A Séoul, le président Yoon Suk Yeol a répondu que la Corée du Sud "ripostera au centuple" à toute provocation du Nord, soulignant les "capacités de réponse écrasantes" de l'armée sud-coréenne.

Cette escalade verbale suit une détérioration des relations entre les deux Corées, au plus bas depuis des décennies, après notamment le lancement en novembre par Pyongyang d'un satellite espion, et la suspension par Séoul d'un accord militaire de 2018 ayant pour objectif d'apaiser les tensions.

La dissolution de plusieurs agences oeuvrant pour la réunification avec la Corée du Sud a été approuvée par le parlement nord-coréen.

Les deux pays "sont en confrontation aiguë sur la péninsule coréenne" et "la réunification de la Corée ne pourra jamais être conclue avec la République de Corée", a souligné le parlement nord-coréen, d'après KCNA.

Les pays voisins sont toujours techniquement en guerre depuis 1953, les combats ayant été arrêtés par un armistice et non un traité de paix.

Dans un discours prononcé à l'Assemblée populaire suprême, le dirigeant nord-coréen a appelé à de nouvelles mesures pour définir la Corée du Sud comme "le pays le plus hostile", a rapporté KCNA.

"À mon avis, nous pouvons préciser dans notre Constitution la question de l'occupation complète, de la soumission et de la reconquête de la République de Corée et de son annexion en tant que partie du territoire de notre République en cas de guerre dans la péninsule coréenne", a déclaré Kim Jong Un.

"Si la République de Corée viole ne serait-ce que 0,001 mm de notre territoire, de son espace aérien ou maritime, cela sera considéré comme une provocation à la guerre", a-t-il souligné.

Kim Jong Un a affirmé début janvier que la Corée du Sud est le "principal ennemi" du Nord et que les efforts pour la réunification sont eux une erreur "à ne plus commettre".

Dans leur Constitution respective, Corée du Sud et du Nord revendiquent la souveraineté sur l'intégralité de la péninsule coréenne. Fondées il y a 75 ans, elles considèrent chacune l'autre comme une entité illégale.

Mesures «imprudentes»

Les maigres contacts entre les deux pays faisant office de relations diplomatiques étaient, jusqu'à la dissolution des agences nord-coréennes, gérés par le ministère sud-coréen de l'Unification et le comité nord-coréen pour la Réunification pacifique, l'un des organismes fermés par Pyongyang.

Les nouvelles mesures de la Corée du Nord à l'égard de Séoul sont "imprudentes" et rompent avec l'approche observée depuis des années, ont souligné des analystes.

"Pendant des décennies, la Corée du Nord a dit à son peuple que l'achèvement de la révolution était la réunification et que le souhait de Kim Il Sung était la réunification", a relevé Cho Han-bum, chercheur à l'Institut coréen pour l'unification nationale, faisant référence au fondateur du pays.

"Maintenant (Kim Jong Un) nie tout ce que ses prédécesseurs ont fait", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'an dernier, la Corée du Nord a inscrit son statut de puissance nucléaire dans sa Constitution. Elle a tiré plusieurs missiles balistiques intercontinentaux, en violation des résolutions de l'ONU, avec un dernier tir dimanche d'un missile balistique hypersonique à portée intermédiaire (IRBM).

La Russie et la Corée du Nord, alliées de longue date, affichent un rapprochement depuis le voyage du dirigeant nord-coréen dans l'Extrême-Orient russe en septembre 2023 pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine.

Lundi, une délégation nord-coréenne dirigée par le ministre des Affaires étrangères Choe Son Hui est arrivée à Moscou pour une visite officielle, a rapporté KCNA, attisant les inquiétudes quant à de possibles transferts d'armement nord-coréen à Moscou pour sa guerre en Ukraine.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
Short Url
  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Short Url
  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.

 


Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de trois semaines

L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
Short Url
  • La prolongation du cessez-le-feu fait suite à des frappes israéliennes meurtrières et à la poursuite des affrontements dans le sud du Liban
  • M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun

WASHINGTON/BEIRUT/JERUSALEM : Le Liban et Israël ont prolongé leur cessez-le-feu de trois semaines après une réunion de haut niveau à la Maison Blanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump. M. Trump a accueilli l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Moawad, dans le bureau ovale pour une deuxième série de discussions facilitées par les Etats-Unis, un jour après que des frappes israéliennes aient tué au moins cinq personnes, dont un journaliste.

"La réunion s'est très bien passée ! Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a écrit M. Trump sur Truth Social. Le Hezbollah, le groupe armé allié à l'Iran qui combat Israël, n'était pas présent aux pourparlers. Il affirme avoir "le droit de résister" aux forces d'occupation.

M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

M. Trump s'est également adressé aux journalistes dans le bureau ovale, aux côtés des participants à la réunion, et a déclaré qu'il espérait que les dirigeants se rencontreraient pendant les trois semaines de cessation des hostilités. Il a ajouté qu'il y avait "une grande chance" que les deux pays parviennent à un accord de paix cette année.

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis en Israël Mike Huckabee et l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa ont également participé à la réunion.

Le cessez-le-feu, conclu à l'issue de discussions entre les ambassadeurs des deux pays à Washington la semaine dernière, devait expirer dimanche. Il a permis une réduction significative de la violence, mais les attaques se sont poursuivies dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont emparées d'une zone tampon autoproclamée.

Rendre au Liban sa grandeur

L'ambassadeur Moawad, qui avait demandé une prolongation du cessez-le-feu lors de la réunion, a remercié M. Trump d'avoir accueilli les pourparlers. "Je pense qu'avec votre aide et votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur", a-t-elle déclaré.

Un responsable libanais avait auparavant déclaré que Beyrouth ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et la délimitation de la frontière terrestre lors d'une prochaine phase de négociations.

Israël a cherché à faire cause commune avec le gouvernement libanais au sujet du Hezbollah, que Beyrouth s'efforce de désarmer pacifiquement depuis un an.

Interrogé sur la manière dont les États-Unis aideraient le Liban à lutter contre le Hezbollah, M. Trump n'a pas donné de détails, mais a déclaré que les États-Unis entretenaient "une excellente relation avec le Liban". M. Trump a déclaré qu'Israël devait être en mesure de se défendre contre les attaques du Hezbollah.

M. Trump a également appelé le Liban à abolir les lois interdisant tout engagement avec Israël. "C'est un crime de parler avec Israël ?", a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé sur les lois connues sous le nom de lois anti-normalisation, qu'il ne semblait pas connaître. "Je suis certain qu'il y sera mis fin très rapidement. J'y veillerai", a déclaré M. Trump.