Washington et Mexico main dans la main pour lutter contre l'immigration clandestine

La ministre mexicaine des Affaires étrangères Alicia Barcena s'exprime lors d'une réunion bilatérale avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken au Département d'État à Washington, DC, le 19 janvier 2024. (Photo de Roberto SCHMIDT / AFP)
La ministre mexicaine des Affaires étrangères Alicia Barcena s'exprime lors d'une réunion bilatérale avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken au Département d'État à Washington, DC, le 19 janvier 2024. (Photo de Roberto SCHMIDT / AFP)
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Publié le Vendredi 19 janvier 2024

Washington et Mexico main dans la main pour lutter contre l'immigration clandestine

  • M. Blinken s'était rendu le 27 décembre à Mexico où il s'était entretenu avec le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador, faisant part d'avancées pour gérer la crise migratoire
  • Les deux pays sont en année électorale: le président Biden joue sa réélection en novembre et des élections présidentielle et locales sont prévues au Mexique en juin

WASHINGTON: Les Etats-Unis et le Mexique se sont à nouveau engagés à "oeuvrer ensemble" pour lutter contre l'immigration clandestine le long de leur frontière commune, vendredi à Washington lors d'une deuxième série d'entretiens en un peu plus de trois semaines, en pleine année électorale dans les deux pays.

"Nous avons fait de grands progrès en l'espace de trois semaines depuis cette (première) réunion et sommes impatients d'en faire le bilan aujourd'hui, ainsi que d'examiner les mesures supplémentaires que nous pouvons prendre ensemble pour faire avancer l'objectif que nous partageons, à savoir réduire l'afflux sans précédent de migrants irréguliers", a déclaré le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken en recevant son homologue mexicaine Alicia Barcena au département d'Etat.

Il s'est également félicité de l'investiture récente du dirigeant social-démocrate Bernardo Arévalo au Guatemala, qui "ouvre un nouveau domaine important de coopération en matière de migration entre nos trois pays".

M. Blinken s'était rendu le 27 décembre à Mexico où il s'était entretenu avec le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador, faisant part d'avancées pour gérer la crise migratoire.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, et la conseillère pour la Sécurité intérieure à la Maison Blanche, Liz Sherwood Randall, participent également à cette réunion vendredi, ainsi que leurs homologues mexicains.

Ces rencontres rapprochées témoignent de la volonté de l'administration démocrate du président Joe Biden de se montrer ferme sur l'immigration, alors que les élus républicains au Congrès exigent un net durcissement de la politique migratoire en échange de leur soutien à une enveloppe budgétaire pour aider l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie.

De son côté, l'ancien président Donald Trump, qui cherche sa revanche dans les urnes cette année face à Joe Biden, a redoublé ses attaques contre les migrants, les accusant notamment d'"empoisonner le sang" des Etats-Unis.

Les deux pays sont en année électorale: le président Biden joue sa réélection en novembre et des élections présidentielle et locales sont prévues au Mexique en juin.

Aucune annonce n'est attendue vendredi de la "réunion de travail", censée examiner "le fonctionnement opérationnel entre nos deux gouvernements, sur ce qui fonctionne, sur la manière dont nous pouvons nous adapter, car ces flux sont dynamiques", a indiqué à des journalistes un haut responsable américain sous le couvert de l'anonymat.

Responsables américains et mexicains doivent aussi discuter de la situation dans la jungle du Darien, entre la Colombie et le Panama, ainsi que les défis posés par les réseaux de passeurs qui exploitent les migrants.

Un record de plus de 520 000 migrants, dont quelque 120 000 mineurs, ont traversé en 2023 l'inhospitalière jungle du Darien, en route vers les Etats-Unis, selon le gouvernement panaméen.

La migration vers les Etats-Unis a atteint un niveau record l'année dernière.

Entre octobre 2022 et septembre 2023, quelque 2,4 millions de migrants ont franchi la frontière sud des Etats-Unis, d'après la police des frontières américaine.

Avec plus de 3 000 km de frontière avec les Etats-Unis, le Mexique est un pays de transit et d'attente pour les migrants, principalement en provenance de pays d'Amérique centrale en proie à la violence ou à la pauvreté (Honduras, Guatemala, Salvador), des Caraïbes (Haïti, Cuba) et du Venezuela.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.