Dans la Syrie instable, une guerre régionale larvée entre l'Iran et Israël

Le personnel de sécurité et d'urgence fouille les décombres d'un bâtiment détruit lors d'une frappe israélienne à Damas, le 20 janvier 2024 (Photo, AFP).
Le personnel de sécurité et d'urgence fouille les décombres d'un bâtiment détruit lors d'une frappe israélienne à Damas, le 20 janvier 2024 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 21 janvier 2024

Dans la Syrie instable, une guerre régionale larvée entre l'Iran et Israël

  • Israël a intensifié ses frappes contre le régime syrien
  • De leur côté, les alliés régionaux de Téhéran, dont le Hezbollah libanais, se sont mobilisés pour soutenir le Hamas

BEYROUTH: La frappe attribuée par l'Iran à Israël, qui a tué samedi des responsables iraniens à Damas, s'inscrit dans le cadre de la guerre larvée entre les deux pays, dont la Syrie instable est un des principaux terrains d'affrontements.

Depuis le début le 7 octobre de son conflit avec le Hamas palestinien dans le bande de Gaza, Israël a intensifié ses frappes contre le régime syrien et les groupes pro-iraniens dans le pays voisin.

De leur côté, les alliés régionaux de Téhéran, dont le Hezbollah libanais, se sont mobilisés pour soutenir le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007.

Que vise Israël? 

La frappe qui a détruit un bâtiment à Damas a fait au moins quatre morts, dont, selon les médias iraniens, deux hauts responsables des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de Téhéran.

Le 25 décembre, un haut gradé de ce corps, le général Razi Moussavi  avait été tué dans une frappe attribuée à Israël près de Damas.

Il était selon Téhéran "le responsable logistique", en Syrie, "de l'axe de la résistance", établi par l'Iran et regroupant les mouvements armés anti-israéliens dans la région.

Des raids israéliens ont également touché les aéroports de Damas et d'Alep, dans le nord syrien.

La plupart des frappes "visent probablement à perturber les livraisons d’armes iraniennes au Hezbollah et aux groupes alignés sur l’Iran en Syrie", estime Aron Lund, du centre de réflexion Century International.

Israël pense que des armes sophistiquées, "comme les composants de missiles balistiques et de drones, sont acheminées à la fois par voie terrestre depuis l’Irak et (...) par voie aérienne vers les aéroports" syriens, explique-t-il.

Qui tire sur les bases américaines? 

Depuis le 7 octobre, les alliés de l'Iran attaquent Israël et son principal allié, les Etats-Unis.

Le Hezbollah libanais a ouvert le front à la frontière israélo-libanaise, tandis que les rebelles Houthis attaquent des navires marchands au large du Yémen, dont ils contrôlent l'essentiel.

En Irak et en Syrie - morcelée en zones d'influences par la guerre qui dure depuis 2011 - les attaques se multiplient contre des bases américaines.

Entre le 17 octobre et le 17 janvier, au moins 140 attaques de drones, roquettes et missiles balistiques de courte portée ont été dénombrées, selon un responsable américain de la Défense.

La plupart n'ont pas atteint leurs objectifs, selon ce responsable, qui a fait état d'une personne tuée en Irak.

Les frappes sont généralement revendiquées par la "Résistance islamique en Irak", nébuleuse de combattants issus de groupes armés pro-iraniens.

Washington a répondu par des frappes ciblées en Irak.

Ces attaques restent cependant contenues, l'Iran et les Etats-Unis ayant répété ne pas souhaiter une déflagration régionale.

"Les deux parties tentent certainement de gérer le niveau de violence", estime Aron Lund.

"L'Iran et ses alliés (..) veulent forcer les Etats-Unis à réagir (...) soit en s’engageant dans un type de conflit que l'administration américaine espère éviter, soit en répondant à leurs demandes, qui visent à contenir Israël à Gaza", ajoute l'analyste.

Un nouveau développement est intervenu le 16 janvier avec des frappes iraniennes en Syrie et en Irak.

Téhéran a annoncé avoir visé en Syrie des objectifs liés en particulier au groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui avait revendiqué un attentat meurtrier le 4 janvier en Iran.

Que se passe-t-il sur le Golan? 

Des tirs sporadiques visent par ailleurs le Golan syrien occupé par Israël à partir du territoire syrien.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, ils sont le fait de combattants syriens oeuvrant avec le Hezbollah.

Ces frappes n'ont pas eu un grand impact. Mais le 8 janvier, Israël a annoncé avoir tué une "figure centrale du Hamas" près du Golan, rendue responsable de ces attaques.

Quid des autres acteurs?

La Turquie a mené de nouvelles frappes en janvier contre les Kurdes qui ont établi une administration autonome dans le nord-est de la Syrie, ainsi que contre le Kurdistan irakien.

Ankara a affirmé réagir à la mort de neuf de ses soldats dans une attaque contre une de ses bases dans le nord de l'Irak.

La Jordanie, qui affirme lutter contre des trafics d'armes et de drogue, a mené récemment des raids dans le sud de la Syrie, près de la frontière commune.

Quant à l'EI, ses combattants cachés dans le désert syrien ont renouvelé depuis le début de l'année leurs attaques contre les troupes du régime de Bachar al-Assad


Le prince héritier saoudien rencontre le sénateur américain Lindsey Graham à Riyad

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le sénateur américain Lindsey Graham se rencontrent à Riyad. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le sénateur américain Lindsey Graham se rencontrent à Riyad. (SPA)
Short Url
  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a rencontré Lindsey Graham à Riyad pour discuter des relations bilatérales et des enjeux régionaux
  • Graham souligne la vision du prince héritier pour la région et son rôle clé dans une solution digne pour le peuple palestinien

RIYAD : Le prince héritier Mohammed ben Salmane a rencontré le sénateur américain Lindsey Graham à Riyad vendredi, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Les deux ont discuté des relations bilatérales entre l’Arabie saoudite et les États-Unis, ainsi que des développements régionaux.

Étaient également présents le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane, le ministre de la Défense Khaled Al-Saud et Musaad Al-Aiban, membre du Conseil des ministres.

Plus tôt, Graham avait déclaré que le prince héritier croyait en la nécessité de parvenir à une solution digne pour le peuple palestinien.

« L’Arabie saoudite est la clé de ce que j’espère voir se réaliser dans la région et dans le monde », a-t-il ajouté.

« La vision du prince héritier saoudien façonnera la région pour les générations à venir et est bénéfique pour le monde civilisé. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Pour le Hamas, tout arrangement sur Gaza doit commencer par "l'arrêt total de l'agression" d'Israël

Les Palestiniens se frayent un chemin dans un quartier dévasté, au milieu du conflit en cours entre Israël et le Hamas, à Gaza. (Reuters)
Les Palestiniens se frayent un chemin dans un quartier dévasté, au milieu du conflit en cours entre Israël et le Hamas, à Gaza. (Reuters)
Short Url
  • Le Hamas exige que tout accord sur Gaza commence par l’arrêt total de l’agression israélienne, la levée du blocus et le respect des droits nationaux palestiniens, notamment la liberté et l’autodétermination
  • Lors du Conseil de paix à Washington, Trump a annoncé plus de 7 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza, tandis qu’Israël insiste sur la démilitarisation préalable

Gaza, Territoires palestiniens: Tout arrangement concernant la bande de Gaza doit commencer par "l'arrêt total de l'agression israélienne", a déclaré le mouvement islamiste palestinien Hamas après la première réunion, à Washington, du "Conseil de paix" du président américain Donald Trump.

"Tout processus politique ou tout arrangement discuté concernant la bande de Gaza et l'avenir de notre peuple palestinien doit partir de l'arrêt total de l'agression (israélienne, NDLR), de la levée du blocus et de la garantie des droits nationaux légitimes de notre peuple, au premier rang desquels son droit à la liberté et à l'autodétermination", a écrit le Hamas dans un communiqué, publié jeudi soir à propos de cette rencontre.

M. Trump a réuni jeudi pour la première fois son "Conseil de paix", devant lequel plusieurs pays ont annoncé leurs contributions en argent et hommes pour la reconstruction de Gaza, après plus de quatre mois d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, qui s'accusent mutuellement de le violer au quotidien.

Selon le Hamas, "la tenue de cette réunion alors que se poursuivent les crimes de l'occupation (Israël, NDLR) et ses violations répétées de l'accord de cessez-le-feu impose à la communauté internationale, ainsi qu'aux parties participant au Conseil, de prendre des mesures concrètes l'obligeant à mettre fin à son agression, à ouvrir les points de passage, à laisser entrer l'aide humanitaire sans restrictions et à entamer immédiatement la reconstruction" de Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait insisté jeudi sur la nécessité de désarmer le Hamas avant toute reconstruction de la bande de Gaza.

"Nous sommes convenus avec notre allié, les Etats-Unis, qu'il n'y aurait pas de reconstruction de Gaza avant la démilitarisation de Gaza", a affirmé M. Netanyahu, absent à la réunion de Washington, où il était représenté par son ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

A Washington, M. Trump a déclaré que plusieurs pays, majoritairement du Golfe, avaient promis "plus de sept milliards de dollars" pour reconstruire le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre.

L'Indonésie, pays en grande majorité musulman, assumera le rôle de commandant adjoint de la force internationale de stabilisation, prévue par le plan de M. Trump pour Gaza (endossé en novembre par le Conseil de sécurité des Nations unies), a annoncé le général américain Jasper Jeffers, qui a été nommé commandant de cette force.

Il a précisé que cinq pays s'étaient déjà engagés à fournir des troupes à cette force, citant outre l'Indonésie, le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l'Albanie.


Le prince héritier saoudien visite la Mosquée du Prophète à Médine

Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mosquée du Prophète à Médine. (SPA)
Short Url

RIYAD : Le prince héritier Mohammed ben Salmane a visité la Mosquée du Prophète à Médine, a rapporté vendredi matin l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com