En difficulté, les conservateurs britanniques fouillent le passé du chef du Labour

Une photo diffusée par le Parlement britannique montre le chef du Parti travailliste britannique, Keir Starmer, s'exprimant lors de la session hebdomadaire des questions au Premier ministre (PMQ) à la Chambre des communes, à Londres, le 17 janvier 2024. (Photo Jessica Taylor UK PARLIAMENT AFP)
Une photo diffusée par le Parlement britannique montre le chef du Parti travailliste britannique, Keir Starmer, s'exprimant lors de la session hebdomadaire des questions au Premier ministre (PMQ) à la Chambre des communes, à Londres, le 17 janvier 2024. (Photo Jessica Taylor UK PARLIAMENT AFP)
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Publié le Dimanche 21 janvier 2024

En difficulté, les conservateurs britanniques fouillent le passé du chef du Labour

  • Ancien avocat spécialisé dans les droits humains, passé ensuite par le bureau du procureur pour l'Angleterre et le Pays de Galles (Crown Prosecution Service, CPS), Keir Starmer voit ses anciennes affaires passées au crible par les Tories
  • «Quand je vois un groupe appelant au jihad dans nos rues, je l'interdis. Il (Keir Starmer) le prend comme client», a lancé mercredi Rishi Sunak au Parlement

LONDRES : Comme un air de campagne électorale avant l'heure: largement devancés dans les sondages, les conservateurs au pouvoir au Royaume-Uni multiplient les attaques sur la carrière du chef de l'opposition travailliste Keir Starmer, en course pour devenir le prochain Premier ministre.

Ancien avocat spécialisé dans les droits humains, passé ensuite par le bureau du procureur pour l'Angleterre et le Pays de Galles (Crown Prosecution Service, CPS), Keir Starmer voit ses anciennes affaires passées au crible par les Tories - relayés par les médias britanniques conservateurs- à la recherche d'affaires potentiellement embarrassantes.

«Vous êtes un terroriste cherchant un conseil légal? Appelez Keir», moque le parti conservateur dans un tract publié cette semaine sur X (ex-Twitter).

«Quand je vois un groupe appelant au jihad dans nos rues, je l'interdis. Il (Keir Starmer) le prend comme client», a lancé mercredi Rishi Sunak au Parlement.

Il faisait référence au fait que Keir Starmer avait fait partie des avocats ayant conseillé le mouvement islamiste Hizb ut-Tahrir dans les années 2000, lorsque ce dernier s'opposait à une interdiction de ses activités en Allemagne.

Londres a intégré ce mouvement à la liste de ses organisations terroristes, notamment pour avoir soutenu l'attaque du Hamas du 7 octobre en Israël.

«Le principe même lorsque vous êtes un avocat, c'est que vous défendez toutes sortes de clients, même ceux avec lesquels vous n'êtes pas d'accord», a fait valoir un porte-parole du Labour, ajoutant que Keir Starmer n'avait pas représenté formellement Hizb ut-Tahrir.

Peu avant, des articles de presse avaient pointé le fait que Keir Starmer avait défendu par le passé un membre de l'IRA, le groupe para-militaire Armée républicaine irlandaise, ainsi que le prédicateur islamiste Abou Qatada, considéré comme «l'ambassadeur européen de Ben Laden» et extradé en Jordanie en 2013.

- 27 points d'avance -

Le parti travailliste et plusieurs experts judiciaires ont estimé que Keir Starmer n'avait fait qu'appliquer une règle du droit britannique qui oblige un avocat à accepter tout travail dans un domaine dans lequel il se déclare compétent.

Menés de 27 points par les travaillistes pour les législatives attendues cet automne, selon un sondage d'opinion YouGov publié cette semaine, les conservateurs «semblent à court d'idées» et «n'ont pas grand chose à quoi se raccrocher», relativise Robert Ford, politologue à l'université de Manchester.

Après 14 ans au pouvoir, les Tories apparaissent usés et divisés, peinant à concrétiser certaines promesses faites en amont du Brexit, en particulier en matière de lutte contre l'immigration et de croissance économique.

Les Britanniques voient aussi durer une crise du pouvoir d'achat qu'on n'avait plus connu depuis des décennies et s'aggraver la déréliction de leurs services publics, en particulier dans la santé.

- «Indulgent avec les criminels» -

Dans un contexte de guerre culturelle contre le militantisme progressiste qu'ont endossé une partie des conservateurs, les attaques visant Keir Starmer visent aussi à le dépeindre comme un «avocat gauchiste», lui qui a par le passé défendu des syndicats ou des militants qui s'en étaient pris au géant McDonald's.

Durant ses cinq années à la tête du parquet, entre 2008 et 2013, il s'est attaqué aux dépenses indues des parlementaires, au piratage des téléphones de journalistes ou encore aux responsables du meurtre raciste d'un jeune étudiant noir qui avait profondément choqué le pays.

Des fonctions pour lesquelles il a été anobli en 2015.

Mais le Premier ministre Rishi Sunak, qui a fait fortune dans la finance avant d'entrer en politique, accuse son principal adversaire de s'être montré «mou à l'égard des criminels» (soft with the criminals) et l'a surnommé «Sir Softie» («Monsieur Mou»).

Se défendant cette semaine, Keir Starmer a reconnu que «bien sûr», des erreurs avaient pu être commises pendant qu'il dirigeait le parquet, mais que ses adversaires ne trouveraient «rien d'accablant, ni de squelettes dans les placards».

Pour Tim Bale, professeur de sciences politiques à l'université Queen Mary de Londres, cette stratégie contre Keir Starmer ne prendra pas dans l'électorat: «Il est peu probable que les attaques personnelles puissent masquer les problèmes économiques qui plombent ce gouvernement, notamment l'état de l'économie et du système national de santé».


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.


Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis vont démarrer en Suisse

Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
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  • Les négociations américano-iraniennes s’ouvrent en Suisse dans un contexte tendu, marqué par la poursuite des violences au Liban et des divergences sur l’application du protocole d’accord, notamment sur le nucléaire et un cessez-le-feu
  • L’escalade régionale s’intensifie avec la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz par l’Iran, tandis que les États-Unis appellent à la retenue et poursuivent les discussions diplomatiques

BURGENSTOCK: Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient doivent débuter dimanche matin dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d'un protocole d'accord, déjà malmené, pour mettre fin aux hostilités.

Ces pourparlers, centrés sur le programme nucléaire iranien, sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Avant même qu'ils ne commencent, les écueils se sont accumulés, avec la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts, et l'annonce par Téhéran d'une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz en représailles.

Sur le front libanais, des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts samedi dans l'est et le sud du Liban, avant une accalmie constatée par un correspondant de l'AFP en fin de journée, lorsque l'armée israélienne a reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah pro-iranien.

Les pourparlers débuteront dans le courant de la matinée, a annoncé la diplomatie suisse, précisant que la délégation américaine, dirigée par le vice-président américain JD Vance, et la délégation iranienne, menée par le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, étaient arrivées à l'hôtel de luxe de Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne, site des discussions. Les pays médiateurs, le Pakistan et le Qatar, sont également sur place.

Arrivée samedi soir, la délégation iranienne compte aussi, selon la télévision d'Etat iranienne, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.

Les discussions devraient durer "quelques jours", a affirmé JD Vance à la presse samedi soir, ajoutant qu'il ne pourrait rester en Suisse "qu'un jour ou deux".

"J'espère qu'on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer", a-t-il déclaré.

L'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent également en Suisse, selon JD Vance.

Les pourparlers sont censés mener à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février. Les hostilités ont causé des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

- Protocole "en danger" -

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois prévenu samedi les Etats-Unis que le protocole d'accord serait "en danger" si ses clauses n'étaient pas appliquées rapidement, en référence à la situation au Liban.

Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a lui appelé à la prudence face à tout "optimisme", affirmant sur X que "l'ennemi a montré qu'il ne tenait pas ses promesses".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué au début de la guerre.

Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon le dernier bilan, samedi, du ministère libanais de la Santé.

L'armée israélienne a annoncé pour sa part qu'un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban, portant à 36 le nombre de ses pertes depuis le début du conflit. Elle a précisé samedi que ses troupes ne mèneraient "pas de frappes proactives", mais qu'elles opéreraient "de manière défensive" au sein de la bande territoriale du sud du Liban occupée par Israël.

Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a assuré que la situation "s'améliore" au Liban.

"Le gros problème, c'est que vous allez avoir quelqu'un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu'un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l'oeuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c'est ce qu'on essaie de faire", a-t-il dit.

- Ormuz fermé -

Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que "le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime", une "première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi". Il a menacé "d'autres mesures" si nécessaire "pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations".

La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord américano-iranien. L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une flambée des cours du pétrole.

Après l'annonce par l'Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient "vigilantes". Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.

Téhéran a également évoqué la possible mise en place de "frais" de service maritime pour les navires voulant y transiter. Le président américain Donald Trump a lui aussi menacé d'appliquer un péage dans le détroit en cas d'échec des discussions avec l'Iran.