Les attaques en mer Rouge compromettent le sauvetage d'un pétrolier délabré

Le pétrolier FSO Safer, battant pavillon yéménite, est ancré dans la mer Rouge au large de la province occidentale contestée de Hodeida, le 15 juillet 2023. (Photo par Mohammed Huwais AFP)
Le pétrolier FSO Safer, battant pavillon yéménite, est ancré dans la mer Rouge au large de la province occidentale contestée de Hodeida, le 15 juillet 2023. (Photo par Mohammed Huwais AFP)
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Publié le Mardi 23 janvier 2024

Les attaques en mer Rouge compromettent le sauvetage d'un pétrolier délabré

  • Vieux de 48 ans, le FSO Safer, amarré au large de Hodeida dans l'ouest du Yémen, a été abandonné pendant des années avec 1,14 million de barils de pétrole à bord, en raison de la guerre opposant depuis 2014 les militants Houthis au pouvoir yéménite
  • Il y a de «grands risques» que le FSO Safer ou le navire de remplacement, MT-Yemen, soient touchés par un missile, a estimé Idriss al-Shami, le directeur général de la compagnie pétro-gazière nationale SEPOC à Sanaa sous l'autorité des Houthis

RYAD : Les attaques des militants Houthis en mer Rouge et dans le Golfe d'Aden ont donné un coup d'arrêt à l'opération de sauvetage d'un pétrolier délabré au large du Yémen, qui continue de représenter une menace pour l'environnement, ont indiqué des responsables.

Vieux de 48 ans, le FSO Safer, amarré au large de Hodeida dans l'ouest du Yémen, a été abandonné pendant des années avec 1,14 million de barils de pétrole à bord, en raison de la guerre opposant depuis 2014 les militants Houthis au pouvoir yéménite.

Face au risque de marée noire, l'ONU a lancé en août 2023 une vaste opération qui a commencé par le transfert du brut vers un navire de remplacement et devait s'achever par le remorquage et la démolition du FSO Safer. Car même débarrassé de sa cargaison, le navire, qui risque de se briser, constitue «une menace pour l'environnement» en raison de résidus de pétrole, d'après l'ONU.

Mais après avoir accusé plusieurs retards, liés surtout à un manque de financement, l'opération a été suspendue en raison de la multiplication des attaques des Houthis contre des navires en mer Rouge et dans le Golfe d'Aden et des frappes de représailles américaines contre les positions militants au Yémen.

La situation a posé «des défis opérationnels et financiers inattendus», empêchant l'achèvement de l'opération, a affirmé à l'AFP un porte-parole du Programme de l'ONU pour le développement (PNUD).

«L'ONU n'a eu d'autre choix que d'interrompre le projet à ce stade et en a informé les autorités», a-t-il ajouté. «Nous continuons de suivre de très près l'évolution de la situation.»

Un déversement de pétrole en mer Rouge affecterait l'écosystème marin, les villages de pêcheurs et les ports essentiels du Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

- «Toutes les cartes» -

Les militants yéménites Houthis contrôlent de vastes régions du pays dont la capitale Sanaa et une partie de la côte ouest où se trouve Hodeida.

Depuis mi-novembre, ils tirent des missiles et des drones au large du Yémen contre des navires qu'ils estiment liés à Israël, en signe de «solidarité» avec les Palestiniens à Gaza pilonnée par l'armée israélienne depuis une attaque du Hamas palestinien sur le sol israélien le 7 octobre.

Ces attaques, qui ont perturbé le trafic dans cette zone maritime essentielle pour le commerce mondial, ont poussé les Etats-Unis à bombarder des positions militants au Yémen et à désigner les Houthis entité «terroriste».

Les dernières frappes américaines, menées conjointement avec l'armée britannique, ont eu lieu lundi soir.

Selon l'analyste koweïtien Bader Al Saif, les Houthis ne vont pas hésiter à «utiliser toutes les cartes à leur disposition pour ternir l'image» des Etats-Unis et de leurs alliés.

Un retard dans le projet FSO Safer sert leur «propagande anti-américaine», a-t-il dit.

- «Grands risques» -

Dans ce contexte, il y a de «grands risques» que le FSO Safer ou le navire de remplacement, baptisé MT-Yemen, soient touchés par un missile, a estimé Idriss al-Shami, le directeur général de la compagnie pétro-gazière nationale SEPOC à Sanaa qui agit sous l'autorité des Houthis.

Le pouvoir yéménite basé à Aden, qui a son propre représentant à la tête de la SEPOC, conteste le droit des Houthis à bénéficier d'une éventuelle vente du pétrole transféré du FSO Safer vers le MT-Yemen, même si ces deux navires sont ancrés au large de Hodeida.

Le MT-Yemen a été acheté par l'ONU au nom du «peuple du Yémen» et confié à une compagnie mandatée par elle pour une période d'au moins six mois, en attendant un éventuel accord entre les militants et le gouvernement sur la vente du pétrole.

Selon M. Shami, cette compagnie souhaite se retirer en raison des tensions dans la région.

L'ONU a affirmé toutefois que seul l'équipage devait partir conformément aux termes du contrat, et que le MT-Yémen restait sous la direction de l'entreprise.

En cas de départ «la SEPOC reprendra la gestion» du FSO Safer, a prévenu M. Shami. Si «l'ONU ne soutient pas l'opération, le MT-Yemen sera un nouveau FSO Safer.»


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
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  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.