JO-2024: une canicule pire que celle de 2003 est possible, alertent des chercheurs

Les organisateurs des JO disent avoir «pleinement conscience de l’impact que peut avoir le changement climatique sur les compétitions». (AFP)
Les organisateurs des JO disent avoir «pleinement conscience de l’impact que peut avoir le changement climatique sur les compétitions». (AFP)
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Publié le Jeudi 25 janvier 2024

JO-2024: une canicule pire que celle de 2003 est possible, alertent des chercheurs

  • Lors de la canicule de 2003, les hôpitaux avaient été débordés par un afflux de patients et l'épisode s'était soldé par 15 000 décès
  • Est-il possible de faire pire que la moyenne de 2003? «Des températures qui dépassent le record de 2003 d'environ 4°C" en Ile-de-France «sont possibles», concluent les auteurs dans l'article

PARIS: Une canicule bien pire que celle de 2003 pendant les Jeux olympiques de Paris: ce scénario catastrophe est de l'ordre du possible dans notre monde marqué par le réchauffement climatique, alertent des chercheurs, un enjeu dont les organisateurs disent avoir "pleinement conscience".

Des scientifiques ont voulu calculer quelle pourrait être la pire vague de chaleur possible sur une période de 15 jours en région parisienne pour les JO (26 juillet-11 août).

"La motivation dès le départ, c’était de partir du constat de la canicule de 2003, qui nous a tous surpris par son ampleur" et dont "personne ne pensait qu'elle était possible avant qu’elle n’arrive", explique Pascal Yiou, du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE), l'auteur principal de l'étude publiée dans la revue Npj Climate and atmospheric science.

Lors de la canicule de 2003, les hôpitaux avaient été débordés par un afflux de patients et l'épisode s'était soldé par 15.000 décès, selon des estimations. Pendant neuf jours consécutifs, Paris a alors connu des températures supérieures à 35°C durant la journée, avec peu de fraîcheur la nuit.

Est-il possible de faire pire que la moyenne de 2003? "Des températures qui dépassent le record de 2003 d'environ 4°C" en Ile-de-France "sont possibles", concluent les auteurs dans l'article.

"En 20 ans, le climat a changé et l’idée était d’alerter les pouvoirs publics que quelque chose de nettement pire que 2003 peut arriver, que c’est possible", souligne Pascal Yiou.

"Au XXe siècle, il n’était pas possible de dépasser ce record, mais maintenant on peut non seulement l’atteindre mais aussi le dépasser avec une probabilité finalement assez forte, proche de 1/100", estime le chercheur.

«Hypothèse»

Interrogés par l'AFP, les organisateurs des JO disent avoir "pleinement conscience de l’impact que peut avoir le changement climatique sur les compétitions". "La canicule et les conditions météorologiques extrêmes sont une hypothèse que nous prenons en compte et que nous anticipons au maximum, pour prendre les mesures nécessaires", indiquent-ils.

Les organisateurs, qui collaborent avec Météo-France et Santé publique France, se fondent notamment sur des données historiques pour chaque site.

Pour leur étude, les chercheurs ont de leur côté réalisé un exercice de simulation du pire se fondant sur les modèles climatiques utilisés notamment par les climatologues du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, mandatés par l'ONU).

Pour qu'une telle vague de chaleur extrême se produise, il faudrait la conjonction d'un anticyclone stable et d'un phénomène météorologique nommé "goutte froide", capable de pomper de l’air très chaud du Sahara vers la France, précisent-ils.

Mais ce n'est en aucun cas une prévision de la météo pour l'été prochain. Météo-France ne publie pour sa part que de "grandes tendances" sur trois mois et il faudra donc attendre avril pour avoir une indication assez vague pour juillet.

"Nous ne saurons pas en avril si/quand il y aura des canicules en juillet, nous aurons une tendance sur un scénario proche, en dessous ou au-dessus des normales", précise-t-on à Météo-France.

«Cas par cas»

Les JO de Tokyo (2021) ont été les plus chauds enregistrés depuis 1952 mais avec un effet limité puisqu'ils se sont déroulés sans spectateurs en raison des restrictions de déplacement mises en place pour limiter la propagation du Covid-19.

Pour cette édition, les organisateurs disent avoir prévu des "mesures spécifiques" selon les sports.

Si des aménagements sont plutôt aisés pour les épreuves en intérieur (climatisation ou installation de voiles sur la verrière du Grand Palais par exemple), celles en extérieur pourraient nécessiter d'être "reprogrammées".

"La décision sera prise au cas par cas", indique-t-on, rappelant que "ces décisions ont déjà été observées lors de précédentes éditions des Jeux, notamment à Tokyo". L'horaire du Marathon femmes y avait ainsi été avancé en raison des fortes chaleurs.


Liban: Macron appelle Israël à "renoncer à une offensive terrestre"

Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a appelé Israël à renoncer clairement à une offensive terrestre au Liban et le Hezbollah à cesser immédiatement ses attaques
  • La France soutient les efforts du Liban pour rétablir le contrôle total de l’État, tandis que la Syrie affirme désormais appuyer la souveraineté libanaise

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi soir Israël à "clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban" et le Hezbollah à "immédiatement mettre fin à ses attaques", après s'être entretenu avec son homologue libanais Joseph Aoun.

"Le Hezbollah a commis une faute majeure en forçant le Liban à l’affrontement avec Israël. Il doit immédiatement mettre fin à ses attaques. De son côté, Israël doit clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban", a-t-il affirmé dans une publication sur le réseau social X.

Israël poursuit ses attaques visant le Hezbollah au Liban, entraîné le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le mouvement pro-iranien a lancé une attaque sur Israël.

L'agence officielle Ani a fait état de nouvelles frappes mercredi soir dans le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, tandis que des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud.

Emmanuel Macron a également indiqué s'être entretenu avec son homologue syrien Ahmad al-Chareh, dont il assure qu'il "soutient les efforts des autorités libanaises pour restaurer le contrôle plein et entier de l’Etat sur leur territoire".

"Son soutien à la souveraineté libanaise marque une rupture nette avec le passé. C’est le gage de relations saines et constructives entre le Liban et la Syrie", a-t-il déclaré.

Les forces d'Ahmad al-Chareh, dont le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qu'il dirigeait et a depuis dissous, ont renversé en décembre 2024 l'ancien dirigeant syrien Bachar al-Assad, que le Hezbollah soutenait militairement.

Les présidents libanais et syrien ont convenu mardi de mieux "contrôler" leur frontière commune, au lendemain d'un incident, a annoncé Beyrouth.

Damas avait dénoncé dans la nuit précédente des tirs d'artillerie du Hezbollah vers son territoire, en pleine guerre entre Israël et le mouvement chiite libanais soutenu par l'Iran.


Liban: la France triple son soutien humanitaire et envoie 60 tonnes d'aide

Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
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  • "Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes"
  • Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français

PARIS: La France s'apprête à tripler son soutien humanitaire au Liban, en y dépêchant jeudi 60 tonnes d'aide pour les réfugiés quittant le sud du pays où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française

"Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes, mais aussi un poste sanitaire mobile", a déclaré Jean-Noël Barrot sur TF1.

Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français, selon lui.

Paris s'apprête par ailleurs à fournir "plusieurs dizaines" de véhicules de l'avant-blindé (VAB) aux forces armées libanaises, "dont nous considérons qu'elles sont seules légitimes à assurer la sécurité du Liban", a rappelé le ministre, qui a à nouveau appelé le Hezbollah à "cesser ses attaques sur Israël" et "à rendre ses armes aux autorités libanaises".

Quelque 760.000 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes, lancée en réponse à des tirs du Hezbollah, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël, près de 500 personnes ont été tuées.


Le Hezbollah doit se désarmer, Israël s'abstenir d'une opération d'envergure, selon Paris

 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
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  • La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises"
  • Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations"

PARIS: La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure".

Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations", selon une déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle en outre Israël "à s'abstenir de toute intervention terrestre ou d'envergure durable au Liban, dont l'intégrité territoriale et la souveraineté doivent être respectées".

La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises", saluant leur décision le 2 mars dernier d'interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah.

La conférence du 5 mars, annulée en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, était destinée à lever des fonds pour renforcer les forces de sécurité intérieures et l'armée libanaise, qui manquent cruellement de moyens financiers et d'équipements.

Cette aide était jugée fondamentale alors que l'armée libanaise était engagée dans un processus de désarmement du Hezbollah.

L'armée libanaise avait indiqué en janvier avoir achevé la première phase de ce plan de désarmement, couvrant la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. La deuxième phase, concernant une zone située au nord du fleuve, devait commencer.

En déplacement au Liban début février, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait jugé positif le processus de désarmement, estimant qu'au sud du fleuve Litani, il n'y avait plus de menaces vers le nord d'Israël.

Il avait aussi demandé à l'Iran de cesser d'être une force déstabilisatrice au Liban alors qu'Israël suspectait le Hezbollah de se réarmer avec l'aide de Téhéran.

Les autorités israéliennes ont constamment jugé insuffisants les progrès dans le désarmement du groupe pro-iranien qui a fini par entraîner le Liban dans la guerre début mars.