Yémen: Frappe américaine après une attaque des Houthis contre un pétrolier britannique

Des membres de l'équipage de l'USS Dwight D. Eisenhower (CVN 69) effectuant des opérations de vol en réponse à l'augmentation du comportement malveillant des Houthis soutenus par l'Iran en mer Rouge. (Photo d'archives AFP)
Des membres de l'équipage de l'USS Dwight D. Eisenhower (CVN 69) effectuant des opérations de vol en réponse à l'augmentation du comportement malveillant des Houthis soutenus par l'Iran en mer Rouge. (Photo d'archives AFP)
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Publié le Dimanche 28 janvier 2024

Yémen: Frappe américaine après une attaque des Houthis contre un pétrolier britannique

  • Les forces américaines ont frappé tôt samedi un site des rebelles Houthis au Yémen après une attaque de ces derniers contre un pétrolier britannique
  • «A environ 3H45 locales (00H45 GMT), le Commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) a mené une frappe contre un missile antinavire Houthi qui s'apprêtait à être lancé en mer Rouge», a-t-il annoncé sur X

SANAA: Les forces américaines ont frappé tôt samedi un site des rebelles Houthis au Yémen après une attaque de ces derniers contre un pétrolier britannique qui a "pris feu" dans le golfe d'Aden, nouvel épisode de leur campagne visant le trafic maritime international en "solidarité" avec Gaza.

"A environ 3H45 locales (00H45 GMT), le Commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) a mené une frappe contre un missile antinavire Houthi qui s'apprêtait à être lancé en mer Rouge", a-t-il annoncé sur X, précisant que ce missile présentait une "menace imminente" pour les destroyers américains et les navires marchands dans la région.

Les rebelles proches de l'Iran, qui multiplient les attaques contre la marine marchande en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, avaient indiqué vendredi soir avoir tiré des "missiles" contre un "pétrolier britannique, le Marlin Luanda", précisant que le navire, "touché de plein fouet, a pris feu".

L'attaque a été menée en soutien au peuple palestinien et "en réponse à l'agression britannique et américaine contre notre pays", a ajouté le porte-parole militaire des rebelles, Yahya Saree.

Selon le groupe Trafigura qui exploite le Marlin Luanda, aucune victime n'est à déplorer, et le navire se dirigeait samedi vers un port sûr. L'incendie a été éteint avec l'aide des marines américaine, française et indienne, a indiqué samedi le Centcom dans un communiqué.

Le Marlin Luanda, qui "transporte à des fins commerciales une cargaison de naphtha, un mélange d'hydrogène liquide hautement inflammable", a été touché par un missile balistique antinavire (ASBM) dans le golfe d'Aden, a-t-il encore précisé.

La télévision Al-Masirah, tenue par les Houthis, a affirmé samedi que les Etats-Unis et le Royaume-Uni avaient lancé deux frappes aériennes sur le port de Ras Issa, dans la province de Hodeida, qui abrite le principal terminal d'exportation de pétrole du Yémen. L'attaque n'a pas été confirmée par Washington ou Londres.

Vendredi, les Etats-Unis avaient détruit un missile balistique antinavire tiré "depuis les zones du Yémen contrôlées par les Houthis" et se dirigeant vers un destroyer de classe Arleigh-Burke, un navire de guerre américain.

Depuis novembre, les Houthis ont tiré de nombreux missiles et drones au large du Yémen, disant viser les navires liés à Israël en "solidarité" avec les Palestiniens de la bande de Gaza, territoire pilonné et assiégé par l'armée israélienne depuis l'attaque sanglante du mouvement islamiste Hamas sur le sol israélien le 7 octobre.

En réponse, les forces américaines, parfois conjointement avec le Royaume-Uni, ont mené des séries de frappes visant les Houthis pour tenter de stopper leurs attaques de navires marchands, sans succès pour l'instant. Les frappes américaines ont visé en particulier des sites de lancement de missiles et drones.

Trafic perturbé

Jeudi, Washington et Londres ont annoncé des sanctions contre quatre hauts responsables Houthis, accusés d'être impliqués dans l'organisation de ces attaques.

Les Houthis contrôlent une bonne partie du Yémen, après près d'une décennie de guerre contre le gouvernement, qui a provoqué l'une des pires crises humanitaires au monde.

Le chef du Conseil présidentiel du Yémen a demandé samedi le soutien de Washington et Ryad pour "éliminer les capacités militaires des Houthis".

Le ministre britannique de la Défense, Grant Shapps, a, lui, réaffirmé samedi l'engagement de Londres à protéger la liberté de navigation, après la dernière attaque Houthie "intolérable et illégale".

Leurs attaques ont poussé certains armateurs à suspendre les passages en mer Rouge, par où transite en temps normal jusqu'à 12% du commerce mondial, et à contourner l'Afrique pour rallier l'Asie à l'Europe.

Les répercussions sur le trafic marchand mondial se font déjà ressentir. Selon l'ONU, le volume commercial transitant par le canal de Suez, qui relie la mer Rouge à la Méditerranée, a diminué de 42% ces deux derniers mois.

Ces perturbations sont d'autant plus inquiétantes que "plus de 80%" du commerce mondial de biens se fait par voie maritime et que "d'autres routes importantes sont déjà sous tension", souligne la Cnuced, l'organe de l'ONU chargé du commerce et du développement.

Jeudi, une délégation de Houthis s'est rendu à Moscou pour discuter de la "nécessité d'intensifier les efforts pour faire pression" sur les Etats-Unis et Israël afin de mettre fin à la guerre à Gaza et d'"acheminer de l'aide humanitaire plutôt que de militariser la mer Rouge", selon un porte-parole des rebelles.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".

 


Kushner doit rencontrer le Hamas en Egypte

Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
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  • Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas

LE CAIRE: Des sources au sein du Hamas ont indiqué dimanche que l'émissaire américain Jared Kushner allait rencontrer des dirigeants du mouvement islamiste palestinien en Egypte, avant sa visite en Israël, au moment les Etats-Unis cherchent à faire avancer le plan de paix à Gaza.

L'entretien, qui n'a pas été confirmé par les Etats-Unis, devrait se tenir à Al-Alamein, dans le nord de l'Egypte, un pays qui fait office depuis des années de médiateur dans le conflit israélo-palestinien.

M. Kushner, également gendre du président Donald Trump, s'est déjà entretenu dimanche à Al-Alamein avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, alors que le chef du Hamas, Khalil al-Hayya, a rencontré de son côté le chef du renseignement égyptien, Hassan Rachad.

Ces rencontres surviennent au moment où les Etats-Unis tentent d'aplanir les divergences entre Israël et le Hamas sur la mise en oeuvre du plan du président américain Donald Trump pour mettre fin durablement à la guerre à Gaza.

Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas.

Visite américaine en Israël 

"Les médiateurs ont informé le Hamas que l'émissaire américain Jared Kushner rencontrerait sa direction, en présence de responsables égyptiens et qataris", a déclaré une source du Hamas, qui a demandé à garder l'anonymat, sans donner de date.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent parmi les organisations terroristes et qui a mené l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 contre Israël, déclenchant la guerre de Gaza.

Une deuxième source du Hamas a indiqué que les Etats-Unis avaient demandé au mouvement des précisions sur plusieurs points, notamment sur "la collecte, le regroupement et le stockage des armes de manière réelle, et non simplement symbolique, ainsi que sur le renoncement total du Hamas à gouverner Gaza".

Le Hamas, qui gouverne Gaza depuis 2007, a annoncé début juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe créé par le "Conseil de Paix" composé de technocrates palestiniens et chargé d'assurer la transition dans le territoire palestinien.

Lors de la rencontre entre M. Sissi et Jared Kushner, il a été "rappelé la nécessité pour toutes les parties de respecter leurs obligations au titre de l'accord de cessez-le-feu" à Gaza, a déclaré le porte-parole de M. Sissi, Mohamed al-Chennawi, dans un communiqué.

De son côté, la délégation dirigée par Khalil al-Hayya, dont c'est la première visite en Egypte depuis sa nomination fin juillet, "a réaffirmé son engagement à mener à bien le plan" américain, selon l'agence officielle égyptienne Mena.

La réunion avec M. Rachad portait sur "les efforts déployés pour contraindre Israël à respecter l'accord, qui comprend la feuille de route en 15 points, et à entamer sa mise en œuvre", a précisé un responsable du mouvement islamiste palestinien à l'AFP.

Le "Conseil de Paix", chargé de mettre en œuvre le plan de paix, avait indiqué que M. Kushner devait, outre l'Egypte, se rendre la semaine prochaine en Israël avec Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza de cet organe créé par M. Trump.

Blessés dans des frappes 

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu d'octobre 2025 dans le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre.

Sur le terrain, plusieurs personnes ont été blessées dimanche après des frappes israéliennes sur une maison dans le centre de la bande de Gaza, a rapporté Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas.

L'armée israélienne a déclaré qu'elle répondait à une menace émanant du Jihad islamique.

D'autres personnes ont été blessées après des tirs israéliens sur des tentes abritant des personnes déplacées dans le sud, selon la même source.

Au moins 1.262 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués.


Les forces armées yéménites ont mené 181 opérations militaires contre des sites houthis

« Ces opérations visaient des cibles militaires, des sources de tir et des moyens utilisés pour commettre des actes hostiles le long des lignes de contact », a ajouté M. Al-Nazili. (AFP)
« Ces opérations visaient des cibles militaires, des sources de tir et des moyens utilisés pour commettre des actes hostiles le long des lignes de contact », a ajouté M. Al-Nazili. (AFP)
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  • Des sources militaires ont déclaré dimanche à Al Arabiya qu’environ 200 combattants houthis avaient été tués au cours des dernières 48 heures lors de frappes de drones et d’affrontements
  • Des dizaines de miliciens tués ou blessés lors d’une série de frappes contre des cibles « menant des actes hostiles »

DUBAÏ : Le Yémen a mené 181 opérations militaires contre des cibles militaires houthistes au cours des dernières 24 heures, a déclaré dimanche le colonel Majed Al-Nazili, porte-parole des forces armées yéménites, dans un communiqué.

Al-Nazili a précisé que ces frappes avaient tué ou blessé des dizaines de miliciens houthis et détruit du matériel et des véhicules houthis.

« Les opérations ont visé des cibles militaires, des sources de tir et des moyens utilisés pour mener des actes hostiles le long des lignes de contact », a-t-il ajouté.


Les forces armées yéménites ont réitéré leur appel au peuple yéménite, lui demandant de se tenir à l’écart des sites militaires, des installations et des rassemblements appartenant à la milice houthiste. (Source)
Al-Nazili a déclaré que les forces armées yéménites sont en mesure d’atteindre, de neutraliser et de prévenir les menaces conformément aux exigences opérationnelles, au moment, à l’endroit et par les moyens déterminés par le commandement militaire.

Les unités menant ces opérations ont accompli leur mission avec une grande efficacité et une discipline opérationnelle irréprochable, dans le respect du droit international humanitaire, tout en prenant toutes les précautions nécessaires pour protéger les civils, a-t-il précisé.

Les forces armées yéménites ont exhorté la population à se tenir à l’écart des sites et installations militaires, ainsi que des rassemblements de milices.

M. Al-Nazili a déclaré que les forces armées yéménites sont pleinement capables de prendre l’initiative et de faire basculer l’équilibre sur le terrain.