Les Houthis accusent les États-Unis et le Royaume-Uni de viser le terminal pétrolier de Ras Isa à Hodeidah

De la fumée s'élève du Marlin Luanda, navire marchand, frappé par un missile anti-navire des Houthis, dans le Golfe d'Aden, sur cette photo diffusée le 27 janvier 2024 (Photo, Reuters).
De la fumée s'élève du Marlin Luanda, navire marchand, frappé par un missile anti-navire des Houthis, dans le Golfe d'Aden, sur cette photo diffusée le 27 janvier 2024 (Photo, Reuters).
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Publié le Dimanche 28 janvier 2024

Les Houthis accusent les États-Unis et le Royaume-Uni de viser le terminal pétrolier de Ras Isa à Hodeidah

  • La chaîne de télévision Al-Masira, dirigée par les Houthis, a rapporté que les États-Unis et le Royaume-Uni avaient frappé le port de Ras Isa samedi
  • Les Houthis ont revendiqué le lancement de « plusieurs missiles navals » sur le navire pétrolier britannique

AL-MUKALLA : La milice houthie du Yémen a déclaré samedi que les armées américaine et britannique avaient mené deux frappes aériennes sur le port de Ras Isa, sur la mer Rouge, dans la province de Hodeidah, à l'ouest du Yémen.

Cette annonce intervient alors que Trafigura, une société commerciale internationale, a déclaré avoir éteint un incendie sur l'un de ses navires en mer Rouge, causé par un tir de missile des Houthis.

La chaîne de télévision Al-Masira, dirigée par les Houthis, a rapporté que les États-Unis et le Royaume-Uni avaient frappé samedi matin le port de Ras Isa, qui abrite une installation d'exportation de pétrole et se trouve à proximité du Safer, un navire pétrolier flottant en état de décomposition qui a attiré l'attention du monde entier au cours des dernières années.

Sans nommer le site visé, le commandement central américain a déclaré que ses forces avaient mené une frappe aérienne vers 3 h 45 (heure de Sanaa) samedi contre un missile antinavire que les Houthis s'apprêtaient à tirer.

Les exportations de pétrole du Yémen en provenance de la province centrale de Marib transitent par Ras Isa à Hodeidah, tandis que le pétrole des provinces méridionales de Hadramout et de Shabwa passe par les terminaux pétroliers de la mer d'Arabie.

Le pétrolier FSO Safer, vieux de 48 ans, et son remplaçant sont tous deux amarrés à la nouvelle installation pétrolière de Ras Isa.

Les frappes aériennes à Hodeidah ont eu lieu après que les Houthis ont lancé un missile balistique sur un pétrolier battant pavillon des Îles Marshall et lié au Royaume-Uni, contrôlé par Trafigura, ce qui a provoqué un incendie.

Trafigura a déclaré samedi que l'équipage du pétrolier avait pu éteindre l'incendie, que tous les membres de l'équipage étaient sains et saufs, et a remercié les navires de guerre indiens, américains et français pour leur soutien.

« Nous sommes heureux de confirmer que tous les membres de l'équipage à bord du Marlin Luanda sont sains et saufs et que l'incendie dans la citerne à cargaison a été entièrement maitrisé. Le navire est maintenant en route vers un port sûr », a indiqué la compagnie dans un communiqué.

Dans une déclaration faite vendredi par leur porte-parole militaire Yahya Sarea, les Houthis ont revendiqué le lancement de « plusieurs missiles navals » sur le navire pétrolier britannique, affirmant que cette action était à la fois en soutien au peuple palestinien et en représailles aux bombardements britanniques et américains sur les régions qu'ils contrôlent au Yémen.

Les Houthis ont également lancé vendredi un missile balistique antinavire depuis les régions qu'ils contrôlent en direction du destroyer de classe Arleigh-Burke USS Carney (DDG 64) dans le golfe d'Aden, mais il a été intercepté par la marine américaine, selon le commandement central des États-Unis.

À Ibb, ville contrôlée par les Houthis, des habitants du district d'Al-Sabrah ont signalé que les Houthis avaient tiré un missile depuis la base militaire d'Al-Hamza, dans le district, vendredi soir, mais que le missile n'avait pas atteint sa cible et explosé peu après dans une zone située non loin de la base militaire, ce qui constitue le dernier d'une série de tirs de missiles ratés par les Houthis.

Les experts pensent que les Houthis continueront à attaquer les navires américains et britanniques, en particulier les pétroliers, afin de rester sous les feux de l'actualité et de s'assurer un soutien populaire, en jouant sur l'indignation de l'opinion publique face à la guerre d'Israël à Gaza, malgré le risque de provoquer une catastrophe écologique au large des côtes du Yémen.

« Ils ne se soucient pas des conséquences pour le Yémen ni du risque de catastrophe écologique. Les Houthis tentent de se présenter comme une puissance capable de vaincre la coalition dirigée par les États-Unis. Ils sont passés maîtres dans l'art de la guerre d'usure et de la propagande », a déclaré à Arab News Nadwa Al-Dawsari, spécialiste des conflits au Yémen.

Il a ajouté que les Houthis étaient tristement célèbres pour avoir dissimulé des armes dans des infrastructures civiles telles que des ports, afin de forcer leurs ennemis à les bombarder et à exploiter ensuite les images à des fins propagandistes.

« Les Houthis ont l'habitude de placer leurs lance-missiles et leurs armes dans des installations civiles. S'ils sont bombardés, c'est un bon prétexte pour prouver que les États-Unis ciblent des infrastructures civiles vitales ».

Par ailleurs, le Conseil présidentiel du Yémen, reconnu par la communauté internationale, a réitéré samedi sa demande aux organisations humanitaires étrangères travaillant au Yémen de transférer leur siège de Sanaa, contrôlée par les Houthis, à Aden, la capitale temporaire du Yémen, située dans le sud du pays.

Lors d'une réunion avec Sonali Korde, assistante de l'administrateur de l'USAID pour le Bureau de l'assistance humanitaire à Riyad, le président du CLP, Rashad Al-Amili, a déclaré que son gouvernement faciliterait les organisations humanitaires internationales qui souhaitent opérer à Aden, et a fustigé les Houthis pour avoir forcé les citoyens américains et britanniques travaillant avec les agences de l'ONU et d'autres organisations humanitaires à quitter le Yémen dans un délai d'un mois.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: Israël vise un commandant de haut rang du Hezbollah dans la banlieue de Beyrouth

Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense
  • Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

BEYROUTH: Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne.

Par ailleurs, au moins 11 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé, alors que Israël poursuit ses opérations malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Une frappe à Saksakiyeh, entre Saïda et Tyr, a notamment fait quatre morts et 33 blessés, dont six enfants, selon le ministère.

D'autre part, quatre soldats israéliens en opération dans le sud du Liban ont été blessés, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

A Beyrouth, "Malek Ballout, commandant des opérations de la force al-Radwan", l'unité d'élite du groupe, a été tué, a déclaré à l'AFP la source proche du Hezbollah.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense.

Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

De la fumée s'est élevée du quartier visé, ont constaté des journalistes de l'AFP qui ont vu des habitants quitter les lieux avec leurs effets personnels.

De nombreux Libanais ont déjà fui cette banlieue au début des hostilités le 2 mars, quand le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en visant Israël, en représailles à l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.

D'après une source de sécurité libanaise s'exprimant sous couvert d'anonymat, la frappe a ciblé un appartement où se tenait une réunion de responsables de la force al-Radwan.

Depuis le 8 avril, date à laquelle l'aviation israélienne avait mené des frappes massives sur le Liban, faisant plus de 350 morts, Beyrouth et sa banlieue n'avaient plus été visées.

"Chaque occasion" 

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir ciblé des forces et véhicules israéliens dans plusieurs localités frontalières du sud du Liban, affirmant riposter à "la violation du cessez-le-feu par l'ennemi israélien".

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours" du Hezbollah.

"Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l'affaiblir", a averti le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, venu rendre visite aux soldats israéliens déployés dans le sud.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait près de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.

Sur cette période, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) "a vérifié 152 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 103 morts et 241 blessés", selon son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Ces attaques ont entraîné la fermeture de trois hôpitaux et de 41 centres de soins (...) et endommagé 16 autres hôpitaux", a-t-il précisé sur X.


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.