Un dirigeant yéménite demande une action militaire pour mettre fin aux attaques des Houthis sur la mer Rouge

Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel du Yémen, reçoit l'ambassadeur des Etats-Unis au Yémen, Steven Fagin, samedi (Photo, SABA).
Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel du Yémen, reçoit l'ambassadeur des Etats-Unis au Yémen, Steven Fagin, samedi (Photo, SABA).
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Publié le Dimanche 28 janvier 2024

Un dirigeant yéménite demande une action militaire pour mettre fin aux attaques des Houthis sur la mer Rouge

  • «Nous cherchons à soutenir le gouvernement légitime, pas à provoquer un conflit», a déclaré Al-Alimi
  • Les Houthis affirment qu'ils agissent en solidarité avec le peuple palestinien

AL-MUKALLA: Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel du Yémen, a exhorté la communauté internationale à fournir une assistance militaire à son gouvernement afin de libérer des Houthis la côte de la mer Rouge du pays, avertissant que les frappes « défensives » des États-Unis et du Royaume-Uni ne mettront pas fin aux menaces qui pèsent sur la voie maritime internationale.

« Les opérations défensives ne sont pas la solution. La solution consiste à éradiquer les capacités militaires des Houthis et à s'associer au gouvernement légitime pour contrôler ces zones », a déclaré Al-Alimi lors d'une conférence de presse tenue samedi à Riyad.

 Al-Alimi a ajouté que les actions militaires de son gouvernement affaibliraient les Houthis et les forceraient à accepter les tentatives de paix pour mettre fin au conflit.

Il a indiqué que les Houthis rejetaient les propositions de paix élaborées sous l'égide de l'ONU et qu'ils avaient pris pour cible des navires en mer Rouge parce qu'ils se sentaient puissants.

« Nous cherchons à soutenir le gouvernement légitime, pas à provoquer un conflit, et nous n'appelons pas à la guerre, mais voulons plutôt pousser les Houthis à entamer des discussions », a déclaré Al-Alimi.

Les Houthis ont mené des dizaines d'attaques de drones et de missiles contre des navires commerciaux et militaires en mer Rouge, à Bab Al-Mandab et dans le golfe d'Aden, dans le cadre de leur interdiction de tout navire en direction d'Israël.

Les Houthis affirment qu'ils agissent en solidarité avec le peuple palestinien et qu'ils font pression sur Israël pour qu'il mette fin à sa campagne dans la bande de Gaza.

Par ailleurs, des dizaines de militants des droits de l'homme, d'avocats et de journalistes yéménites ont demandé dimanche aux Houthis, soutenus par l'Iran, ainsi qu'aux organisations locales et internationales de défense des droits, de sauver un juge de renom qui risque la mort dans des « conditions épouvantables » dans une prison notoirement connue des Houthis à Sanaa.

Dans une pétition commune en ligne, plus de 50 Yéménites, dont des militants célèbres, ont déclaré que le juge Abdel Wahab Qatran avait informé sa famille, lors d'un bref appel avec son fils, qu'il était « mort » et que les Houthis le maintenaient à l'isolement.

Il s'agit d'un appel à toutes les forces de conscience et d'humanité au Yémen et à l'étranger pour une solidarité sérieuse et influente avec le juge Abdel Wahab Qatran, qui dit « je suis mort » depuis sa cellule d'isolement dans la prison de la sécurité politique à Sanaa, d'après un appel téléphonique de 20 secondes avec son fils, ont indiqué les militants dans leur appel.

Au début du mois, des Houthis armés ont fait irruption dans la maison de Qatran à Sanaa, et ont momentanément détenu et maltraité sa famille avant de le kidnapper, quelques heures après que  les Houthis aient été condamnés pour avoir agressé un journaliste local qui réclamait son salaire et la réouverture de sa station de radio fermée.

Qatran est réputé depuis longtemps pour ses critiques virulentes à l'égard des Houthis, qui négligent de payer des milliers de fonctionnaires et de remettre en état les installations de base dans les régions qu'ils contrôlent.

À Sanaa, des centaines de membres de la tribu Hada de la province de Dhamar ont organisé une rare manifestation samedi, exigeant que les Houthis libèrent le dirigeant du club des enseignants, Abou Zaid Al-Kumaim.

Les membres de la tribu se sont rassemblés à Al-Sabeen, à Sanaa, pour persuader les Houthis de libérer Abou Zaid Al-Kumaim, un membre de leur tribu.

Mohammed Al-Kumaim, expert militaire yéménite et membre de la tribu, a déclaré à Arab News que sa tribu s'était réunie à Sanaa quand les Houthis ont rompu, il y a plusieurs mois, leur promesse de libérer Abou Zaid Al-Kumaim, et que les Houthis avaient accepté de le libérer à nouveau samedi.

En octobre, les Houthis ont enlevé le dirigeant syndical à Sanaa après avoir incité des centaines d'enseignants à se mettre en grève pour demander aux Houthis de payer leurs salaires.

Contrairement à leur répression violente des rassemblements pacifiques de Yéménites ordinaires, les Houthis répriment rarement les manifestations organisées par des tribus puissantes pour prévenir une révolte, selon les experts.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Bahreïn dénonce une "agression flagrante" après des frappes iraniennes

Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Bahreïn affirme avoir intercepté sept missiles tirés lors de frappes iraniennes visant son territoire et le Koweït, qu’il qualifie d’attaque contre sa souveraineté
  • Téhéran a revendiqué des tirs de missiles en représailles à des frappes américaines, ciblant notamment une base aérienne au Koweït et un site militaire américain à Bahreïn

MANAMA: Bahreïn, déjà ciblé en début de semaine, a dénoncé samedi les frappes menées par l'Iran contre son territoire et le Koweït voisin, disant avoir intercepté sept missiles.

"Le ministère des Affaires étrangères condamne fermement ces nouvelles attaques", a-t-il écrit dans un communiqué. "Cette agression flagrante constitue une violation manifeste de la souveraineté des deux pays", a-t-il ajouté.

Les Gardiens de la Révolution iraniens avaient dit dans la nuit avoir tiré, en représailles à des frappes américaines, des missiles balistiques vers la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, où sont stationnés des appareils américains, et le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn.


L'Iran n'a pas à "intervenir au Liban", dit le président libanais

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  • Le président libanais Joseph Aoun a appelé l’Iran à cesser toute ingérence au Liban, affirmant la souveraineté du pays dans une interview à CNN
  • Il a également exhorté le Hezbollah à privilégier la diplomatie et la négociation comme seule voie pour résoudre le conflit avec Israël

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a sommé l'Iran de ne plus "intervenir" dans son pays, dans une interview à la chaîne CNN diffusée vendredi, et affirmé au Hezbollah soutenu par Téhéran que la diplomatie était la seule solution au conflit avec Israël.

"Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le dirigeant libanais à l'adresse de l'Iran.

"Le Hezbollah doit comprendre qu'il (n'y a pas) d'autre solution que de s'asseoir et de parler, pas d'autre moyen (...) de sauver ce qu'il reste sauf à travers la négociation et la diplomatie", a-t-il ajouté.


Liban: sept morts dans des frappes israéliennes sur Tyr, selon la défense civile

Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
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  • Des frappes israéliennes nocturnes à Tyr, dans le sud du Liban, ont fait au moins sept morts et plusieurs blessés, touchant notamment des zones proches d’un hôpital et des quartiers résidentiels
  • Israël annonce de nouvelles attaques contre le Hezbollah au nord du fleuve Litani et ordonne des évacuations, tandis que le conflit continue de provoquer de lourdes pertes civiles et des déplacements massifs

BEYROUTH: Des frappes nocturnes israéliennes sur la ville millénaire de Tyr, dans le sud du Liban, dont l'une près d'un hôpital, ont tué sept personnes, a indiqué vendredi à l'AFP une source au sein de la défense civile.

L'armée israélienne a annoncé de son côté qu'elle allait attaquer le Hezbollah dans trois localités au nord du fleuve Litani, à une quarantaine de km de la frontière, ordonnant à leur population d'évacuer.

Le mouvement pro-iranien avait rejeté jeudi un accord de cessez-le-feu annoncé la veille à Washington après des négociations entre le Liban et Israël, réclamant un retrait total des forces israéliennes qui occupent une partie du sud du pays.

A Tyr, une frappe tard jeudi soir a fait quatre morts et sept blessés, selon la Défense civile. Elle a dévasté le siège d'une banque et endommagé légèrement l'hôpital Jabal Amel, l'un des trois que compte la ville, a constaté le correspondant de l'AFP.

Une autre frappe sur un quartier résidentiel de la ville a tué trois personnes et en a blessé cinq autres dont deux enfants, selon la Défense civile.

Lundi, une frappe près de l'hôpital Jabal Amel avait tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel, selon le ministère de la Santé.

La ville côtière, qu'une partie de ses habitants refuse d'évacuer malgré les avertissements israéliens, est régulièrement pilonnée.

Des habitants s'étaient réfugiés dans le quartier chrétien exigu de la Vieille ville, épargné par les avertissements isaréliens, dormant dans leurs voitures ou sous des tentes.

Mais ils l'ont fui après qu'Israël a menacé mardi le quartier, accusant des membres du Hezbollah de s'y cacher, selon le correspondant de l'AFP.

Une frappe avait également visé mercredi soir les abords d'un parc où campent des dizaines de réfugiés syriens, selon le correspondant de l'AFP qui n'a pas fait état de victime.

Dans ce contexte, une pétition, appelant à exclure toute présence armée à Tyr - où le Hezbollah est fortement implanté - autre que celle de l'armée libanaise, a recueilli près de 250 signatures selon les organisateurs.

Une pétition similaire concernant Nabatiyé - autre grande ville du sud à majorité chiite - pratiquement désertée du fait des bombardements israéliens, a recueilli plus de 500 signatures.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.526 morts depuis le début du conflit le 2 mars, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.