Algérie: des perspectives prometteuses pour l’industrie sidérurgique en 2024

Tosyali Algérie a investi dans une nouvelle usine de production d’aciers plats équipé d’un laminoir à chaud avec une capacité de production de 4 millions de tonnes (Photo, Fournie).
Tosyali Algérie a investi dans une nouvelle usine de production d’aciers plats équipé d’un laminoir à chaud avec une capacité de production de 4 millions de tonnes (Photo, Fournie).
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Publié le Lundi 29 janvier 2024

Algérie: des perspectives prometteuses pour l’industrie sidérurgique en 2024

  • Le complexe d’El-Hadjar, à travers son plan de développement des activités, compte augmenter sa capacité de production
  • Quant à la société algéro-turque Tosyali, elle ambitionne de tripler ses revenus générés par l’exportation

PARIS: Selon les projections des leaders de l’industrie sidérurgique (Sider el-Hadjar et Tosyali Algérie), la production sidérurgique connaîtra une nouvelle dynamique en 2024. Le complexe d’El-Hadjar, à travers son plan de développement des activités, compte augmenter sa capacité de production.

Selon son PDG, Karim Boulayoune, le groupe, qui ambitionne cette année de doubler sa production pour atteindre un volume de 600 000 tonnes de produits sidérurgiques, contribuera, entre autres, à fournir du rail pour les programmes de construction de voies ferrées et à alimenter les projets du groupe pétrolier Sonatrach pour la réalisation de 1 000 kilomètres de pipelines.

interview
Alp Topcuoglu, membre du Conseil d’administration de Tosyali Algérie. (Photo fournie).

«Afin d’atteindre les objectifs de production fixés, les responsables du complexe sidérurgique d’El-Hadjar ont élaboré un programme de réhabilitation et de modernisation de l’usine, fondé principalement sur la modernisation des équipements industriels (aciéries et laminoirs) et l’introduction de technologies modernes», indique M. Boulayoune.

Quant à la société algéro-turque Tosyali, elle ambitionne de tripler ses revenus générés par l’exportation. Dans un entretien accordé à Arab News en français, Alp Topcuoglu, membre du Conseil d’administration de Tosyali Algérie, explique que la société produit 3,5 millions de tonnes d’acier long (rond béton, fil machine, cornières et tubes spirales). De ce total, 2,5 millions de tonnes proviennent du minerai de fer, tandis que 1 million de tonnes sont issues du traitement des déchets ferreux collectés à travers le pays.

Investissements dans les aciers plats

M. Topcuoglu souligne que Tosyali Algérie a investi dans une nouvelle usine de production d’aciers plats équipé d’un laminoir à chaud avec une capacité de production de 4 millions de tonnes à partir du minerai de fer, dont 1,5 million sera transformé en produits à haute valeur ajoutée. Selon lui, cette usine comprendra des laminoirs à froid, des laminoirs galvanisés et des laminoirs prélaqués. L’unité de production de laminoir à chaud ainsi que les installations d’aciérie, l’unité d'enrichissement et la pelletisation seront opérationnelles dès le mois de juillet 2024. En ce qui concerne les parties laminées à froid et galvanisées, elles commenceront leur production au cours du deuxième semestre 2026.

«Avec cette nouvelle usine de production des aciers plats, le complexe Tosyali Algérie sera le “Walmart” des complexes sidérurgiques en Méditerranée; il sera capable d'offrir aux marchés, en même temps, des produits finis et semi-finis comme la pelette, la billette, le fer et tous les produits longs et plats.»

«Avec cette nouvelle usine de production des aciers plats, le complexe Tosyali Algérie sera le “Walmart” des complexes sidérurgiques en Méditerranée. Il sera capable d'offrir aux marchés, en même temps, des produits finis et semi-finis comme la pelette, la billette, le fer et tous les produits longs et plats», déclare Alp Topcuoglu, en précisant que ce complexe sera totalement intégré de l’amont à l’aval.

«La mise en service de l’unité des aciers plats sera en mesure d’alimenter toutes les industries de transformation, leur assurant une meilleure intégration locale de leurs produits.» M Topcuoglu cite les secteurs concernés comme l’automobile, l’électroménager, la construction navale, la fabrication de tubes, les panneaux sandwichs ainsi que les charpentes métalliques.

Internationalisation de Tosyali Algérie

À la question relative à l’internationalisation de Tosyali Algérie, Alp Topcuoglu affirme que l’entreprise a investi dans une unité d’enrichissement du minerai en Angola, une initiative qui va permettre, selon lui, de fournir une partie des besoins en matière première.

«Pour répondre à la demande des pays de l’Union européenne, nous avons acquis, en 2023, une usine de tuberie en Espagne.» Il ajoute que Tosyali Algérie a aussi pour objectif d'investir dans les pays du Moyen-Orient, qui sont, selon lui, des marchés très porteurs, notamment en matière d’investissements dans l’acier vert.

«Grâce à notre expertise, notre aptitude à l’internationalisation, notre expérience avérée dans la technologie, et nos équipes hautement qualifiées, nous avons réalisé, ces cinq dernières années, deux méga-usines en Turquie et en Algérie. Je suis convaincu que grâce à ses acquis et à ce savoir-faire, Tosyali Algérie sera, dans un futur proche, un acteur majeur dans la production des aciers plats avec des coûts très compétitifs au Moyen-Orient», affirme-t-il, en rappelant que l’entreprise s’intéresse aussi aux marchés européens et à ceux de l’Afrique de l’Ouest.

«L'Algérie est un grand pays, qui jouit d’une position géographique stratégique, étant proche des principaux consommateurs et des sources de matières premières. Ses réserves de minerai de fer sont également comparables à celles du Brésil et du Canada», conclut-il.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com