Agriculture, logement, santé... Les principaux points du discours de politique générale de Gabriel Attal

Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce un discours suite aux remarques des groupes parlementaires sur la déclaration de politique générale de son gouvernement devant l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, le 30 janvier 2024. (Photo Emmanuel Dunand AFP)
Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce un discours suite aux remarques des groupes parlementaires sur la déclaration de politique générale de son gouvernement devant l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, le 30 janvier 2024. (Photo Emmanuel Dunand AFP)
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Publié le Mardi 30 janvier 2024

Agriculture, logement, santé... Les principaux points du discours de politique générale de Gabriel Attal

  • Le Premier ministre a martelé son ambition de «désmicardiser la France» en réformant dans le budget 2025 un système d'aides et d'exonérations «concentrées au niveau du Smic»
  • Gabriel Attal a promis par ailleurs que «toutes les aides» européennes de la politique agricole commune «seront versées sur les comptes bancaires des exploitants d'ici le 15 mars»

PARIS : Trois semaines après sa nomination à Matignon, Gabriel Attal a présenté devant l'Assemblée nationale les priorités de son gouvernement. Voici les principaux points de sa déclaration de politique générale:

Travail

Le Premier ministre a martelé son ambition de «désmicardiser la France» en réformant dans le budget 2025 un système d'aides et d'exonérations «concentrées au niveau du Smic».

Pour les fonctionnaires, un projet de loi spécifique sera déposé au second semestre afin d'«intégrer leur mérite et leurs efforts à leur rémunération». En parallèle, les administrations devront expérimenter «la semaine en 4 jours, sans réduction du temps de travail».

Le chef du gouvernement a par ailleurs souhaité «aller plus loin dans la réforme de l'assurance chômage» afin d'«inciter toujours plus à la reprise du travail».

Les 15 heures d'activité hebdomadaire pour les bénéficiaires du RSA seront ainsi généralisées «à tous les départements de France d'ici le 1er janvier 2025». Dans la même veine, l'allocation spécifique de solidarité (ASS) sera supprimée et les chômeurs en fin de droits seront «basculés» au RSA.

Impots

Gabriel Attal a confirmé la baisse de 2 milliards d'euros promise par Emmanuel Macron, pour «continuer à baisser les charges qui pèsent sur la classe moyenne».

Il a cependant maintenu «le cap» d'un déficit «sous les 3% d'ici 2027» et indiqué que ses «premières propositions d'économies» pour le budget 2025 seront présentées «dès le mois de mars».

Agriculture

Gabriel Attal a promis que «toutes les aides» européennes de la politique agricole commune «seront versées sur les comptes bancaires des exploitants d'ici le 15 mars».

Le Premier ministre a annoncé par ailleurs «un fonds d'urgence avant la fin de la semaine pour soutenir nos viticulteurs, particulièrement en Occitanie», ainsi qu'un «grand plan de contrôle sur la traçabilité des produits» afin de «garantir une concurrence équitable».

Ecologie

Gabriel Attal a annoncé le lancement d'un «service civique écologique» avec l'objectif de «rassembler d'ici la fin du quinquennat 50.000 jeunes prêts à s'engager concrètement pour le climat».

Le chef du gouvernement a par ailleurs promis le dépôt d'«un deuxième projet de loi industrie verte», afin notamment de «concentrer» les travaux de la Commission nationale du débat public «uniquement sur les projets d'envergure nationale» pour «gagner 6 mois dans les procédures».

Logement

Gabriel Attal a promis «un choc d'offres» pour «répondre à la crise du logement» et «déverrouiller» ce secteur.

Vingt «territoires engagés pour le logement» seront désignés «dans deux semaines», avec l'objectif «d'y créer 30.000 nouveaux logements d'ici 3 ans».

La loi SRU qui fixe un seuil de 25% de logements sociaux en 2025 sera modifiée pour intégrer à cet objectif «une part de logements intermédiaires, accessibles à la classe moyenne».

Sante

Pour remédier à la pénurie de soignants, Gabriel Attal a confirmé «la régularisation des médecins étrangers sur notre territoire» annoncée par Emmanuel Macron.

Le Premier ministre va en outre «nommer un émissaire, chargé d'aller chercher à l'étranger des médecins qui voudraient venir exercer en France», en particulier les «jeunes Français partis étudier la médecine à l'étranger».

Il a d'autre part menacé de «restaurer des obligations de garde pour les médecins libéraux, en soirée ou le week-end» dans les départements où le «service d'accès aux soins» ne sera pas mis en place «cet été».

Les patients seront également pénalisés pour leurs «rendez-vous médicaux non honorés»: quand «on ne vient pas sans prévenir, on paye», a-t-il averti.

M. Attal a par ailleurs affirmé qu'il tiendra «l'engagement de réformer l'aide médicale d'Etat» pris par sa prédécesseure Elisabeth Borne, précisant qu'il le fera «avant l'été par voie réglementaire».

Education

Gabriel Attal a annoncé le lancement des «travaux en vue de la généralisation» du service national universel à la rentrée scolaire 2026, et confirmé que le port de l'uniforme à l'école serait également généralisé à cette date si son expérimentation est «concluante».

Le Premier ministre a par ailleurs promis des rallonges pour les infirmières scolaires et les accompagnants d'élèves handicapés.

Justice

Gabriel Attal a annoncé la création prochaine de «travaux d'intérêt éducatif», équivalents de la peine de travaux d'intérêt général pour les mineurs de moins de 16 ans.

Il a également souhaité que les «parents de jeunes délinquants» qui se seraient «totalement soustraits à leur responsabilité parentale», puissent se voir imposer des travaux d'intérêt général.

Le Premier ministre a par ailleurs proposé de «placer en internat» les jeunes «sur la mauvaise pente» pour les «couper de leurs mauvaises fréquentations» plutôt que de les «laisser plonger dans la délinquance».


Tournée de Barrot dans le Golfe: fermeté et solidarité de la France avec ses partenaires régionaux

Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à droite), accueille le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, avant une réunion ministérielle consacrée à la mise en œuvre du plan de paix au Moyen-Orient, au Quai d'Orsay à Paris, le 9 octobre 2025. (AFP)
Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à droite), accueille le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, avant une réunion ministérielle consacrée à la mise en œuvre du plan de paix au Moyen-Orient, au Quai d'Orsay à Paris, le 9 octobre 2025. (AFP)
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  • La tournée du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans le Golfe, menée dans un contexte de fortes tensions après les frappes iraniennes, s’inscrit dans une double logique de fermeté et de diplomatie
  • Répondant aux questions d’Arab News en français à son retour à Paris, Barrot a souligné que sa tournée visait à réaffirmer la solidarité de la France avec ses partenaires régionaux, tout en mettant en avant sa crédibilité sécuritaire

PARIS: La tournée du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans le Golfe, menée dans un contexte de fortes tensions après les frappes iraniennes, s’inscrit dans une double logique de fermeté et de diplomatie.

Répondant aux questions d’Arab News en français à son retour à Paris, Barrot a souligné que sa tournée visait à réaffirmer la solidarité de la France avec ses partenaires régionaux, tout en mettant en avant sa crédibilité sécuritaire, illustrée par des actions concrètes de défense.

Dans le même temps, la France continue de plaider pour une désescalade et une solution politique durable, fondée sur la reprise du dialogue avec l’Iran et la stabilisation de l’ensemble du Moyen-Orient.

De la sécurité du Golfe à la situation critique du Liban, en passant par les tensions israélo-iraniennes et la question palestinienne, la tournée de Barrot souligne la volonté française de maintenir un rôle d’équilibre, entre engagement stratégique et recherche constante d’une issue diplomatique aux crises régionales.

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La tournée dans le Golfe que vous avez effectuée à Riyad, Mascate et Abou Dabi intervient après les bombardements iraniens qui ont visé la région. Quel message avez-vous porté aux quatre pays qu’englobe cette tournée ?

J’ai porté un message de solidarité auprès des pays du Golfe, qui ont tous été visés par des frappes iraniennes injustifiables, que la France a condamnées avec la plus grande fermeté.

La France a démontré qu’elle était un partenaire fiable et prévisible : nous avons, en légitime défense, abattu des drones dès les premières heures du conflit pour défendre l’espace aérien de nos alliés. La sécurité de nos partenaires régionaux est une priorité absolue. Ils savent pouvoir compter sur nous.

La France prône la désescalade, mais a-t-elle les moyens d’influencer les acteurs majeurs du conflit ?

Nous portons le même message depuis le début du conflit : la prolongation indéfinie des opérations militaires sans objectif précis comporte le risque d’un engrenage qui entraînerait la région dans une longue période d’instabilité, dont l’issue serait très incertaine et porterait atteinte aux pays de la région, aux intérêts européens et à l’économie mondiale.

Notre priorité est donc la désescalade et la recherche d’un règlement politique durable : c’est ce à quoi la France, aux côtés de ses partenaires, appelle. Il faut pérenniser le cessez-le-feu et faire en sorte que les négociations entre les États-Unis et l’Iran reprennent. Une paix durable dans la région n’est possible qu’à travers une solution politique pérenne au défi iranien, garantissant que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire et répondant aux menaces posées par son programme balistique et ses activités de déstabilisation.

Entre Washington et Téhéran, la voix de la France est-elle encore audible ?

Nous ne sommes pas belligérants et ne souhaitons pas le devenir. Mais recul ne signifie pas inaction. Notre crédibilité repose sur la constance de nos positions, que nous défendons sans relâche auprès des différentes parties et qui sont validées par les évolutions en cours.

La France est l’un des rares pays à maintenir des contacts réguliers avec l’Iran et à ne pas avoir fermé son ambassade à Téhéran pendant la guerre. 

Jean-Noël Barrot

Nous échangeons régulièrement avec nos alliés américains à propos de cette guerre. Le président de la République échange régulièrement avec le président Trump au sujet de la crise iranienne. La menace à la sécurité internationale que fait peser l’Iran exige une réponse collective, comme cela a été le cas avec le JCPOA en 2015.

La France est l’un des rares pays à maintenir des contacts réguliers avec l’Iran et à ne pas avoir fermé son ambassade à Téhéran pendant la guerre. Le président de la République a échangé à de nombreuses reprises avec le président iranien et je m’entretiens très régulièrement avec mon homologue.

Considérez-vous cette tournée comme un succès diplomatique ?

Cette tournée a permis à la France de renforcer sa coordination avec ses partenaires régionaux, qui doivent être des acteurs centraux de la nouvelle architecture de sécurité régionale. Nous partageons des intérêts de sécurité avec nos partenaires du Golfe ; ce travail diplomatique est donc indispensable pour rapprocher nos positions et bâtir une paix durable dans la région. L’enjeu était aussi d’approfondir nos partenariats bilatéraux, dont la crise a montré à quel point ils sont essentiels pour notre sécurité et notre prospérité communes.


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".