Au Soudan, l'Est jusqu'ici épargné menace de plonger dans la guerre

Vue générale du camp de réfugiés d'Ourang à Adré le 7 décembre 2023 où vivent les réfugiés fuyant le conflit au Soudan. Le nombre de personnes déracinées par la guerre entre généraux rivaux au Soudan s'élève à près de huit millions, ont indiqué les Nations Unies le 31 janvier 2024. (AFP)
Vue générale du camp de réfugiés d'Ourang à Adré le 7 décembre 2023 où vivent les réfugiés fuyant le conflit au Soudan. Le nombre de personnes déracinées par la guerre entre généraux rivaux au Soudan s'élève à près de huit millions, ont indiqué les Nations Unies le 31 janvier 2024. (AFP)
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Publié le Jeudi 01 février 2024

Au Soudan, l'Est jusqu'ici épargné menace de plonger dans la guerre

  • Dans les années 1990 déjà, Khartoum accusait Asmara d'entraîner des rebelles sur son sol. Puis les deux capitales se sont réconciliées.
  • Mais aujourd'hui, plusieurs témoins affirment que l'Erythrée abrite au moins cinq camps d'entraînement de combattants soudanais

GEDAREF: L'Est du Soudan, où sont localisés les uniques port et aéroport du pays, jusqu'ici épargné par la guerre qui ravage depuis plus de neuf mois cet Etat du nord-est de l'Afrique, menace à son tour de basculer dans le conflit, avec, selon des experts, l'Erythrée voisine dans le jeu.

Malik Agar, le numéro deux du pouvoir loyal à l'armée, a dit sur X avoir parlé à la mi-janvier avec le président érythréen, Isaias Afwerki, "des moyens d'empêcher la guerre de gagner l'Est du Soudan".

Depuis le 15 avril, les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohammed Hamdane Daglo et l'armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane s'affrontent à Khartoum, dans l'Ouest et le Sud.

Cette guerre a fait des milliers de morts, dont entre 10 000 et 15 000 dans une seule ville du Darfour (ouest), selon des experts de l'ONU.

Près de huit millions de personnes ont été déplacées, d'après le Haut-Commissaire des Nations unies aux réfugiés (HCR), pour beaucoup vers l'Etat d'al-Jazira, la porte sud de Khartoum mais aussi la voie vers l'est pour les FSR, dont le bastion historique est le Darfour.

A al-Jazira, les FSR ont désormais accès aux routes qui mènent vers les Etats de Gedaref, frontalier de l'Ethiopie, et de Kassala, frontalier de l'Etat de la mer Rouge où se trouve Port-Soudan, et de l'Erythrée.

Dans les années 1990 déjà, Khartoum accusait Asmara d'entraîner des rebelles sur son sol. Puis les deux capitales se sont réconciliées.

Mais aujourd'hui, plusieurs témoins interrogés par l'AFP affirment que l'Erythrée abrite au moins cinq camps d'entraînement de combattants soudanais, dont trois dans le secteur de Mouhib, dans la région de Gash-Barka.

L'Erythrée --l'un des pays les plus isolés au monde, surnommé "la Corée du Nord" de l'Afrique-- ne commente pas et plaide depuis le début de la guerre pour des négociations de paix.

«Soutiens de l'armée»

Pour le Rift Valley Institute (RVI), un centre de recherche sur la Corne de l'Afrique, on assiste à un jeu de pouvoir à plusieurs bandes.

"Pour l'Erythrée, la principale raison pour s'ingérer est de gagner des leviers de pression sur Khartoum qui entretient des relations avec son opposition", affirme le centre de recherche sur la Corne de l'Afrique.

Asmara veut faire pression, mais pas mettre à bas l'armée, car "ses alliés traditionnels dans l'Est la soutiennent".

Pour le spécialiste de l'Est soudanais Abou Fatima Onor, les groupes qui tiennent les camps d'entraînement en Erythrée "sont connus pour soutenir l'armée".

Un de ces camps serait tenu, affirment les témoins, par Ibrahim Dounia, une figure de Kassala qui a émergé en 2021 sur fond de tensions entre les tribus Beja et le clan Bani Amer --présent au Soudan comme en Erythrée.

Dans une vidéo mi-janvier, il affirme avoir formé "une première promotion" de ses "Forces de libération de l'Est" dans "un camp" qu'il ne localise pas.

L'objectif, poursuit Ibrahim Dounia, est que ces recrues puissent "protéger leur communauté (...) de la guerre".

S'il se garde bien de prendre parti dans la guerre actuelle, des publications de son mouvement soutiennent clairement l'armée du général Burhane.

«Besoin de vous»

Deux autres camps seraient tenus, selon ces mêmes témoins qui s'expriment anonymement par peur de représailles, par des cadres de la dictature islamo-militaire soudanaise d'Omar el-Béchir, renversé en 2019.

Ali Soukar, un cacique de l'ancien régime qui s'est maintenu dans sa région d'Agig, à la frontière avec l'Erythrée, entraîne entre 150 et 200 hommes. Et Moussa Mohammed Ahmed, un ancien rebelle de l'Est nommé en 2007 "assistant" d'Omar el-Béchir, en entraînerait des dizaines d'autres.

Un autre camp regrouperait les forces de Minni Miwani, gouverneur du Darfour de longue date proche d'Asmara, selon les témoins.

Et le cinquième, celles du Front de l'Est du Soudan pour la justice, un groupe fondé en 2012 par al-Amin Daoud qui officiellement n'avait pas de branche militaire et a signé la paix avec Khartoum en 2020. Les témoins affirment que 300 hommes s'y trouvent.

"Le Soudan a besoin de vous", lance dans une vidéo récente al-Amin Daoud devant ses recrues, là aussi sans dire où ils se trouvent.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.


Trump dit vouloir «beaucoup aider» le Liban en recevant le président Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
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  • M. Aoun a exprimé sa "profonde gratitude pour l'amitié du président Trump et le soutien que les Etats-Unis apportent au Liban", à l'issue de la rencontre dans le livre d'or de la Maison Blanche
  • "Nous allons l'aider. Nous allons beaucoup l'aider", avait auparavant affirmé Donald Trump aux côtés de son homologue libanais devant la presse réunie dans le Bureau ovale

WASHINGTON: Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.

M. Aoun a exprimé sa "profonde gratitude pour l'amitié du président Trump et le soutien que les Etats-Unis apportent au Liban", à l'issue de la rencontre dans le livre d'or de la Maison Blanche.

"Nous allons l'aider. Nous allons beaucoup l'aider", avait auparavant affirmé Donald Trump aux côtés de son homologue libanais devant la presse réunie dans le Bureau ovale.

Peu après la rencontre, le président républicain a annoncé sur son réseau Truth Social la reprise des vols commerciaux directs entre les Etats-Unis et le Liban, suspendus depuis plus de quarante ans, invitant les Américains à "visiter ce magnifique pays".

L'interdiction avait été prononcée en 1985, en réaction au détournement d'un avion et de la prise en otage de 39 passagers américains par des Libanais chiites réclamant la libération de centaines de prisonniers en Israël.

Cette première rencontre entre les deux chefs d'Etat intervient au moment où Washington fait pression sur Beyrouth pour désarmer le Hezbollah pro-iranien, condition d'Israël pour se retirer du sud du Liban.

Mardi, l'armée libanaise s'est déployée dans le village de Zawtar al-Gharbiya, en vertu d'un accord-cadre qui prévoit l'établissement de "zones pilotes" évacuées par Israël.

Mais signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé plus tard les forces israéliennes d'avoir tiré "près de ses troupes" dans le secteur.


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.