En Israël sous le choc du 7 octobre, une crise de santé mentale inédite

Des Israéliennes brandissent des pancartes portant des messages alors qu'elles manifestent devant le ministère de la Défense, appelant à la libération des otages israéliens (Photo, AFP).
Des Israéliennes brandissent des pancartes portant des messages alors qu'elles manifestent devant le ministère de la Défense, appelant à la libération des otages israéliens (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 03 février 2024

En Israël sous le choc du 7 octobre, une crise de santé mentale inédite

  • L'attaque, a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes côté israélien
  • En 2022, 30% des adolescents israéliens signalaient des symptômes psychosomatiques

JÉRUSALEM: L'attaque surprise du Hamas le 7 octobre, les atrocités qui lui sont associées et l'inquiétude liée au sort des otages israéliens ont provoqué un traumatisme collectif au sein de la population israélienne et une crise inédite de la santé mentale.

Selon une étude du journal médical britannique The Lancet publiée le 5 janvier, tous les habitants d'Israël "ont été, d'une manière ou d'une autre, exposés à cette attaque dont l'ampleur et l'impact traumatique ont été sans précédent".

L'étude évoque "un traumatisme national massif" au regard du nombre de symptômes post-traumatiques, de dépressions et d'anxiété, qui suggère "un impact significatif" sur la santé mentale des Israéliens.

Depuis le jour où les commandos du groupe islamiste palestinien ont tué à l'aveugle dans les rues et les maisons du sud du pays, les appels sur la ligne d'urgence Eran ont quasiment doublé, selon Shiri Daniels, cadre dans cette plate-forme téléphonique et en ligne de premiers secours émotionnels.

L'attaque, a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes côté israélien, en grande majorité des civils, selon un décompte de l'AFP sur la base de chiffres officiels israéliens.

En réponse, Israël a lancé une offensive militaire à Gaza qui a fait plus de 27.000 morts, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement palestinien. Le pays est aussi hanté par le sort des 132 personnes encore retenues en otage à Gaza.

Le cataclysme est sans précédent.

Il y a les survivants, exposés à une violence sans nom. Il y a aussi des "cercles de vulnérabilité très larges", explique Mme Daniels, évoquant secouristes, policiers mais aussi familles de victimes ou d'otages. Et au delà: "tout le monde en Israël s'identifie avec les victimes".

«Enorme lacune»

D'où, décrit-elle, ces enfants collés à leurs parents la nuit tombée et ces adultes anxieux, incapables de se concentrer, rongés par la culpabilité de n'avoir pu sauver leur proches.

Selon le directeur général du ministère de la Santé, Moshe Bar Siman-Tov, sur plus de 9,7 millions d'habitants, 100.000 ont été exposés à des incidents potentiellement traumatisants depuis le 7 octobre. Environ 200.000 ont été déplacés.

Pour le ministre de la Santé Ouriel Bosso, l'Etat d'Israël, né en 1948, fait tout simplement face à "la plus grande crise de santé mentale de son histoire". D'autant que le secteur souffrait déjà auparavant "d'une énorme lacune.

En 2022, 30% des adolescents israéliens signalaient des symptômes psychosomatiques, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), insistant sur les effets de la pandémie de Covid-19.

Aujourd'hui, l'évaluation des besoins psychiatriques est prématurée: ceux-ci n'apparaissent en effet qu'après l'exposition à l'évènement déclencheur et ne sont considérés comme tels que s'ils durent plus d'un mois après, explique la psychologue Milca Adrey, de OneFamily, association de soutien aux victimes d'attentats en Israël.

Or, l'exposition continue. Car chaque famille israélienne ou presque compte un soldat dans ses rangs, professionnel ou réserviste, dont bon nombre sont engagés dans les opérations à Gaza. Ils sont 224 à y être tombés au combat.

Sentiment d'abandon 

"Le Hamas utilise la terreur comme une arme de guerre" pour atteindre le collectif à travers l'individuel et "sidérer une population en réactivant les traumatismes passés", tels que ceux liés "aux déplacements successifs, aux guerres et à la Shoah", souligne Milca Adrey.

Suzy Sprecher, virologue à la retraite, explique pour sa part que les enfants retenus à Gaza, possiblement dans des dédales lugubres, ont "remis en lumière" le caractère inaudible des récits des survivants de l'Holocauste.

"Un jour, j'étais seule chez moi, je me suis effondrée", raconte à l'AFP cette octogénaire. Tout d'un coup, "le silence a ressurgi" pour cette enfant cachée pendant la Seconde Guerre mondiale. Et ce "sentiment d'abandon".

"Ne pas avoir les bras de sa mère, dans ma chair, je sais ce que c'est", témoigne-t-elle. "Ce silence s'imprime dans tout (...), ça reste dans tous les recoins de votre mental".

Elle en a parlé avec Aloumim, une association d'enfants cachés en France pendant la Shoah, dont elle est membre. Comme elle, beaucoup d'Israéliens ont participé à des groupes de parole, d'autres à des séances de thérapie par le toucher quand les mots étaient impossibles.

Face aux besoins et à la pénurie de professionnels, le gouvernement a annoncé une campagne de recrutement et voté mi-janvier une rallonge de 1,4 milliard de shekels (plus de 350 millions d'euros) pour la santé mentale.

Dans l'immédiat, la société civile se mobilise. Des casques de réalité virtuelle ont été utilisés à des fins thérapeutiques. Et les mineurs otages libérés en novembre ont fait l'objet d'une prise en charge inédite du centre médical pour enfants Schneider de Tel-Aviv.

"On essaie de combler les lacunes du système", résume Shiri Daniels.


Iran: les Gardiens disent avoir frappé trois pétroliers dans le détroit d'Ormuz

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  • Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz
  • "Il y a quelques heures, trois pétroliers contrevenants, qui avaient ignoré nos avertissements et continuaient à suivre une route dangereuse et illégale, ont été frappés et contraints de s'arrêter"

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim.

"Il y a quelques heures, trois pétroliers contrevenants, qui avaient ignoré nos avertissements et continuaient à suivre une route dangereuse et illégale, ont été frappés et contraints de s'arrêter", ont affirmé les forces navales des Gardiens, citées par Tasnim.

 

 


L'Arabie saoudite frappe une milice irakienne soutenue par l'Iran

L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
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  • Le Royaume affirme ne pas rechercher l'escalade

RIYAD : Le ministère saoudien de la Défense a annoncé tôt mercredi avoir frappé des cibles appartenant à des groupes soutenus par l'Iran en Irak.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministère a indiqué que l'Arabie saoudite ne cherchait pas l'escalade, mais qu'elle répondrait à toute agression.

Selon le ministère, l'opération a été menée conjointement avec les forces américaines.

Plus tôt, le ministère avait annoncé avoir intercepté et détruit plusieurs drones mardi soir, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale.

Le porte-parole officiel du ministère, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que ces attaques « terroristes » provenaient une nouvelle fois du territoire irakien et avaient été menées par des milices terroristes soutenues par l'Iran.

Il a réaffirmé le droit inhérent du Royaume à défendre son territoire et ses infrastructures, ainsi que son droit de répondre au moment et à l'endroit qu'il jugera appropriés.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que cette « approche agressive adoptée par les milices terroristes affiliées à l'Iran en Irak intervenait alors même que le Royaume déployait des efforts pour contribuer à mettre fin à l'escalade dans la région, de manière à préserver sa sécurité et sa stabilité ».

« Cependant, ces milices terroristes affiliées à l'Iran ont choisi une voie d'escalade irresponsable, en violation du droit international et au mépris des exigences de la fraternité islamique, qui imposent le respect des principes du bon voisinage », poursuit le communiqué.

Des drones lancés depuis l'Irak, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale du Royaume ainsi que Riyad, avaient déjà été interceptés lundi.

Une coalition d'anciens groupes paramilitaires pro-iraniens en Irak a déclaré mercredi que plusieurs personnes avaient été tuées et blessées lors de frappes américano-saoudiennes sur le territoire irakien.

« Ces attaques ont entraîné la mort de plusieurs membres de nos forces, fait plusieurs blessés, et causé des dégâts matériels à plusieurs bâtiments et propriétés », a indiqué dans un communiqué les Forces de mobilisation populaire (PMF), connues en arabe sous le nom de Hashed Al-Shaabi

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Jordanie dit avoir intercepté un drone sur son territoire

L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance. (AFP)
L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance. (AFP)
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  • "Le drone a été abattu avec succès dans le désert oriental, sur le territoire du Royaume", a-t-il indiqué, sans préciser la provenance du drone
  • Mardi, l'armée israélienne a également annoncé avoir intercepté un drone près de la frontière avec la Jordanie, à l'ouest, avant qu'il ne pénètre dans l'espace aérien israélien, après en avoir intercepté deux autres lundi, dans le même contexte

AMMAN: L'armée jordanienne a dit mardi avoir détruit un drone qui survolait la partie orientale et désertique de son territoire, sans préciser sa provenance.

"L'armée de l'air royale jordanienne a neutralisé un drone qui avait violé l'espace aérien jordanien à l'aube mardi matin", a indiqué son porte-parole dans un communiqué.

"Le drone a été abattu avec succès dans le désert oriental, sur le territoire du Royaume", a-t-il indiqué, sans préciser la provenance du drone.

Mardi, l'armée israélienne a également annoncé avoir intercepté un drone près de la frontière avec la Jordanie, à l'ouest, avant qu'il ne pénètre dans l'espace aérien israélien, après en avoir intercepté deux autres lundi, dans le même contexte.

La Jordanie a été prise pour cible à plusieurs reprises lors de la reprise des frappes réciproques entre l'Iran et les États-Unis début juillet.