Au moins 28 morts dans un bombardement dans l'est de l'Ukraine occupé, selon Moscou

Cette photographie aérienne prise le 1er février 2024 montre une église fortement endommagée, qui a été utilisée par les troupes russes comme hôpital de fortune, dans le village de Mala Komyshuvakha, dans la région de Kharkiv, lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. (Photo Roman Pilipey AFP)
Cette photographie aérienne prise le 1er février 2024 montre une église fortement endommagée, qui a été utilisée par les troupes russes comme hôpital de fortune, dans le village de Mala Komyshuvakha, dans la région de Kharkiv, lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. (Photo Roman Pilipey AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 04 février 2024

Au moins 28 morts dans un bombardement dans l'est de l'Ukraine occupé, selon Moscou

  • Leonid Pasechnik, le gouverneur de Lougansk installé par la Russie, a annoncé dimanche une journée de deuil dans ce territoire occupé.
  • «Environ 65% de la structure détruite a été démantelée (...) Hélas, 28 personnes, dont un enfant, sont décédées», a indiqué dimanche sur Telegram le ministère russe des Situations d'urgence

MOSCOU : Le bilan de la frappe de samedi imputée à l'Ukraine sur une boulangerie dans la ville occupée de Lyssytchansk, dans l'est du pays, est monté à 28 morts, dont un enfant, ont annoncé dimanche les secours russes.

Lyssytchansk, dans la région de Lougansk, est tombée aux mains des forces russes durant l'été 2022 après une violente bataille.

Le front dans l'est de l'Ukraine a à peine bougé depuis des mois, mais les combats restent sanglants et les bombardements se sont intensifiés dans les deux camps cet hiver.

Les secours russes ont indiqué que les opérations de recherche se poursuivent à Lyssytchansk, après avoir été à pied d'oeuvre toute la nuit, pour retrouver des victimes sous les ruines de la boulangerie.

«Environ 65% de la structure détruite a été démantelée (...) Hélas, 28 personnes, dont un enfant, sont décédées», a indiqué dimanche sur Telegram le ministère russe des Situations d'urgence.

La veille, la même source avait publié une vidéo de secouristes travaillant dans le noir, extrayant un corps des décombres avant de découvrir une femme blessée qui a été évacuée sur une civière.

Les secouristes ont pour le moment sauvé 10 personnes des décombres, selon le ministère.

- Boulangerie fréquentée -

Sur Telegram, Leonid Pasechnik, le gouverneur de Lougansk installé par la Russie, a annoncé dimanche une journée de deuil dans ce territoire occupé.

La veille, il avait accusé les forces de Kiev d'avoir visé une boulangerie très fréquentée qui, selon lui, est connue pour avoir du pain frais pendant les week-ends.

Un homme dans un «état grave» a été hospitalisé dans la ville de Lougansk, selon les autorités prorusses.

L'agence de presse russe RIA Novosti a publié une vidéo d'un bâtiment détruit, où l'on voit aussi des secouristes sortir des décombres une voiture entièrement écrasée.

Le bâtiment d'un étage portait une large enseigne avec le nom «Restaurant Adriatic» et apparaissait complètement détruit, réduit à des gravats.

Le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé que des armes occidentales avaient été utilisées dans le bombardement et a dit espérer «une condamnation rapide et inconditionnelle» de l'attaque de la part d'organisations internationales.

Lyssytchansk, située à 15 km du territoire contrôlé par l'Ukraine, avait une population de 111.000 personnes avant le début de l'offensive russe.

Les forces russes en ont pris le contrôle à l'été 2022, tout comme celui de sa ville jumelle de Severodonetsk, après une des plus brutales batailles depuis le début de l'offensive en février 2022.

- Drones abattus -

Côté ukrainien, l'armée de l'air a déclaré samedi avoir abattu neuf des 14 drones lancés par la Russie dans le sud et le centre de l'Ukraine dans la nuit de vendredi à samedi.

La plupart des drones Shahed de fabrication iranienne visaient des «infrastructures énergétiques» dans la région centrale de Dnipro, où des milliers de personnes ont été privées d'électricité, selon la même source.

Les coupures de courant ont principalement affecté Kryvyï Rig, la ville natale du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Depuis le début de son offensive en Ukraine, la Russie a ciblé les infrastructures énergétiques du pays, laissant des milliers de personnes sans chauffage pendant une intense campagne l'an dernier.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a félicité samedi ses troupes pour avoir frappé les forces de Moscou en profondeur, «à la fois sur terre et sur mer».

Cette déclaration intervient deux jours après que Kiev a annoncé avoir détruit un navire de guerre russe au large de la Crimée, et alors qu'un incendie a touché samedi une importante raffinerie dans la région de Volgograd, dans le sud-ouest de la Russie, après une attaque de drone revendiquée par l'Ukraine.

Cette dernière attaque n'a pas fait de victimes et les flammes ont été éteintes rapidement, selon les autorités locales.

Propriété du géant Loukoïl, la raffinerie affirme sur son site internet être «le plus gros producteur de produits pétroliers dans le district fédéral du Sud», qui rassemble huit régions dans le sud-ouest de la Russie.

Depuis le début de l'offensive contre Kiev, en février 2022, le territoire russe est régulièrement visé par des frappes et des attaques de drones imputées à Kiev.


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Short Url
  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Short Url
  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.