Thales veut doubler sa présence en Arabie saoudite

Le PDG de Thales, Patrice Caine, accorde un entretien à Arab News (Photo, Fournie).
Le PDG de Thales, Patrice Caine, accorde un entretien à Arab News (Photo, Fournie).
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Publié le Lundi 05 février 2024

Thales veut doubler sa présence en Arabie saoudite

  • L’entreprise forme «plusieurs dizaines» de jeunes Saoudiens dans le domaine de la défense aérienne et de la technologie radar
  • Les candidats sélectionnés pour participer au programme passent plusieurs mois en Europe avec Thales pour développer leurs connaissances dans le domaine

RIYAD: L’entreprise française de technologie de défense, Thales, vise à étendre sa présence en Arabie saoudite, motivée par les investissements et les possibilités «considérables» dans le pays, selon un haut dirigeant.

S’adressant à Arab News en marge du World Defence Show, le PDG de la société, Patrice Caine, a fait part des aspirations de la société à étendre sa présence en Arabie saoudite, en particulier dans des domaines comme la cybersécurité.

Il déclare: «En plus de notre activité de défense, nous renforcerons le domaine de la cybersécurité.»

La région, en particulier le Royaume, a énormément investi dans la défense et la sécurité, selon M. Caine. L’entreprise œuvrerait donc à doubler ses effectifs actuels au Royaume dans les années à venir.

Le PDG ajoute: «L’idée est donc d’accroître notre présence ici. Nous sommes déjà trois centspersonnes au Royaume… et si je regarde notre croissance, elle va probablement doubler dans les prochaines années, passant de trois cents à six cents.»

L’entreprise est présente dans le Royaume depuis cinquante-cinq ans, établissant des partenariats avec des entités comme Saudi Arabian Military Industries (Sami), Aramco et l’Autorité générale de l’aviation civile.

Vision 2030

Cependant, depuis la programmation de la Vision 2030 du Royaume, l’entreprise s’est efforcée de s’aligner sur les objectifs de cette initiative, en particulier l’objectif d’une localisation de 50% de toutes les dépenses militaires. Cela implique de transférer sa technologie, son savoir-faire et ses connaissances pour garantir la pérennité de sa présence.

«Tout a commencé avec la Vision 2030. Nous avons décidé, dès le début, de nous en tenir à cette vision. Localiser la production en transférant technologie et savoir-faire vers les pays dans lesquels nous souhaitons avoir une présence durable faisait déjà partie de l’ADN de Thales», soutient Patrice Caine.

Dans le cadre de ses efforts pour rester pertinent dans le programme de localisation du Royaume et garantir le transfert de connaissances, l’entreprise forme «plusieurs dizaines» de jeunes Saoudiens dans le domaine de la défense aérienne et de la technologie radar.

Les candidats sélectionnés pour participer au programme passent plusieurs mois en Europe avec Thales pour développer leurs connaissances dans le domaine avant de retourner au Royaume pour contribuer au développement futur de la nation.

«Comment concevoir un radar? Comment concevoir un système de défense aérienne? C’est ce que j’appelle la connaissance du domaine. Depuis des mois, nous formons des ingénieurs saoudiens. Ils sont désormais de retour en Arabie saoudite et ils mettent leurs nouvelles connaissances au profit du développement futur du pays», déclare le PDG.

La société a également créé une coentreprise avec Sami, que M. Caine qualifie de «très prometteuse». Il considère qu’elle «bénéficiera de toute la technologie et du savoir-faire» qu’ils espèrent transférer de l’Europe vers l’Arabie saoudite.

Pour sa deuxième participation au World Defence Show, Thales vise à consolider davantage ses partenariats avec des entités comme Sami et Aramco. De futures collaborations sont par ailleurs attendues.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
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  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

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  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
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  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".