La Finlande élit son président, en plein chamboulement géopolitique

Une vue aérienne prise le 3 janvier 2024 montre de la neige et de la glace dans la région de Töölö avec l'église Temppeliaukio (centre avant) et la baie de Lapinlahti dans la capitale finlandaise Helsinki, alors qu'une vague de froid s'abat sur le pays. (Photo Alessandro Rampazzo AFP)
Une vue aérienne prise le 3 janvier 2024 montre de la neige et de la glace dans la région de Töölö avec l'église Temppeliaukio (centre avant) et la baie de Lapinlahti dans la capitale finlandaise Helsinki, alors qu'une vague de froid s'abat sur le pays. (Photo Alessandro Rampazzo AFP)
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Publié le Dimanche 11 février 2024

La Finlande élit son président, en plein chamboulement géopolitique

  • Doté de pouvoirs limités par rapport au Premier ministre, le chef de l'Etat, élu pour six ans, dirige cependant la politique étrangère du pays en étroite coopération avec le gouvernement
  • Neutre pendant la Guerre froide, la Finlande a mis fin à trois décennies de non-alignement militaire après l'invasion de l'Ukraine en devenant, l’an dernier, membre de l’OTAN au grand dam de la Russie

HELSINKI, Finlande : Les Finlandais votent dimanche pour élire leur président, dont le rôle s'est accru depuis l'adhésion à l'Otan l'an dernier et l'aggravation des tensions avec la Russie voisine en raison de la guerre en Ukraine.

Quelque 4,3 millions d'électeurs doivent choisir entre l'ancien Premier ministre conservateur, Alexander Stubb, arrivé en tête du premier tour le 28 janvier avec 27,2% des voix, et l'ex-chef de la diplomatie, Pekka Haavisto, membre des Verts mais qui se présente en indépendant (25,8%).

A Helsinki, Erja Vanhanen, 59 ans, était parmi les premières à l'ouverture des bureaux de vote à 07h00 GMT. Son choix s'est porté sur «un leader avec des valeurs qui est du côté des minorités et qui prend position sur ces questions lorsque c'est nécessaire», a-t-elle confié à l'AFP.

Doté de pouvoirs limités par rapport au Premier ministre, le chef de l'Etat, élu pour six ans, dirige cependant la politique étrangère du pays en étroite coopération avec le gouvernement. Il est également commandant suprême des forces armées.

Un rôle notable qui a encore pris de l'importance du fait des développements géopolitiques en Europe et de l'entrée dans l'Otan de la Finlande, qui partage 1.340 kilomètres de frontière avec la Russie.

Neutre pendant la Guerre froide, le pays nordique a mis fin à trois décennies de non-alignement militaire après l'invasion de l'Ukraine. Il est devenu membre de l'Alliance atlantique l'an dernier, au grand dam de la Russie qui a promis d'y répondre par des «contres-mesures».

Fin août, la Finlande a fait face à un afflux de migrants à sa frontière orientale, accusant Moscou d'orchestrer une crise migratoire à ses portes. Helsinki a fermé sa frontière avec son voisin en novembre, une mesure soutenue par l'ensemble des candidats.

- Renforcement des sanctions -

«Le fait que nous venons d'adhérer à l'Otan revêt une importance considérable» car la façon dont elle va se déployer en Finlande «sera en grande partie une tâche pour le nouveau président», relève Theodora Helimaki, chercheuse en sciences politiques à l'université de Helsinki.

Un sondage réalisé par la télévision publique Yle jeudi, crédite M. Stubb de 54% des intentions de votes contre 46% pour M. Haavisto.

Alexander Stubb et Pekka Haavisto, tous deux anciens ministres des Affaires étrangères, partagent la même vision sur la position à adopter vis-à-vis de la Russie avec un renforcement des sanctions contre Moscou.

«L'Union européenne peut faire beaucoup plus pour aider l'Ukraine», a affirmé Pekka Haavisto lors d'un débat télévisé jeudi soir.

«Le chemin de l'Ukraine est notre chemin, et en ce moment ils se battent pour la liberté des Européens. Ils méritent tout le soutien que nous pouvons leur apporter», a abondé Alexander Stubb.

En 2022, le président sortant, Sauli Niinistö, élu en 2012 et réputé être le dirigeant européen en exercice à s'être entretenu le plus régulièrement avec Vladimir Poutine, l'avait contacté directement pour lui annoncer la décision d'adhérer à l'Otan.

Depuis, silence radio et aucun des deux candidats ne s'attend à un coup de fil du Kremlin après le scrutin.

La différence entre eux se joue sur les nuances, explique la chercheuse Theodora Helimäki, qui cite la question du stockage et du transport des armes nucléaires en Finlande.

Pekka Haavisto ne veut pas les autoriser, bien qu'en tant que membre de l'Otan, le pays nordique se doit de participer aux exercices relatifs à la politique nucléaire de l'Alliance.

M. Stubb a quant à lui estimé que le pays ne devait exclure «aucune partie» de la politique de dissuasion nucléaire de l'Otan.

Compte tenu de l'absence de différences significatives en matière de politique étrangère, les électeurs prendront probablement leur décision en fonction de leurs préférences politiques, estime Matti Pesu, chercheur à l'Institut finlandais des affaires internationales.

«Le libéralisme de M. Stubb est lié aux organisations et aux valeurs occidentales, tandis que M. Haavisto se focalise davantage sur l'aspect mondial: les Nations unies, la paix, le développement», dit-il.

M. Stubb est plus «ouvert et moderne», tandis que M. Haavisto est plus «traditionnel et prudent», selon lui.

Les bureaux de vote ferment à 20H00 (18H00 GMT).


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.