A Damas, les cafés sont le refuge des étudiants et des employés

Ihsane al-Azmeh, 38 ans, dit avoir ouvert son établissement il y a environ quatre ans, après avoir constaté la difficulté de trouver un endroit pour travailler dans la capitale syrienne où s'accumulent les privations. (AFP)
Ihsane al-Azmeh, 38 ans, dit avoir ouvert son établissement il y a environ quatre ans, après avoir constaté la difficulté de trouver un endroit pour travailler dans la capitale syrienne où s'accumulent les privations. (AFP)
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Publié le Mardi 13 février 2024

A Damas, les cafés sont le refuge des étudiants et des employés

  • Dans tous les coins du café, des prises de courant sont installées pour alimenter ordinateurs et téléphones portables
  • La capitale n'échappe pas au sévère rationnement de courant, qui atteint vingt heures par jour, même en plein hiver

DAMAS: Depuis un an, un café du centre de Damas est devenu le bureau de Majida: elle s'y rend presque tous les jours pour travailler et organiser ses réunions, profitant de l'électricité et d'une connexion internet.

Dans la Syrie épuisée par une guerre qui dure depuis bientôt treize ans, la capitale n'échappe pas au sévère rationnement de courant, qui atteint vingt heures par jour, même en plein hiver.

"Je travaille dans le domaine de la publicité. J'ai besoin d'électricité tout le temps", dit Majida, 42 ans, qui ne souhaite pas donner son nom de famille.

Elle s'est approprié un canapé où elle a étalé ses affaires, et fait désormais partie de la famille du Flow Space café, jouant avec la chienne du propriétaire, Lily, et aidant même parfois le personnel.

"S'il n'y avait pas de cafés, j'aurais arrêté de travailler", ajoute-t-elle.

Autour d'elle, des étudiants et des employés installés à une longue table en bois ou dans des fauteuils travaillent dans le calme sur leur ordinateur ou sont plongés dans des livres.

Dans tous les coins, des prises de courant sont installées pour alimenter ordinateurs et téléphones portables.

Ihsane al-Azmeh, 38 ans, dit avoir ouvert son établissement il y a environ quatre ans, après avoir constaté la difficulté de trouver un endroit pour travailler dans la capitale syrienne où s'accumulent les privations.

"J'ai l'électricité ici tout le temps, et le café est chauffé", explique le propriétaire, qui a doté son établissement d'un générateur électrique et de batteries.

«Ce n'est pas un choix»

"Comme tout le monde, je souffre des problèmes de l'électricité et des transports, et je dors souvent au café au lieu d'aller chez moi", ajoute le jeune homme.

Il a aménagé un coin dans son établissement, situé dans un quartier animé au coeur de Damas, pour pouvoir y dormir.

Les tarifs des transports ont plus que doublé depuis que le gouvernement a levé les subventions sur l'essence en août dernier.

La guerre en Syrie, qui a éclaté en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, a fait plus d'un demi-million de morts, déplacé des millions de personnes, et ravagé les infrastructures.

L'économie s'est effondrée sous le poids des violences et des sanctions occidentales, et les champs de pétrole et de gaz sont désormais pour la plupart dans des zones échappant au contrôle du pouvoir central.

Dans le quartier de Bab Touma connu pour ses maisons traditionnelles et ses restaurants, trois étudiants révisent avec assiduité avant leurs examens dans un café.

"Venir au café n'est pas un choix, mais une nécessité. Ici, on a l'électricité et internet", dit Georges Ksara, 18 ans, qui étudie l'informatique à l'Université de Damas.

"Dès que j'arrive, je sors tous mes appareils pour les charger, et j'apporte parfois même les appareils de ma soeur", ajoute-t-il, assis avec deux de ses camarades.

«Rien ne dure»

A côté d'eux, Mohammad Sbahi, 22 ans, s'apprête à entamer une réunion de travail sur son ordinateur.

"Je travaille à distance avec une compagnie dans le Golfe, et je viens chaque jour au café", explique le jeune homme. "J'ai même une place réservée et les serveurs savent quelle est ma boisson préférée!"

Sa sacoche déborde de chargeurs et de batteries. "Sans ce café, j'aurais échoué à l'université et j'aurais perdu mon travail", dit-il. "C'est la seule solution pour moi, et pour beaucoup de mes amis".

Chadi Elias, lui, a tenté d'étudier à la maison. Mais cet étudiant en médecine de 18 ans, qui habite dans l'est de Damas, a vite dû déchanter.

"Rien ne dure avec les longues heures de rationnement", explique-t-il, en montrant la lampe électrique rechargeable qu'il accroche au plafond.

Il souligne que les cafés sont bondés en période d'examens. "C'est pour cela que je viens tôt", pour avoir une place, dit le jeune homme.

"L'endroit devient comme une salle de classe, on se passe les stylos, les livres et les papiers, et même parfois les chargeurs de téléphone", ajoute-t-il en souriant.


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
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  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.


Netanyahu : l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire»

Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué
  • Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran

JERUSALEM: Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.

L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.

Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.

 

 

 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".