Coup de semonce pour la chaîne CNews, qui va être davantage contrôlée

Sur le podium des chaînes d'info, CNews est deuxième en audience, derrière BFMTV, mais elle progresse (Photo, AFP).
Sur le podium des chaînes d'info, CNews est deuxième en audience, derrière BFMTV, mais elle progresse (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 13 février 2024

Coup de semonce pour la chaîne CNews, qui va être davantage contrôlée

  • La plus haute juridiction administrative a «enjoint à l’Arcom de réexaminer dans un délai de six mois le respect par la chaîne CNews de ses obligations en matière de pluralisme et d’indépendance de l’information»
  • Reporters sans frontières (RSF) considère que CNews «n’est plus une chaîne d’information, mais est devenue un média d’opinion», ce que l'intéressée conteste

PARIS: Avertissement pour CNews: le Conseil d'État a demandé mardi à l'Arcom, le régulateur des médias, de renforcer son contrôle sur la chaîne d'info dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

La plus haute juridiction administrative a "enjoint à l'Arcom de réexaminer dans un délai de six mois le respect par la chaîne CNews de ses obligations en matière de pluralisme et d'indépendance de l'information", selon un communiqué.

La décision fait suite à un recours de l'ONG Reporters sans frontières (RSF), qui considère que CNews "n'est plus une chaîne d'information, mais est devenue un média d'opinion", ce que l'intéressée conteste.

Le secrétaire général de l'ONG de défense de la liberté de la presse, Christophe Deloire, a salué une "décision historique du Conseil d'État" pour "la démocratie et le journalisme". Cela "va certainement changer la donne, en amenant le régulateur de l'audiovisuel à être enfin à la hauteur des enjeux".

Dans un communiqué, l'Arcom a fait valoir qu'"avec cette interprétation renouvelée de la loi de 1986 (sur la liberté de communication, ndlr), le Conseil d'État renforce la capacité de contrôle par le régulateur".

Il y a un an, Roch-Olivier Maistre, président de l'autorité indépendante, avait estimé que CNews "respect(ait) strictement le pluralisme politique" de façon globale, tout en jugeant qu'elle "se rapproche d'une chaîne d'opinion" à la manière de la télé conservatrice américaine Fox News.

La chaîne du canal 16 n'a, pour sa part, pas réagi dans l'immédiat.

Sur le podium des chaînes d'info, CNews est deuxième en audience, derrière BFMTV, mais elle progresse. Ses principales têtes d'affiche sont Pascal Praud, Christine Kelly, Sonia Mabrouk, Laurence Ferrari...

Créée en 2017 sur les cendres d'iTélé, la chaîne appartient au groupe Canal+, lui-même contrôlé par Vivendi, groupe de Vincent Bolloré, aux opinions réputées ultra-conservatrices.

«Ligne éditoriale» libre

RSF avait saisi le Conseil d'Etat en avril 2022, après avoir en vain appelé l'Arcom à mettre en demeure CNews de respecter ses obligations, à savoir "honnêteté, indépendance et pluralisme de l'information".

Lors de l'audience devant le Conseil d'Etat le 19 janvier, le rapporteur public, qui dit le droit, avait partiellement donné raison à RSF. Ses conclusions ont été largement suivies.

Tout d'abord, l'Arcom ne doit pas se limiter au décompte des temps de parole des personnalités politiques pour veiller au respect du pluralisme. Elle devra ainsi tenir compte des interventions de l'ensemble des participants aux programmes diffusés, y compris les chroniqueurs, animateurs et invités, a exigé la juridiction, ce qui fait figure de petite révolution.

Et concernant l'indépendance de l'information, celle-ci doit s'apprécier "non seulement au regard d'un programme donné" mais aussi, pour une chaîne, "de l'ensemble de ses conditions de fonctionnement et des caractéristiques de sa programmation", a ajouté le Conseil d'État dans sa décision rendue publique.

D'après l'avocat de RSF, Patrice Spinosi, l'Arcom devra s'assurer de "l'indépendance effective de la chaîne", "au regard de l'influence que peuvent exercer ses actionnaires sur la ligne éditoriale".

Dans ses observations au Conseil d'État, CNews avait soutenu que la loi de 1986 garantit que "les éditeurs peuvent librement établir une ligne éditoriale".

Au cours de la dernière décennie, l'industriel breton Vincent Bolloré, proche des milieux catholiques traditionalistes, a pris le contrôle du groupe Canal+ puis du groupe Lagardère (Europe 1, Paris Match et le JDD).

"Notre intérêt n'est pas politique, il n'est pas idéologique, c'est un intérêt purement économique", avait-il assuré devant le Sénat en janvier 2022.

C'est sur CNews qu'Éric Zemmour, polémiste d'extrême droite, a pris son envol pour devenir candidat à la présidentielle en 2022. Mais M. Bolloré affirme ne "jamais faire de politique".

Le numéro 2 du groupe Canal+, Gérald-Brice Viret, a encore récusé tout "prisme d'extrême droite" en janvier. "Le succès prouve qu'il y a une attente", d'après lui.

Les autorisations de 15 fréquences de la télévision numérique terrestre (TNT) doivent être renouvelées en 2025, dont celles de Canal+, C8 et CNews. Initiée par LFI, une commission d'enquête est en cours à l'Assemblée nationale sur le sujet.


Sophie Adenot, "une fierté française" et "un horizon pour les petites filles", selon Macron

Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
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  • Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace, lors d’une opération de maintenance de l’ISS
  • Emmanuel Macron et plusieurs responsables politiques ont salué cet exploit comme une « fierté française » et une journée historique

PARIS: Le président Emmanuel Macron a salué mardi la sortie dans l'espace de Sophie Adenot, qualifiant l'événement de "fierté française" et voyant dans l'astronaute "le visage de tous les possibles".

"En devenant la première Française à sortir dans l'espace, Sophie Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini", a-t-il écrit sur X, parlant de "l'heure des pionnières".

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées comme Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, qui a félicité sur X l'astronaute et colonel de l'armée de l'air dont la sortie marque une "journée historique".

Plus tôt dans la journée, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué les "savoir-faire collectifs de haut niveau" nécessaires à l'opération, et le rôle de la France: "première nation spatiale européenne".

"Immense fierté", a simplement commenté Bruno Retailleau, le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle.

Sophie Adenot, en mission dans la Station spatiale internationale (ISS), est devenue mardi la première astronaute française à sortir dans l'espace pour réaliser une opération délicate visant à remplacer une antenne de communication entre l'ISS et la Terre.


La question des retraites se (ré)invite dans la rentrée politique

Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
Le fondateur et président du parti de droite Horizons, maire du Havre et candidat à l’élection présidentielle française de 2027, Édouard Philippe, prononce un discours sur scène lors de son meeting de campagne présidentielle à l’Adidas Arena, dans le nord de Paris, le 5 juillet 2026. (AFP)
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  • Les retraites s’imposent au cœur de la campagne présidentielle, avec des propositions allant d’un recul de l’âge légal à 65-67 ans à son maintien ou sa baisse
  • Le gouvernement envisage aussi de limiter la revalorisation des pensions des retraités les plus aisés pour réaliser des économies budgétaires

PARIS: Report de l'âge de départ à la retraite ou pas ? Jusqu'à 67 ans ? Plutôt des économies sur les pensions des plus aisés ? Les retraites se sont imposées ces derniers jours comme le premier thème d'une rentrée politique cruciale dans la perspective de la présidentielle.

Alors que le président Emmanuel Macron a dû suspendre sa réforme des retraites pour maintenir une certaine stabilité gouvernementale en fin de deuxième quinquennat, ce sujet explosif a été plus ou moins explicitement confié aux bons soins du futur locataire de l'Élysée.

Tous les candidats déclarés à l'élection d'avril et mai prochains ont un projet de réforme ou y travaillent.

- "Différences" -

Parmi eux, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui n'avait pu mener à bien à Matignon la première réforme des retraites voulue par le chef de l'État - par points et avec une augmentation de l'âge pivot - en 2020, en raison du Covid, défend un report de l'âge légal au delà des 64 ans votés en 2024 et suspendus depuis.

Pour maintenir l'équilibre financier du système, "la seule solution raisonnable est d'allonger la durée de vie active en repoussant l'âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans", avait déclaré le maire du Havre en septembre 2021.

Comprise comme un projet de report à 67 ans, soit presque cinq ans de plus qu'à l'heure actuelle, la mesure colle à Édouard Philippe comme l'emblème d'un programme qu'il n'a pas encore présenté.

Lundi, en annonçant qu'il soutiendrait le maire du Havre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a affirmé qu'il espérait "le convaincre" de revenir sur cette mesure impopulaire.

- "Réflexion" -

La question des retraites s'est également imposée dans les discussions au sein du camp de l'actuelle favorite des sondages, Marine Le Pen.

Allié du Rassemblement national depuis les législatives anticipées de 2024, Éric Ciotti (UDR) a espéré dimanche "une évolution" du RN sur le relèvement de l'âge légal de départ.

Pour lui, non seulement "il faudra travailler plus longtemps" mais il souhaite aussi "ajouter un étage de capitalisation" au système actuel par répartition.

Or Marine Le Pen défendait encore avant l'été un retour aux 62 ans, voire 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, et ouvrait seulement la porte à une part de capitalisation "volontaire".

Une ligne qui ne convainc pas non plus le président du parti Jordan Bardella, dont les positions sur le sujet étaient plus proches de celles de l'UDR.

"Je sais que c'est un sujet qui, chez eux, est en cours de réflexion et qui, je l'espère, marquera une évolution par rapport aux positions passées", a affirmé Éric Ciotti.

- "Tous les retraités"-

Quant au gouvernement, plongé dans l'élaboration d'un budget 2027 dont l'adoption s'annonce plus que délicate dans une Assemblée fracturée à quelques mois de l'échéance présidentielle, il a relancé l'idée d'un gel partiel des pensions pour les plus aisés afin de freiner les dépenses.

S'il a promis de "préserver les retraités les plus modestes", le ministre des Finances Roland Lescure touche à un sujet sensible, sur lequel nombre de ses prédécesseurs se sont cassé les dents.

Les retraités votant davantage que les actifs, la question d'une moindre revalorisation des pensions est systématiquement rejetée par tous les camps politiques d'opposition.

Cette mesure de désindexation pourrait faire économiser plusieurs milliards d'euros, selon les modalités retenues. Reste à savoir quel seuil de pension serait défini et si l'opposition parlementaire laisserait passer cette nouvelle tentative.

Pas du côté de La France insoumise en tout cas. "Le gouvernement nous dit qu'on peut faire 6 milliards d'euros d'économies", a pesté mardi le député Manuel Bompard. "Si vous décidez de ne pas indexer la pension de retraite des personnes qui gagnent plus de 2.500 euros nets de retraite, vous avez une recette à peu près de 1,5 milliard d'euros", a-t-il argué, alertant sur une mesure qui toucherait en réalité "tous les retraités".


Canicule: vigilance orange levée dans les six derniers départements concernés

Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
Le très faible débit de la cascade d’Arpenaz, à Sallanches, dans le centre-est de la France, le 12 août 2026. Avec ses 270 mètres de hauteur, la cascade d’Arpenaz est la plus haute cascade des Alpes françaises. (AFP)
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  • Les six derniers départements en vigilance orange canicule repassent au jaune, mettant fin au 5e épisode caniculaire depuis mai
  • Encore chaud mercredi, le temps se rafraîchira nettement jeudi avec pluies et orages

PARIS: Les six derniers départements en vigilance orange canicule (Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Var et Vaucluse) sont redescendus en jaune mardi matin, a indiqué Météo-France dans son bulletin de 06H00, marquant ainsi la fin du cinquième épisode caniculaire depuis mai.

"Sur la plupart des départements de la région PACA, sur la Corse ainsi que sur les départements rhodaniens, les conditions caniculaires caractérisées par la vigilance orange +Canicule+ auront duré environ trois semaines", précise l'institut météorologique.

"Cet après-midi de mardi sera encore chaude avec souvent de 34 à 37°C avant une nuit de mardi à mercredi plus fraîche que la précédente hors zones littorales", indique Météo-France dans son dernier point.

"L'après-midi de mercredi sera encore chaude avant une nette baisse des températures jeudi s'accompagnant d'une dégradation pluvieuse et orageuse", prévoit encore l'organisme.