Au Turkménistan, la vie sans réseaux sociaux

Sur cette photo d'illustration, un Turkmène lit un exemplaire du journal « Turkménistan neutre » à Achgabat le 1er février 2024. (Photo de STRINGER / AFP)
Sur cette photo d'illustration, un Turkmène lit un exemplaire du journal « Turkménistan neutre » à Achgabat le 1er février 2024. (Photo de STRINGER / AFP)
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Publié le Mercredi 14 février 2024

Au Turkménistan, la vie sans réseaux sociaux

  • S'agissant des vidéos en ligne, les autorités ont lancé Belet video, sorte d'alternative à YouTube, purgée de tous contenus susceptibles de révéler le monde extérieur aux Turkmènes
  • Le Turkménistan navigue aussi dans les tréfonds du classement de Reporters sans frontières pour la liberté de la presse

ACHKHABAD: "On connaît l'existence de Facebook, Instagram et YouTube, mais nous n'y avons pas accès. Ici, tout est bloqué", résume Biachim Ichangouliev, marchand de fruits au Turkménistan, un pays parmi les plus fermés au monde où l'Etat exerce un contrôle quasi total sur Internet.

Pour contourner les interdictions, c'est un parcours du combattant.

"Certaines personnes arrivent à se connecter à un VPN, mais c'est temporaire, (car) il sera bloqué aussi", poursuit le jeune homme de 19 ans rencontré par l'AFP sur un bazar d'Achkhabad, la capitale.

"Et l'Internet est lent. Alors, si quelqu'un réussit à télécharger une vidéo, un clip ou un film intéressant, nous le regardons tous ensemble" entre amis, dit-il.

Pour autant, ces limites drastiques ne sont visiblement pas jugées suffisantes par le dirigeant de cette ex-république soviétique d'Asie centrale riche en hydrocarbures, Serdar Berdymoukhamedov.

Mi-janvier, il a annoncé "vouloir renforcer la cybersécurité du pays", s'inscrivant dans la lignée des restrictions imposés par ses prédécesseurs, son père Gourbangouly Berdymoukhamedov, ainsi que le défunt et excentrique Saparmourat Niazov.

Ici, les grandes messageries sont interdites : exit WhatsApp, Viber, Signal ou Telegram. A la place, le gouvernement a mis en place une application sous son contrôle, Bizbarde.

S'agissant des vidéos en ligne, les autorités ont lancé Belet video, sorte d'alternative à YouTube, purgée de tous contenus susceptibles de révéler le monde extérieur aux Turkmènes, qu'il s'agisse d'informations ou de divertissement.

«Réalité parallèle»

"Il n'existe pas de paysage médiatique", synthétise pour l'AFP Rouslan Miatiev, rédacteur du site d'informations Turkmennews, interdit dans son pays.

Les Turkmènes ne voient que "de la propagande pour promouvoir le culte de la personnalité du père et du fils Berdymoukhamedov", assure le journaliste travaillant des Pays-Bas.

"Et pour que cette réalité parallèle créée par les médias ne s'effondre pas, les dirigeants bloquent Internet", accuse M. Miatiev.

Les médias turkmènes, tous étatiques, diffusent seulement des informations officielles, insistant tout particulièrement sur les litanies de remerciements et de louanges adressés aux dirigeants du pays.

Pour Youssoup Bakhchiev, fonctionnaire de 38 ans habitant Achkhabad, "la télévision turkmène est très ennuyeuse, pas informative, avec toujours les mêmes émissions en boucle".

Autrefois, il avait accès à davantage de chaînes étrangères via le satellite, c'est désormais impossible.

"Des employés de la mairie sont venus chez moi et m'ont dit de retirer mon antenne satellite car elle gâchait l'architecture de la ville", se souvient-il.

Il s'est donc abonné à la télévision câblée turkmène.

"Ainsi, l'Etat a contrôle l'information et reçoit un revenu pour cet abonnement", estime-t-il.

Certaines chaînes occidentales, dont France 24, BBC et Euronews, sont autorisées, mais leur audience est anecdotique dans un pays où l'anglais est très peu parlé.

Pire du pire 

Les Turkmènes voient donc tous les jours sur leurs écrans des programmes où Serdar Berdymoukhamedov réprimande des ministres penauds, plante des arbres dans le désert, ou se fait applaudir à tout rompre.

Son père Gourbangouly, le "Héros-Protecteur" (Arkadag) et "chef de la nation turkmène" doté d'immenses prérogatives, multiplie lui les excentricités centrées autour de son culte de la personnalité. Tantôt il s'illustre en sport, l'arme à la main ou alors comme musicien.

Parfois jusqu'à l'absurde. Ainsi le journal "Arkadag" rapporte qu'Arkadag (Gourbangouly Berdymoukhamedov donc) s'est rendu à Arkadag - la ville fondée en son honneur - pour féliciter les joueurs de foot victorieux de l'équipe d'Arkadag.

Cela peut prêter à sourire, mais la réalité du régime est sombre. L'ONG américaine Freedom House, analysant les libertés civiles et politiques, a placé le Turkménistan dans la catégorie "pire du pire" avec un score de 2/100, moins encore que la Corée du Nord (3).

Le Turkménistan navigue aussi dans les tréfonds du classement de Reporters sans frontières pour la liberté de la presse.

Mais rien de cela ne dérange Oksana Choumilova, quadragénaire employée d'une entreprise de construction d'Achkhabad, qui se réjouit de la stabilité de son pays.

Abonnée au journal "Turkménistan neutre" - avec l'incontournable photo du président en couverture -, elle assure à l'AFP avoir un "sentiment de stabilité et de tranquillité" en le lisant, car "il ne contient pas d'articles critiques ni d'informations négatives".


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.