Le Japon dépassé par l'Allemagne au 3ème rang économique mondial en 2023

Les bâtiments du quartier bancaire sont photographiés à Francfort, en Allemagne, le 12 février 2024. (Photo AP)
Les bâtiments du quartier bancaire sont photographiés à Francfort, en Allemagne, le 12 février 2024. (Photo AP)
Des conteneurs sont photographiés dans le petit port de Francfort, en Allemagne, le 13 février 2024. En arrière-plan se trouvent la BCE et d'autres bâtiments du quartier bancaire. (Photo AP)
Des conteneurs sont photographiés dans le petit port de Francfort, en Allemagne, le 13 février 2024. En arrière-plan se trouvent la BCE et d'autres bâtiments du quartier bancaire. (Photo AP)
Un chef sushi prépare une assiette au marché Toyosu à Tokyo le 29 janvier 2024, à Tokyo. Le Japon est devenu la quatrième économie mondiale, derrière l'Allemagne. (AP/Fichier)
Un chef sushi prépare une assiette au marché Toyosu à Tokyo le 29 janvier 2024, à Tokyo. Le Japon est devenu la quatrième économie mondiale, derrière l'Allemagne. (AP/Fichier)
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Publié le Jeudi 15 février 2024

Le Japon dépassé par l'Allemagne au 3ème rang économique mondial en 2023

  • Le PIB nominal du Japon en 2023 s'est élevé à quelque 4 200 milliards de dollars, contre environ 4 500 milliards de dollars pour l'Allemagne
  • L'Inde pourrait dépasser à la fois le Japon et l'Allemagne d'ici quelques années, toujours en PIB nominal libellé en dollar

TOKYO: Le Japon a perdu en 2023 son titre symbolique de troisième puissance économique mondiale au profit de l'Allemagne, sous l'effet notamment de la chute du yen, selon une première estimation du produit intérieur brut (PIB) nippon publiée jeudi.

Le PIB nominal du Japon en 2023 s'est élevé à quelque 4.200 milliards de dollars, contre environ 4.500 milliards de dollars pour l'Allemagne, dont le PIB nominal a été dopé par l'inflation, restée forte l'an dernier dans le pays.

Mais en termes réels, c'est-à-dire sans le biais de l'inflation, le PIB nippon a accéléré l'an dernier (+1,9%, contre 1% en 2022), alors que l'économie allemande s'est elle contractée de 0,3% selon des données officielles publiées en janvier.

Puissance exportatrice, l'Allemagne souffre de la faible demande extérieure, des coûts de l'énergie pour son important secteur manufacturier et des taux d'intérêts relevés par la Banque centrale européenne (BCE) dans le but de vaincre l'inflation.

La dégradation de la conjoncture en Allemagne fait que son nouveau titre de troisième puissance économique mondiale, qui lui était promis depuis octobre dernier par les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), est perçu comme un trompe-l'oeil outre-Rhin.

L'Inde attend son heure 

D'autant que l'Inde pourrait dépasser à la fois le Japon et l'Allemagne d'ici quelques années, toujours en PIB nominal libellé en dollar.

L'économie bouillonnante du nouveau pays le plus peuplé de la planète pourrait arriver à leur hauteur dès 2025, selon Brian Coulton, économiste chez Fitch Ratings interrogé par l'AFP.

Mais "évidemment, le PIB indien par habitant restera bien inférieur à ceux de l'Allemagne et du Japon", a-t-il précisé.

Au Japon, les médias locaux ont abondamment commenté la perte par le pays de son troisième rang économique mondial, rappelant qu'au-delà de l'impact exceptionnel de la chute du yen, de puissants facteurs fondamentaux négatifs sont à l'oeuvre, comme le déclin démographique accéléré de l'archipel et la faiblesse chronique de sa productivité.

"Après avoir cédé à la Chine la deuxième place derrière les Etats-Unis en 2010, à présent le Japon abandonne aussi le troisième rang" s'est lamenté le grand quotidien économique japonais Nikkei dans un éditorial publié samedi dernier.

"Le Japon n'a pas fait de progrès pour augmenter son propre potentiel de croissance. Cette situation doit être un signal d'alarme pour accélérer des réformes économiques qui ont été négligées", a ajouté le Nikkei.

Comme l'Allemagne, le Japon est une puissance industrielle et exportatrice, mais ce statut est en perte de vitesse depuis longtemps et sa consommation intérieure est actuellement minée par l'inflation et la chute du yen.

La déliquescence de la monnaie japonaise a perduré l'an dernier (-7% par rapport au dollar). Elle provient principalement du décalage entre les resserrements monétaires drastiques opérés aux Etats-Unis et en Europe depuis 2022 et le maintien par la Banque du Japon (BoJ) de son cap ultra-accommodant.

"Le Japon doit mener davantage de réformes structurelles" a convenu jeudi le ministre nippon de la Revitalisation économique Yoshitaka Shindo, soulignant aussi la nécessité de parvenir à des hausses de salaires correspondant à l'inflation.

Le Japon entré en récession

Au quatrième trimestre, le PIB nippon s'est de nouveau contracté (-0,1% sur un trimestre en données réelles ajustées des variations saisonnières), soit un deuxième repli d'affilée après un déclin plus marqué sur la période juillet-septembre (-0,8% selon un chiffre révisé jeudi à la baisse).

Le Japon connaît ainsi une récession technique, une petite surprise étant donné que le consensus d'économistes de l'agence Bloomberg avait prédit un léger rebond de 0,2% au quatrième trimestre.

La production industrielle du pays en décembre a par ailleurs été révisée à la baisse (+1,4% sur un mois contre +1,8% initialement), selon un indicateur publié séparément jeudi.

Face à ce tableau décevant, "la Banque du Japon va probablement devenir encore plus prudente" au sujet du début de son resserrement monétaire attendu cette année et qui s'annonçait déjà extrêmement graduel, a réagi dans une note Min Joo Kang, économiste de la banque néerlandaise ING.

Un premier relèvement des taux de la BoJ - un événement inédit depuis 2007 - pourrait désormais ne plus intervenir dès mars-avril, mais plutôt en juin voire au troisième trimestre, si la croissance repart comme prévu en début d'année, a-t-il ajouté.

Le FMI prédit au Japon une croissance économique modérée cette année (+0,9%).


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.