Wikileaks: Julian Assange «mourra» s'il est extradé, avertit son épouse

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange à l'ambassade équatorienne à Londres, en Grande-Bretagne, le 19 mai 2017 (Photo, Reuters).
Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange à l'ambassade équatorienne à Londres, en Grande-Bretagne, le 19 mai 2017 (Photo, Reuters).
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Publié le Jeudi 15 février 2024

Wikileaks: Julian Assange «mourra» s'il est extradé, avertit son épouse

  • Julian Assange, ressortissant australien, emprisonné à Londres depuis avril 2019, encourt des dizaines d'années de prison aux Etats-Unis
  • Deux magistrats britanniques vont examiner les 20 et 21 février la décision de la Haute Cour de justice de Londres

LONDRES: L'épouse de Julian Assange, Stella Assange, a prévenu jeudi que le fondateur de Wikileaks mourrait s'il était extradé vers les Etats-Unis, où il est poursuivi pour une fuite massive de documents, avant l'examen d'un nouveau recours à Londres.

"Sa santé décline, physiquement et mentalement. Sa vie est en danger chaque jour où il reste en prison et s'il est extradé, il mourra", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Londres.

Selon ses soutiens, Julian Assange, 52 ans, fait face à une audience dans ce qui pourrait être l'un de ses derniers recours contre son extradition.

Deux magistrats britanniques vont examiner les 20 et 21 février la décision de la Haute Cour de justice de Londres, prise le 6 juin 2023, de refuser à M. Assange l'autorisation de faire appel de son extradition aux Etats-Unis acceptée en juin 2022 par le gouvernement britannique.

S'il obtient gain de cause, son appel sera examiné sur le fond. En cas d'échec, il aura épuisé toutes les voies de recours au Royaume-Uni, mais ses soutiens ont indiqué qu'il saisirait la Cour européenne des droits de l'homme.

Julian Assange, ressortissant australien, emprisonné à Londres depuis avril 2019, encourt des dizaines d'années de prison aux Etats-Unis où il est poursuivi pour avoir publié à partir de 2010 plus de 700.000 documents confidentiels sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en particulier en Irak et en Afghanistan.

Parmi eux figurait une vidéo montrant des civils, dont deux journalistes de l'agence Reuters tués par les tirs d'un hélicoptère de combat américain en Irak en juillet 2007.

Contacts au plus «haut niveau»

La justice britannique a donné son feu vert à l'extradition de Julian Assange après que les Etats-Unis ont fourni des assurances qu'il ne serait pas incarcéré à la prison de très haute sécurité ADX de Florence (Colorado), surnommée l'"Alcatraz des Rocheuses".

Mais les mises en garde sont telles que cet engagement "ne vaut même pas le papier sur lequel il est écrit", a estimé le rédacteur en chef de Wikileaks Kristinn Hrafnsson.

En cas d'extradition, "Julian sera mis dans un trou, si profond qu'on ne le reverra jamais", a déclaré Stella Assange.

A l'approche de l'audience, Julian Assange a vu les expressions de soutien se multiplier.

Le Premier ministre australien Anthony Albanese a dénoncé les poursuites engagées par la justice américaine contre Julian Assange, alors que le Parlement australien a adopté mercredi d'une motion demandant d'y mettre un terme.

"Cette affaire ne peut pas durer indéfiniment", a déclaré M. Albanese au Parlement, ajoutant que selon lui, les Australiens de tous bords sont d'accord pour dire que "trop c'est trop".

M. Albanese a indiqué qu'il avait soulevé le cas de M. Assange "au plus haut niveau" en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

«Risque de suicide»

M. Assange avait été arrêté par la police britannique en 2019 après sept ans reclus à l'ambassade d'Equateur à Londres pour éviter son extradition vers la Suède dans une enquête pour viol, classée sans suite en 2019. Il est actuellement détenu à la prison de haute sécurité de Belmarsh, dans l'est de Londres.

Début février, la Rapporteure spéciale de l'ONU sur la torture, l'experte indépendante Alice Jill Edwards, a demandé au gouvernement britannique de "suspendre l'extradition imminente de Julian Assange".

"Julian Assange souffre depuis longtemps d'un trouble dépressif périodique. Il a été évalué qu'il présente un risque de suicide", a indiqué Mme Edwards.

Selon elle, "le risque qu'il soit placé à l'isolement de façon prolongée malgré son état de santé mentale précaire, et que sa condamnation puisse être disproportionnée soulève la question de savoir si l'extradition de M. Assange vers les Etats-Unis serait compatible avec les obligations internationales du Royaume-uni en matière de droits humains".

Dans un communiqué commun jeudi, les fédérations internationale et européenne des journalistes ont fait valoir que "les poursuites en cours contre Julian Assange compromettent la liberté de la presse partout dans le monde".


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.