Moyen-Orient: Les conséquences du conflit par procuration entre Washington et Téhéran

L'offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza s'est étendue aux pays voisins (Photo fournie).
L'offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza s'est étendue aux pays voisins (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 16 février 2024

Moyen-Orient: Les conséquences du conflit par procuration entre Washington et Téhéran

  • Les analystes estiment que les économies régionales en difficulté pourraient difficilement supporter un conflit résultant d'une escalade à Gaza
  • La violence à la frontière israélo-libanaise pourrait s'étendre aux États arabes vulnérables dans le cadre de la stratégie iranienne d'«unification des arènes»

LONDRES: L'offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza s'est étendue aux pays voisins et a provoqué une onde de choc dans l'ensemble de la région, transformant la Syrie, le Liban, l'Irak et le Yémen en champs de bataille dans une guerre par procuration de plus en plus intense entre les États-Unis et l'Iran.

Cette instabilité croissante a fait des ravages dans les économies de la région, dont beaucoup étaient déjà aux prises avec de profondes récessions, une inflation galopante, un chômage élevé et une instabilité politique, les laissant mal équipées pour résister à un conflit majeur.

Le Fonds monétaire international a revu à la baisse de 0,5% les projections de croissance régionale pour 2024 en octobre, à la suite des attaques menées par le Hamas contre Israël, qui ont fait 1 200 morts et 240 otages, et qui ont déclenché le conflit actuel à Gaza.

Le produit intérieur brut régional devrait croître d'à peine 2,9% cette année, ce qui représente une maigre amélioration par rapport à la modeste croissance de 2% observée en 2023.

Avec leurs économies stagnantes, ces pays pourraient facilement imploser si le conflit s'aggravait.

Des combattants syriens roulent dans un convoi lors d'un exercice militaire de la «Division Suleiman Shah», soutenue par la Turquie, dans la région d'Afrin, tenue par l'opposition, dans le nord de la Syrie (Photo, AFP).

«Le Liban, la Syrie, l'Irak et le Yémen sont tous confrontés à des crises existantes d'une manière ou d'une autre et ne peuvent se permettre de voir les investisseurs économiques fuir à cause des risques élevés de guerre», a déclaré Omar Rahmane, membre du Middle East Council on Global Affairs, à Arab News.

Depuis le lancement de sa campagne militaire à Gaza, Israël a simultanément mené une série de frappes contre des cibles en Syrie et au Liban, dont beaucoup visaient des membres importants du Hamas et de son allié iranien, le Hezbollah.

La plus récente de ces attaques a eu lieu en janvier, lorsqu'une frappe israélienne sur la capitale syrienne Damas a touché un immeuble résidentiel qui aurait été utilisé par des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran.

«La Syrie est devenue un champ de bataille pour les rivalités entre grandes puissances, tant régionales qu'internationales», a expliqué à Arab News Joshua Landis, directeur du Centre d'études sur le Moyen-Orient et du Centre de la famille Farzaneh pour les études sur l'Iran et le Golfe arabe à l'université d'Oklahoma.

La multiplication des frappes israéliennes sur les bases militaires, les dépôts d'armes et les aéroports syriens, ainsi que le nombre croissant d'assassinats ciblés de hauts responsables iraniens, «signifient plus de mort, de destruction et d'instabilité», a-t-il alerté.

Landis estime que l'escalade de la conflagration régionale, avec Israël et les États-Unis dans un coin et les milices mandataires de l'Iran dans l'autre, a «fourni une couverture à de nombreux combattants locaux pour augmenter le rythme de leurs attaques», aggravant ainsi les multiples problèmes de la Syrie qui se chevauchent.

«Le régime syrien a bombardé les milices du nord-ouest de la Syrie afin de les empêcher de mettre en place des institutions étatiques efficaces dans leur région», a révélé Landis, faisant référence aux groupes d'opposition armés qui contrôlent toujours la province d'Idlib et certaines parties d'Alep.

«La Turquie a intensifié sa campagne d'assassinat contre les principaux responsables des Unités de défense du peuple (YPG) dans le nord-est de la Syrie, et les communautés syriennes locales se sont soulevées contre l'oppression et la mauvaise gestion des autorités locales.

«Les Druzes poursuivent leurs manifestations contre le régime dans le Djebel druze, et les tribus arabes continuent de militer contre les Kurdes dans le nord-est de la Syrie.»

Un homme blessé regarde les décombres et les débris d'un bâtiment détruit après un bombardement israélien sur Rafah, dans la bande de Gaza (Photo, AFP).

Dans ce contexte, le régime de Bachar el-Assad à Damas, longtemps soutenu par l'Iran et le Hezbollah, s'est retrouvé, volontairement ou non, pris au milieu de cette nouvelle crise régionale.

Plus tôt ce mois-ci, les États-Unis ont lancé des frappes contre 85 cibles à sept endroits en Syrie et en Irak en représailles aux attaques de milices soutenues par l’Iran contre les troupes américaines stationnées dans la région, notamment l’incident du 27 janvier au cours duquel trois membres du personnel américain ont été tués et 40 blessés dans une base en Jordanie près de la frontière syrienne.

Et bien qu’il ait déclaré que «les États-Unis ne cherchent pas de conflit au Moyen-Orient ou ailleurs dans le monde», le président, Joe Biden, a promis que sa réponse «se poursuivra aux moments et aux endroits de notre choix».

Pour la population syrienne, cette escalade régionale est synonyme d'une plus grande misère. «Les retombées économiques de cette violence et de cette instabilité ont été graves», a déclaré Landis. «L'économie est gelée. L'inflation continue de ronger le pouvoir d'achat des Syriens, les plongeant dans une pauvreté toujours plus grande.»

Selon les chiffres de l’ONU, 90% de la population syrienne est aux prises avec la pauvreté, dont 80% vivent sous le seuil de pauvreté.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a déclaré en décembre que 16,7 millions de personnes avaient besoin d'une aide humanitaire en Syrie.

Cependant, avec les multiples conflits et crises qui font rage à travers le monde, le secteur de l'aide humanitaire est confronté à une crise de financement qui lui est propre.

Les Nations unies ont demandé 46 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,93 euro) de dons pour 2024, soulignant que le déficit actuel laisserait plus de 150 millions de personnes sans aide.

«Le Programme des Nations unies pour le développement et le Programme alimentaire mondial sont en train de vider leurs programmes d’aide humanitaire alors que le regard international est détourné vers Gaza, le Soudan et d’autres points chauds», a expliqué Landis.

Les premiers signes de reprise de l'économie syrienne ont été rapidement enterrés.

En Syrie, le secteur du tourisme «qui a été un positif l’année dernière, ne peut que ralentir dans l’ombre de la guerre de Gaza et de l’instabilité régionale», a jugé Landis.

Des Houthis yéménites armés sont assis à l'arrière d'un véhicule blindé lors d'un rassemblement anti-israélien et anti-américain à Sanaa (Photo, AFP).

Le Liban est confronté à des défis similaires. Sa frontière avec Israël est un point chaud depuis le début du conflit de Gaza en octobre, avec des échanges de tirs sporadiques entre les forces de défense israéliennes et les groupes armés libanais, dont le Hezbollah.

De nombreux Libanais craignent qu'une véritable guerre, encore plus destructrice que la guerre de 2006, n'éclate facilement, avec des conséquences inimaginables pour les civils.

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a averti en janvier que «la possibilité de parvenir à un règlement politique avec le Liban s'éloigne et que, par conséquent, nous pourrions finir par recourir à une action militaire».

En proie à une crise financière paralysante depuis 2019 et piégé dans un état de paralysie politique, incapable de nommer un nouveau président ou de mettre en place une administration qui fonctionne, le Liban est peut-être particulièrement vulnérable.

«Le Liban, qui est déjà en difficulté sur le plan économique et politique, est confronté à la perspective la plus claire d'un conflit militaire catastrophique, comme en 2006», a prévenu Rahmane.

«C'est pourquoi le Hezbollah est réticent à l'idée d'une escalade majeure avec Israël, en dépit de ses autres penchants», a-t-il ajouté.

Citant la «grande incertitude» engendrée par la guerre de Gaza, la Banque mondiale s'est abstenue de proposer une prévision pour le PIB du Liban en 2024.

Le département des affaires économiques et sociales des Nations unies prévoit quant à lui une croissance modeste de 1,7%.

Eva J. Koulouriotis, analyste politique spécialisée dans le Moyen-Orient, a averti que toute escalade à la frontière israélo-libanaise vers une guerre totale «aurait de graves répercussions».

Cette évolution «dangereuse augmentera la probabilité de son expansion en Syrie et en Irak, ainsi qu'une plus grande escalade au Yémen dans le cadre de ce que les armes régionales de l'Iran appellent la stratégie d'“unification des arènes”» a-t-elle précisé à Arab News.

«Sur le plan politique, au Liban, la division et le désaccord entre les factions politiques vont s'accentuer et le spectre d'une nouvelle guerre civile va resurgir. Cela signifiera un effondrement complet de l'économie», a-t-elle ajouté.

Koulouriotis estime qu'une escalade entre Israël et le Hezbollah, associée à l'impossibilité d'obtenir un cessez-le-feu à Gaza, ne fera qu'alimenter la menace que représente la milice houthie soutenue par l'Iran au Yémen pour la navigation commerciale dans la mer Rouge et le golfe d'Aden.

Des fumées s'élèvent lors d'un bombardement israélien sur le village de Khiam, dans le sud du Liban (Photo, AFP).

Depuis le 19 novembre, les Houthis ont lancé plus de 20 attaques de missiles et de drones contre des navires naviguant dans ces voies d'eau stratégiques, dans le but déclaré de faire pression sur Israël pour qu'il mette fin à sa campagne militaire à Gaza.

Début février, les États-Unis et le Royaume-Uni ont lancé une série de frappes visant 36 positions houthies. Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a déclaré que la capitale du Yémen, Sanaa, faisait partie des sites visés.

En proie depuis 2015 à une guerre civile meurtrière entre les Houthis et le gouvernement internationalement reconnu, le Yémen est déjà dans un état de ruine économique, une partie de sa population étant au bord de la famine.

«Déchiré par la guerre, le Yémen est déjà très dépendant de l'aide humanitaire et se trouve au milieu de négociations de longue haleine pour mettre fin à une guerre qui dure depuis huit ans», a déclaré Rahmane, avertissant que «la confrontation actuelle avec les États-Unis et le Royaume-Uni risque de déstabiliser ce processus et de perturber les flux cruciaux d'aide et de redéveloppement économique».

Les États-Unis ont également lancé plusieurs attaques contre des milices soutenues par l'Iran et opérant en Irak. Le 8 février, une frappe de drone américain à Bagdad a tué un haut commandant des Kataeb Hezbollah ainsi que deux de ses gardes.

Le Pentagone a affirmé que ce commandant était responsable de l'attaque mortelle du 27 janvier contre les forces américaines en Jordanie.

EN CHIFFRES

  • 2,9% = Prévisions de croissance du PIB du FMI pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord en 2024.

 

  • 90% = Proportion de la population syrienne confrontée à la pauvreté, selon les chiffres de l'ONU.

 

  • 16,7 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire en Syrie, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies.

 

  • 1,7% = Croissance prévue du Liban en 2024, selon le Département des affaires économiques et sociales de l'ONU.

Les bases militaires américaines au Moyen-Orient ont été touchées par plus de 165 attaques de roquettes et de drones depuis la mi-octobre.

Sorti de décennies de conflit et d'insurrection, l'Irak montrait des signes de reprise économique, même s'il dépendait encore largement des exportations de pétrole et d'un secteur public hypertrophié.

Bien que l'instabilité régionale soit sans aucun doute malvenue au moment même où les choses semblaient se mettre en place, Rahmane estime que la dernière flambée de violence régionale constitue un «bilan mitigé» pour l'Iraq.

«Dans un sens, son économie dépendante des exportations de pétrole bénéficie de l'instabilité et de la hausse des prix. Les milices alignées sur l'Iran sont également en mesure de faire avancer leur programme, qui consiste à pousser les États-Unis hors du pays», a-t-il expliqué.

«D'autre part, l'Irak est déjà confronté à une précarité politique et économique et risque fort de devenir un point d'ignition majeur, voire une ligne de front, dans une guerre régionale incluant l'Iran, alors qu'il tente de se reconstruire après des décennies de guerre.»

Landis est toutefois optimiste quant aux perspectives de la Syrie si les États-Unis sont poussés à quitter l'Irak. «Si l’Amérique est forcée d’abandonner ses bases en Irak, des pressions s’exerceront pour évacuer la Syrie», a-t-il spécifié.

Des Yéménites organisent un rassemblement propalestinien à Sanaa (Photo, AFP).

«Si Damas retourne dans le nord-est de la Syrie, les possibilités d’une relance économique s’ouvriront.

«Les Kurdes en souffriront, mais la plupart des Syriens qui vivent sous le contrôle du gouvernement retrouveront le pétrole, le gaz et l'électricité. Cela aidera la Syrie à reprendre le contrôle de ses terres et de ses ressources», a estimé Landis.

Les États-Unis ont quelque 2 500 soldats stationnés en Irak, 900 en Syrie et environ 3 000 en Jordanie dans le cadre d'une coalition dirigée par les États-Unis qui vise, selon le Pentagone, à empêcher la résurgence du groupe terroriste Daech.

Bien que la région ressemble de plus en plus à un champ de bataille entre les États-Unis et l'Iran, Koulouriotis doute que la région soit le théâtre d'une confrontation directe entre les deux parties, ce qu'aucune d'entre elles ne prétend vouloir.

«Malgré l'escalade actuelle sur différents fronts dans la région, les deux principales parties au conflit à Washington et à Téhéran ne sont toujours pas intéressées par une confrontation directe et globale», a-t-elle soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les discussions entre le Liban et Israël à Washington vont se poursuivre vendredi

Un barbier coupe les cheveux d'un client dans son salon, endommagé par des frappes militaires israéliennes, dans le village de Srifa, au sud du Liban, le 24 juin 2026. (Photo : Fadel Itani / AFP)
Un barbier coupe les cheveux d'un client dans son salon, endommagé par des frappes militaires israéliennes, dans le village de Srifa, au sud du Liban, le 24 juin 2026. (Photo : Fadel Itani / AFP)
  • Les pourparlers entre Israël et le Liban, sous médiation américaine à Washington, se poursuivront vendredi afin de tenter de parvenir à un accord
  • Malgré les négociations, les tensions persistent : le Hezbollah accuse Israël d'avoir violé le cessez-le-feu après une frappe meurtrière, tandis qu'Israël affirme avoir ciblé des combattants du mouvement

WASHINGTON: La cinquième session de pourparlers entre Israël et le Liban sous médiation américaine censée se terminer jeudi va finalement se poursuivre vendredi à Washington, a annoncé le département d'Etat américain.

"Les discussions entre Israël et le Liban sont toujours en cours alors que nous continuons à les faciliter. Les deux parties reprendront demain à 9h00 (13h00 GMT) pour continuer leur travail en vue d'un accord", a déclaré le département d'Etat à l'AFP jeudi.

Le Hezbollah pro-iranien a de nouveau accusé jeudi Israël de "violation flagrante" du cessez-le-feu après qu'une frappe de drone a fait trois morts. L'armée israélienne a affirmé avoir tué des combattants de la formation chiite.

Le protocole d'accord irano-américain signé le 17 juin prévoit la cessation des hostilités, y compris au Liban. L'Iran a imposé que cette question soit incluse dans le protocole d'accord.


Le Hezbollah accuse Israël de nouvelle «violation» de la trêve après une frappe meurtrière dans le sud du Liban

Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens. (FADEL ITANI / AFP)
Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens. (FADEL ITANI / AFP)
  • Le Hezbollah "réitère que les actions de l'ennemi constituent une violation flagrante du cessez-le-feu auquel il a adhéré jusqu'à présent, et qu'il surveille et documente ces violations"
  • L'Agence nationale d'information (ANI), agence officielle libanaise, a rapporté que "deux personnes ont été tuées" lorsqu'un drone israélien a visé leur véhicule près de la localité de Kfar Roummane

BEYROUTH: Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens.

"Pour la deuxième fois en moins de 48 heures, l'armée ennemie israélienne a délibérément visé des citoyens libanais qui inspectaient leurs maisons" près de la localité de Kfar Roummane, a déclaré le groupe soutenu par l'Iran dans un communiqué.

Le Hezbollah "réitère que les actions de l'ennemi constituent une violation flagrante du cessez-le-feu auquel il a adhéré jusqu'à présent, et qu'il surveille et documente ces violations".

L'Agence nationale d'information (ANI), agence officielle libanaise, a rapporté que "deux personnes ont été tuées" lorsqu'un drone israélien a visé leur véhicule près de la localité de Kfar Roummane.

L'armée israélienne avait indiqué plus tôt avoir visé "deux terroristes armés du Hezbollah dans le secteur de la crête d'Ali al-Taher", près de la ville de Nabatieh, "qui représentaient une menace", affirmant qu'elle "continuerait d'agir pour éliminer les menaces immédiates".

Elle a ensuite précisé avoir également visé "un véhicule transportant des suspects (...) traversant la zone de sécurité dans le secteur de la crête d'Ali al-Taher, représentant une menace pour les soldats (israéliens)".

Le Pakistan et le Qatar — médiateurs dans le conflit impliquant l'Iran — ont annoncé lundi que Téhéran et Washington avaient convenu de mettre en place une cellule préventive afin de limiter les flambées de violence au Liban.

Cette décision fait suite à des pourparlers en Suisse visant à mettre fin au conflit plus large au Moyen-Orient, un dossier que Téhéran lie à l'arrêt du conflit parallèle au Liban.

Si les violences au Liban ont reflué ces derniers jours, le ministre israélien de la Défense a insisté sur le fait que ses troupes présentes dans le sud du pays voisin n'allaient pas se retirer.

"Nous avons annoncé que, dans tous les cas, nous ne nous retirerons pas et qu'à l'heure actuelle (...) il n'y a aucune exigence américaine pour qu'Israël se retire du Liban", a dit M. Katz lors d'une interview à Tel-Aviv.

Sous la pression des Etats-Unis, des responsables libanais ont entamé en avril des pourparlers directs avec Israël à Washington, les autorités libanaises cherchant à dissocier ces négociations de l'accord entre les États-Unis et l'Iran.

Le président libanais Joseph Aoun a souligné mercredi que "les négociations à Washington sont distinctes de ce qui a découlé des réunions en Suisse" entre les Etats-Unis et l'Iran.


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.