RDC: l'aéroport de Goma bombardé, l'armée congolaise accuse le Rwanda

Une vue générale de l'aéroport de Goma, le 8 décembre 2023 (Photo, AFP).
Une vue générale de l'aéroport de Goma, le 8 décembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 18 février 2024

RDC: l'aéroport de Goma bombardé, l'armée congolaise accuse le Rwanda

  • Plusieurs milliers de soldats et de miliciens sont engagés, ainsi que de l'artillerie, des avions de chasse Sukhoï-25 et des drones
  • Malgré cet incident, l'aéroport international de Goma a fonctionné normalement samedi, selon des sources sur place

GOMA: L'armée de la République démocratique du Congo (RDC) a accusé samedi le Rwanda d'avoir attaqué avec "des drones" l'aéroport de Goma, dans l'est du pays, une région théâtre de combats contre la rébellion du M23 soutenue par Kigali.

"Dans la nuit, à 02H00 heure locale (00H00 GMT), les drones d'attaque de l'armée rwandaise, qui ont bien évidemment quitté le territoire rwandais, ont violé les limites territoriales" de la RDC, a déclaré le lieutenant-colonel Guillaume Ndjike, porte-parole de l'armée congolaise pour le Nord-Kivu.

"Au regard des trajectoires suivies par les tirs de ces drones", ils "ont visé les aéronefs" des Forces armées congolaises (FARDC), a-t-il ajouté, dans une vidéo diffusée par le service de communication du gouverneur de province.

"Les aéronefs des FARDC n'ont pas été touchés", mais ce sont "plutôt les avions civils qui ont été endommagés", a-t-il ajouté, sans préciser combien d'appareils étaient concernés, ni combien de projectiles avaient été tirés. Dans la nuit, les habitants de Goma, dont un correspondant de l'AFP, ont entendu deux fortes détonations.

Malgré cet incident, l'aéroport international de Goma a fonctionné normalement samedi, selon des sources sur place.

"Les activités tournent normalement. Là, je suis en train de servir mes clients", a dit à l'AFP un commerçant installé à l'entrée de l'aéroport, pendant que des voyageurs arrivaient avec leurs bagages pour prendre leur avion.

La province du Nord-Kivu, dont Goma est le chef-lieu, est en proie depuis fin 2021 à un conflit qui oppose le M23 ("Mouvement du 23 mars"), appuyé par des unités de l'armée rwandaise, à l'armée congolaise associée notamment à des groupes armés dits "patriotes" et à deux sociétés militaires privées étrangères.

Plusieurs milliers de soldats et de miliciens sont engagés, ainsi que de l'artillerie, des avions de chasse Sukhoï-25 et des drones. Selon un document de l'ONU consulté par l'AFP, l'armée rwandaise utilise également des armements sophistiqués tels que des missiles sol-air dans son soutien au M23.

Mini-sommet à Addis Abeba 

Le M23 est une rébellion majoritairement tutsi qui a repris les armes fin 2021 après plusieurs années de sommeil et s'est emparée depuis de vastes pans du Nord-Kivu.

Agglomération de plus d'un million d'habitants, auxquels se sont ajoutés plusieurs centaines de milliers de déplacés chassés de chez eux par les combats, Goma est calée entre le lac Kivu au sud et la frontière rwandaise à l'est. La ville est actuellement pratiquement coupée de toutes ses voies d'accès terrestres vers l'intérieur de la RDC, au nord et à l'ouest.

La RDC accuse le Rwanda et ses "supplétifs" du M23 de vouloir faire main basse sur les minerais de l'Est congolais. Le M23 affirme de son côté défendre une frange menacée de la population et réclame des négociations, que Kinshasa refuse, excluant de discuter avec des "terroristes".

Il y a une dizaine de jours, les combats se sont intensifiés au niveau de Sake, cité située à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Goma et considérée comme un dernier "verrou" sur la route de la capitale provinciale.

Selon diverses sources, il y a eu des dizaines de morts et blessés, civils et militaires.

Jeudi, l'armée sud-africaine a annoncé que deux de ses hommes, intégrés dans une force régionale d'Afrique australe qui vient de se déployer dans la région, avaient été tués et trois autres blessés.

Les initiatives diplomatiques lancées pour régler la crise n'ont jusqu'à présent rien donné.

En marge du sommet de l'Union africaine (UA) qui se tient ce week-end à Addis Abeba, le président angolais João Lourenço, médiateur de l'UA, a réuni plusieurs chefs d'Etat africains pour discuter de la situation dans l'est de la RDC.

"Il a rencontré séparément les présidents (de RDC) Félix Tshisekedi et (du Rwanda) Paul Kagame", a indiqué samedi sur X la présidence congolaise, ajoutant que M. Lourenço avait "promis de poursuivre sa médiation à Luanda".

Félix Tshisekedi a été largement réélu pour un deuxième mandat le 20 décembre, après une campagne au cours de laquelle il a menacé de déclarer la guerre à Kigali et comparé le président rwandais à Adolf Hitler et à ses "visées expansionnistes".


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.