RDC: Au moins 48 civils morts dans la répression d'une manifestation anti-ONU à Goma

Des soldats gardent les membres d'une secte religieuse qui tentaient de manifester contre les Nations Unies à Goma, en République démocratique du Congo, le 30 août 2023 (Photo, AFP).
Des soldats gardent les membres d'une secte religieuse qui tentaient de manifester contre les Nations Unies à Goma, en République démocratique du Congo, le 30 août 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 01 septembre 2023

RDC: Au moins 48 civils morts dans la répression d'une manifestation anti-ONU à Goma

  • Au moins 48 civils et un policier ont été tués mercredi à Goma dans une opération militaire destinée à empêcher une manifestation contre l'ONU
  • Un des cadres du mouvement Lucha, Bienvenu Matumo, a dans une vidéo dénoncé ce «carnage» de «plus de 50 civils»

GOMA: Au moins 48 civils et un policier ont été tués mercredi à Goma dans une opération militaire destinée à empêcher une manifestation contre l'ONU en République démocratique du Congo, selon un document interne des Forces armées congolaises (FARDC) consulté par l'AFP jeudi.

Selon ce document authentifié par des sources militaires et du renseignement, le bilan de l'opération de mercredi dans cette région en proie à des violences, s'élève à "48 morts" et "75 blessés" côté manifestants, ainsi qu'un policier tué.

Le document précise que "quelques armes blanches (ont été) saisies" et que 168 personnes ont été arrêtées "parmi (lesquelles) le gourou" Efraimu Bisimwa, de la secte "Foi naturelle judaïque et messianique vers les nations", organisateur de la manifestation interdite.

Dans un communiqué publié tard dans la soirée, le gouvernement de Kinshasa a avancé un bilan de "43 décès, 56 blessés (et) 158 personnes appréhendées, y compris le leader de la secte".

Il a affirmé soutenir "l'enquête ouverte auprès de l'auditorat militaire (...) pour que les responsabilités soient dégagées et que les coupables puissent répondre de leurs actes devant la justice".

Dans deux vidéos filmées dans un quartier de Goma et largement partagées sur les réseaux sociaux, on aperçoit des militaires portant la tenue d'une unité d'élite jeter une dizaine de corps sans vie à l'arrière d'un véhicule militaire. Certains cadavres sanglants sont trainés au sol.

"Le nombre des victimes du carnage mené par l'armée contre des civils non armés demandant le départ de la Monusco (mission de l'ONU en RDC) hier (mercredi) à Goma avoisine la cinquantaine", avait déclaré plus tôt la Lutte pour le changement (Lucha), un mouvement pro-démocratie né à Goma et très actif en RDC.

"D'autres corps sont notamment cachés à l'hôpital militaire du camp Katindo", situé dans le centre de la ville, a ajouté le mouvement Lucha sur X (ex-Twitter).

Cible du mécontentement

Un des cadres du mouvement Lucha, Bienvenu Matumo, a dans une vidéo envoyée à l'AFP dénoncé ce "carnage" de "plus de 50 civils".

Un autre activiste pro-démocratie, Jack Sinzahera, accuse les FARDC d'avoir mené "un assaut sur la radio" de la secte où ils ont "tué l'animatrice et ses cinq invités", puis "sont allés à l'église où ils ont fusillé 56 personnes."

Les deux activistes ont exigé des enquêtes indépendantes sur ces tueries.

"Les forces de sécurité congolaises ont tué par balle des dizaines de manifestants et en ont blessé des dizaines d'autres", ils ont aussi "arrêté plusieurs dizaines de personnes", a déclaré dans la soirée l'ONG Human Rights Watch (HRW).

Les militaires congolais "semblent avoir tiré sur la foule pour empêcher une manifestation, une manière extrêmement brutale et illégale de faire respecter une interdiction", a déclaré Thomas Fessy, chercheur principal sur la RDC au sein de cette ONG américaine de défense des droits de l'homme.

HRW estime par ailleurs que "les hauts responsables militaires qui ont ordonné le recours à une force meurtrière illégale devraient être suspendus, faire l'objet d'une enquête et répondre de leurs actes dans le cadre de procès publics et équitables".

Ces événements violents s'inscrivent dans une série d'attaques et de manifestations contre la mission de l'ONU en RDC, accusée d'inefficacité dans la lutte contre les groupes armés.

En juillet 2022, dans plusieurs villes des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, des manifestants avaient pris d'assaut les installations de la Monusco. Selon les autorités, 36 personnes, dont quatre Casques bleus, avaient été tuées.

Début août, le secrétaire général des Nations Unies annonçait dans un rapport au Conseil de sécurité que la Monusco entrait "dans sa phase finale" malgré une situation "en forte détérioration".

"Les tensions régionales se sont encore aggravées", "la situation humanitaire s'est considérablement détériorée", "des centaines de milliers de civils ont été déplacés de force", notait Antonio Guterres.

Selon lui, la Monusco "demeure l'une des cibles du mécontentement et de la frustration des populations qui lui reprochent de faire preuve de passivité".

Terrain de crispation et de discours populistes en RDC, le départ définitif de la mission de l'ONU est au cœur des débats sur l'avenir du pays depuis plusieurs années.

En septembre 2022, en visite à New York pour l'assemblée générale des Nations unies, le président congolais Félix Tshisekedi déclarait dans une interview accordée à France 24 qu'au-delà de l'élection présidentielle de décembre 2023 - où il est candidat à sa propre réélection - "je crois qu'il n'y aura plus de raison que la Monusco reste."

La province du Nord-Kivu, frontalière du Rwanda et de l'Ouganda, est au cœur des violences armées en cours depuis près de 30 ans dans l'est congolais, avec des rébellions répétées et des drames humanitaires constants.


Deux minutes de nuit en plein jour: une partie de l'Europe va vivre une éclipse solaire totale

Des millions d'Européens et de passionnés du monde entier contempleront mercredi le ciel avec émerveillement lors d'une rare éclipse solaire totale qui plongera très brièvement le nord de l'Espagne dans l'obscurité en plein jour. (AFP)
Des millions d'Européens et de passionnés du monde entier contempleront mercredi le ciel avec émerveillement lors d'une rare éclipse solaire totale qui plongera très brièvement le nord de l'Espagne dans l'obscurité en plein jour. (AFP)
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  • L'alignement parfait du soleil et de la lune plonge le monde dans une inquiétante obscurité violacée, les températures flanchent. Désorientés, les animaux adoptent un comportement inhabituel
  • Mais le spectacle sera fugace: la durée de l'éclipse en phase de totalité, soit quand la lune couvrira entièrement le soleil, durera un peu moins de deux minutes en Espagne

BURGOS: Des millions d'Européens et de passionnés du monde entier contempleront mercredi le ciel avec émerveillement lors d'une rare éclipse solaire totale qui plongera très brièvement le nord de l'Espagne dans l'obscurité en plein jour.

Ce phénomène astronomique rare, le premier du genre en Europe depuis 2006, démarrera en Russie autour de 17H00 GMT, puis traversera l'hémisphère Nord et passera au-dessus du Groenland avant de traverser l'océan Atlantique.

En plus d'une partie de l'Islande, l'éclipse sera surtout totale dans une bande traversant l'Espagne, d'Oviedo à Palma de Majorque en passant par Burgos, au nord de Madrid, avant de disparaître vers 18H30 GMT.

Au-delà de cette bande, elle sera seulement partielle, ce qui sera le cas pour la France, mais aussi au Canada, dans le nord de l'Afrique de l'Ouest et des Etats-Unis.

L'alignement parfait du soleil et de la lune plonge le monde dans une inquiétante obscurité violacée, les températures flanchent. Désorientés, les animaux adoptent un comportement inhabituel.

Mais le spectacle sera fugace: la durée de l'éclipse en phase de totalité, soit quand la lune couvrira entièrement le soleil, durera un peu moins de deux minutes en Espagne.

Dans son ensemble il sera toutefois beaucoup plus long, aux environs de deux heures. Car il va commencer par une éclipse partielle, avant l'éclipse totale donc, puis de nouveau une éclipse partielle.

Ciel dégagé attendu 

Le phénomène doit permettre aux scientifiques d'étudier l'atmosphère du soleil et sa couche la plus externe, dans l'espoir de percer les secrets des vents solaires et du champ magnétique de notre étoile.

Ces derniers jours, un engouement considérable s'est emparé de l'Espagne à l'approche de l'événement, les derniers retardataires ayant du mal par endroits à se procurer les fameuses lunettes de protection certifiées permettant d'observer le soleil en toute sécurité.

"Je cherche depuis vendredi, mais je n'en trouve nulle part", se désole Mabel, une habitante de Barcelone, auprès de l'AFP

"Elles ne sont plus disponibles sur Amazon non plus, donc c'est impossible", poursuit-elle, dépitée.

A coup sûr, les chasseurs d'éclipse, ces inconditionnels qui se préparent depuis des mois, se précipiteront pour bénéficier de la meilleure vue possible.

Pour leur plus grand bonheur, et celui des amateurs intrigués, le ciel sera dégagé dans la soirée mercredi en Espagne, à quelques rares exceptions dans le nord et l'est du pays, a annoncé mardi l'agence météorologique nationale (Aemet).

L'Espagne, deuxième destination touristique mondiale, s'attend aussi à ce que l'éclipse donne un coup de pouce à son économie, en pleine période estivale, en particulier dans les régions rurales du Nord qui subissent depuis des décennies les effets du déclin démographique.

La contribution nette à l'économie est estimée à 347 millions d'euros, avec près de 450.000 touristes supplémentaires attendus dans les zones clés concernées par l'éclipse, selon le ministère de l'Économie à Madrid.

Afflux important de touristes 

Mais la perspective d'un afflux important de touristes étrangers suscite également l'inquiétude des autorités, peu habituées, qui appellent à la prudence.

En pleine vague de chaleur, les températures devraient dépasser les 35°C dans la majeure partie de l'Espagne et celles-ci pourraient grimper au‑dessus de 40°C dans certaines zones du nord‑est, faisant peser un risque sur la santé de ceux qui resteront plusieurs heures en plein air dans l'attente de l'éclipse.

L'Aemet a par ailleurs évoqué un risque d'incendie "très élevé" ou "extrême", au cœur d'un été marqué par des feux de forêt dévastateurs, un danger amplifié selon les experts par la présence annoncée de centaines de milliers de personnes dans des zones très arides et encombrant les petites routes de campagne avec leurs véhicules.

Jusqu'à 1,5 million de trajets routiers supplémentaires vers la bande de totalité sont attendus par les autorités.

Afin d'éviter des embouteillages massifs et tout autre trouble à l'ordre public, plusieurs régions et communes ont mis en place des points d'observation dédiés, tout en renforçant les effectifs de sécurité et de services de secours pour ce qui sera la première éclipse totale en Espagne continentale depuis plus d'un siècle.

Deux autres éclipses solaires seront cependant visibles dans d'autres régions de l'Espagne dans les deux prochaines années, l'extrême sud le 2 août 2027, puis dans une bonne partie sud du pays le 26 janvier 2028.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.