John Elkann, l'héritier discret mais tenace de la dynastie Agnelli

John Elkann gère le patrimoine des Agnelli en tant que PDG d'Exor, la holding familiale qui possède, entre autres fleurons, le club de football de la Juventus, Ferrari et plusieurs médias, dont The Economist (Photo, AFP).
John Elkann gère le patrimoine des Agnelli en tant que PDG d'Exor, la holding familiale qui possède, entre autres fleurons, le club de football de la Juventus, Ferrari et plusieurs médias, dont The Economist (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Lundi 04 janvier 2021

John Elkann, l'héritier discret mais tenace de la dynastie Agnelli

  • «En tant qu'actionnaire majoritaire de Fiat, il a joué un rôle crucial dans les négociations sur la fusion»
  • Gianni fait entrer au conseil d'administration de Fiat le jeune «Jaki» (surnom de John), qu'il a initié au goût du risque et de l'effort, lors d'équipées sportives en mer ou en montagne

MILAN: Sous ses airs discrets et juvéniles, il cache un tempérament de négociateur redoutable: John Elkann, 44 ans, patron du constructeur automobile italo-américain Fiat Chrysler, a claqué la porte à deux reprises avant de sceller un contrat de mariage avec le groupe français PSA.

L'héritier de la famille Agnelli assurera la présidence du conseil d'administration du futur ensemble, Stellantis, aux côtés de Carlos Tavares, président du directoire de PSA, qui en deviendra le directeur général.

John Elkann ne compte pas jouer les figurants: «Il ne sera pas juste un président honorifique, mais un président opérationnel», a assuré une source proche du dossier.

«En tant qu'actionnaire majoritaire de Fiat, il a joué un rôle crucial dans les négociations sur la fusion», selon la même source.

Les documents boursiers de la fusion ne laissent aucun doute: en mai 2019, John Elkann fausse compagnie à PSA pour courtiser le constructeur concurrent Renault qu'il délaisse finalement face à la frilosité de l'Etat français. Puis, il coupe à nouveau court aux négociations avec PSA en août 2019 pour préserver les intérêts des actionnaires de Fiat.

D'apparence timide et peu disert, le petit-fils de Gianni Agnelli a toujours préféré l'ombre aux feux de la rampe, aux antipodes de son frère cadet Lapo connu pour ses frasques.

Cheveux bruns bouclés, longiligne, la voix posée, costume-cravate sobre, John Elkann a un profil international. Né à New York en 1976, il a grandi au Royaume-Uni et au Brésil, puis passé son bac à Paris, au lycée Victor Duruy.

Goût du risque

Mais c'est à Turin, berceau de la famille, qu'il a fait ses études d'ingénieur à l'Ecole polytechnique, avant d'intégrer le groupe.

Après le décès soudain à l'été 2018 de Sergio Marchionne, l'emblématique patron de Fiat devenu son mentor, il s'est retrouvé seul pilote à bord.

«Tu nous as tous appris à penser différemment, à avoir le courage de changer et d'agir. A ne pas avoir peur», déclarait-il lors des funérailles, la voix brisée par l'émotion.

«Il est réservé, mais très déterminé quand il s'agit d'imposer ses points de vue. Depuis qu'il est sorti de l'ombre de Sergio Marchionne, il s'est affirmé comme dirigeant d'entreprise. Il a réussi à faire fructifier l'héritage des Agnelli», commente Giuseppe Berta, ancien directeur des archives de Fiat.

Alors qu'il a seulement 21 ans, son flamboyant grand-père, Giovanni (dit Gianni) Agnelli, le désigne comme son successeur à la tête de Fiat. 

Fils de l'écrivain et journaliste franco-italien Alain Elkann, et de Margherita Agnelli, fille de Gianni, le jeune homme n'était pourtant pas destiné à de telles responsabilités.

Mais la mort précoce en 1997 de son cousin Giovanni Alberto Agnelli, que son grand-père avait choisi comme son dauphin, bouleverse son destin.

Gianni fait entrer au conseil d'administration de Fiat le jeune «Jaki» (surnom de John), qu'il a initié au goût du risque et de l'effort, lors d'équipées sportives en mer ou en montagne.

Vendeur en France

«Jaki» part en stage ouvrier chez Magneti Marelli en Angleterre, sur les chaînes de montage des «Cinquecento» à Tichy en Pologne, et enfile même le costume de vendeur dans une succursale du nord de la France, à Lille.

La mort de Gianni Agnelli en 2003 et du frère de ce dernier, Umberto, un an plus tard, précipite sa carrière.

Luca Cordero di Montezemolo devient président du groupe et le nomme numéro 2, alors que Fiat est aux abois, multipliant les pertes.

En 2010, il prend la présidence du constructeur que M. Marchionne s'est employé à redresser puis à allier à Chrysler en 2009. 

Il transforme l'entreprise symbole de l'Italie en multinationale, ce qui lui a valu le surnom de «Jaki le conquérant» dans la presse locale.

Son secret? «J'ai la chance d'avoir un caractère équilibré», dit ce père de trois enfants, amateur de foot et de voile.

John Elkann gère le patrimoine des Agnelli en tant que PDG d'Exor, la holding familiale qui possède, entre autres fleurons, le club de football de la Juventus, Ferrari et plusieurs médias, dont The Economist.


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Short Url
  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
Short Url
  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
Short Url
  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.