Algérie: cinq ans après le Hirak, «la répression de la dissidence se poursuit» selon Amnesty

Des manifestants algériens anti-gouvernementaux descendent dans les rues d'Alger, la capitale, alors que le mouvement "Hirak" en faveur de la démocratie prend un nouvel élan après une interruption d'un an due à la pandémie de coronavirus, le 26 février 2021. (Photo, AFP)
Des manifestants algériens anti-gouvernementaux descendent dans les rues d'Alger, la capitale, alors que le mouvement "Hirak" en faveur de la démocratie prend un nouvel élan après une interruption d'un an due à la pandémie de coronavirus, le 26 février 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 22 février 2024

Algérie: cinq ans après le Hirak, «la répression de la dissidence se poursuit» selon Amnesty

  • Des centaines d'arrestations avaient eu lieu pendant le Hirak
  • Demandant que les manifestations pacifiques soient de nouveau autorisées, l'ONG a appelé à «mettre fin au harcèlement des opposants et des voix critiques» et à «réformer» plusieurs lois

TUNIS: Les autorités algériennes continuent de "réprimer les droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique", en "ciblant les voix critiques de la dissidence", cinq ans après les manifestations pro-démocratie du Hirak, a dénoncé jeudi l'ONG Amnesty International.

Dans un rapport sur les cinq ans écoulés, l'organisation demande de "libérer immédiatement et sans conditions toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d'expression, de réunion pacifique et d'association".

Basé sur des témoignages de détenus, de familles et d'avocats, le rapport affirme que "les autorités algériennes ont intensifié leur répression de la dissidence pacifique" après la fin du mouvement début 2020, à cause de l'épidémie de Covid-19 et d'une interdiction de rassemblements.

Des centaines d'arrestations avaient eu lieu pendant le Hirak et "des dizaines de manifestants pacifiques, de journalistes, de militants et de défenseurs des droits humains continuent de croupir derrière les barreaux pour avoir critiqué les autorités", a déploré Amnesty.

"C'est une tragédie que cinq ans après que de courageux Algériens soient descendus massivement dans la rue pour exiger des changements politiques et des réformes, les autorités continuent de mener une campagne de répression effrayante", a déclaré Heba Morayef, directrice d'Amnesty International pour la région Moyen-Orient et Afrique du nord.

Demandant que les manifestations pacifiques soient de nouveau autorisées, l'ONG a appelé à "mettre fin au harcèlement des opposants et des voix critiques" et à "réformer" plusieurs lois (sur les fausses informations, la réception de fonds étrangers ou sur le terrorisme), aux "dispositions vagues et trop larges qui ont été utilisées pour réprimer les droits humains".

"Les autorités algériennes mènent une offensive soutenue contre les médias indépendants et toutes les voix critiques, souvent au moyen d’accusations forgées de toutes pièces comme la diffusion de fausses informations ou l'outrage à l’égard de fonctionnaires", a ajouté l'ONG.

Elle cite notamment le cas d'Ihsane El Kadi, propriétaire des médias indépendants Radio M et Maghreb Emergent, condamné en octobre à sept ans de prison dont cinq ferme "sur la base d'accusations liées à son activité de journaliste, en violation de son droit à la liberté d'expression".

Le Hirak avait démarré en février 2019 par des manifestations pacifiques s'opposant à une cinquième candidature du président Abdelaziz Bouteflika (déchu en avril 2019 et décédé en septembre 2021), avant de s'élargir à des revendications de réformes politiques et de libertés accrues.

 


Gaza:Des militants palestiniens diffuse une vidéo d'un otage israélien en vie

Une image extraite d'une vidéo publiée par le groupe militant palestinien Jihad islamique le 28 mai 2024, montre un otage israélien détenu à Gaza, identifié par les médias israéliens comme étant l'otage russo-israélien de 28 ans Sasha Trupanov, s'adressant à la caméra ( Photo, AFP).
Une image extraite d'une vidéo publiée par le groupe militant palestinien Jihad islamique le 28 mai 2024, montre un otage israélien détenu à Gaza, identifié par les médias israéliens comme étant l'otage russo-israélien de 28 ans Sasha Trupanov, s'adressant à la caméra ( Photo, AFP).
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  • Le jeune homme, identifié par les médias israéliens comme étant Sacha Trupanov, 28 ans, est un citoyen israélo-russe
  • Sa mère, sa grand-mère et sa petite amie qui avaient été enlevées le même jour ont été libérées lors de la trêve fin novembre

GAZA: Le Jihad islamique palestinien a diffusé mardi la vidéo d'un otage israélien en vie s'exprimant en hébreu dans un court message.

Le jeune homme, identifié par les médias israéliens comme étant Sacha Trupanov, 28 ans, est un citoyen israélo-russe. Il avait été capturé le 7 octobre dans le kibboutz Nir Oz puis emmené dans la bande de Gaza.

Sa mère, sa grand-mère et sa petite amie qui avaient été enlevées le même jour ont été libérées lors de la trêve fin novembre entre le Hamas et Israël, qui a permis la libération de 105 otages.

Son père Vitaly Trupanov, 50 ans, avait été tué lors de l'attaque.

"Voir mon Sasha à la télévision aujourd'hui est très réconfortant, mais cela me brise aussi le cœur qu'il soit en captivité depuis si longtemps. J'en appelle à tout le monde, à tous les décisionnaires, s'il vous plaît, faites tout, absolument tout, pour ramener mon fils et tous les otages à la maison maintenant !", a déclaré sa mère Yelena Trupanov, dans un court message publié par le Forum des familles d'otages.

Preuve 

Le Hamas et le Jihad islamique palestinien ont déjà, par le passé, diffusé des vidéos d'otages.

Cette vidéo "est une preuve supplémentaire que le gouvernement israélien doit donner un mandat clair à l'équipe de négociation, qui pourra aboutir à un accord pour le retour de tous les otages", affirme le Forum des familles d'otages, principale association israélienne de proches d'otages retenus dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre.

Ce jour-là, des commandos du Hamas ont mené une attaque sans précédent dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de 1.189 personnes, en majorité des civils, selon un bilan de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

Ils ont également enlevé 252 personnes. Parmi elles, selon Israël, 121 sont toujours détenues dans la bande de Gaza, dont 37 sont considérées mortes par l'armée israélienne.

La vaste opération militaire menée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 36.000 morts, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.


L’Arabie saoudite condamne la poursuite des actes génocidaires perpétrés par Israël à Rafah

Un garçon palestinien fouille parmi les débris sur le site d’une frappe israélienne, menée la veille sur un camp de personnes déplacées à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 28 mai 2024. (AFP)
Un garçon palestinien fouille parmi les débris sur le site d’une frappe israélienne, menée la veille sur un camp de personnes déplacées à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 28 mai 2024. (AFP)
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  • Le Royaume tient les autorités israéliennes pour pleinement responsables de ce qui se passe à Rafah et dans tous les territoires palestiniens occupés
  • Les chars israéliens ont avancé, pour la première fois, au cœur de Rafah, après une nuit de bombardements intenses

RIYAD: L’Arabie saoudite a condamné, mardi, la poursuite des «massacres génocidaires contre le peuple palestinien» par les forces israéliennes qui ont ciblé les tentes de réfugiés palestiniens sans défense à Rafah.

Le Royaume tient les autorités israéliennes pour pleinement responsables de ce qui se passe à Rafah et dans tous les territoires palestiniens occupés, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

L’armée israélienne a nié avoir frappé, mardi, un camp de tentes à l’ouest de la ville de Rafah après que les autorités sanitaires de Gaza ont déclaré que les bombardements de chars israéliens avaient tué au moins vingt et une personnes là-bas, dans ce qu’Israël qualifie de «zone d’évacuation civile».

Plus tôt, défiant un appel de la Cour internationale de justice (CIJ), les chars israéliens ont avancé, pour la première fois, au cœur de Rafah, après une nuit de bombardements intenses, tandis que l’Espagne, l’Irlande et la Norvège ont officiellement reconnu un État palestinien – une décision qui a renforcé l’isolement international d’Israël.

L’Arabie saoudite a répété que la violation flagrante, par les forces israéliennes, de toutes les lois et normes internationales et humanitaires, à la lumière du silence de la communauté internationale, exacerbe cette catastrophe humanitaire palestinienne sans précédent et met en jeu la crédibilité de l’institution de légitimité internationale.

«Le Royaume insiste sur la nécessité pour la communauté internationale d’assumer ses responsabilités pour mettre fin aux massacres contre le peuple palestinien et exiger des comptes des responsables», conclut le communiqué.

(Avec Reuters)

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Premier ministre yéménite: «Le chemin vers la paix est clair, mais nous sommes loin de parvenir à un accord»

Le Premier ministre soutient que la priorité majeure du pays est de trouver une solution durable et de fournir des services essentiels pour améliorer le niveau de vie des citoyens. (Forum des médias arabes)
Le Premier ministre soutient que la priorité majeure du pays est de trouver une solution durable et de fournir des services essentiels pour améliorer le niveau de vie des citoyens. (Forum des médias arabes)
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  • Le Premier ministre yéménite met en avant le rôle primordial des médias pour contrer les arguments fallacieux
  • «Les actions des Houthis en mer Rouge sont antérieures aux événements du 7 octobre; il est important que les médias en soient conscients»

DUBAÏ: Le Premier ministre yéménite, Ahmad Awad ben Moubarak, a déclaré que même si le processus de paix avec les Houthis est «clair», un accord formel reste hors de portée, soulignant le rôle crucial que les médias doivent jouer pour construire le récit.

S’exprimant en marge du Forum des médias arabes de trois jours à Dubaï, le Premier ministre a évoqué les défis actuels auxquels son pays est confronté et l’importance d’une représentation médiatique précise des événements en cours.

Dans un entretien accordé à la présentatrice syrienne Zeina Yazigi, M. Moubarak a mis en lumière les difficultés quotidiennes auxquelles les citoyens yéménites ordinaires et lui-même font face en raison du conflit en cours.

«Nous sommes témoins de l’accumulation des années de guerre que le Yémen a traversées», précise Ahmad Awad ben Moubarak.

«Nous continuons de faire face à une catastrophe humanitaire provoquée par le manque de sécurité, les désastres naturels et la situation tendue en mer Rouge. Le niveau de vie demeure insuffisant. Si nous construisons une école aujourd’hui, une fusée pourrait la détruire le lendemain.»

Le Premier ministre soutient que la priorité majeure du pays est de trouver une solution durable et de fournir des services essentiels pour améliorer le niveau de vie des citoyens.

Il poursuit: «Nos raffineries de pétrole ont cessé de fonctionner en octobre 2022, ce qui a privé le gouvernement de plus de 70% de ses ressources. Il est donc difficile de fournir de l’électricité aux citoyens.»

«La feuille de route en faveur de la paix est claire. De nombreuses négociations et initiatives ont été programmées par nos frères en Arabie saoudite et au sultanat d’Oman. De longues négociations ont également eu lieu à Stockholm et au Koweït. Cependant, pour parvenir à un cessez-le-feu total, il faut deux partenaires volontaires, ce que les Houthis ne sont pas encore.»

Le Yémen est engagé dans une guerre civile sanglante. Elle oppose le gouvernement internationalement reconnu aux Houthis soutenus par l’Iran depuis 2014.

M. Moubarak, qui a été kidnappé par les Houthis en 2015 et qui a affirmé publiquement qu’il craignait pour sa vie, a qualifié la guerre d’«idéologique», mais il a exprimé ses espoirs de paix et de stabilité.

Il déclare: «Le Yémen occupe une position géographique stratégique importante, avec trente-quatre millions d’habitants et des ressources naturelles très riches.»

«En faire fi, c’est négliger une bonne partie des ressources mondiales. Nous sommes en guerre. Il s’agit d’une bataille idéologique contre les Houthis. De quelle éthique parle-t-on quand un parti bombarde des écoliers et prive son pays de ses ressources?»

Ahmad Awad ben Moubarak met en avant le rôle primordial des médias pour contrer les arguments fallacieux.

Il ajoute: «Les actions des Houthis en mer Rouge sont antérieures aux événements du 7 octobre. Les deux ne sont pas directement liés et il est important que les médias en soient conscients, pour sensibiliser l’opinion publique et entamer un dialogue.»

«On pensait auparavant que les Houthis n’avaient rien à voir avec l’Iran, ce qui était tout simplement faux. Cela a été prouvé par une couverture médiatique et des analyses pertinentes. Il est important d’avoir une vue d’ensemble.»

Lors d’une réunion avec cheikh Ahmed ben Mohammed ben Rachid al-Maktoum, deuxième vice-président de Dubaï et président du Conseil des médias de Dubaï, M. Moubarak a discuté de la nécessité d’une «voix arabe unifiée».

Les deux parties ont souligné le rôle important et influent des médias dans le soutien de la stabilité et l’amélioration des initiatives de paix, promettant de travailler ensemble pour développer un cadre destiné à préparer une nouvelle génération de professionnels des médias.

Ahmad Awad ben Moubarak poursuit: «Je suis fier de mon pays; c’est le berceau de la civilisation. Malgré les difficultés, il mérite nos sacrifices pour un avenir meilleur.»

«Nous avons des piliers solides – les Émiratis, les Saoudiens et le reste de nos frères. Nous avons une cause juste et nous souhaitons préserver notre identité arabe et notre espoir d’un avenir meilleur.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com