Royaume-Uni: déchéance de nationalité confirmée pour une jeune ralliée à l'EI en Syrie

Shamima Begum, sur la photo, fait partie des centaines d’Européens dont le sort a mis les gouvernements au défi après l’effondrement en 2019 du soi-disant califat des extrémistes islamistes. (AFP)
Shamima Begum, sur la photo, fait partie des centaines d’Européens dont le sort a mis les gouvernements au défi après l’effondrement en 2019 du soi-disant califat des extrémistes islamistes. (AFP)
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Publié le Vendredi 23 février 2024

Royaume-Uni: déchéance de nationalité confirmée pour une jeune ralliée à l'EI en Syrie

  • Shamima Begum a quitté Londres début 2015 avec deux amies. En Syrie, elle a épousé un djihadiste de l'EI
  • En 2020, la jeune femme a suscité l'indignation au Royaume-Uni dans une interview où elle n'avait exprimé aucun regret

LONDRES: La justice britannique a confirmé vendredi la déchéance de nationalité de Shamima Begum, une Londonienne qui a rejoint le groupe djihadiste Etat islamique (EI) quand elle était âgée de 15 ans, cas emblématique au Royaume-Uni de la question du retour des familles de jihadistes.

La cour d'appel a rejeté "à l'unanimité" l'appel de Shamima Begum, désormais âgée de 24 ans, contre cette décision prise en 2019, a déclaré la juge Sue Carr.

Vivant actuellement dans un camp en Syrie, la jeune femme, qui se dit victime d'un trafic et dont un premier recours avait été rejeté, ne peut donc pas rentrer au Royaume-Uni.

"On peut soutenir que la décision dans le cas de Mlle Begum était sévère, mais on peut aussi soutenir que Mlle Begum est responsable de son propre malheur", a déclaré la magistrate en rendant la décision.

La tâche de la cour était de dire si la décision de déchéance de nationalité était illégale. "Nous avons conclu que ce n'était pas le cas et l'appel est rejeté", a déclaré la magistrate.

L'avocat de Shamima Begum, Daniel Furner, a déclaré que sa défense continuerait "le combat jusqu'à ce qu'elle obtienne justice et rentre chez elle".

Mariée à un djihadiste 

Au Royaume-Uni, son affaire est emblématique de la question délicate du retour des familles de jihadistes capturés ou tués en Syrie et en Irak depuis la chute en 2019 du "califat" de l'EI.

Shamima Begum avait quitté Londres début 2015 avec deux amies. Sa défense la présente comme la victime d'un trafic mis en place par l'EI afin de la donner en mariage. En Syrie, elle a épousé quelques jours après son arrivée un jihadiste de l'EI de huit ans son aîné et a eu deux enfants morts en bas âge.

Après avoir fui les combats, elle s'est retrouvée en février 2019 dans un camp syrien. Alors enceinte d'un enfant mort peu après sa naissance, ce qui a suscité des critiques contre le gouvernement britannique, elle a exprimé le souhait de rentrer au Royaume-Uni.

Mais sa déchéance de nationalité avait été prononcée en 2019 par le ministère de l'Intérieur britannique pour raisons de sécurité nationale.

Une déchéance "illégale" selon une autre avocate de la jeune femme, Samantha Knights, qui a dénoncé lors de l'audience en octobre devant la cour d'appel à Londres les "failles étatiques" et l'échec des autorités à empêcher le départ à l'époque de l'adolescente.

De son côté, l'avocat du ministère de l'Intérieur James Eadie avait fait valoir que "le fait que quelqu'un soit radicalisé, et ait pu être manipulé, n'est pas en contradiction avec l'appréciation qu'il pose un risque pour la sécurité nationale".

"Si le gouvernement pense que Shamima Begum a commis une infraction, elle devrait être poursuivie devant un tribunal britannique. La déchéance de nationalité n'est pas une réponse", a réagi vendredi la directrice de l'ONG britannique de défense des droits humains Reprieve, Maya Foa.

Le ministère de l'Intérieur a lui salué la décision de la cour d'appel. "Notre priorité reste de maintenir la sécurité du Royaume-Uni et nous défendrons vigoureusement toute décision prise à cette fin", a souligné un porte-parole du Home Office.

Début 2020, la Commission spéciale chargée des appels en matière d'immigration avait jugé que la décision de lui retirer sa nationalité ne faisait pas de Shamima Begum une apatride, car elle était bangladaise par ses parents. Mais Dacca a refusé de l'accueillir.

La dernière décision rendue début 2023 dans ce dossier a reconnu qu'il existait une "suspicion crédible" que Shamima Begum ait fait l'objet d'un trafic vers la Syrie à des fins d'"exploitation sexuelle" et aussi que des services de l'État aient commis des "manquements" en la laissant se rendre dans ce pays.

Mais le juge a estimé que cette "suspicion" était "insuffisante" pour que les arguments de la défense l'emportent.

En 2020, la jeune femme avait suscité l'indignation au Royaume-Uni dans une interview où elle n'avait exprimé aucun regret, et arborait un voile noir intégral. Elle avait supplié l'année suivante le gouvernement britannique de la laisser rentrer.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.