À l'approche du Ramadan, les «tables du Miséricordieux» en Égypte souffrent de la crise économique

Des Égyptiens cherchent des lanternes traditionnelles, connues localement sous le nom de «Fanous Ramadan», dans le centre du Caire, le 21 février 2024 (Photo, AFP).
Des Égyptiens cherchent des lanternes traditionnelles, connues localement sous le nom de «Fanous Ramadan», dans le centre du Caire, le 21 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 01 mars 2024

À l'approche du Ramadan, les «tables du Miséricordieux» en Égypte souffrent de la crise économique

  • Ces tables sont généralement installées dans les rues d'Égypte pour permettre aux personnes à faible revenu de bénéficier d'un iftar gratuit
  • «La crise touche tout le monde et nous n'attendons pas plus des philanthropes. Je les excuse»

LE CAIRE: La hausse des prix des denrées alimentaires et les pénuries risquent d'entraîner une diminution des dons et de la nourriture pour les «tables du Miséricordieux» en Égypte pendant le Ramadan.

Ces tables sont généralement installées dans les rues d'Égypte pour permettre aux personnes à faible revenu de bénéficier d'un iftar gratuit.

«Il y a beaucoup de philanthropes en Égypte, mais le prix élevé des denrées alimentaires les freine», a déclaré Kamal Khairy, un cuisinier qui a travaillé à ces tables les années précédentes.

Le kilogramme de viande coûte désormais 450 livres égyptiennes (1 livre égyptienne = 0,030 euro) dans certaines régions, tandis que le kilogramme de riz coûte 40 livres. Le prix des légumes a atteint des niveaux déraisonnables, a expliqué Khairy à Arab News.

Le coût des repas a considérablement augmenté, ce qui a incité certains philanthropes à renoncer à installer des tables cette année.

«Avant la pandémie de la Covid-19, j'avais l'habitude de cuisiner à différentes tables à la demande de philanthropes», a-t-il révélé.

«En un an, j'ai cuisiné pour trois tables – une le matin, une autre l'après-midi et la troisième avant le coucher du soleil. Mais cette année, personne ne m'a rien demandé», a-t-il ajouté.

Un Égyptien de 50 ans, qui a préféré garder l’anonymat, a déclaré à Arab News: «Les années précédentes, j'avais l'habitude d'installer une table d'iftar gratuite près de mon usine à Al-Azhar. Mais cette année, je ne peux pas me permettre cette dépense supplémentaire en raison de contraintes financières.»

Il a signalé que l'usine connaissait des difficultés financières et qu'il avait donc réduit ses dépenses.

«La crise touche tout le monde»

Un gardien de parking de la rue Houda Chaaraoui au Caire, qui préfère être nommé Oncle Ahmed, a déclaré à Arab News: «En raison de la nature de mon travail, je ne peux pas rentrer chez moi pendant le Ramadan. Je compte donc sur la “table du Miséricordieux” installée dans la rue, où je suis régulièrement invité.»

L'homme, qui a près d’une soixantaine d’années, a ajouté: «J'avais l'habitude de m'asseoir à une table avec des personnes d'origines sociales diverses, comme des livreurs, des infirmières, des conscrits et des passants.

«La table pouvait accueillir plus de 500 personnes, mais ne peut maintenant accueillir que 50 personnes.»

Il a expliqué qu'auparavant, un repas se composait généralement d'un plat de viande (comme du poulet ou du kofta), d'un plat de légumes, d'une salade et de riz ou de pâtes.

«Cette année, il n'y a qu'un seul plat qui contient du riz et des légumes, et la taille du poulet et de la viande a été réduite. De plus, la portion de salade a également été réduite.»

Ahmed a ajouté: «La crise touche tout le monde et nous n'attendons pas plus des philanthropes. Je les excuse.

«Je prie pour que nos crises en Égypte soient résolues», a-t-il souhaité.

Farid Jamal, employé d'une association caritative qui organise une table, a précisé: «Les années précédentes, les gens arrivaient une heure avant la prière du Maghrib, mais aujourd'hui, ils viennent trois heures plus tôt.»

«La composition sociale a également changé. Je vois des jeunes hommes et des hommes d'un bon niveau social portant des vêtements relativement élégants et des femmes qui semblent être dans une bonne situation, tous réservant leur place à la table pour obtenir un repas d'iftar», a-t-il soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé depuis ces pays, dit son président

Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
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  • Le président iranien Masoud Pezeshkian annonce que l'Iran ne frappera plus ses voisins du Golfe, sauf en cas d’attaque venant de ces pays
  • Il présente des excuses aux pays voisins pour les attaques précédentes, alors que 13 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont une fillette de 11 ans au Koweït

TEHERAN: Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé samedi que ses voisins du Golfe ne seraient plus attaqués par l'Iran, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.

"Le conseil de direction provisoire a décidé (vendredi) qu'il n'y aurait plus d'attaques sur les pays voisins, plus de missiles tirés, sauf si une attaque sur l'Iran provenait de ces pays", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Plusieurs pays du Golfe abritent des bases militaires américaines. Les voisins de l'Iran ont été ciblés par des drones et missiles depuis le début du conflit le 28 février. L'Iran a affirmé ne viser que des intérêts ou bases américains, ce qu'ont contesté les pays visés.

"Je m'excuse (...) auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l'Iran", a aussi déclaré le président iranien.

Treize personnes ont été tuées dans les pays du Golfe depuis le début de la guerre, dont une fillette de 11 ans touchée par des débris dans une zone résidentielle du Koweit.


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.


L’Arabie saoudite et le Pakistan discutent de mesures pour mettre fin aux attaques iraniennes

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  • Les responsables de la défense de l’Arabie saoudite et du Pakistan ont discuté des attaques iraniennes et des mesures pour les stopper dans le cadre de leur accord de défense mutuelle
  • Riyad affirme avoir abattu des drones visant le champ pétrolier de Shayba, tandis que les tensions régionales s’intensifient avec l’escalade du conflit impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël

RIYAD : Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, et le chef des forces de défense du Pakistan, le général Asim Munir, ont discuté des attaques de l’Iran contre le Royaume, alors que le conflit militaire s’intensifie au Moyen-Orient.

« Nous avons discuté des attaques iraniennes contre le Royaume et des mesures nécessaires pour y mettre fin dans le cadre de notre accord stratégique conjoint de défense », a écrit le prince Khalid sur les réseaux sociaux tôt samedi.

« Nous avons souligné que de telles actions sapent la sécurité et la stabilité régionales et exprimé l’espoir que la partie iranienne fera preuve de sagesse et évitera toute erreur de calcul. »

Les États-Unis et Israël ont lancé une vaste campagne militaire contre l’Iran le 28 février. Depuis, l’Iran a attaqué plusieurs sites à travers le Golfe.

Téhéran a également ciblé des actifs militaires américains et israéliens à mesure que la guerre s’intensifiait, affectant la vie dans la paisible péninsule du Golfe arabe et risquant d’ébranler l’économie mondiale, alors que l’Iran continue de restreindre le transport énergétique à travers le détroit d’Ormuz.

Le ministère saoudien de la Défense a indiqué que plusieurs drones visant le champ pétrolier de Shayba dans le Rub al‑Khali (le Quart Vide) ont été abattus samedi.

Un drone a également attaqué l’ambassade des États-Unis à Riyad mardi, provoquant un incendie mineur, sans faire de blessés.

L’Arabie saoudite et le Pakistan ont signé en septembre un « Accord stratégique de défense mutuelle », stipulant que toute agression contre l’un des deux pays serait considérée comme une attaque contre les deux.

Par ailleurs, le ministre saoudien de l’Intérieur, le prince Abdulaziz ben Saud ben Naif, a reçu un appel de son homologue pakistanais Raza Naqvi, qui a condamné les attaques flagrantes visant le Royaume et a réaffirmé la solidarité de son pays face à toute menace contre la sécurité et la stabilité saoudiennes, selon l’agence de presse saoudienne. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com