Iran: les conservateurs sortent gagnants d'élections largement boudées

Des Iraniens ont voté dans un bureau de vote lors des élections pour sélectionner les membres du Parlement et un organe clé du clergé, à Téhéran le 1er mars 2024 (Photo, AFP).
Des Iraniens ont voté dans un bureau de vote lors des élections pour sélectionner les membres du Parlement et un organe clé du clergé, à Téhéran le 1er mars 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 03 mars 2024

Iran: les conservateurs sortent gagnants d'élections largement boudées

  • Des médias officiels ont estimé que le taux de participation s'était élevé à environ 41%
  • La participation était le principal enjeu de ces élections, considérées comme un test pour le pouvoir

TÉHÉRAN: Les conservateurs vont renforcer leur contrôle du Parlement iranien, selon les résultats partiels des élections de vendredi, marquées par une abstention record en 45 ans de République islamique.

Deux jours après le scrutin, le dépouillement des bulletins de vote s'est poursuivi dimanche, dans l'attente de la proclamation des résultats définitifs par le ministère de l'Intérieur.

D'ores et déjà, des médias officiels ont estimé que le taux de participation s'était élevé à environ 41%.

Le double scrutin destiné à élire les 290 députés et les 88 membres de l'Assemblée des experts, chargée de désigner le guide suprême, a donc mobilisé quelque 25 millions des 61 millions d'électeurs, dans un pays de 85 millions d'habitants. Aucune estimation indépendante n'était disponible.

La participation était le principal enjeu de ces élections, considérées comme un test pour le pouvoir car elles sont les premières depuis le vaste mouvement de contestation ayant secoué le pays à la suite de la mort en septembre 2022 de la jeune Mahsa Amini, arrêtée pour non-respect du strict code vestimentaire du pays.

Les chiffres montrent une tendance à la baisse marquée de la participation, qui s'était élevée à 42,57% aux précédentes législatives de 2020, organisées au début de la crise du Covid. Elle était déjà au plus bas depuis la proclamation de la République islamique en 1979.

Les autorités se sont cependant félicité du niveau de la participation, qui démontre que "le plan de boycott des élections fomenté par des ennemis de l'étranger" n'avait pas fonctionné.

C'est "un nouvel échec historique infligé aux ennemis de l'Iran après les émeutes" de 2022, a jugé samedi le président Ebrahim Raïssi.

«Appel au réveil»

La presse était dimanche partagée sur les leçons du scrutin.

Le quotidien réformateur Ham Mihan a estimé qu'il représentait "une chute pour le pouvoir", regrettant que "l'âme des élections s'était perdue".

Pour le journal progouvernemental en anglais Iran, le scrutin est "un appel au réveil" pour les autorités, qui doivent "écouter les voix des 36 millions de personnes qui n'ont pas voté pour différentes raisons".

La principale coalition de partis réformateurs, le Front des réformes, avait annoncé son refus de participer à ces "élections dénuées de sens" après la disqualification de nombreux de ses candidats.

Symbole de cette défiance, le chef de file de ce camp, l'ancien président Mohammad Khatami, qui a dirigé le pays entre 1997 et 2005, n'a pas voté pour la première fois.

Avant le scrutin, il avait regretté que l'Iran soit "très éloigné d'élections libres et compétitives", sans appeler au boycott, au contraire d'opposants en exil.

En revanche, l'ex-président Hassan Rohani (2013-2021) s'est rendu dans un bureau de vote malgré la disqualification controversée de sa candidature à l'Assemblée des experts, chargée de désigner le guide suprême.

La principale conséquence de cette forte abstention est que le prochain Parlement sera encore davantage "entre les mains des conservateurs radicaux" qui "ont profité de l'occasion créée par la participation réduite", remarquait le quotidien réformateur Shargh. Le nombre de bulletins nuls et blancs serait par ailleurs supérieur aux précédentes élections, selon certains médias.

Ainsi, à Téhéran, où la participation ne se serait élevée qu'à environ 25% selon certains médias, 12 députés élus vendredi appartiennent tous au courant ultraconservateur, qui défend le gouvernement du président Ebrahim Raïssi.

Les candidats plus modérés ont été battus ou devront passer par un second tour en avril ou mai, qui sera nécessaire pour pourvoir les sièges restants de la capitale.

La majorité composée de conservateurs et d'ultraconservateurs est partisane d'une ligne stricte sur les valeurs de la République islamique et de fermeté vis-à-vis des pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques avec l'Iran.


Le ministre iranien des Affaires étrangères appelle son homologue saoudien avant les pourparlers nucléaires avec les États-Unis

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
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  • Ils ont discuté de l’importance de résoudre les différends par le dialogue et la diplomatie
  • Des puissances régionales ont œuvré en faveur de ces pourparlers, prévus vendredi à Oman, entre Téhéran et Washington

​​​​​​LONDRES : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à la veille de discussions nucléaires cruciales entre Téhéran et Washington.

Selon l’Agence de presse saoudienne, les deux responsables ont souligné l’importance de régler les différends par le dialogue et la diplomatie, ainsi que les efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région.

Des puissances régionales ont encouragé la tenue de ces pourparlers, programmés vendredi à Oman, entre l’Iran et les États-Unis, dans le but de parvenir à un accord sur le programme nucléaire de Téhéran et d’éviter une nouvelle escalade dans la région.

Dans un message confirmant ces discussions, publié mercredi sur la plateforme X, Abbas Araghchi a écrit :
« Les négociations nucléaires avec les États-Unis doivent se tenir à Mascate vendredi vers 10 heures. Je remercie nos frères omanais pour avoir pris toutes les dispositions nécessaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz à Riyad

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
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Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
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  • Lors d’une réunion, Merz et le prince héritier ont examiné les relations saoudo-allemandes, les domaines de coopération et les perspectives de leur développement

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a reçu mercredi le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Une cérémonie d’accueil a été organisée en l’honneur de Merz, avant la tenue d’une session officielle de discussions entre les deux dirigeants.

Au cours de la rencontre, Merz et le prince héritier ont passé en revue les différents aspects des relations entre l’Arabie saoudite et l’Allemagne, les domaines de coopération bilatérale ainsi que les opportunités de leur développement dans plusieurs secteurs.

Ils ont également examiné les derniers développements régionaux et internationaux, ainsi que les efforts déployés à cet égard.

Friedrich Merz est arrivé plus tôt mercredi à Riyad dans le cadre d’une visite officielle en Arabie saoudite, accompagné d’une délégation de haut niveau.

Il a été accueilli à l’aéroport international du roi Khaled par le prince Mohammed ben Abdulrahman ben Abdulaziz, vice-gouverneur de la région de Riyad, en présence de hauts responsables saoudiens, de diplomates et de représentants des deux gouvernements, dont le ministre saoudien des Finances, Mohammed Al-Jadaan.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Turquie déterminée à porter ses relations avec l'Arabie saoudite à un niveau supérieur, déclare Erdogan au prince héritier

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
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  • Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman et le président turc Recep Tayyip Erdogan ont tenu une session d'entretiens au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi
  • Une déclaration conjointe turco-saoudienne publiée à la suite de la visite a salué les mesures prises par le gouvernement syrien pour préserver l'intégrité territoriale du pays et promouvoir la paix civile

RIYAD: Le président turc Tayyip Erdogan a rencontré mardi à Riyad le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman et lui a dit que la Turquie était déterminée à porter ses relations à un niveau plus élevé dans des domaines tels que les énergies renouvelables et l'industrie de la défense, a indiqué le bureau de M. Erdogan.

M. Erdogan a également dit au prince héritier saoudien que le soutien de la Turquie à la stabilité en Syrie se poursuivrait et que la Turquie travaillerait en coopération avec l'Arabie saoudite pour reconstruire la Syrie, a déclaré la présidence turque dans un communiqué.
 

M. Erdogan et la délégation qui l'accompagne ont quitté Riyad mercredi et ont été accueillis à l'aéroport international King Khalid par le gouverneur adjoint de la région de Riyad, le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz.

Une déclaration conjointe turco-saoudienne publiée à la suite de la visite a salué les mesures prises par le gouvernement syrien pour préserver l'intégrité territoriale du pays et promouvoir la paix civile. Elle condamne également les violations israéliennes du territoire syrien et exige le retrait immédiat d'Israël de tous les territoires syriens occupés.

La déclaration appelle également au rétablissement de la paix et de la stabilité au Soudan, dans les territoires palestiniens et au Yémen.

Elle condamne les agressions israéliennes à Gaza et appelle à un cessez-le-feu et à la fin de l'occupation israélienne.

La Turquie a salué les efforts déployés par l'Arabie saoudite pour résoudre la crise yéménite, ainsi que l'organisation par le Royaume d'un dialogue inclusif à Riyad, réunissant toutes les factions du sud du Yémen.

Les deux pays ont insisté sur la nécessité de lutter contre tout soutien à des entités internes au Yémen qui visent à porter atteinte à sa sécurité et à sa stabilité.

L'Arabie saoudite et la Turquie ont également insisté sur la nécessité de lancer un processus politique dirigé par le Soudan à travers un gouvernement civil, selon le communiqué.

Plus tôt dans la journée de mardi, le prince héritier a reçu M. Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, où les deux dirigeants se sont entretenus.

Le dirigeant turc a été accueilli par le gouverneur adjoint de la région de Riyad, le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, et d'autres hauts responsables saoudiens à son arrivée à l'aéroport international King Khalid.

(avec Reuters)