Climat: En banlieue parisienne, une ville qui construit en paille

Dans le quartier des Marnaudes à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ce projet vise à rendre «la ville plus résiliente face au changement climatique» (Photo, AFP).
Dans le quartier des Marnaudes à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ce projet vise à rendre «la ville plus résiliente face au changement climatique» (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 07 mars 2024

Climat: En banlieue parisienne, une ville qui construit en paille

  • Déjà cinq bâtiments publics ont été construits dans cette ville selon des préceptes d'éco-construction recourant à des matériaux biosourcés et locaux
  • Depuis 2012, la France est l'un des rares pays au monde à disposer de règles professionnelles reconnues et d'assurances permettant la construction-paille

ROSNY-SOUS-BOIS: A l'entrée du chantier, des brins de paille épars collent sous les chaussures. Ici, on construit une école maternelle en bois-paille-terre, plantée entre les tours de béton qui ont remplacé depuis les années 1960 les champs de blé de cette plaine à l'est de Paris.

Dans le quartier des Marnaudes à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ce projet vise à rendre "la ville plus résiliente face au changement climatique" tout en accueillant confortablement de plus en plus d'élèves, explique à l'AFP Charlotte Picard, l'architecte de la ville qui suit le chantier.

Déjà cinq bâtiments publics, trois écoles et deux centres de loisirs, ont été construits dans cette ville selon des préceptes d'éco-construction recourant à des matériaux biosourcés et locaux, encouragés par l'ONU, pour remplacer le béton et l'acier, et lutter contre le réchauffement climatique.

L'isolation et même la construction en paille ont été développées aux Etats-Unis à la fin du 19e siècle, surtout au Nebraska, avec les premières botteleuses à paille. En France, la première maison ossature bois isolée en paille, construite en 1920, tient toujours debout à Montargis (Loiret).

En Ile-de-France, région céréalière, la paille de blé est un produit "local, abondant et peu cher", fait valoir Edouard Vermes, artisan, lors d'une formation en construction terre-paille qu'il anime à Romainville (Seine-Saint-Denis) pour une quinzaine de stagiaires, essentiellement architectes.

«10.000 bâtiments»

"C'est mieux que les bardages en polystyrène venus de l'autre bout du monde, ou les laines de verre ou de roche", dont le système de production n'est pas très vert, renchérit Christophe Benoit, également formateur du même stage.

Leurs stagiaires apprennent à enduire eux-mêmes un mur de balles de paille enchâssées dans un cadre de bois, avec trois couches de terre argileuse humidifiée.

Depuis 2012, la France est l'un des rares pays au monde à disposer de règles professionnelles reconnues et d'assurances permettant la construction-paille, grâce au travail du Réseau français de la construction paille réunissant artisans, constructeurs, architectes et ingénieurs, tous passionnés.

Aujourd'hui, "quelque 10.000 bâtiments sont isolés avec de la paille" en France, précise Christophe Benoit.

On trouve de tout: bâtiments publics comme à Rosny ou habitat individuel. En plein Paris, une résidence étudiante a été construite en ossature bois et isolation paille, un logement social de sept étages a été rénové en isolation paille sur l'un des pignons dans le XVe arrondissement.

«Ça ne brûle quasiment pas»

Outre qu'il stocke le CO2, le matériau paille assure un confort thermique été comme hiver, en retenant par exemple la pénétration de la chaleur très longtemps, idéal pour les journées de canicule, admet le CSTB (Centre scientifique technique du bâtiment) qui a validé le procédé.

A condition que le blé soit bien séché lors du stockage, que la paille soit posée en suivant les instructions sur les cadres de bois, de préférence pas un jour de pluie, et que les enduits de terre soient appliqués dans les règles de l'art.

Les doigts rougis par la terre argileuse qu'elle vient d'étendre pour former la deuxième des trois couches de terre nécessaires à un enduit réussi, Noémie Roux, architecte de l'agence Lieu Fauve, basée à Paris, Lyon et Mayotte, évacue d'un rire les mythes véhiculés dans les contes pour enfants sur les maisons en paille enflammées, envolées ou inondées.

"La paille est très compressée, il y a peu d'oxygène dedans, en fait ça se consume, mais cela ne brûle quasiment pas puisque le feu n'est pas alimenté", relève-t-elle.

Une différence par rapport à certains isolants de façade bon marché en plastique, venus du bout du monde et accusés d'être responsables de la propagation rapide d'incendies de façade, comme dans le cas de la tour Grenfell à Londres en 2017.

Pour assurer l'étanchéité, "il faut un grand débord de toiture et surtout un enduit qui protège contre l'humidité", souligne Noémie Roux. Et contre le vent, on applique des raidisseurs sur la structure en bois pour que le bâtiment tienne.


Tournée de Barrot dans le Golfe: fermeté et solidarité de la France avec ses partenaires régionaux

Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à droite), accueille le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, avant une réunion ministérielle consacrée à la mise en œuvre du plan de paix au Moyen-Orient, au Quai d'Orsay à Paris, le 9 octobre 2025. (AFP)
Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à droite), accueille le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, avant une réunion ministérielle consacrée à la mise en œuvre du plan de paix au Moyen-Orient, au Quai d'Orsay à Paris, le 9 octobre 2025. (AFP)
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  • La tournée du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans le Golfe, menée dans un contexte de fortes tensions après les frappes iraniennes, s’inscrit dans une double logique de fermeté et de diplomatie
  • Répondant aux questions d’Arab News en français à son retour à Paris, Barrot a souligné que sa tournée visait à réaffirmer la solidarité de la France avec ses partenaires régionaux, tout en mettant en avant sa crédibilité sécuritaire

PARIS: La tournée du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans le Golfe, menée dans un contexte de fortes tensions après les frappes iraniennes, s’inscrit dans une double logique de fermeté et de diplomatie.

Répondant aux questions d’Arab News en français à son retour à Paris, Barrot a souligné que sa tournée visait à réaffirmer la solidarité de la France avec ses partenaires régionaux, tout en mettant en avant sa crédibilité sécuritaire, illustrée par des actions concrètes de défense.

Dans le même temps, la France continue de plaider pour une désescalade et une solution politique durable, fondée sur la reprise du dialogue avec l’Iran et la stabilisation de l’ensemble du Moyen-Orient.

De la sécurité du Golfe à la situation critique du Liban, en passant par les tensions israélo-iraniennes et la question palestinienne, la tournée de Barrot souligne la volonté française de maintenir un rôle d’équilibre, entre engagement stratégique et recherche constante d’une issue diplomatique aux crises régionales.

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La tournée dans le Golfe que vous avez effectuée à Riyad, Mascate et Abou Dabi intervient après les bombardements iraniens qui ont visé la région. Quel message avez-vous porté aux quatre pays qu’englobe cette tournée ?

J’ai porté un message de solidarité auprès des pays du Golfe, qui ont tous été visés par des frappes iraniennes injustifiables, que la France a condamnées avec la plus grande fermeté.

La France a démontré qu’elle était un partenaire fiable et prévisible : nous avons, en légitime défense, abattu des drones dès les premières heures du conflit pour défendre l’espace aérien de nos alliés. La sécurité de nos partenaires régionaux est une priorité absolue. Ils savent pouvoir compter sur nous.

La France prône la désescalade, mais a-t-elle les moyens d’influencer les acteurs majeurs du conflit ?

Nous portons le même message depuis le début du conflit : la prolongation indéfinie des opérations militaires sans objectif précis comporte le risque d’un engrenage qui entraînerait la région dans une longue période d’instabilité, dont l’issue serait très incertaine et porterait atteinte aux pays de la région, aux intérêts européens et à l’économie mondiale.

Notre priorité est donc la désescalade et la recherche d’un règlement politique durable : c’est ce à quoi la France, aux côtés de ses partenaires, appelle. Il faut pérenniser le cessez-le-feu et faire en sorte que les négociations entre les États-Unis et l’Iran reprennent. Une paix durable dans la région n’est possible qu’à travers une solution politique pérenne au défi iranien, garantissant que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire et répondant aux menaces posées par son programme balistique et ses activités de déstabilisation.

Entre Washington et Téhéran, la voix de la France est-elle encore audible ?

Nous ne sommes pas belligérants et ne souhaitons pas le devenir. Mais recul ne signifie pas inaction. Notre crédibilité repose sur la constance de nos positions, que nous défendons sans relâche auprès des différentes parties et qui sont validées par les évolutions en cours.

La France est l’un des rares pays à maintenir des contacts réguliers avec l’Iran et à ne pas avoir fermé son ambassade à Téhéran pendant la guerre. 

Jean-Noël Barrot

Nous échangeons régulièrement avec nos alliés américains à propos de cette guerre. Le président de la République échange régulièrement avec le président Trump au sujet de la crise iranienne. La menace à la sécurité internationale que fait peser l’Iran exige une réponse collective, comme cela a été le cas avec le JCPOA en 2015.

La France est l’un des rares pays à maintenir des contacts réguliers avec l’Iran et à ne pas avoir fermé son ambassade à Téhéran pendant la guerre. Le président de la République a échangé à de nombreuses reprises avec le président iranien et je m’entretiens très régulièrement avec mon homologue.

Considérez-vous cette tournée comme un succès diplomatique ?

Cette tournée a permis à la France de renforcer sa coordination avec ses partenaires régionaux, qui doivent être des acteurs centraux de la nouvelle architecture de sécurité régionale. Nous partageons des intérêts de sécurité avec nos partenaires du Golfe ; ce travail diplomatique est donc indispensable pour rapprocher nos positions et bâtir une paix durable dans la région. L’enjeu était aussi d’approfondir nos partenariats bilatéraux, dont la crise a montré à quel point ils sont essentiels pour notre sécurité et notre prospérité communes.


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".