La Chine fustige la «pression» américaine et défend ses liens avec la Russie

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi (Photo, AFP).
Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 07 mars 2024

La Chine fustige la «pression» américaine et défend ses liens avec la Russie

  • Les tensions sino-américaines sont vives sur plusieurs dossiers: Taïwan, commerce, rivalité dans les nouvelles technologies, lutte d'influence en Asie-Pacifique ou encore droits humains
  • L'influence politique croissante de Pékin suscite des inquiétudes parmi les Occidentaux et certains de ses voisins asiatiques

PEKIN: Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a dénoncé jeudi devant la presse le comportement des Etats-Unis et loué le partenariat Pékin-Moscou, qualifiant également la situation humanitaire à Gaza de "honte pour la civilisation".

L'expérimenté diplomate de 70 ans a fustigé les multiples tentatives américaines d'exercer une "pression" sur Pékin et a dénoncé "la volonté de blâmer la Chine sous n'importe quel prétexte", qui "a atteint un niveau inimaginable".

"Les moyens de pression sur la Chine sont sans cesse renouvelés et la liste des sanctions unilatérales constamment allongée", a déploré Wang Yi. "Nous nous opposons résolument à toute hégémonie et intimidation."

Les tensions sino-américaines sont vives sur plusieurs dossiers: Taïwan, commerce, rivalité dans les nouvelles technologies, lutte d'influence en Asie-Pacifique ou encore droits humains.

Wang Yi s'exprimait lors de la session annuelle du Parlement chinois.

Sa prise de parole intervient à un moment où l'influence politique croissante de Pékin suscite des inquiétudes parmi les Occidentaux et certains de ses voisins asiatiques.

Les dirigeants des pays d'Asie du sud-est (Asean) et d'Australie ont ainsi mis en garde mercredi contre les actions qui "menacent la paix" en mer de Chine méridionale, après de nouveaux incidents entre la Chine et les Philippines dans ces eaux disputées.

Mer de Chine méridionale: Pékin affirme qu'il «défendra» ses droits dans la zone

Ces derniers mois, les tensions entre la Chine et les Philippines qui affirment de plus en plus fermement leurs revendications territoriales ont atteint des niveaux inégalés depuis plusieurs années.

La Chine revendique la quasi-totalité des îles de la mer de Chine méridionale. D'autres pays riverains comme le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et Brunei ont des prétentions concurrentes, qui se chevauchent parfois.

"Nous défendrons nos droits légitimes conformément à la loi", a indiqué le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi, après un nouvel accrochage cette semaine entre garde-côtes chinois et philippins qui a conduit à des collisions entre leurs bateaux.

"Sur les différends maritimes, la Chine a toujours fait preuve d'une grande retenue", a-t-il souligné.

"Mais bien sûr, nous ne permettons pas que l'on abuse de notre bonne volonté et nous n'acceptons pas la distorsion ou la violation délibérée des lois de la mer", a-t-il déclaré.

«Tragédie humaine»

Alors que Washington soutient régulièrement Manille, Wang Yi a exhorté "certains pays extérieurs à la région à ne pas provoquer de troubles ou à ne pas prendre parti" et à ne pas être "des fauteurs de troubles" dans cette zone maritime.

Sur Taïwan, il a averti que les dirigeants de l'île cherchant à obtenir l'indépendance du territoire, revendiqué par la Chine et soutenu par les Etats-Unis, devront rendre des comptes devant l'histoire.

Wang Yi a par ailleurs rejeté l'idée que Pékin constituait une menace pour l'ordre mondial.

"Face à un environnement international instable et complexe, la Chine sera résolument une force pour la paix, la stabilité et le progrès dans le monde", a-t-il souligné.

Wang Yi a ainsi réaffirmé le soutien de Pékin pour la cause palestinienne et demandé à nouveau la reconnaissance par l'ONU d'un Etat palestinien à part entière.

"Aucune excuse ne peut justifier le massacre de civils", a-t-il souligné alors que le conflit entre Israël et le Hamas fait toujours rage dans la bande de Gaza.

"Le fait qu'aujourd'hui, au XXIe siècle, cette catastrophe humanitaire ne puisse être arrêtée est une tragédie humaine, plus encore, c'est une honte pour la civilisation", a-t-il ajouté, réitérant l'appel de son pays à un cessez-le-feu.

Ton conciliant avec l'UE

Wang Yi a également défendu jeudi les bonnes relations de son pays avec la Russie, alors que la Chine est critiquée par les Occidentaux sur le dossier ukrainien.

Si Pékin appelle au respect de l'intégrité territoriale de tous les pays - sous-entendu Ukraine comprise - il n'a jamais condamné publiquement Moscou.

"La Chine et la Russie ont créé un nouveau modèle pour les relations entre grandes puissances, qui diffère complètement de l'ancienne époque de la Guerre froide", a indiqué Wang Yi.

"Sur la base du non-alignement, de la non-confrontation et du non-ciblage de pays tiers, nous poursuivrons sur la voie d'une amitié de bon voisinage permanente et d'un approfondissement de notre coopération stratégique globale" avec Moscou, a-t-il souligné.

Pékin cherche à se positionner comme médiateur et partie neutre dans la guerre, mais sa relation avec Moscou s'est approfondie depuis le début du conflit.

Sur l'Union européenne (UE), qui affiche une méfiance croissante à l'égard de la Chine et la décrit simultanément comme "un partenaire, un concurrent et un rival systémique", Wang Yi a jugé "ce triple positionnement ni conforme à la réalité ni viable dans la pratique".

"C'est comme si une voiture était à une intersection et que les feux rouge, jaune et vert étaient tous allumés. Dans quelle direction conduire?", s'est-il interrogé.

"Il n'existe pas de conflit d'intérêt fondamental entre la Chine et l'Europe", a souligné Wang Yi, pour qui "les intérêts communs des deux parties l'emportent de loin sur leurs différences".


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.