La «double peine» des sans-abri présentant des troubles psychiques

Un sans-abri est assis sur le trottoir derrière un parapluie et se prélasse sur un conduit de chauffage lors d'une journée pluvieuse à Paris, le 23 février 2024. (AFP)
Un sans-abri est assis sur le trottoir derrière un parapluie et se prélasse sur un conduit de chauffage lors d'une journée pluvieuse à Paris, le 23 février 2024. (AFP)
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Publié le Jeudi 07 mars 2024

La «double peine» des sans-abri présentant des troubles psychiques

  • «Si on applique ces chiffres à l'échelle nationale, où le nombre de sans-abri est estimé à 350 000, on arrive à 115.000 sans-abris nécessitant des soins psychiatriques», souligne Alain Mercuel
  • «Le service militaire, je ne dis pas qu'il faut le remettre mais il avait l'avantage de repérer les jeunes de 18 ans qui étaient en train de déraper»

PARIS: Rupture de traitement, suivi médical dégradé ...les sans-abri présentant des troubles psychiques subissent de plein fouet le manque de moyens alloués à la psychiatrie, souligne Alain Mercuel, coordinateur des équipes mobiles psychiatrie et précarité (EMPP) d'Ile-de-France.

Dans un entretien à l'AFP, le psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne à Paris insiste sur l'importance d'agir en amont sur les facteurs de risques et de multiplier les appartements de coordination thérapeutique.

Question : Combien de sans-abri se trouvent en souffrance psychique en France?

Réponse : Leur nombre n'est pas connu avec précision mais une enquête menée en 2009 par le Samu social et l'Inserm (institut national de la santé et de la recherche médicale-ndlr) avait estimé à un tiers (32%) le nombre de personnes sans-abri à Paris présentant un trouble psychiatrique sévère nécessitant des soins. Parmi ces troubles, on relevait 13% d'état psychotiques, à savoir schizophrénie, états délirants aigus, délires paranoïaques, 7% d'états dépressifs graves, 12% d'états anxieux invalidants. Un tiers avaient une conduite addictive.

Si on applique ces chiffres à l'échelle nationale, où le nombre de sans-abri est estimé à 350.000, on arrive à 115.000 sans-abris nécessitant des soins psychiatriques. Les équipes mobiles déployées sur le territoire en ont rencontré 35.000, donc il y a entre 75 et 80.000 sans abris présentant des troubles psychiatriques que nous n'avons pas rencontrés - qui passent sous les radars.

Pour certains, la maladie psychiatrique préexistait à la situation de sans-abrisme et a provoqué la désocialisation. Pour d'autres, c'est l'exil, le traumatisme de l'immersion dans la précarité qui a fait le lit de la pathologie.

Au niveau du passage à l'acte, contrairement à ce qu'on pourrait penser, les personnes présentant des troubles psys sont plus souvent agressées qu'elles n'agressent.

Question : Quelles sont les failles du système actuel ?

Réponse : Les personnes qui font la démarche de venir consulter d'elles-mêmes sont rarissimes. Certaines accèdent aux soins psychiatriques par le biais des services d'urgence.

Mais la plupart du temps, les personnes ne peuvent pas consulter d'elles-mêmes, que ce soit pour des raisons physiques ou psychiques et c'est là où les équipes mobiles psychiatrie-précarité interviennent.

Soit les acteurs de terrain lors des maraudes arrivent à les faire venir à notre lieu de consultation soit on va à leur rencontre.

Mais le contexte actuel n'aide pas. On a l'habitude de dire que la psychiatrie est le parent pauvre du monde de la santé, les sans-abris sont les petits enfants de ces parents pauvres, ils subissent de plein fouet le manque de moyens et l'inflation.

Pour eux, c'est la double peine. Avant on pouvait garder quelqu'un quelques jours supplémentaires pour stabiliser le traitement, aujourd'hui ce n'est plus possible en l'état.

Résultat, le suivi est rompu et on sait qu'il est difficile de prendre des médicaments quand on est à la rue. Les sacs peuvent se perdre, ils peuvent faire l'objet de vols et leur conservation à l'abri de l'humidité et de la lumière est plus que complexe dans ces situations.

Les financements des structures d'accueil subissent aussi l'inflation. Avec 100 euros il y a 3 ans, on faisait des choses qu'on ne peut plus faire maintenant, du coup on se retrouve avec un suivi de moins bonne qualité parce qu'il n'y a pas assez de personnel.

Question : Quelles seraient les solutions?

Réponse : Il faut limiter les facteurs de risque pour éviter que les gens se retrouvent à la rue. Donc ça veut dire mieux repérer la maltraitance infantile par exemple en augmentant au niveau de l'école la présence de médecins et de psychologues.

Le service militaire, je ne dis pas qu'il faut le remettre mais il avait l'avantage de repérer les jeunes de 18 ans qui étaient en train de déraper. Or on sait que plus un trouble est pris précocement, meilleur est le pronostic.

Il faut également éviter que les personnes sans abri changent de lieu d'hébergement en permanence, cela veut dire co-construire des structures qui permettent d'accueillir rapidement des personnes, comme les appartements à coordination thérapeutique, avec un suivi social et sanitaire.


Municipales à Paris: Dati incarne «un risque de retour en arrière spectaculaire», accuse Grégoire

Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris, a estimé mercredi que sa rivale de droite Rachida Dati, sa "seule adversaire dans cette élection", incarnait "un risque de retour en arrière spectaculaire". (AFP)
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris, a estimé mercredi que sa rivale de droite Rachida Dati, sa "seule adversaire dans cette élection", incarnait "un risque de retour en arrière spectaculaire". (AFP)
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  • "Rachida Dati incarne un risque de retour en arrière spectaculaire (...), un peu à l'image de ce que fait Trump aux États-Unis: c'est mettre l'écologie de côté au risque d'exposer les plus vulnérables, les plus fragiles"
  • "Notre seul adversaire dans cette élection, c'est Rachida Dati (...) Moi, je n'ai pas d'adversaire à gauche. Mes relations avec LFI sont notoirement dégradées"

PARIS: Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris, a estimé mercredi que sa rivale de droite Rachida Dati, sa "seule adversaire dans cette élection", incarnait "un risque de retour en arrière spectaculaire".

"Rachida Dati incarne un risque de retour en arrière spectaculaire (...), un peu à l'image de ce que fait Trump aux États-Unis: c'est mettre l'écologie de côté au risque d'exposer les plus vulnérables, les plus fragiles, ceux qui sont exposés à la pollution, ceux qui sont exposés aux risques de la vie et à la précarité économique", a-t-il déclaré au micro de Sud Radio.

"Notre seul adversaire dans cette élection, c'est Rachida Dati (...) Moi, je n'ai pas d'adversaire à gauche. Mes relations avec LFI sont notoirement dégradées", a-t-il ajouté, réitérant son choix de ne pas faire alliance avec la candidate LFI Sophia Chikirou au second tour.

"Elle ne le souhaite pas et je ne le souhaite pas", a-t-il balayé, alors qu'à Lyon, le maire écologiste sortant s'est dit prêt mardi à une alliance.

L'ex-Premier adjoint de la maire PS Anne Hidalgo a également dit vouloir "incarner la probité, la droiture".

"Moi, je veux que les Parisiens soient fiers de moi comme maire. Je ne veux pas qu'ils aient un maire qui soit convoqué au tribunal pour corruption (...). Je serai un maire indépendant, libre de toute influence d'argent, de toute influence étrangère", a-t-il attaqué, faisant notamment référence au renvoi de Rachida Dati en procès pour corruption en septembre.

Le député de Paris a encore critiqué Mme Dati sur "les chiffres cités" qui seraient selon lui "fantasques", notamment le coût de la préemption d'immeubles par la Ville pour faire du logement social.

"C'est un peu le problème qu'on a avec Mme Dati. Elle ne connaît rien de nos dossiers. Elle refuse le débat. Et elle refuse le débat précisément parce qu'elle n'y connaît rien", a-t-il déclaré alors que Rachida Dati a jusqu'à présent exclu de participer à un débat télévisé avant le premier tour de l'élection.

"Rachida Dati, elle est planquée dans son ministère. (...). Elle aurait dû être +démissionnée+ depuis des mois. Aujourd'hui, on est à deux semaines du premier tour, elle est encore en train d'utiliser le ministère dans une confusion des rôles (...). Sur le plan démocratique, c'est extrêmement choquant", a-t-il ajouté, accusant le président Emmanuel Macron d'avoir "une responsabilité morale et politique immense".


Pas-de-Calais: trois morts, dont deux mineurs, dans un accident de la route

Une collision frontale entre deux véhicules légers a fait trois morts, dont deux adolescents de 15 ans, et deux blessés graves dans la nuit de mardi à mercredi à Libercourt (Pas-de-Calais). (AFP)
Une collision frontale entre deux véhicules légers a fait trois morts, dont deux adolescents de 15 ans, et deux blessés graves dans la nuit de mardi à mercredi à Libercourt (Pas-de-Calais). (AFP)
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  • L'accident, survenu sur une route départementale mercredi vers 02H45 du matin, a mobilisé 25 pompiers et le bilan fait état de cinq personnes impliquées
  • Dans le premier véhicule, deux adolescents de 15 ans ont été déclarés décédés. Deux autres, du même âge, ont été grièvement blessés et transportés médicalisés au CHR de Lille. Le pronostic vital de l'un d'eux est engagé

LILLE: Une collision frontale entre deux véhicules légers a fait trois morts, dont deux adolescents de 15 ans, et deux blessés graves dans la nuit de mardi à mercredi à Libercourt (Pas-de-Calais), a-t-on appris auprès des sapeurs-pompiers.

L'accident, survenu sur une route départementale mercredi vers 02H45 du matin, a mobilisé 25 pompiers et le bilan fait état de cinq personnes impliquées.

Dans le premier véhicule, deux adolescents de 15 ans ont été déclarés décédés. Deux autres, du même âge, ont été grièvement blessés et transportés médicalisés au CHR de Lille. Le pronostic vital de l'un d'eux est engagé.

Dans le second véhicule, un homme de 39 ans, désincarcéré par les secours, a été déclaré décédé, ont précisé les pompiers.

 

 


Fête de la fondation: l’ambassadeur saoudien à Paris souligne trois siècles de continuité

À l’occasion de la célébration du Jour de la Fondation, l’ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France, Fahd Alruwaily, a rappelé avec solennité la profondeur historique et la dynamique contemporaine d’un État dont les racines remontent à près de trois siècles. (Arlette Khouri)
À l’occasion de la célébration du Jour de la Fondation, l’ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France, Fahd Alruwaily, a rappelé avec solennité la profondeur historique et la dynamique contemporaine d’un État dont les racines remontent à près de trois siècles. (Arlette Khouri)
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  • Le Jour de la Fondation, célébré chaque 22 février, marque la naissance du premier État saoudien en 1727, une date qui renvoie à l’accession au pouvoir de l’imam Mohammed ben Saoud et à l’établissement de son autorité dans la ville historique de Diriyah
  • Le premier État saoudien s’est imposé comme une entité stable et prospère, décrite par de nombreux voyageurs et observateurs européens de l’époque

PARIS: À l’occasion de la célébration du Jour de la Fondation, l’ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France, Fahd Alruwaily, a rappelé avec solennité la profondeur historique et la dynamique contemporaine d’un État dont les racines remontent à près de trois siècles.

Accueillant ses invités à sa résidence à Paris, il a présenté cette journée comme non seulement une commémoration, mais aussi une affirmation de continuité, d’identité et de projection vers l’avenir.

Le Jour de la Fondation, célébré chaque 22 février, marque la naissance du premier État saoudien en 1727, une date qui renvoie à l’accession au pouvoir de l’imam Mohammed ben Saoud et à l’établissement de son autorité dans la ville historique de Diriyah, première capitale de l’État saoudien et aujourd’hui inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

arabie saoudite
L’ambassadeur Fahd Alruwaily et le directeur Afrique du Nord Moyen-Orient au ministère des affaires étrangère Romaric Roignan devant une carte historique de Diriyah. (Arlette Khouri)

Pour l’ambassadeur, cette fondation représente le point de départ d’une trajectoire nationale singulière, caractérisée par la stabilité, la cohésion et la continuité institutionnelle.

Le premier État saoudien s’est imposé comme une entité stable et prospère, décrite par de nombreux voyageurs et observateurs européens de l’époque.

Continuité historique

Parmi eux figure le diplomate et orientaliste français Joseph Rousseau, dont les mémoires et les cartes du début du XIXe siècle témoignent de l’organisation politique et sociale de cette première formation étatique.

Ces documents, dont une carte exposée lors de la réception, sont évoqués dans le discours de l’ambassadeur et rappellent que l’histoire saoudienne s’inscrit aussi dans un regard international ancien.

Pour Alruwaily, la Fondation est avant tout un symbole, « celui d’un engagement durable envers l’unité nationale et le progrès partagé ». Elle incarne des valeurs qui demeurent centrales dans la construction du Royaume contemporain : la cohésion, la justice, la solidarité et la responsabilité collective.

Cette continuité historique trouve aujourd’hui une expression majeure dans le programme de transformation du pays, la Vision 2030, lancée en 2016 par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

arabie saoudite

Structurée autour de trois piliers — une société dynamique, une économie prospère et une nation ambitieuse —, cette stratégie vise à renforcer la diversification économique, investir dans la jeunesse et promouvoir la culture ainsi que l’innovation.

L’ambassadeur a insisté sur le fait que cette vision ne constitue pas une rupture avec le passé, mais l’aboutissement naturel d’une évolution historique engagée depuis la fondation du premier État.

Les réformes engagées dans ce cadre ont touché de nombreux domaines, dont la modernisation des infrastructures, la transformation numérique, le développement culturel, l’adaptation des cadres législatifs et le renforcement des politiques environnementales.

L’accent est également mis sur le développement du capital humain, l’amélioration des systèmes éducatifs, l’autonomisation des femmes et les initiatives environnementales, telles que les programmes « Arabie saoudite verte » et « Moyen-Orient vert », qui illustrent la volonté du Royaume de jouer un rôle actif dans la transition énergétique et la protection de l’environnement.

Sur la scène internationale, le Royaume affirme son rôle dans la promotion de la stabilité. À ce niveau, l’ambassadeur a souligné que la diplomatie saoudienne s’appuie sur la promotion des valeurs de tolérance, de dialogue et de fraternité.

Les relations bilatérales avec la France occupent une place particulière dans cette dynamique. Le partenariat stratégique entre les deux pays s’est intensifié ces dernières années dans les domaines politique, économique et culturel.

La visite d’État du président Emmanuel Macron en Arabie saoudite en décembre 2024 a marqué une étape importante, avec la signature de nombreux accords de coopération, et son déplacement à AlUla, site patrimonial majeur et projet phare de la Vision 2030, a symbolisé la profondeur du partenariat culturel et touristique franco-saoudien.

Les échanges de délégations et les collaborations industrielles se multiplient, témoignant d’un contexte favorable à l’approfondissement des relations, a souligné Alruwaily.

Au-delà du discours diplomatique, la signification du Jour de la Fondation s’enracine dans une démarche mémorielle et identitaire.

Bien que la date du 22 février soit reconnue depuis longtemps dans les sources historiques du Royaume comme celle de la fondation, sa célébration officielle a été instituée par décret royal le 27 janvier 2022, faisant de cette journée un jour férié national.

La commémoration vise à rappeler le rôle des souverains successifs, descendants du roi Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, dans l’unification et le développement du pays, et met en valeur la fierté nationale, la stabilité politique et l’unité territoriale qui caractérisent l’histoire saoudienne.

En célébrant le Jour de la Fondation, l’Arabie saoudite affirme ainsi la continuité d’une histoire commencée en 1727 et toujours en mouvement, comme l’a souligné Alruwaily : « il s’agit d’un moment de mémoire, mais aussi d’engagement », qui consiste à préserver un héritage profondément enraciné tout en construisant l’avenir avec confiance, ouverture et coopération internationale.