Quarante ans après sa création, Mango tisse sa toile à l'international

Le fondateur de Mango Isak Andic (Photo, X).
Le fondateur de Mango Isak Andic (Photo, X).
Short Url
Publié le Jeudi 07 mars 2024

Quarante ans après sa création, Mango tisse sa toile à l'international

  • L'aventure a débuté en 1984, quand un jeune homme d'origine turque, Isak Andic, a ouvert une première boutique sur le Paseo de Gracia
  • Ces derniers mois, Mango a multiplié les ouvertures sur les cinq continents

BARCELONE: Avec Zara, c'est l'autre histoire à succès de la mode espagnole: fondé voilà quarante ans à Barcelone, le groupe de prêt-à-porter Mango ne cesse de s'étendre à l'international, insensible à la crise qui secoue certains de ses concurrents européens.

Une boutique de 400 mètres carrés à Los Angeles, une autre de même taille à Manchester, une troisième à Bangalore, dans le sud de l'Inde... Ces derniers mois, l'enseigne catalane a multiplié les ouvertures sur les cinq continents, effaçant le passage à vide provoqué par la crise du covid-19.

En un an, "nous avons ouvert 115 magasins", notamment "aux Etats-Unis", où les points de vente ont été multipliés par trois, explique à l'AFP Cesar de Vicente, directeur des ventes mondiales du groupe de mode bon marché, fort de 2.700 boutiques dans plus de 110 pays.

Une activité florissante que les résultats annuels de l'entreprise, attendus lundi, devraient confirmer. "Nous allons dépasser les trois milliards d'euros" de ventes, soit un "record", poursuit le responsable de Mango, devant des prototypes de vêtements exposés dans un bâtiment de Palau-solità i Plegamans.

C'est dans cet édifice de la banlieue de Barcelone, baptisé le "campus", que sont conçues et testées les futures collections du groupe textile. Une source de fierté pour les 500 stylistes de la marque espagnole, qui vend près de 160 millions de vêtements et accessoires par an.

Egéries stars 

L'aventure "Mango" a débuté en 1984, quand un jeune homme d'origine turque, Isak Andic, arrivé en Espagne au moment de l'adolescence, a ouvert une première boutique sur le Paseo de Gracia, célèbre artère commerçante de Barcelone, avec l'aide de son frère aîné Nahman.

Porté par le succès de ce premier magasin, le groupe, qui emprunte son nom au fruit exotique, a connu dans les années suivantes une expansion rapide, avec l'ouverture de centaines de points de vente en Espagne puis à l'étranger, en commençant par le Portugal et la France.

A l'origine de ce succès: une stratégie marketing offensive, portée par des égéries stars (Kate Moss, Penelope Cruz, Antoine Griezmann...), mais aussi la recherche de prix bas et une forte réactivité aux tendances de la mode, comme son rival Inditex, propriétaire de Zara et Bershka, numéro un mondial du prêt-à-porter.

Les deux groupes "présentent de nombreuses similitudes", notamment parce qu'ils "se sont développés en même temps", souligne Marcel Planellas, professeur de stratégie à l'école de commerce Esade. Mais ces "profils proches" n'empêchent pas quelques "différences" notables, insiste-t-il.

Mango - initialement centré sur la mode féminine, mais qui s'est ensuite diversifié avec le lancement de Mango Man, Mango Kids et Mango Home - commercialise ainsi tous ses produits sous une seule marque. Surtout, "il ne possède pas d'usine" et externalise toute sa production, notamment en Turquie et en Asie, détaille-t-il.

500 ouvertures 

Un modèle assumé par le groupe, qui insiste sur le soin pris dans le choix de ses fournisseurs et ses efforts pour réduire son impact environnemental, avec un objectif de 100% de fibres recyclées ou issues de filières durables en 2030, malgré les longs trajets effectués par ses vêtements.

L'enseigne aux 14.000 salariés, qui entend se différencier des marques low-cost comme Shein ou Primark en accélérant sa montée en gamme, devrait confirmer ces engagements dans son nouveau plan stratégique, qui sera présenté lundi parallèlement à ses résultats.

L'occasion d'entériner les ambitions du groupe à l'international, avec 500 nouveaux magasins prévus d'ici 2026. Ces ouvertures auront lieu en particulier "aux Etats-Unis", "au Royaume-Uni" et "en France", deuxième marché du groupe après l'Espagne, détaille Cesar de Vicente.

Un dynamisme qui tranche avec la morosité du secteur textile européen, notamment en France, où les faillites et licenciements se succèdent depuis un an, comme chez Gap et Camaïeu. "A la différence de certains concurrents", Mango jouit d'une "situation solide" et peut regarder l'avenir sereinement, souligne Marcel Planellas.

En décembre, Isak Andic - dixième fortune d'Espagne avec 2,7 milliards d'euros de capital selon Forbes - a cédé pour la première fois 5% de son entreprise à une tierce personne: son bras droit Antonio Ruiz, PDG du groupe. Une étape symbolique qui pourrait être suivie à plus long terme d'un autre changement, selon M. Planellas: son "introduction en Bourse", comme l'a fait Inditex en 2001.


Flambée des prix de l'énergie: en France, "baisse des taxes pas envisagée" à ce stade

La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
Short Url
  • Le gouvernement français, via sa porte-parole Maud Bregeon, n’envisage pas de baisser les taxes sur les carburants malgré la hausse des prix liée aux tensions au Moyen-Orient
  • Le président Emmanuel Macron appelle à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et insiste sur la nécessité de maîtriser le déficit public

PARIS: Le gouvernement français n'envisage pas à ce stade de baisser les taxes sur les prix des carburants, a indiqué jeudi sa porte-parole, alors que les prix du gaz et du pétrole ont grimpé de nouveau après des attaques par l'Iran d'installations énergétiques au Qatar.

"Le scénario d'une baisse des taxes n'est pas envisagé à l'heure où on se parle. En revanche, on entend les difficultés par exemple sur la trésorerie" de différents secteurs comme les transporteurs ou les pêcheurs, a affirmé sur BFMTV la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon qui est également chargée du portefeuille de l'Energie.

Elle a expliqué que le gouvernement n'avait "plus les moyens du quoi qu'il en coûte" comme pendant l'épidémie de Covid et devait tenir le déficit public à 5% du Produit intérieur brut (PIB), en rappelant avoir fait "le choix" dans le budget 2026 de "ne pas augmenter l'impôt des Français".

Maud Bregeon a souligné aussi que la situation n'avait "rien à voir" avec 2022, quand les prix de l'énergie avaient augmenté après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Evoquant une réunion prévue sur l'énergie, jeudi en fin de matinée autour du Premier ministre Sébastien Lecornu, la porte-parole a indiqué que ce rendez-vous visait à faire "le point sur la situation pour envisager les différentes possibilités en fonction de la durée du conflit, en fonction de la difficulté que rencontrent les secteurs économiques".

"Toutes les options sont sur la table", a-t-elle dit.

"J'entends ceux qui voudraient qu'on débourse d'ores et déjà des milliards pour aider des gens dont j'entends les difficultés (...) mais il faut aussi porter ce discours de vérité" sur la "nécessité" de réduire le déficit, a-t-elle insisté.

La représentante du gouvernement a aussi rappelé les initiatives d'Emmanuel Macron en faveur du déblocage du détroit d'Ormuz.

Le président a en outre appelé jeudi à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles au Moyen-Orient, notamment énergétiques, et a dit avoir échangé avec le président américain Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.


Les marchés boursiers les yeux tournés vers les banques centrales plus que vers le Moyen-Orient

Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
  • Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre
  • Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones)

PARIS: Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole.

Dans ce contexte, Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre.

Symbole de ce rebond, l'action du constructeur automobile Stellantis a progressé de 2,89% à Paris.

A Francfort, les investisseurs ont privilégié les valeurs défensives, moins exposées à la conjoncture, comme l’énergéticien E.ON (+3,20%, 20,30 euros), les réassureurs Hannover Re (+4,03%, 273,80 euros) et Munich Re (+2,48%, 553,40 euros).

Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones).

"Comme hier (lundi), nous sommes dans une vague de reprise, peut-être technique", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour la banque privée Mirabaud.

Cette légère amélioration "ne constitue pas vraiment une lueur d’espoir", tempère Andreas Lipkow à Francfort.

Ralentissement de la hausse du pétrole 

Aucune amélioration géopolitique au Moyen-Orient n'explique la résilience des marchés boursiers.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué que la France n'était pas prête à s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel".

La compagnie aérienne British Airways a annoncé mardi suspendre jusqu'au 31 mai inclus ses vols vers Amman, Bahreïn, Dubaï et Tel-Aviv "en raison de l'incertitude persistante de la situation au Moyen-Orient".

Surtout, les prix du pétrole continuent à augmenter, moins fortement que la veille: vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 102,17 dollars (+1,96%) et son équivalent américain du WTI progressait de 1,82% à 95,20 dollars.

Passée la "stupéfaction" des premiers jours, "il y a une forme de normalisation (...) au bout de deux ou trois semaines de conflit (...) le marché se remet en mode économie de guerre", décrypte Frédéric Rozier.

Détente sur les taux d'emprunt des États 

De fait, les marchés boursiers semblent anticiper les décisions des banques centrales de ne pas relever leurs taux directeurs malgré des risques d'inflation liée à la hausse du pétrole.

"Le marché a envie de croire que les banques centrales vont considérer cette inflation comme temporaire et donc ne vont pas sur-réagir par une hausse des taux", commente Frédéric Rozier.

"Nous anticipons que la Fed laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de cette semaine", estime aussi Bénédicte Kukla, stratégiste en chef chez Indosuez Wealth Management

"Il est probable que l'inflation dépasse temporairement les 3% d'ici la fin 2026 (...) Malgré ces tensions, nous n'anticipons pas de modification des taux directeurs de la BCE cette semaine — trop tôt", ajoute Mme Kukla.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur les emprunts émis par les États pour financer leurs dettes reculaient, après avoir bondi aux premiers jours du conflit.

Aux alentours de 17H00 GMT, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, se maintenait à 2,90% contre 2,95% la veille. Il évoluait autour de 2,64% avant la guerre.

Son équivalent français affichait un rendement à 3,55% contre 3,61% lundi en clôture (et contre 3,22% avant le début du conflit).

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, l'échéance la plus scrutée, se maintenait à 4,19%.

La Banque centrale australienne (RBA) a de son côté relevé mardi son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, invoquant la "forte hausse des prix des carburants".

 


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.