L'épidémie s'emballe, le Royaume-Uni plonge dans un long et dur confinement

 Sous pression, le Premier ministre Boris Johnson a étendu à toute l'Angleterre les confinements locaux en vigueur et fermé les écoles (Photo, AFP).
Sous pression, le Premier ministre Boris Johnson a étendu à toute l'Angleterre les confinements locaux en vigueur et fermé les écoles (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 06 janvier 2021

L'épidémie s'emballe, le Royaume-Uni plonge dans un long et dur confinement

  • Le Bureau national des statistiques estime que plus de 1,12 million de personnes étaient infectées par le virus en Angleterre la semaine dernière
  • Une telle propagation du virus laisse augurer pour les semaines à venir de nombreuses admissions dans des hôpitaux déjà au bord de la rupture et une aggravation du bilan

LONDRES: Face à la flambée du nouveau variant du coronavirus, les Britanniques ont amorcé mardi un long et dur confinement, que le gouvernement promet de mettre à profit pour vacciner près de 14 millions de personnes d'ici mi-février.

Chiffrant la gravité de la situation, le Bureau national des statistiques estime que plus de 1,12 million de personnes étaient infectées par le virus en Angleterre la semaine dernière, soit un habitant sur cinquante. Plus de 60 000 cas ont été recensés mardi au Royaume-Uni.

Une telle propagation du virus laisse augurer pour les semaines à venir de nombreuses admissions dans des hôpitaux déjà au bord de la rupture et une aggravation du bilan, déjà l'un des plus lourds d'Europe (plus de 76 000 morts).

Sous pression, le Premier ministre Boris Johnson a étendu à toute l'Angleterre les confinements locaux en vigueur et fermé les écoles.

L'Ecosse est aussi entrée dans un confinement du même type pour au moins tout le mois de janvier. Déjà confinés, Pays de Galles et Irlande du Nord ont décidé de laisser les enfants à la maison.

Face à ce nouveau « sacrifice » pour la population, le chef du gouvernement a promis mardi « la plus grande transparence possible » pour montrer qu'il utilise « chaque seconde de ce confinement » pour déployer le « bouclier invisible » du vaccin autour des plus âgés et des plus vulnérables.

« Réaliste mais pas facile »

Elles sont déjà plus de 1,3 million à avoir été vaccinées dans tout le Royaume-Uni, dont plus de 650 000 de plus de 80 ans, soit 23% de cette tranche d'âge en Angleterre, a-t-il annoncé lors d'une conférence de presse.

Près de 1 000 sites de vaccination sont opérationnels, avant le recours dans les prochains jours aux écoles, stades et centres de conférences, selon Boris Johnson.

Dans une allocution au ton solennel, faisant écho à l'annonce du confinement par le Premier ministre la veille, le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer a exhorté le gouvernement à mettre sur pied un programme de vaccination « 24 heures sur 24 ». Etrillant les « erreurs » du gouvernement, il a néanmoins réitéré son soutien au confinement face à un virus « hors de contrôle ».

Pour alléger la pression sur les hôpitaux anglais, où le nombre de patients atteints par le virus frôle les 27 000, bien plus que le pic de la première vague, les autorités espèrent vacciner d'ici mi-février tous les plus de 70 ans et les soignants, soit près de 14 millions de personnes.

Objectif « réaliste mais pas facile », aux yeux du médecin-chef pour l'Angleterre Chris Whitty. La campagne est désormais menée avec deux vaccins, le Pfizer/BioNTech et l'AstraZeneca/Oxford. 

Nilay Shah, chef du département de Génie chimique à l'Imperial College de Londres, a jugé « possible d'atteindre des niveaux de vaccination de 300 000 à 500 000 doses par jour », moyennant « beaucoup de coordination ».  

 Situation « chaotique »

En Angleterre, « début mars, nous devrions pouvoir lever certaines de ces restrictions mais pas nécessairement toutes », a prévenu Michael Gove, chargé de la coordination de l'action du gouvernement britannique, sur Sky News. 

Légalement, le confinement entre en vigueur mercredi à 00H01 locales et GMT, mais Boris Johnson avait appelé lundi soir la population à suivre les règles immédiatement. Le Parlement en débattra mercredi.

Les sorties ne sont autorisées que pour des raisons essentielles, comme faire des courses, aller travailler quand c'est impossible de la maison ou pour raisons médicales. 

Comme lors du premier confinement au printemps et contrairement au deuxième en novembre, les écoles ont fermé dès mardi, après que certaines ont ouvert pour un seul jour la veille. 

Jerry Glazier, un porte-parole du syndicat d'enseignants NEU, a déploré une situation « chaotique » et une décision de « dernière minute » qui était réclamée de longue date.  

A Londres, les rues sont quasi désertes. « Je ne sais pas si les gens vont pouvoir faire ce dernier effort », s'inquiète Alex, retraité de 65 ans interrogé, critique envers la gestion de la crise.

Pour soutenir les centaines de milliers d'entreprises déjà malmenées par les précédentes restrictions, comme les commerces et restaurants, le gouvernement britannique a annoncé 4,6 milliards de livres (5,1 milliards d'euros) de nouvelles aides. 


Les tensions au Moyen-Orient occupent le devant de la scène à Davos

Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
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  • Pour sa 56e édition, la réunion annuelle du WEF devrait attirer environ 3 000 participants de plus de 130 pays
  • La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, partagera les expériences réussies du Royaume dans le cadre de Vision 2030

DAVOS : Des dirigeants mondiaux, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires arrivent dans la ville suisse de Davos, recouverte de neige, pour le Forum économique mondial 2026, que les organisateurs ont qualifié de "l'un des rassemblements de plus haut niveau de l'histoire de l'événement".

La réunion de cette année, qui se tiendra du 19 au 23 janvier, abordera une série de défis géopolitiques urgents, de la guerre en Ukraine aux tensions croissantes au Moyen-Orient, où de nombreux points chauds à Gaza, au Liban et sur la mer Rouge ont ravivé les craintes d'une escalade régionale plus large.

Placé sous le thème "Un esprit de dialogue", le forum se tient à un moment de fragmentation mondiale sans précédent, d'inégalités économiques croissantes et de changements technologiques perturbateurs, offrant une plateforme pour favoriser la coopération mondiale afin de faire face aux grandes incertitudes.

Le forum de cette année devrait attirer un nombre record de participants gouvernementaux : 400 dirigeants politiques de premier plan, six dirigeants du G7, près de 850 PDG et présidents de conseils d'administration parmi les plus importants au monde, et près de 100 licornes et pionniers de la technologie de premier plan sont attendus.

Le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi, le président syrien Ahmad Al-Sharaa et Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement marocain, figurent parmi les 65 chefs d'État qui participeront à cet événement de premier plan.

La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, comprendra la princesse Reema Bandar Al-Saud, ambassadrice d'Arabie saoudite aux États-Unis, Khalid Al-Falih, ministre de l'investissement, Bandar Alkhorayef, ministre de l'industrie et des ressources minérales, Ahmed Al-Khateeb, ministre du tourisme, Faisal Alibrahim, ministre de l'économie et de la planification, Abdullah Al-Swaha, ministre des communications et des technologies de l'information, et Mohammed Al-Jadaan, ministre des finances.

Les ministres engageront un dialogue avec des leaders mondiaux, tout en partageant les expériences réussies du Royaume dans le cadre de la Vision saoudienne 2030, selon un communiqué du ministère de l'économie et de la planification.

En marge du WEF, le ministère accueillera pour la deuxième année consécutive le pavillon de la Maison saoudienne, qui réunira des leaders d'opinion internationaux pour plus de 20 sessions axées sur les principales tendances et les défis qui façonnent l'économie mondiale.

Borge Brende, président-directeur général du FEM, a déclaré que la réunion de cette année serait "l'une des plus importantes", soulignant que "le dialogue n'est pas un luxe en période d'incertitude ; c'est une nécessité urgente".

Le forum mondial "offrira un espace à un mélange inégalé de dirigeants et d'innovateurs mondiaux pour dépasser les divisions, se faire une idée d'un paysage mondial en évolution rapide et proposer des solutions aux défis les plus importants et les plus pressants d'aujourd'hui et de demain", a ajouté M. Brende.


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.


Les candidats à un siège permanent au «Conseil de paix» de Trump doivent verser un milliard de dollars 

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
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  • Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces"
  • "Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits"

BRUXELLES: Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces", selon la "charte" obtenue lundi par l'AFP.

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger.