A Hong Kong, les milieux d'affaires s'inquiètent du projet de nouvelle loi sur la sécurité

Une jeune fille distribue des rubans jaunes contre la loi controversée de l'article 23 lors d'une manifestation à Hong Kong le 9 juillet 2003 (Photo, AFP).
Une jeune fille distribue des rubans jaunes contre la loi controversée de l'article 23 lors d'une manifestation à Hong Kong le 9 juillet 2003 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 11 mars 2024

A Hong Kong, les milieux d'affaires s'inquiètent du projet de nouvelle loi sur la sécurité

  • En 2003, une précédente tentative d'introduire une loi sur la sécurité nationale avait suscité un rejet massif
  • Le texte, présenté vendredi au Conseil législatif de la ville, prévoit des infractions telles que la trahison et l'insurrection, passibles de la prison à vie

HONG KONG: Le projet de nouvelle loi sur la sécurité nationale porté par les autorités hongkongaises suscite craintes et questionnements au sein des milieux d'affaires du territoire en raison du flou juridique entourant sa mise en œuvre.

Le texte, présenté vendredi au Conseil législatif de la ville, prévoit des infractions telles que la trahison et l'insurrection, passibles de la prison à vie.

Le gouvernement a annoncé son intention d'adopter le projet de loi dès que possible afin de combler les lacunes législatives laissées par la loi sur la sécurité nationale imposée à Hong Kong par Pékin en 2020, après les manifestations pro-démocratie massives de l'année précédente dans le territoire.

Les autorités affirment qu'il est de leur responsabilité constitutionnelle d'adopter une législation nationale en matière de sécurité conformément à la loi fondamentale de Hong Kong, une mini-constitution qui régit la ville depuis qu'elle a été rétrocédée à la Chine par le Royaume-Uni en 1997.

Mais le territoire entre dans des "eaux inconnues, non explorées" avec la loi proposée, relève auprès de l'AFP Kristian Odebjer, président de la Chambre de commerce suédoise à Hong Kong.

Les infractions comprennent la trahison, l'insurrection, l'espionnage et le vol de secrets d'Etat, l'atteinte à la sécurité nationale et l'ingérence extérieure.

Les définitions sont "vagues", observe M. Odebjer, notamment en ce qui concerne le vol de secrets d'Etat, qui comprend les renseignements de défense mais aussi les informations sur les développements économiques, sociaux et technologiques de la ville.

"Cela pourrait avoir un impact négatif sur les activités dans lesquelles certains de nos membres s'engagent, comme la recherche et les activités de due diligence (consultation des comptes, NDLR)", selon M. Odebjer.

Ces activités "contribuent, voire sont nécessaires, au bon fonctionnement d'un centre financier et d'une économie de marché comme Hong Kong", a-t-il souligné.

Selon le dirigeant de la ville, John Lee, un ancien policier sanctionné par les Etats-Unis, le nouveau texte, connu sous le nom d'article 23 de la loi fondamentale, agira comme "une serrure efficace pour empêcher les cambrioleurs".

Il complétera la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin, qui couvre quatre crimes majeurs : la sécession, la subversion, le terrorisme et la collusion avec des forces étrangères.

«Ligne rouge»

Pour un économiste travaillant pour une banque internationale, le principal problème "est que, de plus en plus souvent, on ne sait pas vraiment où se trouve la ligne rouge".

Les banques, les entreprises et les investisseurs s'appuient régulièrement sur des recherches, des données économiques et des rapports de "due diligence" qui pourraient être considérés comme des "secrets d'Etat".

Le barreau de Hong Kong a recommandé au gouvernement de veiller à ce que "les secrets commerciaux légitimes... ne tombent pas par inadvertance dans le champ d'application" de l'infraction relative aux secrets d'Etat.

Il a également fourni un exemple fictif d'une entreprise effectuant des recherches sur les "carburants d'appoint" pour véhicules, et découvrant par la suite qu'ils peuvent être utilisés pour les fusées et missiles.

L'entreprise "doit-elle continuer à détenir ces secrets, sachant que la possession illégale de secrets d'Etat est un délit?", s'est interrogé le barreau.

Le «pire» des mondes 

En 2003, une précédente tentative d'introduire une loi sur la sécurité nationale avait suscité un rejet massif.

Des centaines de milliers de Hongkongais avaient protesté contre ce qu'ils considéraient comme une érosion des libertés que Pékin avait promis de maintenir à Hong Kong pendant 50 ans après la rétrocession, en vertu de la doctrine "un pays, deux systèmes".

Aujourd'hui, quatre ans après la promulgation de la loi imposée par Pékin, une grande partie de l'opposition et des militants pro-démocratie ont été arrêtés, réduits au silence ou ont fui à l'étranger.

"En résumé, ils ont pris le pire du droit pénal de la Chine continentale, le pire des lois antiterroristes des pays anglophones de l'après-11 septembre et le pire du droit colonial", souligne auprès de l'AFP un diplomate qui a requis l'anonymat en raison du caractère sensible de la question.

Selon lui, la décision des entreprises internationales de s'installer à Hong Kong était due à la doctrine "un pays, deux systèmes", qui permet à la ville d'être régie par un système juridique calqué sur la "common law" britannique plutôt que par le système juridique opaque de la Chine continentale.

"Aujourd'hui, il semble que la frontière entre les deux systèmes devienne de plus en plus ténue", observe le diplomate.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


Plan d'économies à La Provence (CMA Média), avec de possibles départs

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable. (AFP)
  • Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies
  • Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels)

MARSEILLE: CMA Média prévoit un plan d'économies au quotidien La Provence, pouvant comporter de 20 à 30 départs y compris à la rédaction, a-t-on appris mardi de sources concordantes au sein du journal marseillais, le groupe cherchant déjà à vendre les antennes locales de BFMTV.

Détenu par l'armateur CMA CGM, du milliardaire Rodolphe Saadé, CMA Media cible 20 millions d'euros d'économies, avec notamment un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM. L'annonce d'une mise en vente des neuf chaînes locales de BFM avait provoqué une grève largement suivie.

Contacté par l'AFP, Jean-Louis Pelé, directeur général du groupe La Provence évoque "entre 20 et 30 postes susceptibles d'être revisités" dans le cadre d'un dispositif de GEPP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), existant depuis 2023, confirmant une information du média d'investigation La Lettre.

Cherchant à "réaliser entre 1,5 et deux millions d'économies", la direction explore plusieurs pistes. "On va tout repeigner, contrats de prestations, coûts de papier, déplacements...", dit-il.

Les détails du plan d'économies, qui concerne le quotidien La Provence, la société de distribution et la régie publicitaire, doivent être arrêtés pour la fin d'année, relève le responsable.

"Tout ça se fait dans le cadre de notre stratégie de retour à l'information de proximité, mais dans une contrainte économique forte", poursuit M. Pelé. Car malgré un "redressement de la diffusion, notamment avec les municipales" en mars, le groupe a connu "un décrochage publicitaire."

Le syndicat SNJ La Provence évoque également "de nouveaux départs" dans le cadre de la GEPP. "Si tout reste à définir, entre 20 et 30 personnes pourraient être cette fois-ci ciblées" dont du personnel de la rédaction, selon un communiqué du SNJ consulté par l'AFP.

"La cartographie n'est pas faite, ça ne se fera pas avant la rentrée. Donc pour l'instant, c'est un peu prématuré", indique sous couvert d'anonymat un membre du CSE, rappelant que l'entreprise compte près de 300 salariés, pour moitié des journalistes.

D'après le SNJ, "l'enchaînement des GEPP, qui sont à l'origine des outils pour transformer les entreprises, ne saurait être à lui seul une stratégie". Dénonçant "un plan social déguisé", le syndicat souligne "qu'une personne partie grâce à cet outil ne peut pas être remplacée."

Via CMA Media, CMA CGM détient la chaîne télé d'information continue BFMTV, la radio RMC, les chaînes télé RMC Découverte, RMC Story et RMC Life, les journaux La Tribune/La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin, ainsi que le média vidéo en ligne Brut.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.