Frankly Speaking: Quels sont les défis auxquels doit faire face le nouveau Premier ministre pakistanais?

Le Dr Ali Awadh Asseri, ancien ambassadeur de l’Arabie saoudite auprès du Liban et du Pakistan, s’adresse à l’animatrice de l’émission d’actualités Frankly Speaking d’Arab News, Katie Jensen. (Photo AN)
Le Dr Ali Awadh Asseri, ancien ambassadeur de l’Arabie saoudite auprès du Liban et du Pakistan, s’adresse à l’animatrice de l’émission d’actualités Frankly Speaking d’Arab News, Katie Jensen. (Photo AN)
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Publié le Lundi 11 mars 2024

Frankly Speaking: Quels sont les défis auxquels doit faire face le nouveau Premier ministre pakistanais?

  • M. Sharif a été élu Premier ministre du Pakistan pour la deuxième fois le 3 mars, après avoir obtenu deux cent une voix au Parlement nouvellement formé
  • Les élections ont eu lieu le mois dernier dans un contexte d’inflation galopante, de chômage élevé, de pénurie d’énergie et de hausse du coût des produits de première nécessité

DUBAÏ: Un diplomate saoudien chevronné et observateur attentif de la politique pakistanaise se dit «très optimiste» quant à l’avenir du pays sous la direction de Shehbaz Sharif, le nouveau Premier ministre. 

Invité de l’émission hebdomadaire d’actualités Frankly Speaking d’Arab News, le Dr Ali Awadh Asseri espère également que le résultat des élections de 2024 renforcera les relations déjà solides entre le Pakistan et l’Arabie saoudite. 

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Le Dr Ali Awadh Asseri, ancien ambassadeur de l’Arabie saoudite auprès du Liban et du Pakistan, s’adresse à l’animatrice de l’émission d’actualités Frankly Speaking d’Arab News, Katie Jensen. (Photo AN) 

M. Sharif a été élu Premier ministre du Pakistan pour la deuxième fois le 3 mars, après avoir obtenu deux cent une voix au Parlement nouvellement formé. Les élections ont eu lieu le mois dernier dans un contexte d’inflation galopante, de chômage élevé, de pénurie d’énergie et de hausse du coût des produits de première nécessité. 

«Shehbaz Sharif est une personne très expérimentée. Il a été ministre en chef du Pendjab, la plus grande province du Pakistan. Il est doté d’une solide expérience et il semble s’être entouré, jusqu’à présent, d’une très bonne équipe professionnelle», soutient le Dr Asseri, qui a été ambassadeur d’Arabie saoudite auprès du Pakistan de 2001 à 2009. 

Guider le Pakistan à travers ses difficultés économiques ne sera pas une tâche facile. Le pays croule sous le poids de dettes extérieures et intérieures qui s’élèvent à plus de 270 milliards de dollars (1 dollar = 0,92 euro), selon un rapport de février du groupe de réflexion Tabadlab, basé à Islamabad. 

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Shehbaz Sharif, nouveau Premier ministre pakistanais et chef de la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N), a occupé le poste de ministre en chef du Pendjab, la plus grande province du pays. (AFP) 

Une série d'inondations en 2022, dont la Banque mondiale estime qu'elles ont causé plus de 30 milliards de dollars de dégâts et de pertes économiques, est venue aggraver les difficultés du Pakistan. Le pays ne s'en est pas encore remis. 

Le Dr Ali Awadh Asseri considère M. Sharif comme l’homme politique le plus à même de diriger le Pakistan dans ces circonstances grâce à «son expérience, son patriotisme, sa loyauté envers son pays et son acceptation par la plupart des gens». 

«La personnalité de Shehbaz Sharif et sa loyauté envers son pays sont des éléments qui m’incitent à faire preuve d’optimisme et à espérer que ses qualités porteront leurs fruits», déclare-t-il à Katie Jensen, l’animatrice de Frankly Speaking

Il poursuit: «Nous espérons que le Pakistan se relèvera et saura gérer son économie. Tel était, me semble-t-il, le slogan lors des élections.» 

M. Sharif a ordonné l’ouverture immédiate de négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) concernant un programme de facilité de financement élargi qui fournirait une aide financière et une période de remboursement plus longue. 

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Des vendeurs ambulants proposent des collations le long de la promenade de Karachi, au Pakistan, le 3 février 2024. Le Pakistan croule sous le poids de dettes extérieures et intérieures qui s’élèvent à plus de 270 milliards de dollars. (AFP) 

Le FMI a accordé vingt-deux prêts au Pakistan depuis la création du pays, ce qui a permis d’éviter les défauts de remboursement des prêts et d’obtenir un accord de confirmation à 3 milliards de dollars du fonds l’année dernière. 

«Je pense que le Pakistan bénéficiera de l’aide du FMI. Le gouvernement est digne de confiance et professionnel, donc je crois que leurs négociations avec le FMI ne seront pas aussi difficiles que dans le passé sans gouvernement», précise le Dr Asseri. 

«Ils sont expérimentés et ils savent quoi faire... je constate de grands progrès dans la sélection des ministres. La pertinence est très importante lorsque vous nommez un ministre à ce poste. Espérons que tout ira pour le mieux.» 

Le Dr Ali Awadh Asseri souligne la nécessité pour Shehbaz Sharif d’adopter une approche multidimensionnelle de la reprise économique, avec une exploitation accrue des ressources, l’industrialisation et le développement d’un commerce et d’investissements internationaux forts. 

«Il y a beaucoup de ressources au Pakistan qui n’ont pas du tout été exploitées (l’industrie manufacturière, à titre d’exemple). L’une des meilleures villes industrielles que j’ai pu observer est Sialkot où sont produits les ballons de la Fifa», indique le Dr Asseri. 

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La fabrication d’armes est considérée comme l’un des points forts de l’économie pakistanaise. (AFP) 

«Ils ont des produits. Ils fabriquent du matériel chirurgical. Donc, s’ils pouvaient se concentrer sur ces éléments et les améliorer, puis attirer des investissements, qu’ils proviennent d’Arabie saoudite ou des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), cela serait très bénéfique.» 

La réélection de M. Sharif intervient après des années de troubles politiques, qui ont commencé en 2022, lorsque Imran Khan a été démis de ses fonctions et emprisonné pour corruption. Cette année-là, la Ligue musulmane du Pakistan – dirigée par Nawaz Sharif, ancien Premier ministre – s’est associée au Parti du peuple pakistanais pour évincer M. Khan de son poste de Premier ministre et installer Shehbaz Sharif comme son successeur. 

Imran Khan et ses partisans affirment que le mandat du peuple a été volé lors des élections du 8 février. Les candidats soutenus par de dernier ont obtenu des résultats remarquables, remportant quatre-vingt-treize sièges, même s’il a fait l’objet de nombreuses accusations criminelles et qu’il a été interdit de tout mandat dans la fonction publique. 

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Des partisans du parti Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) brandissent des portraits de l’ancien Premier ministre pakistanais, Imran Khan, alors qu’ils protestent au sujet des allégations de fraude lors des élections nationales au Pakistan, à Peshawar, le 10 mars 2024. (AFP) 

Interrogé sur l'équité et la transparence des élections, le Dr Ali Awadh Asseri répond: «J’ai passé neuf ans au Pakistan et, lors de chaque élection, l’opposition avait le même slogan. La question qui se pose est la suivante: qui va aider le Pakistan?» 

«Certes, l’opposition trouvera toujours à redire à propos du gouvernement, qu’il s’agisse d’Imran Khan ou de tous les autres.» 

Le Dr Asseri estime que la lutte contre la corruption et l’instauration d’une bonne gouvernance sont nécessaires pour restaurer la confiance du peuple pakistanais dans ses dirigeants et ses responsables. 

Une enquête Gallup, menée le mois dernier, révèle que près de 70% des Pakistanais se méfient des élections de leur pays, 88% de la population estimant que la corruption est répandue au Pakistan. 

«Je pense que, dans le passé, la gouvernance n’était pas aussi bonne et professionnelle qu’elle aurait dû l’être», précise-t-il. 

«Le peuple pakistanais sait exactement ce qui peut l’aider à redresser son économie. Sa monnaie a perdu beaucoup de valeur au cours des trois ou quatre dernières années. La réponse à ces problèmes passe par une bonne gouvernance et l’évolution dont nous sommes aujourd’hui témoins me rend très optimiste.» 

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Les réserves de change désespérément faibles du Pakistan ont été renforcées, en juillet 2023, grâce à un dépôt de 2 milliards de dollars de l’Arabie saoudite, avant une réunion décisive du FMI pour approuver un accord de secours. (AFP) 

Le Dr Ali Awadh Asseri espère également que le résultat des élections renforcera encore plus la relation entre le Pakistan et l’Arabie saoudite – une relation auparavant consolidée et continuellement alimentée par une foi commune. 

«Avec le Pakistan, le fondement de la relation est la force de notre foi. Les Pakistanais forment, par ailleurs, une société musulmane très conservatrice», souligne-t-il. 

Le Dr Asseri se souvient d’une époque où l’un des imams de la Grande Mosquée de La Mecque était en visite au Pakistan. «Cinq cent mille personnes priaient derrière lui, même à l’extérieur de la mosquée d’Islamabad», rapporte-t-il. «Cela reflétait sans doute leur amour et leur affection envers les Lieux saints et l’Arabie saoudite.» 

Il poursuit: «L’Arabie saoudite et le Pakistan entretiennent vraiment d’excellentes relations, depuis 1943, avant même que le Pakistan ne devienne le Pakistan. Le roi Abdelaziz et ses fils se sont rendus à Karachi lorsqu’ils ont subi des inondations pour aider le Pakistan. Avec chaque nouveau dirigeant, leur relation se développe: c’est une relation de peuple à peuple.» 

Lors des inondations dévastatrices de 2022, le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane d’Arabie saoudite a envoyé de grandes quantités d’aide par voie aérienne vers les régions les plus touchées du Pakistan. 

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Dix vols saoudiens chargés de divers biens de secours ont acheminé l’aide et les colis ont été remis à l’Autorité nationale de gestion des catastrophes. (Agence de presse saoudienne) 

Alors que les fortes pluies de cette semaine provoquent des inondations catastrophiques dans le sud-ouest du Pakistan, le centre a une fois de plus organisé des livraisons d’aide humanitaire – 873 tonnes, dont neuf mille colis alimentaires et neuf mille kits d’abris – pour secourir plus de soixante-trois mille personnes victimes des inondations. 

«L’Arabie saoudite n’a jamais laissé tomber le Pakistan en cette période difficile», déclare le Dr Ali Awadh Asseri, soulignant que le prince héritier, Mohammed ben Salmane, s’était rendu au Pakistan à plusieurs reprises «parce qu’il est conscient de l’importance du Pakistan et de notre relation avec le pays». 

À l’avenir, les relations saoudo-pakistanaises pourraient apporter de grands avantages économiques aux deux pays, affirme-t-il. 

Faisant référence au fonds souverain d’Arabie saoudite, il déclare: «Nous avons le Fonds public d’investissement (PIF). Il pourrait investir dans de grandes usines au Pakistan et les moderniser en vue d’une plus grande production.» 

«De nombreux domaines peuvent être exploités avec l’aide des dirigeants dynamiques d’Arabie saoudite et notre stratégie économique. Je pense que nous pouvons aider davantage le Pakistan et qu’il s’aidera aussi.» 

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Des ouvriers moulent des tiges d’acier en fusion dans une aciérie d’Islamabad le 9 février 2023. Le 9 février, le gouvernement pakistanais restait engagé dans des négociations cruciales avec le FMI pour le déblocage d’un plan de sauvetage financier le dernier jour prévu de la visite du prêteur mondial. (AFP) 

Lorsqu’on lui demande quels conseils il donnerait à M. Sharif du point de vue saoudien, le Dr Asseri joue la carte de la franchise: «Examinez l’économie pour trouver la corruption. Essayez de moderniser les villes industrielles, car elles disposent de très bons matériaux. Attirez les investissements. L’économie est la réponse pour aider les Pakistanais et le Pakistan.» 

Le Dr Ali Awadh Asseri s’attarde également sur l’hostilité de longue date entre le Pakistan et son voisin, l’Inde. Il a déjà écrit sur les avantages potentiels de la coopération entre les deux pays. Aujourd’hui, souligne-t-il, de meilleures relations sont encore possibles. 

«Ce qu’il faut, c’est réduire les tensions entre les deux pays, car il y a des liens de parenté entre des familles au Pakistan et d’autres en Inde. Il faut améliorer l’accès et les déplacements entre le Pakistan et l’Inde, pour faciliter les accords commerciaux entre les deux pays.» 

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Les Rangers pakistanais (en noir) et les soldats de la Force de sécurité des frontières indiennes participent à la cérémonie «Battre en retraite» au poste-frontière pakistano-indien de Wagah. Ali Awadh Asseri, ancien envoyé saoudien à Islamabad, affirme que le Pakistan et l’Inde pourraient mutuellement bénéficier d’un apaisement des tensions et d’une coopération accrue. (AFP) 

«Nous espérons que cela conduira à une discussion très constructive entre les deux pays et, à terme, à la paix et à la stabilité.» 

Le Dr Asseri ne doute pas que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) puissent jouer un rôle central dans la médiation entre le Pakistan et l’Inde. 

L’Arabie saoudite et les EAU «entretiennent de très bonnes relations avec les deux pays, l’Inde et le Pakistan», ajoute-t-il. 

«C’est tout un processus qui ne peut pas vraiment se faire en peu de temps. Le processus aboutit finalement à un bon compromis, à une bonne solution entre les deux pays.» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 

 


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.


Les candidats à un siège permanent au «Conseil de paix» de Trump doivent verser un milliard de dollars 

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
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  • Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces"
  • "Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits"

BRUXELLES: Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces", selon la "charte" obtenue lundi par l'AFP.

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger.

 

 


Espagne: au moins 21 morts et des dizaines de blessés dans une collision entre deux trains

La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".. (AFP)
La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".. (AFP)
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  • Les images diffusées à la télévision publique montraient les deux trains entourés d'une foule de personnes et d'ambulances, tandis que les services d'urgence s'efforçaient de venir en aide aux nombreux blessés
  • Selon le ministre, "les derniers wagons d'un train" de la compagnie Iryo, parti de Malaga, en Andalousie (sud), pour rallier Madrid, "ont déraillé" près d'Adamuz, à près de 200 km au nord de Malaga, entrant en collision avec un train

MADRID: Un accident ferroviaire impliquant deux trains à grande vitesse a fait dimanche au moins 21 morts et une trentaine de blessés graves dans le sud de l'Espagne, selon la Garde civile, après une collision très violente qui a projeté des wagons hors des rails.

Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a souligné sur le réseau social X que "le choc a été terrible".

"Toutes les personnes blessées nécessitant des soins hospitaliers ont été évacuées", a-t-il déclaré ensuite lors d'un point presse tôt lundi matin. "On parle de 30 personnes blessées gravement qui ont été transférées dans des hôpitaux", a-t-il précisé.

Les images diffusées à la télévision publique montraient les deux trains entourés d'une foule de personnes et d'ambulances, tandis que les services d'urgence s'efforçaient de venir en aide aux nombreux blessés.

Selon le ministre, "les derniers wagons d'un train" de la compagnie Iryo, parti de Malaga, en Andalousie (sud), pour rallier Madrid, "ont déraillé" près d'Adamuz, à près de 200 km au nord de Malaga, entrant en collision avec un train de la compagnie nationale Renfe qui circulait dans le sens inverse sur une voie adjacente en direction de Huelva.

La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a-t-il poursuivi, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".

La Garde civile a indiqué à l'AFP, dans un dernier bilan, qu'il y avait au moins 21 morts, les autorités régionales andalouses évoquant au moins 73 blessés, dont six très graves, et "une nuit (qui s'annonce) très difficile".

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a évoqué "une nuit de profonde douleur" après "le tragique accident ferroviaire". Il a précisé suivre de près les opérations, le gouvernement central à Madrid "collabor(ant) avec les autres autorités compétentes" mobilisées sur place.

De son côté, la famille royale espagnole a fait part dans un communiqué de sa "grande inquiétude" à la suite de ce "grave accident".

"Tout est complètement détruit", a déclaré Francisco Carmona, chef des pompiers de Cordoue, à la chaîne de télévision publique TVE.

"Nous avons même dû déplacer des corps pour pouvoir accéder à des personnes vivantes", a-t-il ajouté.

"Un film d'horreur" 

"On se croirait dans un film d'horreur", a raconté un passager, Lucas Meriako, qui se trouvait à bord du train Iryo, à la chaîne La Sexta.

"Il y a eu un choc très violent à l'arrière et l'impression que tout le train allait se disloquer (...) De nombreuses personnes ont été blessées par des éclats de verre", a-t-il dit.

C'est comme si "un tremblement de terre" avait secoué le wagon, a témoigné de son côté un journaliste de la radio publique RNE qui voyageait dans l'un des deux trains, à la télévision publique TVE.

Les occupants du wagon ont pris les marteaux de secours pour briser les vitres et commencer à sortir du convoi, a-t-il encore raconté.

Selon des médias espagnols, plus de 300 personnes se trouvaient dans le train d'Iryo et plus de 100 dans l'autre train de Renfe.

Dans la grande gare madrilène d'Atocha, des "équipes de soutien vont être déployées pour accompagner les familles" des personnes touchées, a annoncé la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso.

Le président français Emmanuel Macron a adressé ses "pensées" aux victimes de l'accident, évoquant "une tragédie" et promettant le soutien de la France à l'Espagne.

Face à la situation, "le trafic de trains à grande vitesse entre Madrid et Cordoue, Séville, Malaga et Huelva (des villes dans le sud de l'Espagne, ndlr) sera interrompu au moins toute la journée du lundi 19 janvier", a, par ailleurs, indiqué sur X le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif).