TikTok et sa «sauce secrète» pris dans la querelle entre Chine et Etats-Unis

Shou Zi Chew, PDG de TikTok, s'adresse aux journalistes devant le bureau du sénateur John Fetterman (D-PA) au Russell Senate Office Building, le 14 mars 2024 à Washington, DC (Photo, AFP).
Shou Zi Chew, PDG de TikTok, s'adresse aux journalistes devant le bureau du sénateur John Fetterman (D-PA) au Russell Senate Office Building, le 14 mars 2024 à Washington, DC (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 20 mars 2024

TikTok et sa «sauce secrète» pris dans la querelle entre Chine et Etats-Unis

  • Les élus américains s'inquiètent de l'éventuel accès des autorités chinoises aux données des utilisateurs américains de TikTok
  • TikTok a rejeté ces accusations, disant avoir dépensé 1,5 milliard de dollars pour son «Projet Texas»

SEOUL: Une proposition de loi américaine pour séparer TikTok de sa maison-mère chinoise doit passer devant le Sénat à Washington, mais les experts estiment que la réponse de Pékin à une vente forcée de l'application - et de son algorithme, sa "sauce secrète" - sera claire: pas question.

La proposition de loi a été adoptée la semaine dernière par la Chambre américaine des représentants. Le texte prévoit de contraindre la maison-mère de la plateforme de partage de brèves vidéos, la société chinoise ByteDance, à vendre TikTok, sous peine d'interdiction aux États-Unis.

Mais Pékin ne veut pas d'un tel précédent, d'autant que l'algorithme suscite l'envie de ses concurrents, jugent les experts.

"Ce genre de menace est comme un vol", selon  Mei Xinyu, un économiste basé à Pékin. "Tout bien considéré, les réactions du gouvernement chinois ont pour le moment été très modérées. (...) Ce que le gouvernement américain propose va beaucoup trop loin".

Les élus américains s'inquiètent de l'éventuel accès des autorités chinoises aux données des utilisateurs américains de TikTok ainsi qu'à sa capacité à faire de la propagande sur la plateforme.

TikTok a rejeté ces accusations, disant avoir dépensé 1,5 milliard de dollars (1,38 milliard d'euros) pour son "Projet Texas", le stockage aux États-Unis des données des utilisateurs américains.

Mais de nombreux parlementaires et des agences de sécurité américains, dont le FBI, ne sont pas convaincus.

Pour certains, les données ne sont qu'une partie du problème et il est essentiel que l'algorithme qui produit des recommandations personnalisées pour les utilisateurs soit déconnecté de ByteDance.

«La sauce secrète»

Cet algorithme fournissant des contenus sur mesure a contribué au succès stratosphérique de TikTok depuis le lancement de l'application à l'international en 2017.

Ses caractéristiques précises restent un secret jalousement gardé, mais elles ont permis à TikTok d'atteindre le milliard d'utilisateurs en quatre ans. Facebook, en comparaison, a mis plus de huit ans pour faire pareil.

D'autres réseaux sociaux proposent des contenus sur mesure grâce à des algorithmes analysant les données des utilisateurs, mais pas avec autant de succès.

L'algorithme est "précieux car TikTok est addictif. Les gens passent plus de temps sur TikTok que sur d'autres réseaux sociaux", explique James Andrew Lewis, expert en technologies du Center for Strategic and International Studies (CSIS), un think-tank américain. "C'est la sauce secrète qui fait de TikTok un succès".

L'administration de l'ex-président américain Donald Trump (2017-2021) avait déjà cherché à faire interdire TikTok en 2020, et l'algorithme avait déjà été au cœur des discussions.

Cette année, le gouvernement chinois a désigné comme technologie protégée les algorithmes fournissant des recommandations basées sur l'analyse des données d'utilisateurs.

Aucune société en particulier n'a été nommée, mais pour l'économiste Mei Xinyu l'initiative est une conséquence des pressions américaines sur TikTok.

TikTok assure que grâce à son "Projet Texas", son algorithme de recommandation pour les utilisateurs américains est stocké avec leurs données dans des serveurs Oracle aux États-Unis.

Mais en janvier, le Wall Street Journal a affirmé que les employés de ByteDance en Chine mettaient si souvent à jour l'algorithme que le "Projet Texas" n'arrivait pas à suivre.

TikTok n'a pas répondu aux questions de l'AFP sur les informations du Wall Street Journal et sur le lieu où l'algorithme est mis à jour.

Son PDG Shou Zi Chew a déjà assuré que TikTok ne sera "manipulé par aucun gouvernement" et que jamais le gouvernement chinois n'a demandé de données d'utilisateurs américains.

Mais à Pékin, les autorités n'ont pas mâché leurs mots concernant la proposition de loi américaine, prévenant que la Chine prendrait toutes les mesures nécessaires pour défendre ses intérêts.

"Il y a le désir de préserver l'option d'une relation avec les services de renseignement, et il y a un peu de fierté nationaliste", analyse M. Lewis, du CSIS. "Certains sont juste fâchés que les Américains essaient de forcer la vente. Tout cela place Pékin en défense de ByteDance".

La Chine veut éviter une vente forcée pour protéger les sociétés du pays, selon Zhang Yi, fondateur de la société de recherches technologiques iiMedia, basée à Guangzhou (Chine): "Une fois le précédent posé, d'innombrables sociétés chinoises risqueraient le même sort à l'avenir".


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.