Les hôtels et restaurants de Jeddah réfléchissent à des moyens de réduire les déchets alimentaires

Les tentes du Ramadan Alfolk et Al-Mirkaz font partie des expériences qui donnent la priorité à la durabilité grâce à des pratiques telles que la réduction des déchets alimentaires et la promotion de la conscience environnementale. (Fournie)
Les tentes du Ramadan Alfolk et Al-Mirkaz font partie des expériences qui donnent la priorité à la durabilité grâce à des pratiques telles que la réduction des déchets alimentaires et la promotion de la conscience environnementale. (Fournie)
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Publié le Jeudi 21 mars 2024

Les hôtels et restaurants de Jeddah réfléchissent à des moyens de réduire les déchets alimentaires

  • Plusieurs établissements proposent des expériences d'iftar et de sahoor où la durabilité est au menu.
  • Tous les aliments intacts sont soigneusement conservés et rapidement collectés par l'équipe d'Etaam au profit des personnes dans le besoin.

DJEDDAH : De nombreux hôtels et restaurants de Jeddah mettent l'accent sur les pratiques de durabilité afin de rendre le Ramadan plus écologique.

Ces établissements travaillent activement à la réduction des déchets alimentaires et à la promotion de la conscience environnementale tout au long du mois.

Au Ritz-Carlton, le thème du Ramadan au Palace est "Bab Al-Bahr", ce qui signifie "Porte de la mer", s'inspirant de la proximité de l'hôtel avec la mer. Les portes de l'hôtel s'ouvrent directement sur la mer, incarnant l'essence de son emplacement côtier. Les hôtes peuvent se réjouir des luxueuses expériences d'iftar et de sahoor dans les grandes salles de bal, avec neuf stations de cuisine en direct offrant une large sélection d'entrées, de salades, de plats principaux et de desserts, ainsi qu'une station de mocktails dédiée.

Le directeur général Peter Katusak-Huzsvar a souligné la façon dont l'hôtel trouve un équilibre entre la création d'une atmosphère festive et le maintien de l'élégance avec le menu du Ramadan. Il a déclaré à Arab News : "L'élégance inhérente à la marque Ritz-Carlton se mêle parfaitement à la richesse des traditions du Ramadan dans notre superbe établissement, appelé à juste titre The Palace. Ce titre correspond parfaitement à notre engagement d'offrir une atmosphère royale et sophistiquée pendant le Ramadan.

"Nous trouvons habilement un équilibre, en assurant une ambiance de Ramadan tout en maintenant la plus grande sophistication dans nos offres de Ramadan. Nos stations méticuleusement sélectionnées reflètent ce mélange harmonieux, promettant une célébration qui transcende le plaisir culinaire en un voyage exquis d'indulgence raffinée." 

Mme Katusak-Huzsvar a également mentionné l'engagement de l'hôtel en faveur de la durabilité dans ses pratiques culinaires. En collaboration avec Etaam, une organisation caritative locale qui distribue de la nourriture aux nécessiteux, The Ritz-Carlton s'efforce de minimiser le gaspillage alimentaire. Tous les aliments intacts sont soigneusement conservés et rapidement collectés par l'équipe d'Etaam au profit des personnes dans le besoin. En outre, l'équipe culinaire défend avec passion le développement durable en privilégiant les produits et ingrédients d'origine locale, réduisant ainsi l'empreinte écologique tout en offrant une expérience gastronomique à la fois consciente et délicieuse.

De même, le Venue Jeddah Corniche propose une expérience d'iftar extraordinaire dans sa tente Subha Ramadan. Juan Uribe, directeur général de l'hôtel, a fait part de son enthousiasme pour cette expérience : "Nous sommes honorés d'inviter nos clients à se joindre à nous pour un voyage culinaire sans précédent pendant le mois sacré du Ramadan. Notre équipe a méticuleusement conçu un buffet d'iftar qui célèbre la diversité des saveurs tout en garantissant une expérience mémorable à chaque invité. Nous sommes impatients d'accueillir les familles, les amis et les collègues dans la tente Subha Ramadan et de créer des moments inoubliables ensemble".

M. Uribe a précisé que les invités peuvent déguster une variété de plats appétissants, notamment des mezze arabes, des salades, des viandes grillées, des fruits de mer, des options végétariennes et des desserts alléchants. La tente offre une ambiance sereine et élégante avec un éclairage chaleureux, des sièges confortables et des éléments traditionnels, créant un cadre parfait pour que les invités se plongent dans l'esprit du Ramadan.

Le Movenpick Hotel Tahlia Jeddah est un autre endroit idéal pour passer du bon temps avec sa famille et ses amis pendant le ramadan. L'hôtel offre une ambiance captivante pour l'iftar, avec une salle contemporaine et une superbe tente du Ramadan. Le menu varié proposant des cuisines hijazi et internationales, ainsi que des stations de cuisine en direct, ajoute à l'attrait de l'éclairage et de l'atmosphère. Monther Abou Alssil, directeur de la restauration, a déclaré : "Grâce à l'excellence culinaire et à un engagement en faveur de la durabilité, nous nous efforçons de créer des expériences gastronomiques inoubliables qui non seulement satisfont le palais, mais nourrissent également la planète."

La tente Alfolk Ramadan, située au Shangri-La Jeddah, offre une ambiance moderne et élégante. Les buffets de l'iftar et du sahoor présentent une fusion de saveurs moyen-orientales, européennes, chinoises et indiennes. Des concerts de oud et de violon rehaussent encore l'expérience des clients.

La tente du Ramadan d'Al-Mirkaz a fait son grand retour cette année avec un look frais et captivant qui transporte les clients dans un royaume de merveilles. La tente rayonne de sophistication et d'élégance, ornée de tissus luxueux, de lustres ornés et de motifs arabes traditionnels qui créent une atmosphère enchanteresse. Ils proposent une expérience culinaire qui explore les spécialités du Ramadan et les favoris internationaux.

Al folk et Al-Mirkaz accordent tous deux la priorité à la durabilité en mettant en œuvre des pratiques écologiques telles que la réduction des déchets alimentaires et la promotion de la conscience environnementale.

Dans une ville où les expériences culinaires du Ramadan évoluent, Bab Al-Balad, au restaurant Soleil de l'hôtel Rosewood, propose un buffet d'iftar qui capture l'essence du Ramadan et de l'héritage saoudien. Ce voyage immersif mêle une histoire profondément enracinée à l'élégance moderne, avec une fusion de saveurs arabes et occidentales dans un cadre orné de décorations traditionnelles du Ramadan.

Bab Al-Balad au restaurant Soleil de l'hôtel Rosewood. (Photo AN)
Bab Al-Balad at the Rosewood Hotel’s Soleil restaurant. (AN photo)

L'hôtel Galleria Jeddah a adopté des pratiques rentables et teste actuellement des systèmes de contrôle des déchets alimentaires. En plus de proposer des plats délicieux, l'hôtel dispose d'un coin pour les enfants, d'un photomaton, d'une aire de jeux électroniques et d'une section dédiée au café saoudien, tout en accordant la priorité à la réduction des déchets alimentaires.

Outre les pratiques durables adoptées par certains restaurants de Jeddah, Fogo de Chao s'engage à fournir à ses clients les aliments les plus sûrs, les plus sains et de la meilleure qualité possible. Le directeur général du restaurant, Shady M., a déclaré : Notre approche est ancrée dans la tradition des gauchos brésiliens qui cultivent et récoltent les aliments avec respect, ce que nous appelons en portugais "respeito pela comida" (respect de la nourriture). Pour maintenir cette norme, nous sélectionnons avec soin des fournisseurs partenaires qui partagent nos valeurs et adhèrent aux Cinq libertés du bien-être animal, une norme reconnue dans le monde entier.

"Nous donnons également la priorité à la communication, à l'orientation et à la transparence afin de garantir que tous les aspects de l'approvisionnement, de la santé et du bien-être des animaux répondent à notre engagement d'offrir à nos clients une qualité et une sécurité alimentaires exceptionnelles."

En outre, Fogo de Chao poursuit activement des initiatives et des programmes axés sur la conservation des ressources, telles que l'eau et l'énergie, et sur la réduction des déchets afin d'offrir à ses clients une expérience gastronomique plus durable. Les activités principales comprennent le recyclage et la promotion d'options recyclables, ainsi que la minimisation de l'utilisation et des déchets. Grâce à ces efforts, Fogo de Chao à Jeddah offre non seulement une expérience culinaire délicieuse, mais contribue également à un avenir plus vert et plus durable.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un nouveau chapitre culturel franco-saoudien : le cinéma s’invite à Villa Hegra

Une photo montre le musée Maraya (« miroirs » en arabe), situé près du site archéologique d’Al-Hijr (Hégra), à proximité de la ville saoudienne d’AlUla, dans le nord-ouest du pays, le 4 décembre 2024. (AFP)
Une photo montre le musée Maraya (« miroirs » en arabe), situé près du site archéologique d’Al-Hijr (Hégra), à proximité de la ville saoudienne d’AlUla, dans le nord-ouest du pays, le 4 décembre 2024. (AFP)
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  • Villa Hegra lance un programme international d’écriture de scénarios à AlUla, renforçant la coopération culturelle franco-saoudienne autour du cinéma
  • Cette initiative s’inscrit dans la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui ambitionne de faire d’AlUla un nouveau pôle régional de création cinématographique

Paris : À AlUla, oasis minérale nichée dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, le temps semble suspendu entre vestiges antiques et ambitions futuristes, et c’est ici que Villa Hegra, résidence d’artistes inaugurée en 2025, ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre de son histoire en accueillant une nouvelle activité : le cinéma.

À l’occasion du Festival de Cannes 2026, la résidence annonce le lancement d’un programme international d’écriture de scénarios, en partenariat avec Film AlUla et l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA), une initiative qui marque l’entrée officielle du septième art dans l’ADN d’AlUla et, plus largement, dans la stratégie d’influence du royaume.

Depuis sa création, Villa Hegra s’est imposée comme un symbole du dialogue culturel entre la France et l’Arabie saoudite, dans des domaines tels que les arts visuels, la recherche et le spectacle vivant.

L’arrivée du cinéma constitue donc une extension presque naturelle, car, plus que tout autre art, le cinéma est un carrefour entre l’écriture, l’image, la musique, la mémoire et le regard sur le monde.

En lançant la résidence “The Art of Shaping Film Ideas”, Villa Hegra ne se contente pas d’ajouter une corde à son arc, mais se positionne comme un lieu où se fabriquent les récits de demain.

Le choix de s’appuyer sur des partenaires comme le Groupe Ouest et le programme (LIM) Less is More fait écho à l’expertise de ce groupe dans l’accompagnement des auteurs et traduit une ambition claire : privilégier la qualité des histoires avant même leur mise en production.

Ce qui frappe dans cette résidence, c’est aussi sa géographie, puisque le programme se déploie entre la Bretagne, au nord de la France, et AlUla, deux territoires que le cinéma tente de rapprocher.

Ce dialogue entre deux lieux marqués par des paysages rocheux puissants définit l’ambition du projet, qui est de faire se rencontrer des imaginaires, croiser des sensibilités et créer des ponts là où il n’y en avait pas.

Pour comprendre pleinement la portée de cette initiative, il faut la replacer dans le cadre plus large de la transformation que vit l’Arabie saoudite depuis quelques années, dans laquelle le cinéma s’impose comme l’un des piliers de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Dans le cadre de cette stratégie, la réouverture des salles de cinéma en 2018, après plus de trois décennies d’interdiction, a constitué un tournant qui a enclenché des investissements dans des studios de tournage, des festivals internationaux et la formation des talents.

Longtemps perçue comme un décor spectaculaire capable d’accueillir des tournages internationaux grâce à ses paysages uniques, AlUla se dote donc d’une nouvelle ambition : transformer ce décor en laboratoire.

Avec Villa Hegra, les studios de production et désormais cette résidence d’écriture, AlUla cherche à devenir un lieu où l’on pense le cinéma. En accompagnant les cinéastes dès la genèse de leurs projets, la résidence entend faire émerger des histoires capables de circuler, de toucher et de faire rêver.

Depuis l’accord intergouvernemental de 2018 ayant conduit à la création d’AFALULA, les collaborations se sont multipliées dans les domaines de la culture, du patrimoine et du tourisme. Le cinéma apparaît aujourd’hui comme un prolongement naturel de cette coopération.

Il offre un terrain d’échange où l’expertise française, notamment en matière d’écriture et de formation, rencontre les ambitions saoudiennes, qui ne pourront s’accomplir que sur le long terme, car la construction d’une identité cinématographique nécessite un temps de maturité.


Em Sherif Monte-Carlo, une escale libanaise incontournable sur la Côte d’Azur

 Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine. (AFP)
Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine. (AFP)
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  • Au-delà de la cuisine, Em Sherif Monte-Carlo mise sur une véritable expérience sensorielle
  • Les clients peuvent profiter d’une terrasse offrant une vue imprenable sur la Méditerranée, dans une ambiance animée par des concerts live et des DJ sets organisés du vendredi au dimanche, ainsi que chaque soir durant les mois de juillet et août

MONACO: Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine, poursuit son hommage à la cuisine libanaise avec une carte enrichie de nouvelles créations et une expérience immersive mêlant saveurs, musique et art de vivre oriental.

Fondé en 2011 par Mireille Hayek, le groupe Em Sherif s’est imposé comme l’un des ambassadeurs de la gastronomie libanaise à travers le monde, avec des établissements à Beyrouth, Londres et Doha. Depuis l’ouverture monégasque en 2022, la table est dirigée par Yasmina Hayek, fille de la fondatrice et diplômée de l’Institut Paul Bocuse.

Sous sa direction, le restaurant continue de faire évoluer sa carte tout en préservant l’ADN culinaire de la maison : une cuisine généreuse, raffinée et profondément ancrée dans les traditions libanaises.

Parmi les nouveautés de cette saison figure « The Lobster », des brochettes de queue de homard bleu mariné accompagnées d’un condiment au fenouil, mais aussi « Le Lahmeh Black Angus », des brochettes de bœuf Black Angus relevées d’un chimichurri au zaatar. Le « Shawarma Lahmeh », un jarret d’agneau confit servi avec des artichauts et de la coriandre, revisite quant à lui un classique du Levant dans une version gastronomique.

La carte fait également la part belle aux mezzés, incontournables de la table libanaise. Houmous, moutabal d’aubergines grillées, Batata Harra épicées ou encore halloumi grillé aux tomates rôties composent une sélection pensée pour le partage et la convivialité.

Les desserts prolongent ce voyage culinaire avec le célèbre « Baklawa Em Sherif », croustillant et généreusement garni de pistaches, mais aussi le Meghli, pudding épicé à base de farine de riz et de fruits secs. Plus contemporain, le « Coconut Riz bi Halib » associe riz au lait à la noix de coco, mangue, fruit de la passion et sorbet à la cardamome.

Au-delà de la cuisine, Em Sherif Monte-Carlo mise sur une véritable expérience sensorielle. Les clients peuvent profiter d’une terrasse offrant une vue imprenable sur la Méditerranée, dans une ambiance animée par des concerts live et des DJ sets organisés du vendredi au dimanche, ainsi que chaque soir durant les mois de juillet et août.

Le Chicha Lounge Bar complète cette immersion orientale avec une sélection de saveurs et de cocktails signatures, proposés avec ou sans alcool. Parmi eux, le « Beirut Mule », mêlant rhum, arak et agrumes, « Oasis on the Rock » à base de gin, thé vert, gingembre et verveine, ou encore le « Rose Royale », associant Champagne, Saint-Germain, citron vert et rose.

Cette saison, le restaurant entend également séduire les amateurs de sport : certains matchs de la FIFA World Cup 2026 seront retransmis dans l’espace lounge.


France: entre nécessité et impuissance, des auteurs libanais au défi de raconter la guerre

L'écrivain Charif Majdalani cherche à saisir les banalités du quotidien que l'actualité ignore.  "Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier. (Photo d'archivesAFP)
L'écrivain Charif Majdalani cherche à saisir les banalités du quotidien que l'actualité ignore. "Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier. (Photo d'archivesAFP)
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  • "Dans l'absolu, l'art ne sert à rien". Pour Hala Moughanie, invitée ce week-end au festival littéraire de Saint-Malo (nord-ouest), le constat est sans appel: "il ne permet pas de changer les situations, ni de modifier le tracé politique"
  • En revanche, "il a le devoir de témoigner et de dénoncer en posant les formes, qu'elles soient écrites ou artistiques et qui ne [prendront] sens que dans des dizaines d'années"

RENNES: Entre une vie quotidienne en apparence normale à Beyrouth et le bourdonnement des drones, des auteurs libanais, mis à l'honneur au festival français Etonnants voyageurs, racontent leur difficulté à écrire, tiraillés entre le besoin de témoigner et l'impuissance face à une guerre insaisissable.

"Dans l'absolu, l'art ne sert à rien". Pour Hala Moughanie, invitée ce week-end au festival littéraire de Saint-Malo (nord-ouest), le constat est sans appel: "il ne permet pas de changer les situations, ni de modifier le tracé politique de décisions déjà prises".

En revanche, "il a le devoir de témoigner et de dénoncer en posant les formes, qu'elles soient écrites ou artistiques et qui ne [prendront] sens que dans des dizaines d'années", tempère l'autrice à l'AFP.

Comme elle, d'autres auteurs peinent à mettre en récit l'"imprévisible" conflit qui oppose aujourd'hui Israël au Hezbollah libanais.

Si l'illustratrice Michèle Standjofski revendique une démarche  consistant à " raconter ce que l'on voit et ce que l'on vit " dans sa BD "Et toi, comment ça va ?", qui met en dessin ses correspondances avec le dessinateur Charles Berberian, l'écrivain Charif Majdalani cherche à en saisir les banalités du quotidien  que l'actualité ignore.

"Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier.

"Car de cette guerre-là, poursuit-il, personne n'en sait absolument rien, ni ce qui se trame, ni ce qu'il y a dessous, ni ce qu'il y a derrière..., on n'en sait rien, ce n'est donc pas la peine de gloser sans arrêt".

Prendre du recul 

Ecrire ou dessiner devient également une manière de prendre du recul face à une réalité écrasante. Michèle Standjofski voit dans le dessin un processus lent et apaisant, qui permet à la fois d'exprimer la colère et de retrouver une forme de calme.

"C'est ce qui manque malheureusement aujourd'hui quand on parle de ce qui se passe dans cette région du monde", déplore-t-elle.

" Pour l'instant, ce n'est pas possible de poser des mots" sur ce qui se passe , estime Hala Moughanie, qui dit observer et "absorber " la situation - "mais je sais que cela va m'amener à écrire".

Au Liban, cette difficulté à dire s'inscrit aussi dans une histoire plus longue . "On n'est pratiquement jamais sortis de la guerre ", rappelle Michèle Standjofski, évoquant la succession de conflits et de crises qui ont jalonné l'histoire du pays et nourrissent un sentiment permanent d'instabilité.

Face à cette complexité, les auteurs interrogés par l'AFP revendiquent avant tout une posture modeste. "Si vous avez compris quelque chose au Liban, c'est qu'on vous l'a mal expliqué ", résume Mme Standjofski, consciente des limites de toute tentative de synthèse.

Une difficulté d'autant plus grande que la guerre se mêle au quotidien  puisque dans la capitale Beyrouth, raconte Charif Majdalani, si la vie est "actuellement tout à fait normale", l'auteur explique être sous le bourdonnement permanent de drones au-dessus des têtes.

Dans ce contexte, et sans prétendre dire la vérité d'un pays fragmenté, Michèle Standjofski s'attache à témoigner " à [sa] petite hauteur ", avec son regard et sa sensibilité, ce qu'il se passe dans son pays.

Une approche que partage Hala Moughanie, qui cherche à englober " autant que possible toutes les nuances " d'un Liban éclaté, composé d'une multitude de réalités sociales et de communautés, sans le réduire à un récit unique.