Des activistes juifs défendent le discours de Jonathan Glazer aux Oscars

Le film La Zone d’intérêt, réalisé par Jonathan Glazer, a remporté l’Oscar du Meilleur Film international. (Photo, AFP)
Le film La Zone d’intérêt, réalisé par Jonathan Glazer, a remporté l’Oscar du Meilleur Film international. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 21 mars 2024

Des activistes juifs défendent le discours de Jonathan Glazer aux Oscars

  • La critique d’Israël par Jonathan Glazer était «honnête, humaine et courageux», estime une activiste de IfNotNow
  • M. Glazer parle au nom du «nombre croissant» de Juifs qui soutiennent la liberté de la Palestine, selon Jewish Voice for Peace

DUBAÏ: Plusieurs organisations juives ont défendu le réalisateur Jonathan Glazer pour sa critique de la guerre menée par Israël contre Gaza, après que ses commentaires ont suscité de vives réactions.

M. Glazer, dont le film La Zone d’intérêt a remporté cette année l’Oscar du Meilleur Film international, a déclaré dans son discours de remerciement la semaine dernière que le film montre «ce que la déshumanisation entraîne à son paroxysme».

Il a ajouté: «Nous nous tenons ici en tant qu’hommes qui refusent que leur judéité et que l’Holocauste soient détournés par une occupation qui a entraîné des conflits pour tant de personnes innocentes. Qu’il s'agisse des victimes du 7 octobre en Israël ou des victimes de l’attaque en cours sur Gaza, de toutes les victimes de cette déshumanisation, comment résister?»

Le discours a suscité de vives réactions, poussant plus de 450 créateurs, cadres et professionnels juifs d’Hollywood, dont l’actrice Debra Messing et le réalisateur Eli Roth, à dénoncer Jonathan Glazer dans une lettre ouverte publiée par Variety le 18 mars.

Depuis, le nombre de signataires a dépassé le millier, selon Variety.

«Nous refusons que notre judéité soit détournée dans le but d’établir une équivalence morale entre un régime nazi qui a cherché à exterminer une race de personnes et une nation israélienne qui cherche à éviter sa propre extermination», peut-on lire sur la lettre.

Si les signataires soulignent que «chaque mort de civil à Gaza est tragique», ils défendent la conduite d’Israël à Gaza, affirmant qu’elle «vise le Hamas».

Cependant, d’autres personnes et organisations juives prennent maintenant la défense de M. Glazer, attirant ainsi l’attention sur le fossé que la guerre a creusé au sein de la communauté juive.

Le 14 mars, Piotr Cywinski, directeur du musée national Auschwitz-Birkenau, a déclaré: «Dans son discours de remerciement lors de la cérémonie des Oscars, Jonathan Glazer a lancé un avertissement moral universel contre la déshumanisation. Son but n’était pas de descendre au niveau du discours politique.»

M. Glazer «parle au nom du nombre massif et croissant de Juifs qui honorent notre histoire en rejoignant nos frères et sœurs palestiniens dans leur lutte pour la liberté et la justice», a indiqué Jewish Voice for Peace dans un communiqué publié mardi.

L’organisation se décrit comme étant composée de «Juifs s’organisant pour la libération de la Palestine et pour le judaïsme au-delà du sionisme» et soutenant le boycott des produits israéliens.

«En tant que juifs antisionistes, nous continuerons à les soutenir dans leur lutte jusqu’à ce que la Palestine soit libre», a-t-elle poursuivi.

Le 12 mars, Simone Zimmerman, cofondatrice de IfNotNow, une communauté d’Américains juifs appelant les États-Unis à cesser de soutenir Israël, a écrit sur X: «L’hystérie et les mensonges concernant le discours honnête, humain et courageux de Jonathan Glazer aux Oscars ne font que réaffirmer son point de vue, à savoir que La Zone d’intérêt a été réalisé pour nous “confronter au présent”. Il n’a pas été réalisé pour dire “Regardez ce qu’ils ont fait à l’époque”, mais plutôt “Regardez ce que nous faisons aujourd’hui.”»

Produit par des cinéastes du Royaume-Uni et de Pologne, La Zone d’intérêt est un drame historique qui aborde les horreurs de l’Holocauste à travers la vie du commandant d’Auschwitz, Rudolf Höss, qui vivait avec sa femme dans une maison située à proximité du camp de concentration nazi.

Le 7 octobre, le Hamas a perpétré une attaque surprise dans le sud d’Israël, tuant 1 200 personnes et en prenant 240 autres en otage, selon les chiffres de Tel-Aviv. En représailles, Israël a lancé une campagne de bombardements incessante dans la bande de Gaza, faisant plus de 31 000 parmi les Palestiniens, dont au moins 12 300 enfants, selon l’autorité sanitaire de Gaza.

L’offensive israélienne en cours à Gaza a été condamnée dans le monde entier par des organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International, et des agences onusiennes, ainsi que par plusieurs gouvernements.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.