Crise au quotidien La Provence après une Une sur la visite de Macron

 Un cycliste passe devant le siège du quotidien régional français La Provence, à Marseille, dans le sud-est de la France, le 15 février 2022. (Photo, AFP)
Un cycliste passe devant le siège du quotidien régional français La Provence, à Marseille, dans le sud-est de la France, le 15 février 2022. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 22 mars 2024

Crise au quotidien La Provence après une Une sur la visite de Macron

  • Réunis en assemblée générale à l'appel de l'intersyndicale, les journalistes du titre ont voté à 79%, sur 163 votes exprimés
  • La crise est partie de l'annonce de la mise à pied de M. Viers pour la Une de jeudi, barrée du titre «Il (Emmanuel Macron, ndlr) est parti et nous, on est toujours là...»

MARSEILLE: La rédaction du quotidien La Provence, propriété de l'armateur CMA CGM, a voté vendredi une grève "illimitée" contre la mise à pied de son directeur pour une Une sur la visite d'Emmanuel Macron à Marseille, jugée "ambiguë" par la direction, le Syndicat des journalistes dénonçant des "pressions politiques".

Réunis en assemblée générale à l'appel de l'intersyndicale, les journalistes du titre ont voté à 79%, sur 163 votes exprimés, une grève illimitée, réclamant la "réintégration immédiate" d'Aurélien Viers, à la tête de la rédaction depuis début 2023.

La rédaction a également adopté une motion de défiance envers la direction du titre et le groupe WhyNot Media, branche média de CMA CGM, dont le patron, le milliardaire franco-libanais Rodolphe Saadé, multiplie les acquisitions dans le secteur.

Après avoir repris le groupe La Provence (quotidiens La Provence et Corse Matin) en 2022, il a pris une participation dans M6, racheté La Tribune et annoncé la semaine dernière le rachat d'Altice Media, maison mère de BFMTV notamment.

La crise est partie de l'annonce de la mise à pied de M. Viers pour la Une de jeudi, barrée du titre "Il (Emmanuel Macron, ndlr) est parti et nous, on est toujours là...", reprenant les mots d'un habitant cité en page intérieure.

Le titre surplombe une photo montrant deux personnes, de dos, regardant passer une policière en patrouille dans une cité paupérisée de la deuxième ville de France, où Emmanuel Macron était venu par surprise mardi annoncer une opération "place nette XXL", qu'il présentait comme "sans précédent" contre le narcotrafic.

Dans un encart "A nos lecteurs" vendredi en Une, le directeur de la publication, Gabriel d'Harcourt, présente les "plus profondes excuses" du journal pour celle de jeudi, qui a "induit en erreur nos lecteurs". Elle pouvait "laisser croire que nous donnions complaisamment la parole à des trafiquants de drogue décidés à narguer l'autorité publique, ce qui ne reflète en rien les valeurs et la ligne éditoriale de votre journal", écrit-il.

En pages intérieures, dans un des articles sur les suites de la visite présidentielle, titré "La Castellane, le jour d'après", la citation incriminée était cependant clairement attribuée à un habitant de cette cité excentrée et gangrenée par la violence du narcotrafic: "C'est drôle, réagit Brahim, hier (mardi) ils ont trouvé tous les moyens nécessaires pour encadrer la visite du président. Il est parti, et nous on est toujours là, dans la même galère".

"Le problème vient de la construction de la Une", a déclaré M. d'Harcourt à l'AFP, jugeant celle-ci "ambiguë". "Le reste du traitement rédactionnel est très bon", a-t-il assuré.

D'autres articles évoquaient la "guérilla sur le terrain de la com'" entre dealers et ministère de l'Intérieur, ou "les coulisses d'un show présidentiel improvisé".

Ingérence inadmissible

"C'est une ingérence éditoriale inadmissible, on ne peut pas laisser passer cela", a réagi auprès de l'AFP Audrey Letellier, déléguée du Syndicat national des journalistes (SNJ), majoritaire, tout en soulignant que la rédaction n'avait jusqu'alors pas reçu de pressions de son propriétaire.

"Nous n’avons eu aucune plainte de lecteurs, juste quelques tweets d'élus locaux" proches de la majorité présidentielle. "Comment va-t-on travailler demain?", a-t-elle ajouté.

Une autre source au SNJ du journal a dénoncé un "prétexte". "On sait qu'hier (jeudi) il y a eu des pressions politiques et que Gabriel d'Harcourt a été convoqué à la tour", a dit cette source à l'AFP, en référence au gratte-ciel du siège marseillais de l'armateur CMA CGM.

Interrogé par l'AFP avant l'annonce de la grève, M. d'Harcourt a réfuté toute pression. "C'est une décision que je prends, avec Jean-Christophe Tortora (patron de WhyNot Media) et Laurent Guimier (patron de l'information de WhyNot Media)", a-t-il dit.

M. Saadé est souvent présenté comme proche du président Macron, qui s'est à plusieurs reprises rendu au siège de CMA CGM lors de ses visites à Marseille.

"A l'heure où la CMA CGM entend construire un pole média d'envergure nationale, cette affaire laisse augurer le pire pour l’ensemble des rédactions de WhyNot Media, actuelles et à venir", a écrit l'intersyndicale de La Provence dans un communiqué.

Les syndicats d'Altice Media ont indiqué être en contact avec leurs homologues de la Provence et La Tribune pour une possible action commune. "On est tous évidemment scandalisés", a dit à l’AFP Paulina Benavente, déléguée syndicale SNJ chez Altice Media. A la Tribune, où une AG s'est tenue vendredi, la rédaction sera en grève mardi, selon un élu du personnel.

 

 


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
Short Url
  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.


L'Iran dit avoir convoqué l'ambassadeur français pour «ingérence»

L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
Short Url
  • "Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences"
  • Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile"

TEHERAN: L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne.

"Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran sous des appellations trompeuses", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point de presse hebdomadaire.

Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile".

"Nous ne commentons pas les provocations iraniennes", a réagi lundi le Quai d'Orsay, selon qui "les faits sont clairs".

Le 20 juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé "une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens" à l'encontre de deux diplomates, dont l'un avait été "molesté".

D'après le ministre français, les diplomates ont été "détenus sans raison pendant plusieurs heures" et "interrogés", en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.

Le chargé d'affaires iranien en France avait été convoqué au Quai d'Orsay mardi dernier.

Les autorités iraniennes ont démenti l'agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après avoir participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités".


Paris : trois femmes blessées dans une attaque au couteau, un suspect interpellé

n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
Short Url
  • L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris
  • "Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés

PARIS: Un homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris.

"Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés.

"Un individu muni de deux armes blanches a fait plusieurs blessés" et "a rapidement été interpellé", a-t-elle ajouté.

Selon le ministre de l'Intérieur, le suspect "a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service", dont il a salué "le courage".

"Aucune" des trois femmes blessées "ne voit son pronostic vital engagé", a déclaré Laurent Nuñez à la mi-journée, lors du compte-rendu du conseil des ministres.

"Deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement", a-t-il ajouté. L'une a été touchée aux lombaires, l'autre à l'abdomen, a-t-il précisé.

Une troisième femme a été blessée plus légèrement.

Les trois victimes sont "âgées de 19, 24 ans et 36 ans", a encore dit le ministre.

Le suspect "n'a donné qu'une identité déclarative" et "tient des propos incohérents", a poursuivi M. Nuñez, qui appelle à "rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent".

Le parquet national antiterroriste a indiqué à l'AFP être en observation à ce stade.