La Russie arrête les auteurs présumés d'une fusillade dont le bilan s'est alourdi à au moins 133 morts

De la fumée s'élève au-dessus de la salle de concert Crocus City Hall en feu suite à une fusillade, dans la banlieue de Moscou, le 22 mars 2024. (Reuters)
De la fumée s'élève au-dessus de la salle de concert Crocus City Hall en feu suite à une fusillade, dans la banlieue de Moscou, le 22 mars 2024. (Reuters)
Des ambulances et des véhicules des services d'urgence russes sont garés à l'extérieur de la salle de concert Crocus City Hall en flammes à la suite d'une fusillade, à l'extérieur de Moscou, en Russie, le 22 mars 2024. (Reuters)
Des ambulances et des véhicules des services d'urgence russes sont garés à l'extérieur de la salle de concert Crocus City Hall en flammes à la suite d'une fusillade, à l'extérieur de Moscou, en Russie, le 22 mars 2024. (Reuters)
Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié l'incident d'"attaque terroriste" qui doit être condamnée. (AFP)
Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié l'incident d'"attaque terroriste" qui doit être condamnée. (AFP)
Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié l'incident d'"attaque terroriste" qui doit être condamnée. (AFP)
Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié l'incident d'"attaque terroriste" qui doit être condamnée. (AFP)
De la fumée s'élève au-dessus de la salle de concert Crocus City Hall en feu suite à une fusillade, dans la banlieue de Moscou, le 22 mars 2024. (Reuters)
De la fumée s'élève au-dessus de la salle de concert Crocus City Hall en feu suite à une fusillade, dans la banlieue de Moscou, le 22 mars 2024. (Reuters)
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Publié le Vendredi 29 mars 2024

La Russie arrête les auteurs présumés d'une fusillade dont le bilan s'est alourdi à au moins 133 morts

  • Les autorités russes ont déclaré qu'une chasse aux assaillants avait été lancée
  • Daesh a revendiqué cet attentat, le plus meurtrier en Russie depuis le siège de l'école de Beslan en 2004

MOSCOU : La Russie a arrêté 11 personnes, dont quatre tireurs présumés, en lien avec la fusillade qui a tué au moins 133 personnes dans une salle de concert près de Moscou, a déclaré le Kremlin samedi.

Le chef du FSB, Alexandre Bortnikov, a indiqué au président Vladimir Poutine que parmi les personnes arrêtées se trouvaient "quatre terroristes" et que le service travaillait à l'identification de leurs complices.

Le comité d'enquête russe a déclaré que le nombre de morts avait grimpé à 115 lors de l'attaque au cours de laquelle des hommes en tenue de camouflage ont ouvert le feu à l'arme automatique sur des spectateurs de concerts près de la capitale, vendredi.

Le député russe Alexander Khinshtein a déclaré que les assaillants avaient fui à bord d'un véhicule Renault repéré par la police dans la région de Bryansk, à environ 340 km au sud-ouest de Moscou, dans la nuit de vendredi à samedi, et qu'ils avaient désobéi à l'ordre de s'arrêter.

Deux d'entre eux ont été arrêtés après une course-poursuite et deux autres se sont enfuis dans une forêt. D'après le récit du Kremlin, il semblerait qu'ils aient également été arrêtés par la suite.

M. Khinshtein a indiqué qu'un pistolet, un chargeur de fusil d'assaut et des passeports du Tadjikistan avaient été trouvés dans la voiture. Le Tadjikistan est un État d'Asie centrale principalement musulman qui faisait autrefois partie de l'Union soviétique.

Daesh a revendiqué cet attentat, le plus meurtrier en Russie depuis le siège de l'école de Beslan en 2004.

Au moins 133 personnes ont été tuées après que des hommes armés ont pris d'assaut une salle de concert près de Moscou vendredi, dans l'une des attaques les plus meurtrières en Russie depuis des décennies.

Des hommes armés ont ouvert le feu lors d'un concert de rock, faisant des morts et des blessés avant qu'un incendie majeur ne se propage dans la salle, ont rapporté le maire de Moscou et les agences de presse russes.

Les autorités ont déclaré qu'une chasse aux assaillants avait été lancée et qu'une enquête pour « terrorisme » avait été ouverte.

Selon un journaliste de l'agence de presse RIA Novosti présent sur les lieux, des assaillants vêtus de tenues de camouflage sont entrés dans le bâtiment, ont ouvert le feu et ont lancé une grenade ou une bombe incendiaire.

Les autorités russes ont déclaré que 145 personnes avaient été blessées lors de l'incident survenu à l'hôtel de ville de Crocus.

L'attentat a été largement condamné.

Le Kremlin a déclaré que le président Vladimir Poutine en avait été informé quelques minutes après l'entrée des assaillants dans la grande salle de concert qui peut recevoir 6 200 personnes.

« Le président est constamment tenu au courant par tous les services compétents de ce qui se passe et des mesures prises », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Les services de renseignement américains ont confirmé que Daesh était à l'origine de l'attaque, mais un porte-parole des enquêteurs a déclaré qu'il était trop tôt pour déterminer qui en était responsable.

Mais une source proche de l'enquête russe a déclaré à Arab News que les enquêteurs étaient enclins à exclure les versions de l'implication de l'Ukraine et de Daesh.

Toutefois, un certain nombre d'experts russes de premier plan estiment que l'attaque terroriste est l'œuvre des services spéciaux ukrainiens. Selon eux, sans l'aide des services de renseignement occidentaux, il est peu probable que les Ukrainiens aient pu planifier et mener à bien cette attaque.

La présidence américaine a qualifié l'attentat de « terrible », mais a souligné qu'il n'y avait aucune indication immédiate d'un quelconque lien avec la guerre en Ukraine.

Un responsable du renseignement américain a indiqué à l'Associated Press que les agences de renseignement américaines avaient appris que la branche afghane de Daesh préparait un attentat à Moscou et qu'elles avaient partagé l'information avec des responsables russes.

Le 7 mars, l'ambassade des États-Unis à Moscou a déclaré qu'elle « surveillait les informations selon lesquelles des extrémistes prévoyaient d'attaquer de grands rassemblements » dans la capitale russe, « dont des concerts ».

 Poutine a dénoncé les avertissements occidentaux comme une tentative d'intimidation des Russes. « Tout cela ressemble à un chantage et à une tentative d'effrayer et de déstabiliser notre société », a-t-il déclaré en début de semaine.

Le maire de Moscou, Sergei Sobyanin, a confirmé qu'il y avait des morts dans ce qu'il a appelé une « terrible tragédie » lors du concert du groupe de rock russe Piknik.

« Je présente mes condoléances aux familles des victimes », a déclaré le maire de Moscou, alors qu'un important dispositif de sécurité a été mis en place autour du bâtiment et du centre commercial situé à proximité.

Sobyanin a déclaré qu'il avait annulé tous les événements publics à Moscou pour le week-end.

Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié l'incident d’ « attaque terroriste » qui devait être condamnée.

Le feu s'est rapidement propagé dans le Crocus City Hall, au nord de la capitale russe, où la salle peut contenir plusieurs milliers de personnes et a accueilli plusieurs concerts d'artistes internationaux de premier plan, selon les rapports.

Des tirs d'armes automatiques ont été utilisés contre le public, a rapporté le journaliste de RIA Novosti.

« Les gens qui se trouvaient dans la salle se sont retrouvés à terre pour se protéger des tirs pendant 15 ou 20 minutes », a déclaré le journaliste.

Les gens ont commencé à sortir en rampant lorsqu'ils ont pu se mettre à l'abri, a indiqué le journaliste, ajoutant que les forces de sécurité se trouvaient sur les lieux.

 Une centaine de personnes a pu s'échapper par le sous-sol de la salle, tandis que d'autres se sont réfugiées sur le toit, a indiqué le ministère des services d'urgence sur sa chaîne Telegram.

Les chaînes d'information Baza et Mash, proches des forces de sécurité, ont montré des images vidéo de flammes et de fumée noire s'échappant de la salle de concert.

D'autres images montrent deux hommes traversant la salle et au moins une personne à terre près de l'entrée.

Des spectateurs ont également été vus se cachant derrière des sièges ou tentant de s'échapper.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré qu'il s'agissait d'une « attaque terroriste ».

« L'ensemble de la communauté internationale doit condamner ce crime odieux », a-t-elle déclaré sur Telegram.

Le ministère de l'Éducation a recommandé à tous les établissements d'enseignement de la région de la capitale d'annoncer des vacances imprévues dans les jours à venir.

Le ministère des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite a publié vendredi une déclaration condamnant l'attentat.

L'agence de presse TASS a précisé que les forces de police spéciales et la brigade anti-émeute OMON avaient été envoyées à la salle Crocus.

Elle a ajouté que tous les membres du groupe de rock avaient été évacués sains et saufs.

Le patriarche Kirill, chef de l'église orthodoxe, « prie pour la paix pour les âmes des morts », a déclaré son porte-parole Vladimir Legoyda.

 

Avec des contributions de Reuters, AP, AFP

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Trump exige une "capitulation sans condition" de l'Iran, toujours sous les bombes

Le président américain Donald Trump a exigé vendredi la « capitulation sans condition » de l’Iran, une escalade spectaculaire de ses exigences une semaine après le début de la guerre qu’il a lancée aux côtés d’Israel. (AFP)
Le président américain Donald Trump a exigé vendredi la « capitulation sans condition » de l’Iran, une escalade spectaculaire de ses exigences une semaine après le début de la guerre qu’il a lancée aux côtés d’Israel. (AFP)
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  • Donald Trump exige la « capitulation sans condition » de l’Iran après une semaine de guerre menée avec Israél, alors que de nouvelles explosions secouent Téhéran et que le conflit s’intensifie
  • Les hostilités s’étendent dans la région : l’Iran vise Israël et des pays du Golfe, tandis que les frappes israéliennes au Liban provoquent des centaines de victimes et un déplacement massif de civils

TEHERAN: Donald Trump a exigé la "capitulation sans conditions" de l'Iran après une semaine de guerre, des explosions secouant de nouveau Téhéran vendredi.

"Il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION! Après cela, et le choix d'un ou plusieurs dirigeants FORMIDABLES ET ACCEPTABLES (...), nous travaillerons sans relâche pour relever l'Iran, le rendre économiquement plus grand, meilleur et plus fort que jamais", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social - faisant s'envoler les cours du pétrole.

"MAKE IRAN GREAT AGAIN!" (Rendez sa grandeur à l'Iran!), a-t-il ajouté, détournant son slogan "Make America Great Again.

Plusieurs nouvelles puissantes explosions ont retenti dans la capitale iranienne vendredi en début de soirée, dans l'est de la ville, régulièrement visé ces derniers jours, et de larges colonnes de fumée noire s’élevaient au dessus des immeubles selon les journalistes de l'AFP sur place.

Dans la journée, pour le premier vendredi - jour de prière - depuis la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, des foules d'hommes et femmes en noir se sont rassemblées, certains brandissant des drapeaux iraniens, d'autres des portraits du défunt guide suprême.

La nuit précédente, les explosions se sont enchainées comme jamais encore depuis le début du conflit, déclenché samedi par l'attaque israélo-américaine sur le pays.

"La ville s'est vidée, beaucoup de gens sont partis", assure Robert, 60 ans, un homme d'affaires de Téhéran interrogé par l'AFP alors qu'il franchit la frontière entre Iran et Arménie. "On entend le bruit des explosions (...) au moins cinq ou six fois par jour".

- La banlieue sud de Beyrouth se vide -

L'Iran continue à riposter en ciblant Israël et ses voisins du Golfe, assurant viser des bases et intérêts américains. Des missiles et drones ont visé le Koweït et Bahreïn, l'Arabie saoudite et le Qatar.

L'armée iranienne a affirmé avoir visé un pétrolier américain dans le Golfe, qui était "en feu".

Au Liban, aspiré dans le conflit quand le Hezbollah pro-iranien a attaqué Israël pour "venger" la mort de Ali Khameini, le bilan des bombardements massifs israéliens lancés en riposte ne cesse de s'alourdir: 217 personnes ont été tuées, et 798 blessées depuis lundi, selon les autorités.

Des dizaines de milliers d'habitants fuient les frappes israéliennes à travers le pays, souvent sans savoir où aller.

"Les conséquences de ce déplacement sur le plan humanitaire et politique pourraient être sans précédent", s'est inquiété le Premier ministre libanais, Nawaf Salam.

La veille, Israël avait demandé - c'est une première - aux habitants de toute la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, d'évacuer avant des bombardements nocturnes. Dans la matinée sur place, les images de l'AFP montrent bâtiments éventrés et véhicules calcinés.

Les frappes se sont poursuivies dans la journée de vendredi. L'une a touché un immeuble de dix étages, proche de centres d'accueil de déplacés à Saïda (sud) selon un photographe de l'AFP.

Le mouvement chiite libanais continue de tirer des roquettes sur Israël, 70 vendredi selon l'armée israélienne, qui a elle dit avoir visé "500 cibles" au Liban depuis lundi et tué "70 terroristes" du Hezbollah.

L'armée a aussi accusé le groupe d'attaques "coordonnées" avec Téhéran pendant la nuit, "dans une tentative de submerger nos systèmes de défense" a-t-elle dit.

La crise "constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate", a alerté à Genève Ayaki Ito, directeur des urgences de l'agence de l'ONU pour les réfugiés.

- Enquête sur la frappe d'une école -

La guerre qui a embrasé le Moyen-Orient inquiète d'autant plus chancelleries et opérateurs économiques que la question de sa durée est désormais ouvertement posée.

Un envoi de troupes au sol en Iran représenterait une "perte de temps", a affirmé Donald Trump à la chaîne NBC News. Son ministre de la Défense Pete Hegseth a exclu une issue rapide: "nous ne sommes qu'au début des combats".

Alors que le Kurdistan irakien, où sont basés des groupes kurdes iraniens en exil, est aussi visé par des missiles et drones, le président américain a assuré jeudi être "tout à fait pour" une offensive des milices kurdes contre Téhéran, sans préciser si les Etats-Unis leur fournirait un quelconque soutien.

Les questions se multiplient par ailleurs au sujet d'une frappe qui aurait visé une école à Minab (sud de l'Iran) au premier jour du conflit, tuant 150 personnes selon les autorités du pays.

Une enquête du New York Times, se basant notamment sur des images satellite, suggère que les Etats-Unis pourraient effectivement en être responsables. Ils auraient voulu cibler une base navale voisine.

Reuters, s'appuyant sur deux responsables américaines anonymes, assure que les enquêteurs militaires américains jugent "probable" que les forces américaines en soient "responsables".

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a exigé que l'enquête promise par les Etats-Unis soit "rapide" et "transparente".

Les autorités iraniennes font état d'un bilan d'environ un millier de morts depuis le début de la guerre, un chiffre que l'AFP n'est pas en mesure d'authentifier.

Treize personnes, dont sept civils, ont été tuées dans les pays du Golfe, dont une fillette de 11 ans au Koweït. En Israël, 10 personnes ont été tuées, selon les autorités.


Iran: Madrid campe sur ses positions et exclut "catégoriquement" toute collaboration avec Washington

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez fait une déclaration au palais de La Moncloa le 4 mars 2026 à Madrid en réponse aux propos de Donald Trump. Pedro Sanchez a rejeté les critiques de Donald Trump sur le refus de l’Espagne de laisser des avions américains utiliser ses bases pour frapper l’Iran, affirmant « non à la guerre ». (AFP)
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez fait une déclaration au palais de La Moncloa le 4 mars 2026 à Madrid en réponse aux propos de Donald Trump. Pedro Sanchez a rejeté les critiques de Donald Trump sur le refus de l’Espagne de laisser des avions américains utiliser ses bases pour frapper l’Iran, affirmant « non à la guerre ». (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez maintient fermement la position de l’Espagne : dire « non à la guerre » contre l’Iran et refuser que les États-Unis utilisent les bases espagnoles, malgré les menaces de Donald Trump
  • Sa position reçoit un soutien européen et international, tandis que sur le plan intérieur, elle peut renforcer son électorat de gauche à un an des législatives de 2027

MADRID: Revendiquant son choix de dire "non à la guerre" contre l'Iran malgré les menaces de Donald Trump, le gouvernement espagnol a campé sur ses positions mercredi et démenti "catégoriquement" toute intention de collaborer avec Washington, après des déclarations de la Maison Blanche annonçant une volte-face espagnole.

Lors d'une allocution solennelle prononcée mercredi matin, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a promis que son pays ne serait "pas complice" des attaques américano-israéliennes menées contre l'Iran "par peur des représailles de certains", une référence directe au dirigeant américain.

Mardi, Donald Trump, déjà agacé depuis plusieurs mois par le refus de l'Espagne de consacrer 5% de son PIB à ses dépenses de défense dans le cadre de l'Otan, avait vertement reproché au gouvernement espagnol de gauche de refuser à l'aviation américaine l'accès à deux bases militaires situées dans le sud du pays pour sa campagne militaire contre l'Iran entamée samedi.

"L'Espagne a été terrible", a cinglé Donald Trump, menaçant directement Madrid de "cesser" complètement les relations commerciales entre les deux pays.

Malgré des difficultés à adopter une position commune très clairement définie face aux attaques menées contre l'Iran, ces tentatives d'intimidation ont valu au chef du gouvernement espagnol une série de marques de soutien de ses homologues européens, du président du Conseil européen Antonio Costa au président français Emmanuel Macron.

- "Pas la moindre idée" -

La prise de position du chef du gouvernement espagnol, qui a pourtant aussi condamné la riposte iranienne et redit son opposition au régime "des ayatollahs", lui a aussi valu un message chaleureux sur X du président iranien, qui a salué la "conduite responsable" de l'Espagne.

Dans la soirée, la porte-parole de la Maison Blanche a cependant semé le doute pendant quelques instants, assurant que l'Espagne avait finalement "accepté de coopérer" avec les forces armées américaines.

"Je pense qu'ils ont entendu haut et fort le message du président hier", a déclaré Karoline Leavitt, avant d'être quasi immédiatement démentie par le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares.

La position de l'Espagne "n'a absolument pas changé", a assuré le ministre sur la radio Cadena Ser, démentant "catégoriquement" toute intention de coopérer avec les Etats-Unis dans ce conflit. "D'où cela peut-il venir (ces déclarations, ndlr)? Je n'en ai pas la moindre idée", a-t-il asséné, réitérant le refus espagnol de laisser les Etats-Unis utiliser les bases andalouses au coeur d'un traité signé entre les deux pays en 1953, quand Franco dirigeait encore l'Espagne.

Sur le plan intérieur, la prise de position de Pedro Sanchez, dont le gouvernement appelle depuis samedi à une cessation des hostilités et une résolution pacifique du conflit, est vue par certains observateurs comme un moyen de resserrer son électorat autour d'une thématique qui fait consensus au sein de la gauche espagnole.

- "Immense animosité" -

Entre défaites dans des scrutins régionaux, affaires judiciaires visant des proches et accusations de harcèlement sexuel au sein de son Parti socialiste (PSOE), le moment politique est en effet délicat pour le dirigeant socialiste, à un an des prochaines législatives attendues au printemps 2027.

Sur X, le patron du Parti populaire (droite), principal parti d'opposition, Alberto Núñez Feijóo, a exhorté Donald Trump à "respecter" l'Espagne, tout en accusant Pedro Sanchez d'utiliser la politique étrangère à des fins "partisanes".

Même le quotidien El País, réputé proche de la gauche, a mis en garde Pedro Sanchez mercredi matin, avant son intervention, en lui suggérant "d'éviter la tentation (...) d'utiliser l'immense animosité qui existe à l'égard de Trump dans la société espagnole pour gagner en popularité".

Le slogan pacifiste "Non à la guerre" avait été utilisé par la gauche espagnole en 2003 lors de l'intervention militaire des Etats-Unis en Irak, où des troupes de Madrid avaient été déployées un temps, sous le gouvernement de droite de José Maria Aznar, alors très aligné sur les positions américaines.

Les attentats jihadistes qui avaient fait 192 morts le 11 mars 2004 dans quatre trains de banlieue à Madrid avaient dans ce contexte été attribués par de nombreux Espagnols à cette intervention en Irak, et la gauche avait remporté les législatives organisées trois jours plus tard.


Près de 150 disparus dans le naufrage d'une frégate iranienne au large du Sri Lanka

Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays. (AFP)
Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays. (AFP)
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  • La cause de ce qui pourrait être une explosion survenue à bord de la frégate, qui aurait auparavant participé à un exercice militaire dans le port indien de Visakhapatnam, n'est pas encore déterminée
  • Ce naufrage survient en pleine guerre au Moyen-Orient, après le lancement de frappes contre l'Iran par Israël et les Etats-Unis

COLOMBO: Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays.

La marine sri‑lankaise a secouru 32 marins de la frégate IRIS  Dena, mais l'espoir s'amenuise pour les 148 autres membres d'équipage, a indiqué le ministre des Affaires étrangères de l'île et des responsables de l'armée.

La cause de ce qui pourrait être une explosion survenue à bord de la frégate, qui aurait auparavant participé à un exercice militaire dans le port indien de Visakhapatnam, n'est pas encore déterminée.

Ce naufrage survient en pleine guerre au Moyen-Orient, après le lancement de frappes contre l'Iran par Israël et les Etats-Unis.

Le ministre des Affaires étrangères, Vijitha Herath, a indiqué au parlement que les 32 Iraniens secourus, "grièvement blessés", avaient été transportés vers un hôpital situé au sud de l'île.

Deux navires de la marine et un avion ont été déployés pour rechercher d'éventuels survivants.

Un appel de détresse a été lancé mercredi à l'aube depuis la frégate et, moins d'une heure plus tard, un navire est arrivé sur la zone, à environ 40 kilomètres au sud du port méridional de Galle, a précisé le ministre.

La frégate avait complètement coulé et il ne restait plus qu'une nappe d'hydrocarbure lorsque les bateaux de la marine sri-lankaise sont arrivés sur place.

Les recherches se poursuivent 

"Nous poursuivons les recherches, mais nous ne savons pas encore ce qu'il est advenu du reste de l'équipage", a déclaré à l’AFP un responsable de l'armée.

Le directeur de l'hôpital de Karapitiya, à Galle, S. D. Ranga, a indiqué qu'on lui avait signalé qu'il pourrait y avoir des morts, mais que seuls 32 marins blessés avaient été amenés.

Un député de l'opposition a demandé si le navire avait subi un bombardement dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient mais il n'y a pas eu de réaction immédiate du gouvernement.

Contacté par l'AFP, l'ambassadeur iranien à Colombo, Alireza Delkhosh, n'était pas immédiatement joignable.

"Nous avons répondu à un appel de détresse conformément à nos obligations internationales étant donné que c'est dans notre zone de recherches et de sauvetage de l'océan Indien", a précisé à l'AFP un porte-parole de la marine sri-lankaise Buddhika Sampath.

"Nous avons retrouvé quelques corps dans la zone où le navire a sombré", a-t-il annoncé un peu plus tard.

Le Sri Lanka est resté neutre depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, appelant au dialogue.

Un peu plus d'un million de Sri-Lankais travaillent au Moyen-Orient, représentant une source cruciale de devises pour ce pays qui se relève à peine de sa pire crise économique survenue en 2022.

La marine et l'armée de l'air sri-lankaises ont toutes deux indiqué qu'elles ne diffuseraient pas d'images des opérations de secours car elles concernaient l'armée d'un autre pays.