Le Premier ministre japonais veut rencontrer Kim Jong Un, affirme Pyongyang

Le Premier ministre japonais Fumio Kishida a déclaré l’année dernière qu’il était prêt à rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un « sans aucune condition » (Photo, AP).
Le Premier ministre japonais Fumio Kishida a déclaré l’année dernière qu’il était prêt à rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un « sans aucune condition » (Photo, AP).
Short Url
Publié le Lundi 25 mars 2024

Le Premier ministre japonais veut rencontrer Kim Jong Un, affirme Pyongyang

  • Les relations entre les deux pays sont tendues en raison de plusieurs problèmes
  • Pyongyang a admis en 2002 l'enlèvement de 13 Japonais dans les années 1970 et 1980 pour former ses espions à la langue et la culture japonaises

SEOUL: L'influente soeur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a affirmé lundi que le Premier ministre japonais Fumio Kishida avait demandé la tenue d'un sommet avec son frère, tout en jugeant cette rencontre peu probable sans un changement de politique du côté de Tokyo.

"M. Kishida a récemment fait part de son souhait de rencontrer le président de la Commission des affaires d'Etat de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) le plus tôt possible", a déclaré Kim Yo Jong dans un communiqué publié par l'agence de presse officielle KCNA.

Le Premier ministre nippon, qui a précisé qu'il n'était pas au courant de ce communiqué, a déclaré devant le Parlement qu'il est "important d'avoir des discussions au sommet avec Pyongyang pour résoudre des contentieux (...) C'est pourquoi nous avons entrepris diverses approches avec la Corée du Nord à ce niveau, directement sous mon contrôle, comme je l'ai dit dans le passé".

Les relations entre les deux pays sont tendues en raison de plusieurs problèmes, de l'occupation japonaise de la péninsule de Corée entre 1910 et 1945 au lancement par Pyongyang de missiles au-dessus du territoire nippon, en passant par l'affaire des enlèvements.

Pyongyang a admis en 2002 l'enlèvement de 13 Japonais dans les années 1970 et 1980 pour former ses espions à la langue et la culture japonaises. Un mois après ces aveux, cinq ont été autorisés à rentrer au Japon.

Malgré ce conflit historique, M. Kishida a affirmé vouloir changer la relation entre Tokyo et le pays reclus et exprimé l'an dernier son voeu de rencontrer Kim Jong Un "sans conditions", assurant lors d'un discours aux Nations unies que le Japon était déterminé à résoudre tous les différends, dont celui des enlèvements.

En février, Kim Yo Jong, qui est une des personnalités du régime qui s'exprime le plus, a laissé entendre qu'il était possible que le Premier ministre japonais soit invité à visiter la Corée du Nord.

C'est "la décision politique du Japon qui importe le plus pour ouvrir une nouvelle ère dans les relations entre la Corée du Nord et le Japon", a-t-elle cependant prévenu lundi, appelant Tokyo à ne pas "interférer avec l'exercice de nos droits souverains".

Blessure profonde 

Les enlèvements restent une blessure profonde au Japon et des questions persistent: Tokyo compte au moins 17 kidnappés et soupçonne des dizaines d'autres disparitions d'être le fait des services nord-coréens.

"Je ne sais pas si des discussions auront lieu, parce que c'est la Corée du Nord, mais j'espère qu'un pas, même petit, sera fait. Nous n'avons vraiment plus beaucoup de temps", a déclaré lundi aux médias nippons Sakie Yokota, 88 ans, dont la fille Megumi figure parmi les personnes enlevées.

Des analystes estiment que ce sujet pourrait entraver les progrès vers un sommet Kim-Kishida.

Toutefois, il est possible que le communiqué de Pyongyang soit une tentative de définir les termes d'une éventuelle future rencontre, a estimé auprès de l'AFP Hong Min, un spécialiste de l'Institut coréen pour l'Unification nationale à Séoul.

"Il semble que le Nord pense qu'il n'y a aucun intérêt à prendre contact avec les Japonais sans vérifier auparavant quelles sont les exigences de chacun qui pourraient finalement ne mener à rien, si ces exigences sont trop différentes pour être conciliées", a-t-il développé.

"C'est la manière de Pyongyang de voir à quel point le Japon est sérieux quant à la tenue de cette rencontre".

Néanmoins, M. Kishida "doit savoir qu'il ne peut rencontrer notre dirigeant seulement parce qu'il le veut", a lancé Kim Yo Jong.

"Si le Japon veut sincèrement améliorer les relations et devenir un proche voisin pour contribuer à garantir la paix et la stabilité dans la région, il doit avoir le courage politique de faire des choix stratégiques conformes à ses intérêts nationaux", a-t-elle ajouté.

L'ancien Premier ministre nippon Junichiro Koizumi (2001-2006) s'était rendu à Pyongyang en 2002 pour une visite historique et une rencontre avec le père de Kim Jong Un, Kim Jong Il. Il avait alors posé les bases d'une normalisation des relations avec la promesse d'une assistance économique.

Le sommet avait permis une seconde visite de M. Koizumi mais les liens diplomatiques ont rapidement été rompus, Tokyo doutant de la bonne foi de Pyongyang sur le sujet des enlèvements.


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

Short Url
  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

Short Url
  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Short Url
  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.