Turquie: nouvelle manifestation d'étudiants contre un recteur pro-Erdogan

Lors d'une première manifestation lundi, des policiers avaient bloqué la grille d'entrée de l'établissement à l'aide de menottes, une image qui a suscité une vive émotion en Turquie.(AFP)
Lors d'une première manifestation lundi, des policiers avaient bloqué la grille d'entrée de l'établissement à l'aide de menottes, une image qui a suscité une vive émotion en Turquie.(AFP)
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Publié le Mercredi 06 janvier 2021

Turquie: nouvelle manifestation d'étudiants contre un recteur pro-Erdogan

  • Des étudiants ont notamment diffusé la chanson «Master of Puppets» («Le maître des marionnettes») de Metallica sous les fenêtres du bureau du nouveau recteur
  • M. Bulu, 50 ans, a été choisi vendredi par M. Erdogan pour diriger l'Université du Bosphore (Bogazici, en turc), un établissement public qui a formé une partie de l'élite du pays

INSTANBUL : Plusieurs centaines d'étudiants de la prestigieuse Université du Bosphore à Istanbul ont de nouveau manifesté mercredi pour réclamer la démission d'un recteur nommé par le président Recep Tayyip Erdogan, les autorités procédant à de nouvelles arrestations.

Les protestataires se sont rassemblés sur le campus de l'établissement dans le calme et sous forte surveillance policière, avant de traverser le détroit du Bosphore en ferry pour poursuivre leur manifestation sur la rive asiatique d'Istanbul, a constaté une vidéaste de l'AFP.

Des étudiants ont notamment diffusé la chanson «Master of Puppets» («Le maître des marionnettes») de Metallica sous les fenêtres du bureau du nouveau recteur, Melih Bulu, qui s'était dit fan de ce groupe de métal californien.  

«Tu ne seras jamais notre recteur», clamait une pancarte.

M. Bulu, 50 ans, a été choisi vendredi par M. Erdogan pour diriger l'Université du Bosphore (Bogazici, en turc), un établissement public qui a formé une partie de l'élite du pays.

La nomination de cette personnalité extérieure à l'université, qui avait tenté en 2015 de briguer un mandat de député sous les couleurs du Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan, a provoqué un tollé.

Lors d'une première manifestation lundi, des policiers avaient bloqué la grille d'entrée de l'établissement à l'aide de menottes, une image qui a suscité une vive émotion en Turquie.

«Je suis fière d'avoir pu me réunir avec mes amis pour nous battre malgré le contexte (...) Je suis convaincue que nous lutterons tous jusqu'au bout», déclare à l'AFP Cinar Cifter, récemment diplômée de littérature.

Salih Tanik, étudiant en commerce, est venu manifester contre «tous les recteurs nommés par décret présidentiel depuis 2016», année où M. Erdogan s'est arrogé cette prérogative dans la foulée d'une tentative de putsch.

Zehra Aydemir étudie dans une autre université, mais elle est venue pour manifester sa solidarité avec ceux de Bogazici. «Nous sentons la force que nous avons entre les mains lorsque nous sommes unis», dit-elle.

Signe toutefois que la patience des autorités s'effiloche, des policiers équipés de fusils d'assaut ont interpellé mercredi 14 personnes en lien avec ces manifestations, selon l'agence de presse étatique Anadolu, portant à 36 le nombre d'arrestations depuis mardi.

Si le président Recep Tayyip Erdogan n'a pas encore réagi au mouvement de protestation, son allié Devlet Bahçeli, dirigeant du parti ultranationaliste MHP, a appelé mercredi à «écraser» les manifestations, y voyant un «complot qui vise à provoquer un soulèvement».

Bastion traditionnel d'une forte communauté d'étudiants de gauche, Bogazici a plusieurs fois été la cible des autorités ces dernières années.

En 2018, plusieurs étudiants ont été arrêtés après avoir manifesté contre une offensive militaire turque en Syrie. M. Erdogan les avait qualifiés de «traîtres» et de «terroristes».

 


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.