Frappes en Syrie: à l'ONU, la Russie accuse Israël de vouloir «alimenter le conflit»

Des secouristes fouillent les décombres d'un bâtiment annexé à l'ambassade iranienne au lendemain d'une frappe aérienne à Damas, le 2 avril 2024. (AFP)
Des secouristes fouillent les décombres d'un bâtiment annexé à l'ambassade iranienne au lendemain d'une frappe aérienne à Damas, le 2 avril 2024. (AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 03 avril 2024

Frappes en Syrie: à l'ONU, la Russie accuse Israël de vouloir «alimenter le conflit»

  • Alors que l'Iran a juré mardi de riposter, plusieurs Etats membres se sont inquiétés d'une escalade du conflit
  • A la demande de l'Iran et de la Russie, le Conseil de sécurité s'est réuni au lendemain du raid attribué à Israël qui a visé le bâtiment jouxtant l'ambassade d'Iran

NATIONS UNIES: Les frappes d'Israël en Syrie sont "destinées à alimenter le conflit" dans la région, a dénoncé mardi l'ambassadeur russe à l'ONU devant le Conseil de sécurité, tandis que les Etats-Unis pointaient du doigt la responsabilité de Téhéran.

A la demande de l'Iran et de la Russie, le Conseil de sécurité s'est réuni au lendemain du raid attribué à Israël qui a visé le bâtiment jouxtant l'ambassade d'Iran, faisant au moins 13 morts, dont sept militaires iraniens.

"Nous estimons que de telles actions agressives de la part d'Israël sont destinées à alimenter encore plus le conflit. Elles sont totalement inacceptables et doivent s'arrêter", a déclaré Vassili Nebenzia, dénonçant "une violation flagrante" de la souveraineté territoriale de la Syrie.

Évoquant plus spécifiquement le raid meurtrier contre le consulat iranien, Vassili Nebenzia a réitéré la condamnation de la Russie la veille "dans les termes les plus forts".

"Un tel acte, un acte délibéré, est évident: répondre aux pressions internationales en provoquant l'escalade du conflit et la poursuite de la mort des Palestiniens, pour des calculs politiques", a dénoncé de son côté l'ambassadeur algérien Amar Bendjama, accusant lui aussi Israël de vouloir "entraîner toute la région dans le conflit".

La plupart des membres du Conseil ont condamné la frappe contre le consulat iranien à Damas, soulignant l'inviolabilité des établissements diplomatiques, mais sans mentionner Israël.

Comme le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres qui a "condamné" la frappe en réaffirmant "le principe de l'inviolabilité des locaux et du personnel diplomatiques et consulaires" dans le cadre du respect du droit international.

Alors que l'Iran a juré mardi de riposter, plusieurs Etats membres se sont inquiétés d'une escalade du conflit.

Et certains ont rejeté la responsabilité des tensions sur l'Iran.

"Nous ne pouvons confirmer aucune information concernant cet événement", a noté l'ambassadeur américain adjoint Robert Wood, reprenant les déclarations de la Maison Blanche assurant que les Etats-Unis n'étaient pas impliqués dans le raid.

"Pendant que nous rassemblons les détails, une chose est claire: l'Iran et ses substituts et groupes partenaires doivent éviter de provoquer l'escalade des tensions dans la région", a-t-il ajouté.

"Même s'ils expriment des inquiétudes concernant le débordement des tensions dans la région, les Etats-Unis essaient de détourner la situation pour déstabiliser la Syrie et la région", a répondu l'ambassadrice iranienne adjointe Zahra Ershadi, accusant les Etats-Unis d'être "responsables de tous les crimes commis par le régime israélien".


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Short Url
  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Short Url
  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Short Url
  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.