Les célébrations de l’Aïd éclipsées par les opérations militaires au Liban-Sud

Les habitants du village d’Aïta el-Chaab, au sud du Liban, posent pour une photo devant une maison détruite par de précédents tirs israéliens. (AFP)
Les habitants du village d’Aïta el-Chaab, au sud du Liban, posent pour une photo devant une maison détruite par de précédents tirs israéliens. (AFP)
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Publié le Mercredi 10 avril 2024

Les célébrations de l’Aïd éclipsées par les opérations militaires au Liban-Sud

  • Les marchés de la ville ont signalé une activité commerciale raisonnable, mais les achats se sont limités aux vêtements pour enfants et aux produits alimentaires
  • Les villes frontalières libanaises de Debl et de Teir Harfa ont fait l’objet de bombardements israéliens, tout comme le village de Yaroun

BEYROUTH: Le dernier jour du ramadan, les villes et villages situés le long de la frontière libanaise avec Israël ne se sont pas préparés à célébrer l’Aïd al-Fitr avec le même entrain, malgré des périodes occasionnelles de calme dans les combats entre le Hezbollah et les forces israéliennes.

Il n’y a pratiquement pas eu d’achats pour l’Aïd sur les marchés, en particulier dans les grandes villes comme Bint Jbeil, Khiam, Naqoura et Meiss el-Jabal.

Dans les villages plus éloignés de la frontière, vers lesquels ont fui les habitants des localités proches de la ligne de front, «l’Aïd n’a aucun sens tant que les tirs de roquettes et d’obus destructeurs sur les maisons et tout ce qui bouge sur les routes se poursuivent», déclare Samer, père de deux enfants. «Les bruits de ces explosions nous terrorisent.»

EN BREF

Le Hezbollah échange des tirs avec Israël à la frontière sud du Liban depuis le 8 octobre, au lendemain de l’attaque lancée par le Hamas contre Israël, qui a exacerbé les tensions régionales.

Plus de 27 000 personnes ont été déplacées dans la ville de Tyr et ses environs. Des centaines de personnes vivent désormais dans des abris.

Les marchés de la ville ont signalé une activité commerciale raisonnable, mais les achats se sont limités aux vêtements pour enfants et aux produits alimentaires.

Maryam, mère de cinq enfants, soutient que «les gens font face à des difficultés extrêmes et ne peuvent pas se permettre de subvenir aux besoins de leurs enfants… parce que leurs salaires ont été fortement affectés par le ralentissement économique dans le sud. De plus, l’ambiance de peur et d’anxiété provoquée par les attaques israéliennes a aggravé la situation».

Lors d’une visite sur les marchés commerciaux du sud, Mohammed Saleh, président de la Chambre de commerce, d’agriculture et d’industrie de Saïda et du Liban-Sud, affirme que les attaques israéliennes dans la région ont provoqué un déclin de 40% de l’activité économique.

Saleh ajoute: «Aujourd’hui, j’ai visité les marchés de Saïda et j’ai constaté qu’ils étaient les plus touchés parmi les villes du sud, avec un taux de déclin de 70%, tandis que le taux de déclin à Nabatiyeh et Tyr n’est que de 30%.»

«La raison est que ces deux villes accueillent le plus grand pourcentage de personnes déplacées en provenance des zones frontalières et qu’elles souhaitent manger, boire et faire des courses pour leurs enfants.»

Les propos de Saleh interviennent mardi, au moment où le Hezbollah a lancé une série d’opérations contre des sites militaires israéliens dans la zone frontalière au sud.

Selon un communiqué, le parti aurait ciblé «la caserne Zibdine dans les fermes de Chebaa au moyen de missiles, provoquant des tirs directs». Le groupe affirme également avoir tué et blessé des soldats israéliens et détruit un char Merkava lors d’une attaque contre la caserne de Doviv.

Les sites d’information israéliens rapportent le lancement de quatre missiles depuis le Liban vers les positions de l’armée israélienne dans les fermes libanaises occupées de Chebaa.

Les villes frontalières libanaises de Debl et de Teir Harfa ont fait l’objet de bombardements israéliens, tout comme le village de Yaroun.

Une source sécuritaire dans la région note «une nouvelle tendance au niveau des règles d’engagement, à la suite de menaces israéliennes de guerre ouverte contre le Liban».

La source déclare: «Tout ciblage israélien de la région de la Bekaa, à l’est du Liban, se heurte au Hezbollah qui cible des sites militaires dans le Golan occupé, sans revendiquer la responsabilité des opérations.»

«C’est ce qui s’est produit après qu’un drone israélien – Hermes 900 – a été abattu il y a deux jours. Des avions de combat israéliens ont bombardé les centres du Hezbollah dans la Bekaa quelques heures plus tard. Le parti a riposté le lendemain en lançant un barrage de roquettes Katioucha sur la caserne de Keila, dans le Golan syrien occupé, visant par ailleurs la caserne de Yoav.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: Israël vise un commandant de haut rang du Hezbollah dans la banlieue de Beyrouth

Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense
  • Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

BEYROUTH: Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne.

Par ailleurs, au moins 11 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé, alors que Israël poursuit ses opérations malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Une frappe à Saksakiyeh, entre Saïda et Tyr, a notamment fait quatre morts et 33 blessés, dont six enfants, selon le ministère.

D'autre part, quatre soldats israéliens en opération dans le sud du Liban ont été blessés, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

A Beyrouth, "Malek Ballout, commandant des opérations de la force al-Radwan", l'unité d'élite du groupe, a été tué, a déclaré à l'AFP la source proche du Hezbollah.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense.

Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

De la fumée s'est élevée du quartier visé, ont constaté des journalistes de l'AFP qui ont vu des habitants quitter les lieux avec leurs effets personnels.

De nombreux Libanais ont déjà fui cette banlieue au début des hostilités le 2 mars, quand le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en visant Israël, en représailles à l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.

D'après une source de sécurité libanaise s'exprimant sous couvert d'anonymat, la frappe a ciblé un appartement où se tenait une réunion de responsables de la force al-Radwan.

Depuis le 8 avril, date à laquelle l'aviation israélienne avait mené des frappes massives sur le Liban, faisant plus de 350 morts, Beyrouth et sa banlieue n'avaient plus été visées.

"Chaque occasion" 

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir ciblé des forces et véhicules israéliens dans plusieurs localités frontalières du sud du Liban, affirmant riposter à "la violation du cessez-le-feu par l'ennemi israélien".

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours" du Hezbollah.

"Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l'affaiblir", a averti le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, venu rendre visite aux soldats israéliens déployés dans le sud.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait près de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.

Sur cette période, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) "a vérifié 152 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 103 morts et 241 blessés", selon son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Ces attaques ont entraîné la fermeture de trois hôpitaux et de 41 centres de soins (...) et endommagé 16 autres hôpitaux", a-t-il précisé sur X.


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.