Liban-Sud ravagé par la guerre: le gouvernement libanais appelle à un soutien international

Le Premier ministre libanais par intérim, Najib Mikati, annonce lors d’une conférence de presse un plan français de reconstruction du port de Beyrouth, le 13 mars 2024. (Photo AP)
Le Premier ministre libanais par intérim, Najib Mikati, annonce lors d’une conférence de presse un plan français de reconstruction du port de Beyrouth, le 13 mars 2024. (Photo AP)
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Publié le Vendredi 05 avril 2024

Liban-Sud ravagé par la guerre: le gouvernement libanais appelle à un soutien international

  • Najib Mikati a mis en garde contre «la poursuite de l’agression israélienne qui a fait de nombreux martyrs et blessés, en plus d’entraîner des destructions massives» dans le sud du Liban
  • Des membres du personnel médical et hospitalier ont été tués, plus de 700 000 hectares de terres ont été incendiés et un grand nombre de bovins sont morts

BEYROUTH: Le gouvernement libanais pourrait être contraint de déclarer le sud du pays comme région sinistrée en raison de la destruction d’habitations et de terres agricoles, a déclaré le Premier ministre par intérim du pays. 

Lors d’un conseil des ministres, Najib Mikati a mis en garde contre «la poursuite de l’agression israélienne qui a fait de nombreux martyrs et blessés, en plus d’entraîner des destructions massives» dans le sud du Liban. 

«Il y a 100 000 personnes déplacées des villages du sud, 313 martyrs et environ 1 000 blessés», a-t-il ajouté. 

«Le désastre majeur réside dans les dégâts causés au secteur agricole: 800 hectares ont été entièrement endommagés et 340 000 têtes de bétail perdues. Par ailleurs, environ 75% des agriculteurs ont perdu leur ultime source de revenus.» 

Les dommages causés aux infrastructures à long terme signifient qu’«il est impératif de déclarer la région du sud comme zone agricole sinistrée», a-t-il précisé. 

«Il en va de même pour le secteur éducatif: environ 75 écoles sont définitivement fermées. La question de la reconstruction de ce qui a été détruit nécessitera la recherche de sources de financement», a poursuivi M. Mikati. 

Avant la réunion, le Premier ministre a informé plus d’une douzaine d’ambassadeurs étrangers et de responsables d’ONG de la situation humanitaire dans le sud du pays. 

Les ambassadeurs des États-Unis, d’Australie, de Chine, de Turquie, d’Autriche, de Jordanie, d’Oman, des Pays-Bas, de la République tchèque, d’Allemagne, de Pologne, du Canada, de Suisse et de Chypre ont participé aux entretiens aux côtés du coordonnateur résident des Nations unies et coordonnateur humanitaire pour le Liban, Imran Riza, qui compte parmi les responsables de l’ONU opérant au sein du pays. 

Le ministre libanais de l’Environnement, Nasser Yassin, qui supervise le plan de réponse mis en place en coopération avec l’ONU à l’échelle du pays, a affirmé: «Les déplacés se trouvent toujours, en grande majorité, dans les gouvernorats du Sud et de Nabatieh. La plupart d’entre eux vivent dans des maisons, que ce soit chez des parents ou chez des amis, et une minorité dans des refuges. Il est donc nécessaire de les soutenir à long terme.» 

Environ 316 personnes ont été tuées et 909 blessées depuis le mois d’octobre de l’année dernière, a-t-il encore précisé. 

Des membres du personnel médical et hospitalier ont été tués, plus de 700 000 hectares de terres ont été incendiés et un grand nombre de bovins sont morts, a rapporté le ministre. 

Quelque 9 centres de traitement des eaux et plusieurs centres de santé ont également été endommagés ou détruits. 

Kristen Knutson, directrice par intérim du Bureau des nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, a soutenu que l’organisme international avait passé six mois à «mobiliser le soutien et l’assistance pour le travail d’urgence au Liban». 

«Nous avons reçu 7,5 millions de dollars [1 dollar = 0,92 euro] et nous essayons d’en obtenir 4 millions. Nous avons fourni une assistance à environ 19 000 familles sous forme d’aide alimentaire et matérielle, d’accès aux services de base et de protection pour les personnes touchées par les événements», a-t-elle expliqué. 

Pendant ce temps, au 180e jour des hostilités entre Israël et le Hezbollah, des avions israéliens ont attaqué jeudi la ville de Yaroun, dans le district de Bint-Jbeil, au Liban, prenant une maison pour cible.  

L’artillerie israélienne a également bombardé la périphérie de Wazzani, tandis que le Hezbollah a ciblé le nouveau quartier général du bataillon israélien Liman.  

Ces derniers jours, des avions de reconnaissance militaires israéliens ont survolé les villages frontaliers libanais adjacents à la Ligne bleue jusqu’à la périphérie de la ville de Tyr. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L'armée israélienne dit frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
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  • Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV
  • Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi mener des frappes à Beyrouth contre des infrastructures du mouvement islamiste libanais Hezbollah, un allié de Téhéran, plus d'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

L'armée "a commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah terroriste à Beyrouth", indique un court communiqué militaire.

Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV.

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars.

 

 

 


L'Iran confirme la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution

L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
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  • L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière
  • Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News

TEHERAN: L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière.

Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News.

 

 


Les Houthis du Yémen visent à nouveau Israël et entrent dans la guerre au Moyen-Orient

Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois. (AFP)
Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois. (AFP)
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  • Le groupe rebelle a ainsi ciblé Israël pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran
  • Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation

TEHERAN: Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois.

Leur porte-parole a affirmé dans un communiqué sur X que les Houthis avaient lancé "des missiles de croisière et des drones" en direction de "plusieurs objectifs vitaux et militaires" en Israël.

Le groupe rebelle a ainsi ciblé Israël pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation: le groupe avait mené de nombreuses attaques contre les navires commerciaux en mer Rouge entre 2023 et 2025, pendant la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.

En parallèle, l'Iran poursuit ses frappes de riposte, en Israël et à travers le Golfe.

Le port omanais de Salalah, situé à l'extérieur du détroit d'Ormuz sur la mer d'Arabie, a été évacué après une attaque de drones. Ses opérations ont été suspendues pour 48 heures, d'après l'armateur danois Maersk.

Universités américaines menacées 

Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé tôt dimanche de frapper les universités américaines dans la région, après avoir fait état de deux universités en Iran endommagées par des frappes américano-israéliennes.

"Si le gouvernement américain veut que ses universités dans la région ne subissent pas de représailles (...), il doit condamner le bombardement des universités dans un communiqué officiel avant lundi 30 mars à midi", ont déclaré les Gardiens de la Révolution dans un communiqué publié par des médias iraniens.

De nombreuses universités américaines possèdent des campus dans les pays du Golfe, comme l'université Texas A&M, implantée au Qatar, ou encore la New York University, aux Emirats arabes unis.

Les Etats-Unis avaient condamné avant cela "avec la plus grande fermeté" les attaques "perpétrées en Irak par les milices terroristes agissant pour le compte de l'Iran", et notamment celle "contre la résidence privée du président de la région du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani".

Des attaques qui ont notamment pris pour cible l'ambassade américaine à Bagdad.

A Téhéran, de nouvelles explosions ont été entendues dans la soirée de samedi par des journalistes de l'AFP, dans la partie est de la capitale, déjà lourdement bombardée la nuit d'avant.

Préparatifs du Pentagone 

Les efforts diplomatiques se multiplient ces derniers jours pour tenter de mettre fin à la guerre, et des responsables turcs, pakistanais, égyptiens et saoudiens doivent se réunir dimanche et lundi à Islamabad pour des "discussions approfondies".

Les spéculations vont bon train cependant sur le déploiement de troupes américaines sur le territoire iranien.

Selon le Washington Post, qui cite samedi soir des responsables américains, le Pentagone se prépare à des opérations de plusieurs semaines sur le terrain en Iran.

De telles opérations n'iraient pas jusqu'à une invasion à grande échelle de l'Iran, ont souligné les responsables américains sous couvert de l'anonymat, mais impliqueraient plutôt des raids en territoire iranien à la fois par des membres des forces spéciales et d'autres soldats.

Selon le Washington Post, il n'était pas clair samedi si Donald Trump comptait approuver tout ou partie, voire aucun des plans du Pentagone.

L'armée américaine a annoncé samedi l'arrivée au Moyen-Orient du Tripoli, un navire d'assaut amphibie à la tête d'un groupe naval comprenant "quelque 3.500" marins et soldats du corps des Marines.

Et ces derniers jours, plusieurs médias américains ont rapporté que Donald Trump envisageait d'envoyer prochainement au moins 10.000 militaires au Moyen-Orient.

Lourd tribut des civils 

Un mois après le début de la guerre, les civils continuent de payer un lourd tribut.

En Iran, d'après les médias samedi, au moins 12 personnes ont été tuées par des frappes américano-israéliennes dans la nuit dans différentes régions d'Iran.

Onze personnes ont été blessées samedi par des éclats lors de l'impact d'un missile iranien dans le centre d'Israël, ont annoncé les secours et l'armée.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

Trois journalistes libanais ont été tués samedi par une frappe sur leur véhicule dans le sud du Liban, Israël affirmant avoir visé un membre d'une unité d'élite du Hezbollah.

Depuis début mars, les frappes israéliennes ont fait un millier de morts selon des sources officielles et un million de déplacés dans ce pays.