Mikati condamne les «attaques dangereuses» contre les observateurs de l’ONU au Liban

Le Premier ministre libanais par intérim Najib Mikati. (AFP)
Le Premier ministre libanais par intérim Najib Mikati. (AFP)
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Publié le Dimanche 31 mars 2024

Mikati condamne les «attaques dangereuses» contre les observateurs de l’ONU au Liban

  • La Finul, la mission de maintien de la paix de l’ONU au Liban, enquête sur la source de l’attaque, déclare le porte-parole Andrea Tenenti
  • Le ministère libanais des Affaires étrangères a déposé une plainte urgente auprès du Conseil de sécurité de l’ONU concernant cette attaque

BEYROUTH: Le Premier ministre libanais par intérim a condamné, samedi, un «incident dangereux», au cours duquel des membres du personnel de l’ONU ont été blessés lors de bombardements.

Les trois observateurs de l’ONU et un traducteur effectuaient une patrouille dans le sud du Liban, où le Hezbollah et Israël échangent des coups depuis le 8 octobre de l’année dernière.

La Finul, la mission de maintien de la paix de l’ONU au Liban, enquête sur la source de l’attaque, déclare le porte-parole Andrea Tenenti.

Le ministère libanais des Affaires étrangères a déposé une plainte urgente auprès du Conseil de sécurité de l’ONU concernant cette attaque, accusant Israël d’avoir pris pour cible la patrouille.

Najib Mikati s’est entretenu avec le commandant de la Finul, Aroldo Lazaro, condamnant le «ciblage» des soldats de maintien de la paix, selon un communiqué de son bureau.

Un SUV appartenant aux observateurs de l’Organisation des Nations unies pour la surveillance de la trêve près du point B37 sur la Ligne bleue aurait été attaqué vers 10h15 à côté du village de Rmeich.

Un obus a touché le véhicule, blessant les trois observateurs et le traducteur, originaires respectivement d’Australie, du Chili, de Norvège et du Liban.

Ils ont été transportés à bord d’un hélicoptère de la Finul à l'hôpital Saint-Georges de Beyrouth pour y recevoir des soins.

Le communiqué du ministère libanais des Affaires étrangères stipule ce qui suit: «L’attaque fait partie de la politique délibérée d’Israël d’enfreindre les résolutions de légitimité internationale et de porter atteinte à ses représentants depuis 1948, et à son désir constant d’éliminer toutes les questions en lien avec cette légitimité, y compris ses efforts pour mettre un terme au financement de l’Unrwa, pour éliminer les droits du peuple palestinien.»

Le ministère a qualifié l’attaque de «violation du droit international et du droit humanitaire», ajoutant qu’elle fait suite au «ciblage de journalistes, de secouristes, d’enfants, de femmes et de civils».

L’incident s’est produit à la lumière des hostilités entre le Hezbollah et Israël, avec des frappes transfrontalières presque quotidiennes depuis octobre de l’année dernière.

Samedi, un drone israélien a ciblé un site de l’armée libanaise à Aïta el-Chaab, sans faire de victimes.

Au cours des deux dernières semaines, Israël a intensifié sa campagne de drones pour surveiller et assassiner des combattants et des responsables du Hezbollah dans le sud du Liban, atteignant l’extrême nord de la Békaa.

Les drones israéliens ont ciblé des personnes entrant et sortant de maisons et de cafés, ainsi que des ambulances, tuant des civils, des secouristes et des membres du Hezbollah.

Des informations circulent selon lesquelles le personnel blessé de l’ONU aurait été touché par un drone israélien.

Mais une source en contact avec la Finul a déclaré à Arab News que l’organisation «ne peut accuser aucune partie avant d’enquêter sur l’affaire».

Les médias libanais du sud ont affirmé qu’un drone israélien avait frappé le véhicule de la Finul, l’incident «ressemblant à des attaques quotidiennes similaires qui se produisent dans le sud».

L’armée israélienne a nié toute implication israélienne dans l’attaque, via son porte-parole Avichay Adraee.

La source proche de la Finul a indiqué que les observateurs effectuaient une patrouille de routine près de Rmeich.

«Le lieu de l’attaque est géographiquement une vallée, pas une zone d’affrontement. Ces observateurs se trouvaient au nord de la Ligne bleue, c'est-à-dire sur le territoire libanais et ils n’ont pas franchi la ligne», ajoute la source.

La source met en évidence les rapports récents soumis par la Finul à l’ONU. Ils tiennent Israël responsable des bombardements de civils, d’équipes de santé et d’ambulances.

«C’est peut-être ce qui a dérangé Israël, alors il a voulu véhiculer un message», rapporte la source.

M. Tenenti, porte-parole de la Finul, déclare: «Les observateurs de l’ONUST soutiennent la Finul dans l’exercice de son mandat.»

Il a insisté sur la nécessité «de garantir la sécurité du personnel de l’ONU», avertissant que toutes les parties ont la responsabilité, en vertu du droit international humanitaire, d’assurer la protection des civils.

Le porte-parole a appelé à mettre un terme aux «échanges de tirs nourris avant que davantage de personnes ne deviennent inutilement vulnérables».

Pendant ce temps, Israël poursuit sa campagne contre le Hezbollah, bombardant les villes de Maroun el-Ras, Yaroun et Taybeh et détruisant trois maisons inhabitées. Les villes de Blida et de Naqoura ont également été visées.

Le Hezbollah a déclaré avoir pris pour cible des ressources militaires israéliennes sur le site d’Al-Malikiyah et la caserne de Ramim à l’aide de roquettes Burkan. Le groupe a également frappé un site radar dans les fermes libanaises occupées de Chebaa.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: 14 morts dans des frappes israéliennes dans le sud, bombardement près de Beyrouth

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  • C'est la seconde fois qu'Israël cible une localité tout près de Beyrouth depuis le début du cessez-le-feu, qui n'a jamais été respecté
  • Ces dernières frappes surviennent alors que le Liban et Israël doivent tenir vendredi une réunion militaire à Washington, avant une nouvelle session de négociations prévue les 2 et 3 juin

TYR: Des frappes israéliennes ont fait au moins 14 morts jeudi dans le sud du Liban, où Israël a étendu sa "zone de combat" contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril.

L'armée israélienne a en outre annoncé avoir mené une "frappe ciblée" à Beyrouth, qui, selon une source militaire libanaise à l'AFP, a visé un appartement à Choueifat, une ville en bordure de la banlieue sud de la capitale, fief du Hezbollah. Aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat.

C'est la seconde fois qu'Israël cible une localité tout près de Beyrouth depuis le début du cessez-le-feu, qui n'a jamais été respecté.

Ces dernières frappes surviennent alors que le Liban et Israël doivent tenir vendredi une réunion militaire à Washington, avant une nouvelle session de négociations prévue les 2 et 3 juin. Et en pleines négociations entre les Etats-Unis et l'Iran, qui veut inclure le front libanais du conflit dans tout accord.

Israël a intensifié ces derniers jours son offensive terrestre et aérienne dans l'est et le sud du Liban, avertissant mercredi soir qu'il considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Véhicule visé 

L'armée a bombardé jeudi dès l'aube plusieurs régions et villes dans le sud du Liban, faisant au moins 14 morts, selon les autorités.

A Saïda, ville côtière qui relie Beyrouth au sud, une frappe a visé vers 02H00 locales (mercredi 23H00 GMT) un immeuble résidentiel et fait cinq morts et 21 blessés, selon le ministère de la Santé.

Le raid a détruit les deux premiers étages du bâtiment, a constaté un correspondant de l'AFP. Les équipes de secours ont travaillé toute la nuit à évacuer les victimes.

Une autre attaque par drone a été menée à l'aube contre une voiture circulant sur une autoroute de la même région, tuant six personnes, dont deux enfants et leurs parents, a indiqué le ministère.

La Défense civile a par ailleurs fait état à l'AFP de plusieurs frappes plus au sud, en plein coeur de la ville côtière de Tyr et dans ses environs, à la suite d'ordres d'évacuation adressés aux habitants. L'une a touché une moto près d'une caserne de l'armée, tuant deux ressortissants syriens, dont un enfant, selon les autorités.

Un photographe de l'AFP a vu à l'aube un épais panache de feu et de fumée s'élever au-dessus de la ville, au milieu de détonations.

L'armée libanaise a de son côté annoncé la mort d'un militaire dans une frappe israélienne, "alors qu'il circulait" dans la région de Nabatiyé, plus à l'est.

"Nous restons ici" 

En frappant la ville millénaire de Tyr, "c'est son histoire et sa civilisation" qu'Israël veut viser, accuse Ghazouane Halawani, qui vit près d'un immeuble touché par une frappe.

Malgré les bombardements, il ne veut pas quitter sa ville. "Nous restons ici, c'est notre pays, notre terre, notre vie", dit-il à l'AFP.

Le Hezbollah continue de son côté de revendiquer des tirs et attaques de drone contre des forces israéliennes qui tentent d'avancer dans le sud.

Depuis le 17 avril, l'armée israélienne a continué ses frappes et ses opérations militaires au Liban.

Le Hezbollah, de son côté, a d'abord concentré ses tirs sur les soldats israéliens déployés dans le sud du Liban avant de multiplier les attaques de drones explosifs sur le nord d'Israël après l'assassinat d'un de ses chefs militaires dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth le 6 mai.

Une soldate israélienne a été tuée jeudi près de la frontière avec le Liban par l'explosion d'un drone tiré par le Hezbollah, a annoncé l'armée israélienne, ce qui porte à 24 le nombre de morts dans ses rangs depuis la reprise des hostilités début mars, quand le Hezbollah a tiré sur Israël en représailles à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.

Les frappes israéliennes ont tué au Liban 3.269 personnes depuis, selon un dernier bilan officiel mercredi.

 


L'armée du Koweït dit faire face à des attaques de missiles et de drones

Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran. (Reuters)
Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran. (Reuters)
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  • Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran
  • "Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis", a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X

KOWEIT: Le Koweït fait face jeudi à des attaques de missiles et de drones, a fait savoir l'armée de l'émirat, peu après l'annonce par les Etats-Unis de frappes contre le sud de l'Iran.

"Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement des attaques menées par des missiles et des drones ennemis", a écrit l'armée koweïtienne sur le réseau social X.


Israël bombarde Tyr après avoir déclaré «zone de combat» une vaste partie du sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. (AFP)
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  • L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté deux séries de frappes jeudi matin sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr
  • L'armée israélienne a également annoncé jeudi matin avoir intercepté une "cible aérienne suspecte" se dirigeant vers ses forces dans le sud du Liban

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban, un jour après avoir averti qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de Tyr d'évacuer en prévision d'un "emploi de la force" à venir, l'armée israélienne a confirmé avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans la région de Tyr".

L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté deux séries de frappes jeudi matin sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr.

L'armée israélienne a également annoncé jeudi matin avoir intercepté une "cible aérienne suspecte" se dirigeant vers ses forces dans le sud du Liban.

Israël intensifie ces derniers jours ses opérations terrestres et aériennes dans l'est et le sud du pays voisin, où le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah a fait état de combats "directs", en dépit du cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, mais que les deux parties s'accusent de violer.

Alors que de nombreux Libanais tentent de célébrer l'Aïd al-Adha, la grande fête musulmane, l'armée israélienne, a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans le sud du Liban à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

Cette escalade intervient juste avant une réunion militaire entre les deux pays prévue vendredi au Pentagone, et à l'approche de nouvelles sessions de négociations sous parrainage américain les 2 et 3 juin.

"Affrontements directs" 

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" mercredi à Zawtar el-Charqiyé, a annoncé de son côté le Hezbollah, faisant aussi état de trois attaques de drones contre des troupes dans le nord d'Israël.

Il a revendiqué depuis mardi des tirs et attaques de drone contre des forces israéliennes tentant de s'infiltrer dans cette localité, stratégique pour sa proximité avec Nabatiyé.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" délimitant la bande d'une dizaine de kilomètres dont l'armée israélienne a pris le contrôle dans le sud du Liban, y interdisant l'accès aux habitants et y menant de larges opérations de démolition.

L'armée israélienne avait déclaré mardi étendre ses opérations au sol au-delà de la "ligne jaune".

"Etendre l'autorité de l'Etat"  

Le Liban a été aspiré dans la guerre au Moyen-Orient quand le Hezbollah a rouvert le 2 mars un front contre Israël, en soutien à l'Iran après l'attaque israélo-américaine du 28 février.

Les frappes israéliennes ont tué 3.269 personnes depuis, selon un nouveau bilan mercredi du ministère de la Santé.

Parmi elles, au moins 31 ont été tuées mardi, dont au moins 15 habitants de Burj al-Shemali, près de Tyr, selon le maire de cette localité. Un photographe de l'AFP a vu mercredi des secouristes extraire un corps des décombres, tandis qu'une pelleteuse dégageait des amas de gravats.

Dans l'ouest de la Bekaa, la localité de Machghara qui abritait des centaines de familles déplacées est désormais déserte après plusieurs jours de bombardements israéliens.

Son maire, Iskandar Barakeh, fait part à l'AFP de sa crainte de voir la région, par où transitent combattants et matériel du Hezbollah, "se transformer en arrière-front".

La délégation militaire dirigée par le général Georges Rizkallah qui doit rencontrer vendredi des militaires israéliens "insistera sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l'armée visant à restreindre les armes du Hezbollah et étendre l'autorité de l'Etat sur le territoire libanais", a indiqué une source militaire à l'AFP.