Les nouveaux contrôles douaniers post-Brexit vont aggraver l'inflation britannique, selon une étude

Un partisan anti-Brexit tient une pancarte lors d'un rassemblement à l'extérieur du Palais de Westminster, qui abrite les Chambres du Parlement, dans le centre de Londres, le 31 janvier 2024, alors que les nouveaux contrôles douaniers post-Brexit entrent en vigueur. (Photo Justin Tallis AFP)
Un partisan anti-Brexit tient une pancarte lors d'un rassemblement à l'extérieur du Palais de Westminster, qui abrite les Chambres du Parlement, dans le centre de Londres, le 31 janvier 2024, alors que les nouveaux contrôles douaniers post-Brexit entrent en vigueur. (Photo Justin Tallis AFP)
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Publié le Jeudi 11 avril 2024

Les nouveaux contrôles douaniers post-Brexit vont aggraver l'inflation britannique, selon une étude

  • Ces nouveaux contrôles aux frontières «devraient faire grimper le prix des produits agricoles importés de l'Union européenne (UE) de 2 milliards de livres» (2,34 milliards d'euros) par an, ce qui gonflera «l'inflation britannique de 0,2 point de pourcenta
  • Londres avait reporté à cinq reprises certaines formalités et contrôles des importations, de peur de pénaliser une économie déjà atone et d'alimenter l'inflation

LONDRES : Les nouveaux contrôles douaniers post-Brexit, qui doivent entrer en vigueur le 30 avril pour de nombreuses marchandises arrivant au Royaume-Uni en provenance de l'UE, coûteront deux milliards de livres aux entreprises et aggraveront l'inflation britannique, selon une étude publiée jeudi.

Ces nouveaux contrôles aux frontières «devraient faire grimper le prix des produits agricoles importés de l'Union européenne (UE) de 2 milliards de livres» (2,34 milliards d'euros) par an, ce qui gonflera «l'inflation britannique de 0,2 point de pourcentage», d'après cette étude de l'assureur Allianz Trade.

L'inflation britannique, qui atteignait 3,4% sur un an en février, a nettement ralenti depuis son pic à plus de 11% fin 2022, mais elle reste la plus élevée du G7.

Depuis l'entrée en vigueur effective du Brexit en janvier 2021, l'UE a mis en place des contrôles renforcés pour les marchandises en provenance du Royaume-Uni.

De son côté, Londres avait reporté à cinq reprises certaines formalités et contrôles des importations, de peur de pénaliser une économie déjà atone et d'alimenter l'inflation.

Fin janvier, des certificats sanitaires et phytosanitaires sont devenus obligatoires, notamment pour certains produits d'origine animale ou végétale de «risque moyen». Fin avril, des contrôles physiques entreront en vigueur.

Parmi les produits concernés par les nouvelles formalités au passage de la Manche figurent certains fromages, beurres ou crèmes, saucisses, jambon ou charcuterie, mais aussi certaines fleurs coupées, racines ou tubercules.

Le gouvernement avait reconnu en janvier que ces changements pourraient se traduire par des coûts supplémentaires de 330 millions de livres (386 millions d'euros) par an sur les importations depuis l'UE, mais assurait que cela n'aurait pas d'impact significatif sur l'inflation alimentaire.

Allianz Trade estime pour sa part que ces coûts se chiffreront en milliards et prévient que «les exportateurs de l’UE répercuteront (au moins une partie de) ces coûts supplémentaires sur leurs clients britanniques». «Les produits laitiers, la viande et le poisson» seront les produits les plus touchés, souligne l'assureur.

Cependant, cet impact sur l'inflation «sera atténué», car une autre politique du gouvernement britannique suspend en parallèle certains droits «sur des marchandises non couvertes par des accords de libre-échange», ce qui «réduira les coûts d'importation de 7 milliards de livres et par conséquent l'inflation de 0,6 point de pourcentage», remarque Allianz Trade.

Le gouvernement britannique met en effet en place, à partir de jeudi, pour un peu plus de deux ans, des suspensions de certains droits d'importation sur 126 produits non-fabriqués, ou en quantités insuffisantes, sur le territoire britannique, dans des secteurs comme la chimie, l'automobile ou l'agroalimentaire.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com