Privé de conférence à Lille, Mélenchon rebondit à Sciences Po Paris

L'avocate franco-palestinienne et fondatrice de l'Observatoire des camps de réfugiés Rima Hassan, et le leader du parti de gauche français La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon (Photo, AFP).
L'avocate franco-palestinienne et fondatrice de l'Observatoire des camps de réfugiés Rima Hassan, et le leader du parti de gauche français La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 03 mai 2024

Privé de conférence à Lille, Mélenchon rebondit à Sciences Po Paris

  • Le fondateur du mouvement de gauche radicale, qui a placé la situation à Gaza au centre de la campagne insoumise pour les européennes du 9 juin, continue ainsi sa tournée des universités
  • Initialement relocalisée dans une salle privée, la conférence avait été finalement annulée par la préfecture

PARIS: Il ne compte pas en rester là malgré les polémiques et les accusations d'outrances: après la double annulation d'une conférence la semaine dernière à Lille, le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon, toujours aussi présent dans la campagne pour les européennes, s'exprimera lundi soir à Sciences Po Paris.

Le fondateur du mouvement de gauche radicale, qui a placé la situation à Gaza au centre de la campagne insoumise pour les européennes du 9 juin, continue ainsi sa tournée des universités, commencée il y a plusieurs semaines et qui l'a déjà amené à Nantes, Créteil, Nanterre ou Clermont-Ferrand.

Son discours lundi soir sera particulièrement attendu dans le contexte de l'annulation de la conférence qu'il devait donner à l'université de Lille sur la situation au Proche-Orient la semaine dernière.

L'université avait annoncé dans un communiqué que les conditions n'étaient "plus réunies pour garantir la sérénité des débats" en raison de la montée "préoccupante" des tensions internationales.

Initialement relocalisée dans une salle privée, la conférence avait été finalement annulée par la préfecture.

De quoi exaspérer le leader insoumis, qui dans un discours virulent s'en est pris aux "délateurs, ceux qui aiment aller susurrer à l'oreille du maître" et a dressé un parallèle entre l'interdiction ordonnée par le président de l'université de Lille et la logistique de la solution finale organisée par le nazi Adolf Eichmann.

Avant de se justifier en se référant au livre "Les Origines du totalitarisme" de la philosophe et politologue Hannah Arendt, pour expliquer que le président de l'université s'était "comporté dans cette logique de la propagation du mal" en se mettant en position d'exécutant de décisions prises aux échelons supérieurs.

Pas suffisant pour éteindre le début d'incendie, alors que depuis les attaques du 7 octobre les Insoumis vont de polémique en polémique, et dénoncent une volonté de censurer les voix pro-palestiniennes.

Alors que ses adversaires politiques fustigent déjà les "provocations" de l'ancien sénateur socialiste, ses explications n'ont visiblement pas convaincu ses ex-alliés de l'alliance de gauche Nupes.

«Alerter les démocrates»

"C'est indéfendable, ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon, indéfendable", a affirmé lundi matin le patron des communistes Fabien Roussel, dénonçant des "propos excessifs qui discréditent tout le reste".

"Mettre sur le même plan un président d'université et un dignitaire nazi est une faute morale grave", avait auparavant accusé le député socialiste Arthur Delaporte.

"C'est scandaleux de nous avoir empêchés de tenir cette conférence et ça devrait alerter tous les démocrates dans ce pays. Et ils devraient plutôt alerter sur ça plutôt que d'aller participer aux polémiques ridicules que les uns et les autres essaient de lancer sur Jean-Luc Mélenchon", a répondu lundi matin sur franceinfo Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise.

Une conférence de Jean-Luc Mélenchon à l'université de Bordeaux avait été annulée en octobre et une autre à Rennes l'a également été il y a deux semaines.

Jeudi, après la décision du préfet du Nord, le président de la République, Emmanuel Macron, avait indiqué souhaiter que chacun "puisse exprimer sa voix".

Si le programme de la conférence de Sciences Po lundi soir n'est pas connu, le triple candidat à la présentielle devrait aborder ces sujets habituels dans les facs, ceux susceptibles de mobiliser la jeunesse: la situation à Gaza, la précarité étudiante ou encore la crise climatique.

"La mobilisation de la jeunesse étudiante est un de nos objectifs. On sait que si on veut faire un bon score il faut amener à l'élection des gens qui en général ne viennent pas, comme les jeunes ou les quartiers populaires", avait expliqué récemment le député Matthias Tavel, directeur de la campagne de la tête de liste Manon Aubry pour les européennes.

D'où la présence récurrente aux côtés de Jean-Luc Mélenchon du jeune député Louis Boyard ou de l'activiste franco-palestinienne Rima Hassan, qui prend une importance croissante dans la campagne. Tous deux sont très populaires parmi les étudiants.

Très présent pour commenter la situation géopolitique, le triple candidat à la présidentielle, qui aime se référer au droit international, doit aussi se rendre à partir de mardi en Arménie, notamment pour participer à une cérémonie de commémoration du génocide arménien.


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Short Url
  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.

 


La France "ne fait pas la guerre" au Moyen-Orient, assure le président Macron

Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Un écran diffusant l’allocution du président français, le président Emmanuel Macron, sur la guerre en Iran et ses répercussions au Moyen-Orient, depuis le palais de l’Élysée à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Le président Emmanuel Macron affirme que la France ne participe pas à la guerre au Moyen-Orient et n’a pas l’intention de s’y engager militairement
  • Paris renforce toutefois sa présence militaire pour protéger ses ressortissants, ses alliés et sécuriser les voies maritimes, tout en cherchant à jouer un rôle de médiateur entre Israël, les États-Unis et le Liban

PARIS: "On n'est pas au combat": le président français Emmanuel Macron a assuré jeudi soir sur Instagram que la France ne faisait "pas la guerre" au Moyen-Orient et qu'elle n'allait pas s'y "engager".

"Je comprends très bien et j'entends votre inquiétude mais je voulais être très clair", a-t-il dit en réponse à une internaute qui s'inquiétait des répercussions de l'offensive israélo-américaine en Iran.

"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n'est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'Etat.

"La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il ajouté.

La France, ex-puissance mandataire au Liban, garde un attachement fort avec ce pays, où elle dispose encore de leviers d'action et ambitionne de continuer à jouer un rôle. Le Liban constitue de fait un de ses derniers relais d'influence historiques dans la région.

Le pays a envoyé des renforts militaires au Proche et Moyen-Orient - dont le porte-avions Charles de Gaulle - pour protéger ses ressortissants, ses alliés touchés en représailles par l'Iran, les aider "à intercepter les drones, les missiles", a expliqué Emmanuel Macron.

"De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime", a-t-il poursuivi.

Le président a annoncé mardi qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l'économie mondiale" dans la région.

"On essaiera d'être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France", a-t-il ajouté.

Comme lors de la dernière campagne de frappes israéliennes visant à détruire les capacités du Hezbollah en 2024, Emmanuel Macron tente de nouveau de faire office de médiateur entre Israël, les Etats-Unis et le Liban.

Après des échanges mercredi avec Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis de nouveau jeudi avec les principaux acteurs libanais, il a annoncé vouloir "établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires" du Hezbollah et Israël.